France : La rupture Hollande – Trierweiler officialisée

 

De notoriété publique, depuis l’annonce de L’idylle entre le président François Hollande et l’actrice Julie Gayet, le couple présidentiel ramait contre le vent. Pendant sa conférence de presse le 14 janvier  dernier, François Hollande, s’était engagé à clarifier la situation de son couple avant sa visite officielle aux Etats-Unis prévue le 11 février. C’est chose faite depuis ce samedi. 

Le président français François Hollande a annoncé samedi en fin d’après-midi à l’AFP « la fin de sa vie commune avec Valérie Trierweiler », deux semaines après la révélation de sa liaison avec l’actrice Julie Gayet par le magazine Closer.

En prenant soin de Préciser qu’il s’exprimait à titre personnel et non en tant que chef de l’Etat, car il s’agissait de « sa vie privée » , il a déclaré: « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler ».

Ensemble depuis 2007, le couple aura passé sept années de vie commune. Revenus chacun  de très loin – deux divorces pour Valérie et une rupture pour François –  sept ans durant, le couple a connu les moments difficiles des familles recomposées et la gloire du sacre. Pendant sept ans, chacun d’eux, a probablement donné le meilleur de lui-même, pour réussir ce qu’ils n’avaient pas réussi dans leurs vies passées, mais hélas.

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François hollande et Valérie au moment où les deux  regardaient dans la même direction.

 

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Dorénavant, chacun regarde de son coté.

Dommage que cette belle histoire n’a pas résisté à l’épreuve du pouvoir.

Toute fois, il est regrettable que   cette séparation a pour fond de toile l’ affaire Julie Gayet. Si on ne s’en tient qu’ à la chronologie des  événements,  elle  apparaît  logiquement, comme le détonateur de la séparation du couple présidentiel, pourtant elle est loin d’en être le cause.

Un dicton africain prône qu’il ne faut pas regarder là où on est tombé, mais où on a trébuché. Certes, la révélation de la liaison de François Hollande avec  l’ actrice, a contribué à alimenter le tourbillon médiatique, mais il serait naïf de croire que c’est Julie Gayet qui a semé le trouble dans le couple présidentiel. François Hollande et Valérie Trierweiler seuls, savent où leur couple a trébuché pour aboutir à la séparation actuelle. Le  tweet de soutien de Valérie au rival de Ségolène Royal pour le siège de député de La Rochelle en juin 2012, les griefs des enfants de Hollande contre Valérie et les nombreux désaccords entre les deux conjoints sont autant de frictions susceptibles de  fragiliser la cohésion du couple Hollande.

Loin d’être donc celle par laquelle la faute arrive, Julie Gayet n’est, à mon avis, que la conséquence des déboires du couple Hollande.

Après la clarification présidentielle, il faut espérer que les deux vont trouver une bonne modalité de séparation pour atténuer le traumatisme de la rupture.

Vivement que la sérénité revienne rapidement dans les cœurs et les esprits des deux, en particulier, dans celui du président pour répondre aux  exigences de sa lourde fonction.

 

 

 

 

 

Gabon : Daniel Ona Ondo, nouveau Premier ministre

Le Pr. Daniel Ona Ondo reçu par le Président la République, Ali Bongo Ondimba

Le Pr. Daniel Ona Ondo reçu par le Président la République, Ali Bongo Ondimba

 

 

 

Après ce qu’on pourrait qualifier de longue traversée du désert, le professeur Daniel Ona Ondo, refait surface, de fort belle manière, sur la scène politique gabonaise.  

 

Économiste de formation, professeur agrégé des facultés de Droit et de Sciences économiques de l’Université Omar Bongo, Ona Ondo est entré en politique dans les années 1990. Il a  successivement occupé plusieurs portefeuilles.

 En 1998, ministre de la Culture, des Arts et de l’Éducation populaire.

En 2002, ministre de l’Éducation nationale.

En 2005, ministre des Postes et Télécommunications.

Depuis 2007, il est député PDG et élu premier vice-président de l’Assemblée nationale.

Le nouveau Premier ministre a annoncé qu’il composerait sa nouvelle équipe gouvernementale d’ici à la fin de semaine.

Sa principale mission sera de poursuivre la mise en œuvre du Plan Stratégique Gabon Émergent du président Ali Bongo Odimba. A trois ans des élections présidentielles, Il devra proposer des solutions innovantes pour le chômage des jeunes, la précarité de logement et l’absence d’équipements collectifs dans les zones rurales et certains quartiers sous intégrés des grandes villes du pays.

