lecteur_optique_universite_Les lecteurs optiques de dernière génération QCM et QCD, sont des appareils destinés à corriger plus rapidement les copies d’examens des étudiants  tout en permettant d’éviter les soupçons ou suspicions de fraude, parce les résultats sont classés, de façon objective, par ordre de mérite, en temps réel. Toutefois le prix prohibitif de ces machines pose la question du rapport des africains aux innovations technologiques occidentales.

Je somnolais dans mon lit hier soir quand une info qui passait sur RFI m’a fait sursauter. Quoi ! Une machine à corriger les copies des étudiants acquises par l’université d’Abidjan? Quelle merveille ?

Bien sûr, il n’est pas exclu que seul l’enseignant que je suis trouve cette information sensationnelle. Et pourtant, elle l’est, au regard des avantages énormes qu’elle permet en terme  de performance, de gain de temps et de réduction de la pénibilité des correcteurs.

Une petite recherche sur le net m’a convaincu de l’effectivité de la chose.

Mise au point par les firmes occidentales, les  lecteurs optiques de dernière génération sont une innovation dans l’évaluation et la correction des copies d’examen. Ils permettent une automatisation de la correction des évaluations sans compromis pédagogique. Le style  rédactionnel, dont la correction manuelle des copies est souvent longue et fastidieuse, est remplacé par les QCM (questions à choix multiples) ou des  QCD(questions à choix directs), qui permettent de corriger entre 50 à 60 copies à la minute.

Pour la petite histoire, une machine à corriger les copies, j’en ai souvent rêvé et entre collègues, après chaque composition, quand nous venons chercher chacun nos lots de copies à corriger, nous appelons de nos vœux cette machine qui nous sauvera de la misère des corrections. La profession  enseignante est un sacerdoce qui exige responsabilité et dévouement à toutes ces étapes. Depuis la préparation des cours jusqu’au calcul des moyennes en passant par le déroulement du cours, la préparation des évaluations, de la grille de correction, de la correction proprement dite  et du relevé des notes, la tâche est rude à chaque étape.

Mais, les avis sont toujours unanimes pour reconnaître que l’étape la plus redoutée des enseignants est la phase de correction des copies. Elle constitue d’ailleurs le plus gros poste de dépense dans le budget des examens et concours et représente souvent la pomme de discorde entre syndicat et gouvernement pour le payement des vacations comme c’est le cas actuellement au Gabon ou les enseignants sont en grève pour le payement des vacations des examens des sessions de juin 2013 ce qui témoigne de l’importance de cette invention.

Après l’extase, il ne reste plus qu’à faire, comme en pareils occasions, la grande prière africaine, celle que nous faisons toujours face aux grandes innovations technologiques occidentales, celle que feront tous les enseignants africains aussi bien du primaire, que du secondaire ou du supérieur et que je formule en leur nom : « Puisse Dieu tout puissant faire que les chinois parviennent rapidement à produire cette machine et la vulgariser en Afrique ». Cela a été vrai pour les télés, les DVD, les téléphones portables, les Iphone, Ipad et tablettes, et pourquoi pas donc pour les lecteurs optiques aussi.

Plus sérieusement, il est amusant de constater que pendant que nous autres appelions de nos vœux cette machine, ailleurs des esprits mieux avisés travaillent à sa conception, ce qui indique que ici comme ailleurs, les besoins sont les mêmes, mais les approches sont différentes.

Naturellement, ce ne sont pas de telles prières qui  aideront le continent à sortir de l’ornière. D’ailleurs, elles posent problème au bon Dieu lui-même qui doit se demander pourquoi ces africains, au lieu de l’invoquer,  ne peuvent pas faire eux même comme les chinois pour  trouver des solutions à leurs préoccupations. On n’est jamais mieux servi que par soi même dit, en effet, l’adage. Mais Bon !

Visiblement, la science moderne semble pour nous africains, l’apanage des Occidentaux et Orientaux, eux seuls semblent, à notre avis, détenir sa maîtrise, au point ou un grand nombre d’africains, au fond d’eux,  ne comptent que sur les Occidentaux pour trouver des solutions à tous les problèmes qui interpellent l’humanité, voire même les problèmes qui ne concernent que le continent noir.

Ce défaitisme qui ne dit pas son nom, se lit de nos jours encore, de façon claire, dans le comportement des individus, des communautés et même des Etats,  face à la question du développement du continent. Qu’il s’agisse de la recherche sur les endémies tropicales qui tuent chaque jours des dizaines de milliers d’enfants aux quatre coins du continent, des recherches sur les nouvelles énergies en particulier  l’énergie solaire, de la réalisation des grandes infrastructures  ou du développement des capacités pour l’exploitation de nos ressources, pour nous africains, c’est très souvent,  la même prière de l’attentisme que nous faisons espérant que des solutions soient proposées par l’Occident, souvent au motif que nous sommes pauvres. La pauvreté a le dos large puisque nous lui faisons porter tous nos manquements, nos insuffisances et nos déboires.

A mon avis, la pauvreté a très peu joué dans cette méprise. Très maladroitement, les africains se sont enfermés eux-mêmes dans le piège de  l’immobilisme par leur manque de foi en soi.  Même les solutions et prouesses scientifiques réalisées par des milliers d’africains à l’instar du congolais Vérone Mankou trouvent difficilement grâce à nos. C’est le laxisme et le scepticisme des africains, en général et des responsables politique en particulier qui plombent l’innovation scientifique et technologique en Afrique.

La vrai prière africaine serait donc « Puisse la divine Providence fasse qu’adviennent au pouvoir politique dans une majorité de pays africains, de grands esprits qui feront de notre consommation et de nos aspirations, le levier de notre croissance pour que s’ouvre les voies de la recherche, de l’innovation et du développement ».

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AGBADJE Adebayo  Babatoundé .Charles

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