Juste une minute de paix en 2014.

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Encore quelques heures et 2013 sera de l’histoire.

Comme il est de coutume, c’est la période des vœux, un rite nullement vide de sens. C’est, en effet, le moment pour mobiliser les énergies autour de quelques résolutions, de quelques prières.

Pour ma part, ce billet, est-il un vœu  ou une exhortation, je ne saurait trop le dire,  mais il est consacré à l’Afrique.

Malgré la situation critique dans laquelle se trouve le continent,

Malgré la faim qui représente notre dénominateur commun.

malgré la maladie qui constitue notre plus petit commun multiple.

malgré la guerre qui devient  notre plus grand commun diviseur.

Malgré l’injustice flagrante des uns et la violence grossière des autres,

malgré les exclusions nombreuses qui minent partout le vivre ensemble,

j’ose encore croire qu’un autre avenir est possible sur le continent.

un avenir sans guerre, sans faim, sans maladies, et sans exclusion.

un avenir ou les africains indépendamment de leurs nationalités, de leurs ethnies, de leurs religions ou  de leurs régions coopéreront dans la concorde.

Mais, je ne perd pas aussi de vue que  cet avenir probable reste  largement, sous le contrôle de nous même les africains. Plus tôt nous atteindrons un niveau de conscience commune élevé pour comprendre que nous devons orienter notre histoire autrement en agissant autrement et plus tôt il viendra, soit on ne le fait pas et plus tard il viendra ou ne viendra jamais.

Point donc de fatalité. Le destin du continent est dans la main des africains eux même, nos actions  au quotidien déterminent des résultats que nous devons assumer.

Toutefois, une vieille chanson de mon Bénin natal qu’on chante dans les situation désespérée pour se donner espoir proclame que même si le destin t’a condamné, ta prière peut  te sauver. Tout naïvement, j’y souscris et forme pour le continent tout entier, en 2014, un seul voeu:

Une minute de silence total des armes sur l’ensemble du continent.

Juste une minute d’absence d’épisodes guerriers aux quatre coins du continent.

Une minute de silence total des cris de détresse sur l’ensemble du continent.

Une minute de silence des tensions, des appréhensions et des déboires diverses sur le continent

Juste une minute de paix sur tout le continent.

Une minute  de coopération et de convivialité entre tous.

Enfin, une minute d’apaisement total et de  développement.

Une minute magique,

une minute féerique

Une minute interminable.

Suivie, pourquoi pas, d’une autre pareille,

Puis encore une autre,

Puis un jour,

puis toujours.

Eh Diantre! si tout le continent pouvait souscrire  à cette minute de paix interminable. Bien sûr que c’est dans les cordes du continent.

Bien sûr que  yes, we can.

Puisse 2014 voir ce instant se produire!

Que tous les vœux soient.

 

 

 

 

 

Bénin: Y a-t-il encore un capitaine à bord du navire?

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Président  Boni Yayi

Si le premier mandat du président Boni Yayi a été globalement satisfaisant, malgré le cafouillage et le populisme du chantre du changement et de l’émergence économique du Bénin, le deuxième mandat est probablement celui de trop car le  roi du Palais de la Marina ne semble plus rien maîtriser dans le pays. Au rythme où vont les choses, c’est à se demander si à l’instar du capitaine du Costa Concordia, Francisco Schettino, le président boni ne va pas larguer le navire Bénin avant la fin de son mandat s’il ne parvenait pas à modifier la constitution pour rempiler.

 

Au Bénin plus rien ne va ou plus précisément tout va à vau l’eau. De grogne en boude, de protestation en contestation, de désaveux en déculottée, le président Yayi Boni n’en finit plus de subir les revers et les affronts.Comme si le sort s’acharnait sur l’homme du changement, les nouvelles se suivent et se ressemblent toutes, cruelles. Iironie du sort, c’est justement pour n’avoir pas voulu faire non les changements annoncés et attendus par tous mais plutôt celui de la constitution redouté par tous  que le divorce entre le président et son peuple semble définitivement consommé.

 

En effet, après le sulfureux K.O de Boni Yayi à la présidentielle de mars 2011 et  sa victoire écrasante aux législatives, le Chef de l’Etat s’en était sorti avec une majorité appréciable capable de soutenir son action. Le ralliement surprise de la Renaissance du Bénin (Rb), théoriquement membre de l’opposition lui avait permis de conforter sa majorité parlementaire. Mais depuis, les promesses non tenues, les objectifs inavoués et la dictature rampante du locataire du palais de la marina ont conduit à la situation quasi chaotique que traverse le pays en ces temps ci.

Au total, après le chaos magique au premier tour des présidentielles de 2011 pour son deuxième mandat, les béninois, aucunement dupes ont laissé faire, semble t-il, pour éviter le scénario  ivoirien, encore vivace, dans les esprits à cette époque là, soit. Mais dans le pays, tout le monde ironise sur le K.O. en redoutant qu’il ne se transforme en chaos, tant les tensions sont palpables à tous les niveaux. la vague de crises qui secouaient les différents secteurs professionnels du pays avant les élections présidentielles va se muer en une spirale de contestations sociale au point où un an après sa réélection, le chef de l’Etat, visiblement dépassé par les événements,  et pour, sans jeu de mot, changer son fusil d’épaule, procéda à un remaniement technique de son gouvernement et s’empara lui-même du portefeuille de la défense nationale avant de l’attribuer à une autre personne lors d’un remaniement ultérieur.

De fait, c’est une vrai paranoïa qui s’est installée au sommet de l’Etat et pendant que les rumeurs font état de brouille entre le chef de l’Etat et ses amis politiques au sujet de la révision constitutionnelle, lui accuse le chef de fil, supposé, des anti révisionnistes, le richissime homme d’affaire, Patrice Talon, de tentative d’empoisonnement puis de coup d’Etat contre sa personne. Ce dernier ayant pu fuir du pays avant son arrestation, une information judiciaire sera ouverte contre lui a Cotonou  et des mandats d’arrêt internationaux lancés contre lui et ses lieutenants.

 Dans le même temps, à l’Assemblée Nationale, le  projet de révision constitutionnelle initié par le gouvernement  divise le pays et relance le débat sur l’opportunité d’une révision de la constitution face aux urgences de l’heure que sont la pauvreté, l’emploi des jeunes, le bien être des travailleurs, la corruption et la cohésion nationale.

Au quotidien, après le cafouillage et la mascarade de la liste électorale permanente (LEPI) qui a permis le KO électoral et dont les meurtrissures sont encore palpables dans le pays, plusieurs scandales politico-économiques, vont  émailler la gouvernance de Boni II. Il s’agit notamment de l’Affaire du Programme de Vérification des Importations (PVI), des chantiers financés à coût de plusieurs milliards de francs par le budget national et laissé à l’abandon ( le palais de l’Assemblée Nationale, la centrale à gaz de Maria Gleta),  puis  des affaires d’empoisonnement du chef de l’Etat et de coup d’Etat.  Ajouter aux scandales du premier mandat, en particulier les affaires Cen-Sad et ICC service, la coupe semble pleine et le ras le bol ressenti à tous les niveaux sans que le gouvernement ne prennent vraiment la mesure de la situation, malgré les cartons jaunes qui lui sont brandit de toute part.

