L’ampleur annoncée du super typhon Haiyan,  l’une des plus violentes tempêtes de l’histoire qui a balayé l’Asie du Sud-Est le week-end écoulé,  a totalement occulté l’alerte donné sur la tempête tropicale 03A qui s’est formée au large de la Corne de l’Afrique avec une direction plein ouest qui la fera toucher la Somalie presque au même moment qu’Haiyane en l’Asie du Sud-Est. Comme il fallait s’y attendre, les caméras du monde ont montré dans les moindres détails le désastre humain et matériel causé par Haiyane aux Philippines, et comme il fallait le craindre, rien du sinistre provoqué par la tempête 03A en Somalie.

Annoncée par les observatoires des catastrophes naturelles le 9 novembre 2013 et totalement passée inaperçue, la tempête tropicale 03A a touché la Somalie le week-end passé et la nouvelle n’a été rendue publique que ce lundi 11 novembre 2013.

C’est donc dans une quasi- impréparation, voire dans l’ignorance totale que les populations du Putland, en particulier, et de la Somalie en général ont subi le sinistre.

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Cette tempête, assez modeste, comparativement à Haiyane, a été  violente dans le nord-est de la Somalie, en particulier dans la région semi-autonome Putland. Avec des vents soufflant en rafale jusqu’à 95 km/h et des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et crues subites dans cette région au climat désertique. Selon les autorités du Putland, au moins 100 personnes ont péri dans les intempéries, qui ont emporté des villages entiers. Le gouvernement somalien, a pour sa part, précisé que : « Les informations préliminaires indiquent aussi que des maisons, des bâtiments, des bateaux et des villages entiers ont été détruits et que plus de 100 000 têtes de bétail ont été perdues, mettant en péril les revenus de dizaines de milliers de personnes», ce qui indique que le bilan est évolutif.

Signalons que depuis la chute du président Siad Barre en 1991, la Somalie est devenue un non-Etat, car privée de réelles autorités centrales. La capitale du pays, Mogadiscio, est régulièrement en proie à de sanglantes attaques menées par le groupe terroriste shebab. La région semi-autonome du Putland est une région pauvre, en proie à des conflits permanents entre chefs de guerre et entre les gangs de pirates qui sévissent dans l’océan Indien.

Doublement victimes de la bêtise humaine et des catastrophes naturelles, les populations du Putland, sinistrées et livrées à leur pauvre sort, doivent se demander, en ce moment, à quels saints se vouer ?

Naturellement, tous les yeux sont tournés vers l’aide internationale qui, vaille que vaille, va  s’organiser. Mais, comment porter assistance à des sinistrés tout en craignant pour sa propre vie, telle est l’une des préoccupations majeures des ONG et autres organismes de secours au regard de la terreur que sèment dans ces régions les divers groupes terroristes.

Mais, et la solidarité africaine dans tout ça ? Les chancelleries africaines qui semblent s’être dispensées de la générosité internationale doivent apprendre à faire des efforts dans ce sens, surtout quand le sinistre se passe dans leur jardin.

Au demeurant, ce drame vient une fois encore rappeler à la communauté internationale et aux Africains surtout que la situation en Somalie est inacceptable et que des efforts doivent être fournis davantage pour passer du chaos politique, économique et environnemental actuel à un état de droit.

Agbadje A. B.C.

 

4 thoughts on “Somalie : Puntland, une tempête peut en cacher une autre.

    • salut vieux frère! Tu as raison la majorité tire le diable par la queue, mais ne disons nous pas quand il y en a pour un, il y en a pour deux? apprenons a partager. Merci et bien a toi.

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