Afrique : poly… ou homo; un dilemme plus que cornélien

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La tenue d’un mariage coutumier gay à Libreville le 29 décembre 2013 et l’interpellation des mariés et des participants de la cérémonie, puis leur libération quelques jours plus tard à cause du vide juridique dans la loi gabonaise, autant de péripéties qui en Afrique relancent la question de l’homosexualité. Un débat renforcé par la promulgation le 13 janvier 2014 au Nigeria d’une loi interdisant explicitement les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels. Ce débat sur l’homosexualité et sa légalisation ou non a en toile de fond l’abrogation du régime polygamique.

C’est bien connu, la modernité occidentale pose bien des dilemmes aux Africains qui sont appelés à laisser leurs traditions jugées rétrogrades ou désuètes et embrasser des valeurs modernes, jugées plus en phase avec les libertés et les droits humains. Des valeurs qui parfois heurtent terriblement leur moralité ou leur sensibilité. Ainsi en est-il du  débat sur la légalisation du mariage homosexuel sur le continent mis en perspective avec celui de l’abrogation de la polygamie.

D’un côté, il y a la polygamie qui d’une manière ou d’une autre ne choque moralement pas grand monde sur le continent. Dans bien des pays, il y a plus d’une première dame, officiellement ou officieusement. Mais au nom des valeurs modernes, elle est vouée aux gémonies et quoi qu’on dise c’est dans l’ordre de l’acceptable. Le Bénin s’est même fait remarqué en abrogeant la polygamie, de son code la famille, le 24 juin 2004.

De l’autre, il y a l’homosexualité qui moralement choque plus de 95 % des Africains. Mais les organismes des droits de l’homme et la communauté internationale aimeraient bien voir les législations africaines la légaliser et la codifier. Dès qu’un pays africain donne une orientation répressive à sa législation sur la question, comme c’était le cas lundi passé au Nigeria, c’est toujours un tollé général.

On comprend aisément une réforme sociétale qui représente une avancée en termes de fonctionnalité ou de moralité comme c’est le cas de la polygamie, mais on comprend mal une réforme sociétale qui représente au contraire une régression des normes morales de la société comme c’est le cas de l’homosexualité.

Il est indéniable qu’il existe en Afrique, une frange de personnes à tendance sexuelle gay. Mais il faut faire la politique de ses moyens, et je pense que le continent n’a pas aujourd’hui les moyens psychologiques et matériels pour gérer les conséquences d’une légalisation de l’homosexualité. D’ailleurs en Occident même les points de vue sont très partagés sur la question et la légalisation de l’homosexualité est plus le fait des lobbies politiques qu’une aspiration des peuples. De plus, les institutions chargées de gérer les différents aspects de cette décision en Occident sont plus matures que celles d’Afrique dans lesquelles les dérives seront trop nombreuses.

Le continent ne parvient déjà pas à nourrir, à soigner et éduquer convenablement sa population, peut-il se permettre le luxe de mettre à l’ordre du jour quelque chose qui ne représente qu’un épiphénomène dans sa société. A chaque chose son temps, et il ne faut point mettre la charrue avant les bœufs. Il viendra probablement, en Afrique, le temps où la légalisation de l’homosexualité s’imposera d’elle-même ce qui n’est visiblement pas le cas actuellement.

Pour l’heure, la résistance institutionnelle est encore farouche. Et mis à part l’Afrique du Sud ou l’homosexualité est légale et le mariage pour les personnes de même sexe est autorisé, de manière plus générale, l’homosexualité est toujours illégale et criminalisée dans au moins 39 pays sur les 54 que compte que le continent. La promulgation par le président nigérian Goodluck Jonathan le lundi 13 janvier 2014 de la loi, adoptée à l’unanimité par les parlementaires nigérians en mai 2013 montre bien la perception négative du phénomène sur le continent. Cette loi prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d’emprisonnement pour les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation. Mais il faut l’avouer, dans certains pays africains :  les agressions, brimades et emprisonnements plus ou moins légaux dont sont victimes les personnes homosexuelles et transsexuelles sont excessifs. On peut se demander  jusqu’à quand ? Les Etats africains ne sont pas fiables. Au détour d’un prêt ou d’un appui budgétaire ou tout autre forme d’aide, si la conditionnalité passe par l’assouplissement de la législation contre l’homophobie, il n’est pas à exclure que les uns après les autres les législations dans les pays africains bougent en sens inverse bien avant les sensibilités.