Oiseau de mauvais augure ou présage incompris, la révision de la constitution de 1990 est le projet phare du deuxième quinquennat de Boni Yayi et c’est un projet qui a le mérite de faire unanimité contre lui sans que le président ne prenne toujours la mesure de la question. En effet, le front des anti-révisionnistes regroupe naturellement  les membres de l’opposition politique, de la Société Civile, mais aussi les membres de la majorité présidentielle dont les plus téméraires n’hésitent pas à dire tout haut ce que les autres pensent tout bas en brandissant le carton jaune.

Ce qu’un carton jaune ne suffit pas à faire comprendre, seul un carton rouge peut le faire et comme l’a dit Candide Azanaï, un député béninois lors du vote du budget 2014, le président boni ne veut pas entendre raison et le seul moyen pour y parvenir est de le saisir par les oreilles  et lui crier fort à l’intérieur ce qu’on veut lui signifier.

La première personne qui à oser saisir les oreilles présidentielles pour lui dire : “ trop c’est trop », c’est le juge d’instruction du sixième cabinet du tribunal de première instance de Cotonou, Angelot Houssou. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, ce juge qui avait en charge l’instruction  des dossiers de tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat contre le président Boni Yayi et qui se déplaçait au palais pour instruire le chef de l’Etat a clôturé son instruction le 17 mai 2013 par  des ordonnances de non-lieu général dans les affaires de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat, Boni Yayi, et de tentative de coup d’Etat, une décision qui symbolise un’échec cuisant pour le  Chef de l’Etat.

Cette courageuse ordonnance de non lieu  sera confortée le lundi 1er juillet 2013 par  la Cour d’appel de Cotonou qui a confirmé les ordonnances de non-lieu rendues par le juge Angelo Houssou dans les mêmes dossiers en première instance. Aujourd’hui, le juge Angelot Houssou est réfugié politique aux USA ou l’asile politique lui a été accordée.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, la cour d’appel de Paris auprès de qui le gouvernement béninois a adressé une demande d’extradition de Patrice Talon le principal accusé dans ces deux affaires a, dans son verdict du 4 décembre 2013, refusé d’extrader les prévenus à Cotonou où les conditions d’un jugement équitable ne sont pas de son point de vue garanties.  Deuxième échec cuisant donc pour le Chef de l’Etat

Et puisque jamais deux sans trois, la troisième estocade au chef de l’Etat est venu des USA avec le rejet de la candidature du Bénin pour le deuxième compact du Millenium Challenge Account. Déclaré éligible pour le second compact du Millénium Challenge Account avec une note de 11/20 à la fin de l’évaluation après le premier compact,  lors de sa session trimestrielle tenue le mardi 10 décembre 2013 à Washington, le Conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (Mcc) a rejeté la candidature du Bénin. La raison essentielle de ce refus est la faible moyenne obtenue par le Bénin au niveau de l’indicateur relatif à la corruption et la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat. Au total c’est 300 milliards de franc cfa d’appui budgétaire accordé par les USA que le Bénin perd à cause de la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat

Dure dure que ce mois de décembre 2013, pour le chef de l’Etat béninois qui n’était pas encore au bout de sa peine. L’Assemblée nationale du Bénin a rejeté jeudi 19 décembre 2013 par 44 voix contre et 39 voix pour, le budget de l’Etat exercice 2014 après un vote secret. Quand on sait que le chef de l’Etat bénéficie pourtant d’une majorité confortable au sein de ce parlement, on comprend qu’il ne maîtrise plus sa famille politique qui semble commencer par lui montrer la porte de sortie.

Et comme si tout ceci ne suffisait pas, sur le front social, les nouvelles ne sont pas meilleures. depuis le 1er octobre dernier, les  praticiens hospitaliers du Bénin  observent une grève perlée qui vise à demander le paiement des primes de risque et qualification coupées depuis 1982 et qui correspondent à 20% du salaire indiciaire brut des agents de santé béninois. Une grève qu’ils menacent de  radicaliser à 96 heures par semaine sans service minimum.

La même situation s’observent du côté des magistrats  qui observent depuis le mardi 3 décembre 2013 une grève perlée de 72 heures par semaine pour exiger du gouvernement la correction des violations des principes d’inamovibilité des juges du siège et celui de la préséance dans les nominations ou affectations de magistrats faites en 2011 et en 2013.

Quant aux syndicats de l’Education nationale, il sont en échauffement et comptent entrer dans la danse à partir de janvier si leurs revendications ne sont pas satisfaites jusque là.

 Au regard de tous ces déboires essuyés par le chef de l’exécutif béninois, on peut, à juste titre, se demander s’il y a encore un capitaine dans le navire tant il prend l’eau de toute part. Le président Boni Yayi a promis monts et merveilles au peuple et fait aujourd’hui les frais de ses errements politiques . Espérons qu’après lui le déluge n’emporte tout le peuple.

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Madagascar: Présidentielle 2013 – Et si la communauté internationale n’avait pas été là ?

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Maintes fois annoncés et maintes fois reporté, Le scrutin présidentiel, considéré par les Malgaches et la communauté international  comme un préalable pour sortir de la grave crise politique, économique et sociale dans laquelle leur pays est plongé depuis l’éviction de Ravalomanana par Rajoelina il y a quatre ans a fini par avoir lieu. S’opposent pour la magistrature suprême, Robinson Jean-Louis à Hery Rajaonarimampianina. Le premier est soutenu par l’ancien président Marc Ravalomanana et le second par le président de la transition Andry Rajoelina. Toutefois la question se pose de savoir si cette distribution aurait été la même si la communauté internationale n’avait pas été là.

 

 

Enfin la logique a fini par s’imposer, la raison par triompher et le droit par être dit. Les différents candidats à la présidentielle sont finalement ceux que la loi électorale autorise. Mais, oh que le chemin fut long, incertain, improbable voire surréaliste.  Pour y parvenir,  il a fallu négociations sur négociations, sommet sur sommets, missions sur missions, reports sur report et surtout surtout, il a fallut  que La Cour Electorale Spéciale se dédit pour quenfin soit arrêter la liste des 33 candidats politiquement correctes pour le premier tour du scrutin présidentiel qui a dégagé pour le second tour Jean Louis ROBINSON et Hery RAJAONARIMAMPIANINA, un face à face inédit dans les annales politique de la Grande Île.

Aucun politologue, aucun mage, aucun marabout n’aurait pu prédire cette affiche exceptionnelle du second  tour il y a seulement  trois mois, tant les positions étaient radicalisées, les passions exacerbées et les engagements assumés.

Véritable douche froide pour Andry Rajoelina, l’homme fort de Tana qui aura tout fait pour être de la partie. Après avoir chassé du pouvoir  le président démocratiquement élu Marc Ravalomanana, gouverné sans partage pendant 4 années et réduit le pays à la misère et à l’insécurité, il a surtout réussi l’exploit d’être retenu sur la liste des candidats à l’élection présidentielle, alors même qu’il ne figurait pas sur la liste des personnes ayant déposé un dossier à candidature. Nous étions alors en juillet 2013.

Mais seulement voila, la communauté internationale veillait au grain et sous sa pression et la menace de son retrait du processus de sortie de crise  si la loi n’était pas respectée que La Cour Electorale Spéciale a fini par casser, elle-même, son arrêt, qu’elle jugeait pourtant non susceptible d’aucune voie de recours, et éliminer de la liste des candidats, les candidatures qui violaient le code électoral, notamment celle d’Andry Rajoelina, l’actuel homme fort du pays, de Lalao Ravalomanana, épouse de l’ancien président en exil Marc Ravalomanana, et de Didier Ratsiraka, dont la communauté internationale exigeait le retrait ouvrant ainsi la voie à ces élections présidentielles.

A l’issue du  premier tour des élections présidentielles  du 25 octobre 2013, au nombre des 33 candidats retenus par la Commission Electorale Spéciale, Robinson Jean Louis est arrivé en tête du premier tour avec 21,16 % des voix et Hery Rajaonarimampianina, crédité de 15,85 % des suffrages est arrivé en second.

Par Arrêt n°01-CES/AR du 22 novembre 2013 de La Cour Electorale Spéciale portant proclamation des résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle du 25 octobre 2013,les candidats Jean Louis ROBINSON et Hery RAJAONARIMAMPIANINA, ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages, sont seuls admis à se présenter au second tour prévu pour 20 décembre 2013.

Contrairement aux craintes des uns et des autres, la campagne électorale à été apaisée voire festive  et les avis sont unanimes pour reconnaître que le scrutin d’hier vendredi 20 décembre 2013 s’est également déroulé dans le calme et sans incident.

L’heure est à présent au décompte des voix et faute de sondage au sortir des urnes, les premières tendances de ce second tour devraient se dessiner a la fin du week-end ou les jours à venir. Mais d’ores et déjà on peut affirmer sans risque de se tromper que l’événement certain, comme dirait un mathématicien, est que le futur président de la Grande Île  sera  Robinson Jean Louis  ou Rajaonarimampianina,  une éventualité peu probable il y a 4 mois.

Les malgaches ont-ils vraiment eu le temps de connaitre les personnes sur lesquelles ils s’engagent ? Mais bon, là n’est pas la question. La crise au moins est passée et il n’y a pas d’omelette sans œufs cassés nous disent les anglais. Soit.

Pour ma part, une autre préoccupation me tarabuste l’esprit. Et si la communauté internationale n’avait pas été là me suis-je mille et une fois demandé depuis le début du scrutin ? Imaginons un peu ce qu’il serait advenu de Madagascar si la Communauté internationale n’avait pas montré cette intransigeance exceptionnelle et surtout si son financement n’avait pas été indispensable ?

Amusons nous un peu à jouer aux  médecins après la mort ou aux devins après coup.

De toute évidence, la Cour Electorale Spéciale ne se serait pas dédit. Les candidats controversés allaient tous participer au scrutin et de toute évidence, le résultat n’aurait jamais été celui qu’il sera à l’issu du scrutin en cours. On voit mal, en effet, la Cour se discréditer à ce point pour valider la candidature, hors délai de Andry Rajoelina, et la déclarer échouer au finish.

Les mêmes juges de la Cour Electorale Spéciale, bardé de leur boubou Kaba avec une mine patibulaire, vont statuer:

Vu  la constitution

Vu   patati  patata

Considérant ci et ça

Constate que le candidat Andry Rajoelina, a recueilli la majorité  absolue au second tour de l’élection présidentielle.

Déclare Andry Rajoelina Président élu.

La présente décision sera publiée au journal officiel de la République.

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Et la messe sera dite, les projecteurs vont s’éteindre.

Oh non, pas si vite.

Comme il faut s’y attendre, les accusations en fraude de tout genre vont s’élever de toute part et de réclamation en contestation, la crise post électorale va s’installer. Et ainsi d’une crise pré-électorale on rentre dans une crise post électorale et pour ça les recettes existent pour gérer.

Le tout nouveau président élu, auréolé de sa nouvelle légitimité, sous bonne garde, va prêter serment de respecter la constitution et d’œuvrer au bonheur de tout le peuple malgache.

Dans le même temps, toute la machine étatique sera mise au service et à la gloire du président. Du coup, les cadres, les élus et les travailleurs du public comme du privé vont chacun faire des pieds et des mains pour rentrer dans les bonnes grâces du pouvoir.

Quant aux opposants, ils ne mettront pas long à comprendre qu’il n’y a pas  deux capitaines dans le bateau Malagasy.

Bien entendu quand les éléphants se battent ce sont les herbes qui en pâtissent et le peuple malgache qui a cru un moment qu’il était au bout de ses peines va encore faire les frais des turpitudes de ses hommes politiques.

Mais bon, Dieu merci, l’histoire ne s’est pas ainsi déroulé et ceci n’est qu’une bande annonce d’un film qui ne sera jamais tourné et tant mieux.

Sur la grande Île le dépouillement se poursuit et les deux candidats en lice pour le second tour de l’élection présidentielle à Madagascar sont plutôt au coude à coude dans les premiers résultats communiqués samedi matin. La Commission électorale indépendante a indiqué qu’il faudrait sans doute attendre le 7 janvier pour la publication des résultats définitifs de l’élection.

En attendant donc que le verdict des urnes livre son secret et en attendant de boire à la santé du président élu je me permets de rappeler au futur président de la Grande Île quelques vérités qu’il ne doit pas perdre de vue, s’il veut que la gloire et les succès couronnent son mandat.

La première est que le peuple malgache s’est donné en sa personne un président  et non une marionnette ou un pantin. L’intérêt populaire doit donc être la seule boussole qui oriente son action au quotidien.

La seconde chose est qu’il n’y qu’une seule voie pour entrer dans l’histoire, la grande histoire, c’est la voie des libertés, de la dignité et de l’équité.  C’est elle qui débride les énergies démocratiques, booste la créativité et l’ingéniosité populaire et apporte croissance économique et progrès.

La troisième et dernière chose est que depuis la mort de Mandela, la génération consciente africaine scrute ses nouveaux leaders politiques à la recherche de son icône réincarné, au propre ou au figuré, c’est selon. Il a donc le privilège de récolter ce jackpot  de l’histoire s’il le veut.

En attendant donc le verdict des urnes, je souhaite encore bonne chance aux deux candidats et bon vent à l’heureux élu.

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Mandela : Nkosi, siyabonga, titilopke Madiba

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Tata Madiba,

Après le choc, la douleur, le chagrin et l’affliction,

Après le doute, les conjectures et l’appréhensions,

Après les sincères et les convenus  hommages,

Que dire encore qui ne soit pas déjà dit.

Après  le concert   planétaire de  témoignages,

Que retenir donc de tout ce qui a été dit.

Après une si féconde et exemplaire destinée,

L’humanité toute entière,  dans sa diversité,

Chacun dans sa langue et avec sa sensibilité,

Tous, unanimement, t’exprime leur reconnaissance.

Des remerciements que  proches, officiels et anonymes t’ont généreusement dédié,

Pour l’impact que ta vie a eu sur notre conscience.

Des remerciements qu’il me plait, une fois encore, pour toi, ici,  de psalmodier,

Pour qu’ils montent et t’accompagnent dans l’éternité.

Merci Madiba  pour le miracle que ta vie a été pour l’humanité,

Merci pour ton courage qui nous a sauvé.

Merci pour la liberté que tu nous as donnée.

Merci pour la dignité dont tu nous as honorée.

Merci pour le pardon et la réconciliation que tu nous as enseignés.

Merci pour les offenses  que ta présence nous a épargnées.

Merci pour la confiance en soi que tu nous as inspirée.

Merci pour l’espoir que dans nos cœurs tu as semé.

Merci  – Thank you –  Obligado,

Enkosi  –  Siyabonga  –   Dankie,

Asante sana  –  Misaotra  –   Matondi,

Nagode  –    Adjarama  –   A ni kie ,

Akiba  –  Apke  kaka  –   O sheun …  Titilopkê.

 

En ces heures ultimes de ton séjour terrestre,

 

Puisse les cloches des cieux résonner gaiement pour annoncer ta venue.

Puisse les mânes de nos ancêtres africains t’accueillir avec la fierté qui est la notre.

Puisse-t-ils t’accompagner devant Unkulunkulu, le maître unique des cieux.

Puisse  Unkulunkulu  te relever avec bienveillance de ta prosternation devant lui.

Puisse-t-il te rassurer que tu as accompli avec courage et abnégation la mission qu’il t’a assignée.

Puisse-t-il t’accueillir dans sa joie, sa paix et sa lumière.

Puisse l’humanité suivre les valeurs et les idéaux pour lesquels tu t’es battu.

Puisse toute l’Afrique parvenir au bout du long chemin vers la liberté que tu as frayé.

Puisse-t-il apparaître sur le continent, des leaders qui daignent poser leurs pas sur tes pas.

Puisse nos mémoires garder à jamais le souvenir de ton amour.

Tata  Madiba

Merci et repose en paix

 

Centrafrique, la moitié de la solution est : exit Djotodia

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Depuis le coup d’Etat du 24 mars 2013 par les rebelles de la Seleka contre le président Bozizé,  le pays s’enfonce dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire. La menace de  génocide est évoquée par Washington et Paris et depuis ce lundi 9 décembre 2013 une intervention de la France en appui à la Misca sous mandat de l’ONU a démarré.  Mais dans l’écheveau politicocommunautaire qu’est aujourd’hui la Centrafrique, l’intervention militaire pour désarmer les milices ne serait, à mon avis, qu’une moitié de la solution à la crise. Djotodia incarne une autre partie du problème et son départ ouvrirait la voie à une véritable pacification du pays.

 

Depuis son indépendance le 13 août 1960, pas moins de cinq coups d’Etat sont venus interrompre un processus démocratique normal et chaque coup d’Etat a charrié son cortège de crises. Suite au dernier coup d’Etat , aux tensions territoriales et politiques viennent s’ajouter les rivalités ethniques et confessionnelles de plus en plus marquées.

Aujourd’hui victime de la violence des milices, la population n’a pas fini de payer le prix de l’irresponsabilité et de l’incurie de ses politiques. Une fois encore la communauté internationale va aider la Centrafrique à se réconcilier avec elle-même et dès quelle aura le dos tourné, rebelote. On reprend les mêmes et on recommence comme c’est le cas depuis un demi-siècle.

Le  jeudi 5 décembre 2013,  le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution autorisant la France à intervenir militairement au côté de la Misca, une force composée de soldats africains de plusieurs pays opérant en Centrafrique, dans le but de rétablir l’ordre et de stabiliser le pays. Le texte prévoit également un embargo sur les armes.

Ce même jeudi, à Bangui, la situation sécuritaire déjà très délétère depuis des mois s’est fortement dégradée aux premières heures de la journée. Des éléments des milices d’autodéfense anti-balakas hostile au régime de la transition appuyés par d’anciens militaires fidèles à l’ex-président François Bozizé ont mené plusieurs attaques. Cinquante-quatre cadavres ont été retrouvés alignés dans une mosquée. Une cinquantaine de corps ont été recensés à la morgue de l’un des hôpitaux de la ville, et de nombreux autres cadavres jonchent les rues de la capitale, selon l’envoyé spécial de France 2, Nicolas Bertrand.

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Au total, du jeudi au lundi plus de 400 personnes ont été tuées par balles et armes blanches dans les rues de Bangui selon la Croix-Rouge, une situation aussi chaotique qu’absurde.

Face à la dégradation subite de la situation, la France a décidé d’augmenter son contingent qui passe de 800 à 1 600 hommes. Ainsi, depuis le lundi 9 décembre, ce sont 1 600 militaires français qui sont déployés en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris), en appui à la Misca (2 500 soldats) pour désarmer toutes les milices. Les Etats-Unis vont mettre à disposition des appareils de transport C-17 pour convoyer des renforts de troupes africaines en Centrafrique à la suite d’une demande d’assistance de la France, a indiqué ce même lundi le Pentagone. Un désarmement qui ne va pas sans difficulté, car les factions désarmées devenant les victimes des factions non encore désarmées ou de la vindicte populaire. Une situation bien embarrassante pour les militaires français.

Mon analyse est que la recrudescence des pillages, des massacres interconfessionnels et l’anarchie constatées ces derniers jours sont l’oeuvre de hordes de hors- la-loi mécontents de voir leur chef installé au pouvoir et d’être, eux, laissés pour compte.

Quelle différence y a-t-il, en effet, entre Michel Djotodia ou le général Moussa Assimeh un chef de guerre de l’ex-Seleka, venu du Darfour et qui reçoit fièrement dans les locaux du commissariat central de Bangui et les hors-la-loi qui forment la Seleka et sèment la mort et dépeuple  le pays ? La réponse est bien simple : les premiers sont hors du besoin, nourris, blanchis et protégés aux frais de la reine, alors que les autres sont livrés à eux- mêmes et se payent sur la bête. C’est donc dire que si Djotodia et consorts aussi n’avaient plus cette protection, ils se livreraient,  eux aussi,  aux mêmes exactions que leurs éléments. Il n’a pas gagné ses galons à la Seleka pour ses oeuvres de charité à ce qu’on sache.

D’ailleurs, devant  tout le désordre et le discrédit engendré par ses ex- alliés, au lieu de se démettre du pouvoir, il achète plutôt le silence des victimes centrafricaines à coup de millions de francs Cfa et la bienveillance de la communauté internationale en annonçant, par exemple, des négociations avec le chef de la LRA Joseph Kony qui serait disposé à renoncer au combat. Une information que personne n’a d’ailleurs prise au sérieux. Il est peut-être temps pour lui de tirer les conséquences de son aventure à la tête du pays puisqu’il n’est plus l’homme de la situation.

A Bangui, actuellement, tout le monde a peur car si vous exprimez une opinion différente de celle de Michel Djotodia personne ne donnera cher votre peau. Dans ces conditions, je pense que Djotodia fait partie du problème et non de la solution. Et si tel est le cas, il faut que les instances autorisées fassent le diagnostic afin que des solutions idoines puissent être prises. C’est ce déficit de cohérence qui est la base de tant de problèmes en Afrique.

Le problème avec nous les Africains est que quand les crises éclatent, on connaît les tenants et les aboutissants, mais la méthodologie de résolution souvent adoptée ne permet pas d’appeler un chat un chat. Non, on ne peut pas dire à un grand qu’il a tort parce que c’est avant tout le grand. De même, on ne doit pas dire à un petit qu’il a raison parce que c’est après tout le petit. Mais, on enchaîne les tables rondes, les forums, les réunions, les apartés pour tenter de concilier la chèvre et le chou. Des formules creuses sont trouvées pour dire sans le dire au grand qu’il a tort et au petit qu’il a raison. En fin de compte tout le monde reste frustré et ce qui devrait arriver arrive. La chèvre broute allègrement le chou, oubliant au passage qu’il était vénéneux. Conclusion, la crise s’installe et échappe à tout contrôle. Tout le monde alors s’étonne que la chèvre n’a pas tenu parole. On lui a pourtant parlé, on a été très clair avec lui, mais il n’en fait qu’a sa tête, patati patata.

Ainsi, il en va aujourd’hui du conflit centrafricain et souvenez-vous, ainsi avait été le cas du conflit malien et avant lui du conflit ivoirien et ainsi de suite. On s’efforce d’éteindre les incendies sans rien dire aux pyromanes.

Aujourd’hui, la communauté internationale se penche sur le cas centrafricain avec une focalisation africaine. Tout est mis en œuvre pour mettre hors d’état de nuire les membres de la Seleka et les anti-Balakas sans piper mot du parrain de la Seleka. Face à cette situation délétère et implosive, tout le monde condamne la nébuleuse Seleka; mais personne ne pointe du doigt la position ambiguë du président de la transition. Ni la Cemac, ni l’Union africaine ni les Nations unies ne font cas de lui.

Mais depuis que les Français sont à la manette et surtout depuis qu’ils sont seuls à mettre la main au portefeuille et à payer de leur vie la paix des autres, ils ne jugent plus opportun de s’embarrasser de l’hypocrisie des Africains.

Dans l’entretien qu’il a accordé samedi 7 décembre à RFI, France 24 et TV5 Monde, à l’issue du Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, le président François Hollande a déclaré : « On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire et qui a même laissé faire ». Une façon claire, de dire que Djotodia fait partie du problème. Mais non seulement cet avis n’a été relayé par aucun autre chef d’Etat africain, mais c’est Djotodia lui-même qui l’a commenté à son propre profit.

Michel Djotodia, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, dit avoir eu des explications des autorités françaises selon lesquelles la France ne venait pas remplacer qui que ce soit. Et qu’il s’agissait juste de demander une transition plus courte que l’échéance de février 2015 prévue initialement.

« C’est des allégations pures et simples, le président français n’a jamais dit cela… J’ai reçu un message personnel, par l’ambassade de France ici, qui dit que le président français me soutient et soutient la transition. La seule chose, la petite modification qui a eu lieu, c’est que la transition a été écourtée. La France est claire à ce sujet, elle ne vient pas pour remplacer qui que ce soit, elle ne vient pas pour perturber la transition, mais elle vient pour soutenir ce processus qui est déjà en place, pour que d’ici peu de temps, qu’il y ait un ordre constitutionnel en Centrafrique ».

Est-ce de la naïveté ou du cynisme ? Difficile à dire.  Sinon à voir  l’émotion des dirigeants africains face à la photo de Mandela au sommet de l’Elysée à Paris, on est curieux de savoir quel héritage de Mandela compte à leurs yeux par rapport à leur pays ?

En Centrafrique, par exemple, sous Bozizé, le peuple n’avait pas à manger, mais il était libre d’aller et venir. Aujourd’hui sous Djotodia, il n’a toujours pas à manger, mais les communautés s’entretuent par la faute des assaillants dont il est le parrain légal. A quoi bon finalement aura servi le changement de régime si les conditions de vie du peuple deviennent pires que ce qu’elles étaient. Dans ces conditions, pourquoi s’accommoder de la présence au pouvoir d’un homme qui pose problème ?

Quel intérêt y a-t-il,  aujourd’hui, pour le peuple centrafricain à ce que Djotodia soit à la tête du pays ?

De quel mérite Djotodia lui-même peut-il aujourd’hui se prévaloir pour demander son maintien à la tête de l’Etat ?

Quelle considération peut conduire à soutenir le maintien à la tête de l’Etat de Djotodia ?

Quelle gêne peut-il y avoir encore à appeler un chat un chat et demander à Djotodia, au nom de l’intérêt supérieur du pays de se démettre du pouvoir ?

«L’ambition dont on n’a pas le talent est un crime», disait Chateaubriand dans son œuvre, « Mémoire d’outre-tombe ».  De ce point de vue, à voir tout le désordre ou  le chaos dans lequel son coup d’Etat a plongé aujourd’hui la Centrafrique, on est obligé d’admettre que Djotodia est criminel à plusieurs titres, car volontairement ou involontairement  comptable de toutes les exactions et dérives observées aujourd’hui en Centrafrique.

Le commentaire de Djotodia sur les propos de François Hollande n’est qu’un arrangement avec la réalité. C’est peut-être une façon de prêcher le faux avec l’espoir que le peuple va mordre à l’appât. Mais ce sera peine perdue car : “changement de régime“ le mot est lâché et quoi qu’on dise, le début de la fin a commencé pour lui. Mais hélas, une fois encore, ce ne sera pas un destin voulu par l’Afrique des officiels, mais un destin subi qui ne nous honore pas.

Adieu Madiba

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A toi Mandela !

Au moment de ta transition vers l’Orient éternel,

Regarde de là où tu es, cher Madiba,

La douleur des choses et des êtres que tu quittes.

Vois les hommages attristés de ton peuple désormais  orphelin.

Ecoute la clameur des sanglots de toute l’Afrique déboussolée.

Regarde l’émoi soulevé à travers le monde entier.

Ces hommages et  témoignages te sont, légitimement, dus.

Car, tu es, en ton genre, unique.

Jusqu’à ce jour,  sur notre cher continent,

Si on voulait identifier trois leaders  dignes et intègres

Instinctivement, ton nom sera cité par tous.

Si on n’en voulait plus que deux,  dignes et intègres

Sans ambages, ton nom sera cité parmi eux.

Si enfin on n’en voulait  plus qu’un seul digne et intègre

Unanimement  pour tous,  c’est toi.

Mais voilà, aujourd’hui  que tu n’es plus.

Si  on en cherche un,  digne et intègre ?

Il n’y a plus personne.

Voilà ce que représente ta mort pour la génération consciente africaine.

Une perte incommensurable.

Tu es parti sans nous laisser de remplaçant.

Mais, comme chez nous les morts ne sont jamais morts,

Tu es mort, mais tu n’es pas parti.

Tu seras toujours cet astre qui éclairera notre ciel si sombre.

Tu resteras cette icône vivante qui nous inspire et nous  motive.                ,

Tu incarneras pour toujours cet arc-en-ciel qui nous rappelle notre diversité.

Tu  immortaliseras notre lutte pour la liberté et la dignité.

Tu demeureras à jamais pour nous le symbole du pardon et de la réconciliation.

Heidegger nous a appris qu’un enfant de un jour est déjà trop vieux pour mourir.

Avec toi  Mandela, le monde découvre qu’un vieux de 95 ans peut être encore trop jeune pour mourir.

A présent que le deuil enveloppe toute la machine ronde,

Tous ensemble,  attachons nos cœurs,

Et en communion,  te disons : Merci et Adieu Madiba.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

France : la loi contre la prostitution ou le paradoxe Hollande

600850-a-sex-worker-activist-attends-a-demonstration-with-prostitutes-against-a-proposal-to-scrap-sanctionsL’Assemblée française a voté à une large majorité l’ensemble de la loi pour «la lutte contre le système prostitutionnel» le 4 décembre 2013. Mais, ce vote qui intervient dans le contexte très difficile de l’inversion de la courbe du chômage conduit à se demander si le gouvernement ne s’est pas tiré une balle dans le pied.

Après les vives manifestations, pétitions, tribunes, le projet de loi «de lutte contre le système prostitutionnel» est  voté avec 268 votants pour, 138 contre et 79 députés qui se sont abstenus. « Je vous remercie de nous donner les moyens de lutter contre les réseaux », a déclaré la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, aux députés, après le vote.

Indéniablement, ce vote est une victoire pour le gouvernement français et plus largement pour la gauche au pouvoir qui a porté ce projet de loi  qui va plus loin que le délit de «racolage passif», instauré par la droite en 2003. Dorénavant, les clients ayant recours à la prostitution d’une personne majeure pourront écoper d’une contravention de 5e catégorie de 1 500 euros. En cas de récidive, la sanction sera désormais un délit puni de 3 750 euros d’amende.

Avec ce vote, c’est l’esprit de la loi qui change totalement, car en matière de prostitution, le délit ne pèse plus sur la prostituée, perçue comme une victime, mais sur le client de la prostituée vu comme un délinquant.  Autre avancée de cette loi, un fonds «pour la prévention de la prostitution et l’accompagnement social et professionnel des personnes prostituées» sera créé. Le gouvernement s’est engagé à le doter de 20 millions d’euros. «Désormais, les prostituées auront le droit à une véritable alternative», s’est enthousiasmée mercredi Ségolène Neuville, députée PS.

Toutefois, il reste que cette nouvelle loi sera mise en œuvre dans le contexte difficile de morosité sociale.

Visiblement le gouvernement peine pour tenir l’engagement pris par le président François Hollande le 9 septembre 2012 sur le plateau de TF1  d’ inverser la courbe du chômage d’ici un an. Mois après mois, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi, que le ministère du Travail publie chaque mois, et le taux de chômage, calculé chaque trimestre par l’Insee  donnent tous deux une tendance à la hausse des demandeurs d’emploi jusqu’en septembre 2013.

Fort heureusement,  la France a connu une baisse de 20 500 demandeurs d’emploi sans activité en octobre 2013, ce qui apparaît comme un point d’inflexion de la courbe du chômage  et dont s’est réjoui François Hollande : « Les chiffres publiés aujourd’hui confirment que la bataille pour l’emploi peut être gagnée ».

Mais, avec le vote de la loi pour « la lutte contre le système prostitutionnel » du 4 décembre 2013,  epunissant l’achat d’actes sexuels d’une contravention de 1500 euros, on condamne la vendeuse de l’acte sexuel à l’inactivité donc au chômage technique. Si on estime à plus de 20 000 le nombre des personnes prostituées en France, ce sont donc 20 000 personnes potentielles qui vont agrandir le nombre des demandeurs d’emploi au Pôle Emploi dès le moins prochain. Le risque est alors grand de voir la légère baisse du taux de chômage en octobre repartir à la hausse.

Certes, le plus vieux métier du monde charrie beaucoup de galères et de dérives, mais c’est aussi une niche d’emplois sur laquelle tout le monde ferme les yeux à cause de son caractère d’« utilité publique ».  L’agenda de cette loi aurait donc pu être différé eu égard à l’engagement de François Hollande et surtout par ces temps de vaches maigres.

Au demeurant, la loi des hommes pourra-t-elle éliminer ce que les religions n’ont pas pu faire ?  Seul le temps le dira.

 

 

Bénin : Yayi Boni, un président qui n’est jamais au courant.

De tous les présidents élus de l’ère démocratique au Bénin, le président Boni Yayi  est objectivement celui dont l’élection aura suscité le plus d’espoir dans le pays et aussi celui dont les deux mandats auront connus les scandales les plus stupéfiants. Mais, scandale après scandales, il y a une constante qui revient chaque fois: « Je n’étais pas au courant » et qui au delà de la stupéfaction interpellent le citoyen que je suis sur le contrôle du pouvoir au sommet de l’Etat béninois.

 

 

Inconnu sur l’échiquier politique national jusqu’en 2005, le président Boni Yayi a réussi l’exploit de se faire élire président de la république avec 75% des suffrages exprimés au second tour des élections présidentielles de 2006. Il faut avouer que le président YAYI Boni a placé la barre très haut  lors de sa campagne, ce qui explique les grands espoirs suscités par l’homme et justifie ce suffrage massif. Sous le slogan : « ça doit changer, ça va changer »,  il a fait une campagne  avec des promesses mirobolantes. Docteur en économie de son état, il s’était engagé à faire passer le taux de croissance du pays, estimé alors à 6%, à un  taux de croissance économique à deux chiffres, à assurer au pays,  une autonomie énergétique, à le transformer  en un village numérique et le faire accéder  au rang des pays émergents.

Malgré  le cafouillage et le populisme qui transparaissaient dans les premières actions du chantre du changement et de l’émergence économique du Bénin, la période de grâce va durer près de deux ans pendant lesquelles les béninois espéraient, patiemment,  les promesses annoncées avant que  cet enthousiasme et cet espoir ne se  transforment en bérézina avec l’avalanche des scandales qui vont émaillés les mandats de Boni Yayi et dont je propose ici un focus sur trois parmi la multitude de scandales. 

Chronologiquement, la première affaire d’envergure qui a défrayé la chronique sous l’ère Boni Yayi est l’affaire dite de la Cen-Sad.  L’organisation au Bénin du dixième Sommet de la Communauté des Etats Sahélo Sahariens (Cen-Sad) tenue à Cotonou  les 17 et 18 juin 2008 a été décidée à Syrte en Libye le 3 juin 2007 et le Président de la République du Bénin a accepté de relever le défi de l’organisation en s’en donnant personnellement les moyens.

 Dans le cadre des préparatifs de l’organisation dudit Sommet, le Gouvernement a ainsi initié la réalisation d’importantes infrastructures et l’achat de divers équipements qui contribueront à la modernisation des infrastructures de la ville de Cotonou et dont la mise en œuvre fut confié par décision du conseil des ministres au ministre de l’Économie et des Finances, Soulé Mana Lawani qui a géré la réhabilitation et ameublement du Centre International des Conférences et du Palais des Congrès de Cotonou ou s’est déroulé le sommet puis des différents ’aménagements et équipements  des résidences des hôtes de marque et de la sécurité des participants.

Au lendemain du sommet, le scandale dit de la Cen-Sad va éclater à l’assemblée où les députés vont déceler de graves irrégularités dans la passation des marchés et l’exécution des travaux évalués à un coût total de 4,6 milliards de francs CFA. Au total, 6 points impliquant divers département ministériel auraient fait l’objet de malversations. Ce premier scandale politico-financier va faire couler beaucoup d’encre et de salive dans le pays et la position équivoque du gouvernement pendant longtemps sur le sujet a exaspéré et indigné le peuple tout entier.

La réaction du chef de l’Etat sur cette affaire n’interviendra que longtemps après au cours une interview accordée à la télévision nationale à l’occasion de la fête de l’indépendance du 1er août 2009. Interpellé sur ce scandale qui défraie la chronique depuis un moment déjà dans le pays, avec une sérénité  déconcertante le chef de l’Etat a déclaré : « je n’étais pas au courant. J’ai appris un jour que les députés veulent envoyer une commission d’enquête parlementaire. On en était là. Premier mois, rien ; deuxième mois, rien ; troisième mois, rien. Alors, j’ai donné l’ordre à l’IGE (Inspection Générale d’Etat) d’aller me voir çà » A la remarque des journalistes qu’un conseil des ministres a pourtant statuer sur la question, nouvel aveu du chef de l’Etat : « Le Conseil des ministres, il y a des moments où je n’y vais pas si je n’ai pas de points particuliers, s’il n’y a pas de dossiers qui nécessitent ma présence et je demande le plus souvent au ministre d’Etat d’aller présider » !

Une faute avouée étant à moitié pardonnée, face à cette franchise déconcertante du chef de l’Etat, le peuple a fait contre mauvaise fortune, bon cœur et pardonné son président.  Pour la petite histoire, dans cette affaire Cen-Sad, le rapport de l’IGE mettra tout le tort sur le dos de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Soulé Mana Lawani, qui devra s’expliquer sur les « dysfonctionnements » dans la passation de marchés et dans la « qualité des travaux » réalisés au Bénin pour accueillir le sommet de la Cen-Sad. Pour le mis en cause, il y a eu surfacturation des frais, mais le président aurait personnellement tout planifié en collaboration avec son ministre chargé de l’urbanisme qui retiennent déjà les entreprises devant bénéficier des marchés avant l’introduction d’une communication en Conseil des Ministres sollicitant le gré à gré ».

Au demeurant, le scandale de la Cen-Sad a mis à nu les dessous sales du système politique du chantre du changement et l’embarras des béninois qui découvre le mode de fonctionnement, pour le moins, curieux du président de la république.

 La deuxième affaire qui a défrayé la chronique est l’affaire ICC Services,  une affaire d’escroquerie et de détournement d’épargne organisée par ICC Services, une société de placement d’argent. Une affaire Mazdoff à la béninoise selon certains commentateurs.

Il faut rappeler que depuis le début de l’année 2006, il s’est observé dans le paysage financier béninois, un foisonnement de sociétés de « placement d’argent ». Ces sociétés pour la plupart, octroient des taux d’intérêt allant de 40% à 450% sur les dépôts à leurs guichets. Cette pratique qui apparaît extraordinaire au regard des taux de 6-8% régulièrement appliqués par les institutions financières de la place, est mise en œuvre dans un contexte où il existe une réglementation de l’activité financière en République du Bénin.et surtout au moment ou le président du pays est  lui-même banquier émérite.

La société ICC service est, justement, l’une des premières sociétés de placement à opérer sur la place du Bénin dès 2006. ONG, églises évangéliques converties en institutions financières, ICC service réalise des placements  d’argent à des taux d’intérêt sans pareil. Des milliers de béninois  ont vu en cette affaire l’aubaine de leur vie et y ont placé massivement qui capital, qui épargne, qui prêt bancaire pour réaliser une plus-value. 

Le scandale a éclaté suite à la crise liée au non paiement de ses clients à partir de mai 2009. A tort ou à raison, le chef de l’Etat sera accusé par ses adversaires politiques d’avoir cautionné les activités de ladite structure  à cause des visites fréquentes des promoteurs au domicile privé du chef de l’Etat et surtout de la photo du chef de l’Etat qui trône dans tous les bureaux de cette institution.

Selon une estimation de la banque mondiale, environ 150 milliards de franc CFA sont soutirés de l’épargne des populations par une bande des personnes dont la grande  proximité avec les pouvoirs publics a largement contribué à abuser les épargnants..

Face à cette crise nationale du placement d’argent dans laquelle les épargnes ont fondu comme neige au soleil et les affaires ruinées, des drames sont observés au quotidien et de nombreuses familles sont dans le désarroi. Dans le rang des victimes de ces institutions, les ménages se sont disloquées, certains ont choisit de se suicider surtout ceux qui ont vendu leurs maisons  ou qui ont placé l’argent d’autrui ou un prêt bancaire, d’autres sont, à l’article de la mort suite à un AVC ou autres crises. Dans ces conditions le pays tout entier avait les yeux et les oreilles tournés vers l’exécutif que tout le monde accuse de n’avoir pas suffisamment protégé les citoyens.

Finalement, c’est sur la chaîne panafricaine, Africa 24 que le peuple qui s’impatientait d’entendre des paroles d’espoir et de réconfort sur cette escroquerie à la Mazdoff ont eu l’occasion d’entendre le président béninois Boni Yayi dire : « Affaire ICC, je n’étais pas informé. Dès lors qu’on m’a mis au courant de cette affaire, j’ai mis tout le monde en prison » il a ajouté en sus que les milliers de victimes qui se sont fait spolier par des structures illégales de placement d’argent ont été recensés et ont commencé par entrer en possession de leurs fonds. Par ailleurs pour trouver des solutions idoines à ce dossier, il a non seulement invité des experts du FMI mais aussi ceux de la BCEAO qui incessamment, se rendront dans notre pays pour une expertise.

Une fois encore, le peuple a compris que le malheur est arrivé parce que le président n’était pas au courant, mais c’est réconfortant de savoir qu’il va œuvrer à la récupération des sous placés. Pour la petite histoire, de 2009 jusqu’à nos jours en 2013, aucun épargnant de ICC service n’a toucher le moindre francs et bien malin qui peut dire où en est le dossier

 

 La troisième affaire d’envergure qui a défrayé la chronique et continue de mousser l’actualité nationale et internationale du pays par ses multiples ramifications est l’affaire PVI- ng.

Le Programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng) est une importante réforme introduite dans les activités portuaires et douanières par le régime Yayi. Elle se résume en trois volets essentiels que sont la vérification avant embarquement des marchandises, le suivi électronique (tracking) et le contrôle par scanner (scanning). Il est censé améliorer la compétitivité du port de Cotonou et favoriser l’accroissement des recettes douanières. Après un appel d’offre international, la société Bénin Control SA de l’homme d’affaire béninois, Patrice Talon, a été sélectionnée par le gouvernement pour sa mise en pratique sur la base d’un contrat du marché n°20/MEF/MPDEPP-CAG/MDCEMTMIP/DNCMP du 9 février 2011.

Ce contrat signé à un mois des élections de 2011 qui a permis le second mandat de Yayi Boni avec les avantages inouïs qu’il accorde à  Bénin Control Sa de l’homme d’affaire et ami personnel du chef de l’Etat béninois, sera très critiqué par l’opposition politique, les médias et les syndicats dont les analyses font croire qu’il s’inscrit dans la perspective de préparation du butin de guerre des consultations  électorales de 2016.

Toujours est-il que pendant un an, le gouvernement avec à sa tête le président a fait campagne activement pour vanter les avantages multiples du programme PVI qui mettra le port de Cotonou au diapason du port de Singapour. L’opinion nationale et internationale a été fortement sensibilisé sur son impérieuse opportunité pour dynamiser l’économie nationale et conduire à l’émergence prônée par le chef de l’Etat. Le gouvernement a mené une vaste campagne de communication sur la réforme au cours de laquelle, les membres de l’Exécutif ont affirmé à plusieurs reprises que Bénin control est le bras exécutif du gouvernement.

Mais, un an après le début de la mise en œuvre du PVI, le mécontentement manifeste des agents de la Douane et des indiscrétions venant du Millenium Challenge Acount et de l’Ambassade des USA à Cotonou indiquent que le PVI ng  plombe  l’activité économique et commerciale du pays déjà morose et au risque qu’il étouffe totalement l’économie nationale sa  suspension pure et simple serait demandé.  Et patatras, le mercredi 02 mai 2011, le gouvernement a décidé en conseil des ministres de «suspendre provisoirement le contrat de travail» qui lie l’Etat à la société Bénin Control dans le cadre de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng). Pour appuyer  cette décision inimaginable encore il y a quelques jours, le gouvernement a  expliqué son revirement et la suspension du contrat par le fait que le marché a été attribué au groupement SGS-Bénin Control SA.  à cause des références techniques de SGS  alors que le contrat a été signé au nom de Bénin Control SA et non au nom du Groupement SGS-Bénin Control SA. Mais alors, se pose la question de savoir pourquoi le gouvernement béninois lui a signé ce contrat et pourquoi ce n’est qu’un an après le début de la mise en œuvre de la réforme que ce constat est fait ?

Les tentatives de réponse à ces questions sont venues du Ministre de l’Economie Maritime Valentin Djenontin qui a animé une série de points de presse sur le sujet. Des différentes explications fournies, il ressort que : Le président n’était pas au courant des termes du contrat du PVI avant de le  signer.  « Le président, a-t-il expliqué, n’a pas lu le contrat avant de le signer et ce n’est qu’après que le constat a été fait que le contrat signé par le chef de l’Etat était différent de celui étudié en conseil des Ministres » Ces explications  insinuent que des personnes de l’entourage du chef de l’Etat proches de Patrice Talon, le promoteur du PVI, aurait changé la mouture du contrat présenté au chef de l’Etat pour signature. Face au tollé général provoqué par ces sorties médiatiques jugées nulle dans l’ensemble, le chef de l’Etat lui-même profitant, comme à son habitude, d’une interview accordée aux chaînes de télé nationales à l’occasion de la fête de l’indépendance du 1er août 2012, à apporté quelques éclaircissements au peuple et clarifier les propos de son ministre : « lorsque le secrétaire général de la présidence m’a apporté le contrat, je lui ai demandé si peux signer?  Il a répondu oui.  Je peux signer ? Ai-je insisté.  Il a encore dit oui.  J’ai alors ajouté : si je signe et que quelque chose arrive demain, tu es un homme mort ».   Ces propos sensés apporter la sérénité ont encore plus jeté le trouble et l’émoi dans l’esprit des béninois ahuris par la légèreté du chef de l’Etat dans un dossier aussi capital que celui du PVI (ng)  qui engage son destin sur 16 années.

Qu’est-il advenu de ce secrétaire général de la présidence de la république ? N’ayez aucune crainte. Il n’est pas mort, mais plutôt promu à un autre poste.

Au demeurant, ce mode de fonctionnement observé à travers ces trois affaires est le même dans les multiples autres affaires qui ont caractérisé les différents gouvernements de Boni Yayi,  notamment les affaires  d’empoisonnement du chef de l’Etat, et de coup  d’Etat dans lesquelles l’accusé n’est nul autre que  Patrice Talon, le promoteur du PVI, aujourd’hui réfugié en France et  pour lequel la cour d’appel de Paris a refusé ce jour même l’extradition à Cotonou où les conditions d’un jugement équitable ne sont plus garanties  et enfin l’affaire SODECO qui nourrit présentement les débats à Cotonou et qui n’est elle aussi qu’une autre ramification de l’affaire PVI ng. 

En somme, comme on peut le constater, l’argument “je n’étais pas au courant“ ou “je n’étais pas informé“  sont  comme un leitmotiv  que le chef de l’Etat utilise pour se justifier et prouver sa bonne foi. Mais, comment comprendre que des informations connues qui font le buzz dans le pays ne parviennent pas à la connaissance de celui qui reçoit tous les jours sur sa table de travail des rapports sur l’état du pays de la part de la sûreté nationale, des services de renseignements et des différents services de communication aussi bien institutionnels qu’officieux ?  Aussi, de mon point de vue, il importe de se poser la question de savoir ce que veut réellement exprimer  le chef de l’Etat quand il dit : « je n’étais pas au courant » ? Ou plus concrètement que cache la formule présidentielle : « je n’étais pas informé » ?

De toute évidence, il n’y a que le président lui-même qui peut répondre à, ces préoccupations, mais en tant que citoyen on ne peut que conjecturer.

La première hypothèse, à mon avis, serait que le président n’a  effectivement pas connaissance, en temps réel,  des dossiers en cause. Dans ces conditions, une alternative s’impose : ou le président est très mal entouré ou alors  c’est une vacance de pouvoir au sommet de l’Etat qui ne dit pas son nom.

Une autre hypothèse serait que cette formule n’est qu’une simple ligne de défense, une échappatoire pour se sortir d’affaire et montrer sa bonne foi, fort du fait que la parole du chef ne peut être mise en doute. Mais dans ce cas, cela parait une stratégie trop simpliste pour un brillant intellectuel et un économiste de renom tel que le que le président Yayi. 

Mais si ce n’est ni l’une ni l’autre, reste alors la conjecture  la plus dangereuse. Le président aurait-il  des trous de mémoire ou des absences et quand il revient à lui-même, il ne se souvient plus des évènements passés ce qui met  dans l’embarras tout le monde ; le président lui-même qui ne doit plus savoir où il en est, son entourage contraint de ne pas démentir son chef et le peuple qui se pose  mille et une question sur son timonier.

 Dans tous les cas, quelque soit la bonne hypothèse, aucune n’est acceptable à ce niveau du pouvoir d’Etat.

Un dicton de chez nous que le président Boni Yayi ne peut ignorer dit : «  je ne peux pas, n’est pas une réponse digne d’un brave homme », de même, je pense aussi que “je n’étais pas au courant“ n’est pas une réponse qu’un président puisse s’enorgueillir devant son peuple. Toutefois, Il n’est jamais trop tard pour mieux faire et pour le reste de temps de votre deuxième et dernier mandat, le peuple vous saura gré d’être enfin au courant à tant.