 

 

Catherine Samba-Panza, présidente de transition de la Centrafrique : Une chance et un risque.

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Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, a été élue présidente de transition de la Centrafrique, à l’issue du second tour de l’élection par le Conseil national de transition (CNT). Son élection à la tête du pays représente une grosse lueur d’espoir de sortie de crise, mais aussi un risque de dérive d’incompétence si d’aventure les fruits n’ont pas tenu les promesses des fleurs.

Élue au second tour de scrutin avec 75 voix contre 53 pour Désiré Kolingba, fils d’un ancien chef de l’Etat, Mme Catherine Samba-Panza aura la lourde tâche, comme l’a rappelé le président français, François Hollande,  de mener à bien la réconciliation et l’apaisement nécessaires en RCA, en vue de la tenue d’élections démocratiques (…).

Après des mois d’affrontement militaire et  de sanglantes violences inter-religieuses, l’avènement d’une femme à la tête de la RCA représente en soi une grosse lueur d’espoir pour le pays. De part son profil et avec le suffrage important qu’elle a obtenu auprès du CNT, on peut lui faire  le crédit d’être à équidistance de tous les groupes armés du pays ce qui est un premier pas dans la voie de l’apaisement. La politique pourra se faire dorénavant autrement que par une logique de rapport de force comme ce fut le cas jusqu’à nos jours

De plus les femmes comme on sait sont moins affairées que les hommes. Elles sont moins liées aux lobbies d’affaires, ethniques ou régionalistes et donc ont les coudées franches pour prendre les décisions idoines ou pour faire aboutir leurs décisions que les hommes en général. De ce point de vue donc, Mme Catherine Samba-Panza est parfaitement l’homme ou plutôt la femme de la situation en RCA.

Toutefois, un Etat est une structure très complexe et la gestion d’un pays post guerre civile comme la RCA ne sera pas une sinécure. Au delà donc des bons sentiments et de la bonne volonté, il faut beaucoup de clairvoyance politique et du savoir faire pour trouver les ressources nécessaires au fonctionnement de l’Etat, pour fixer les priorités dans un environnement ou tout est prioritaire et pour faire les arbitrages difficiles afin de ne pas devenir l’otage des conseillers nationaux ou internationaux.

Vu sous cet angle, il est à espérer que Mme Catherine Samba-Panza sera à la hauteur du job pour éviter que des tensions nouvelles ne se développent de nouveau dans le pays.

Au demeurant, avec le soutien de sa classe politique et de la communauté internationale, Mme Catherine Samba-Panza a entre ses mains toutes les bonnes cartes pour réussir sa mission pour laquelle nous souhaitons bon vent.

 

Le vodou Lègba, un Dieu singulier de la galaxie Vodou.

 

A  l’occasion de la fête des religions endogènes célébrée chaque année au Bénin le 10 janvier, je suis heureux cette année d’apporter par ce billet, ma contribution  à l’évènement sur Mondoblog en fournissant quelques points de repère, quelques clefs d’entrée dans la galaxie vodou afin que  quiconque intéressé par le sujet puisse, par lui-même,  se faire une idée du vodou dans ses symboles et dans ses pratiques en général et en particulier du vodou Lègba.

 

Avec ses nombreuses divinités, que l’on présente volontiers d’une façon effrayante, ses rites cabalistiques, ses sociétés secrètes et sa magie en relation avec les forces de la Nature, le vodou  apparaît comme une nébuleuse confuse  de divinités hétéroclites  dans laquelle on ne peut pas s’hasarder sans être initié ou avoir  un prêtre ou une prêtresse vodou pour guide..

N’étant point initié à quelque divinité vodou, je n’aurais pas ici la prétention de dévoiler quelques mystères ou de vous éclairer sur les faces cachés de la spiritualité ou des rituels vodou. Mais bien que profane, je reste tout de même impacté  par la spiritualité vodou qui a largement imprégné toute la culture béninoise qui est la mienne et dans laquelle tout le monde jure, depuis la tendre enfance, au nom de Mahou, le dieu vodou. A ce titre, je me propose en toute modestie, de vous faire faire une visite du panthéon Vodou avec un arrêt sur image sur le vodou Lègba.

 

Dans l’aire culturelle Adja-Tado qui regroupe le Togo, le Bénin et une partie du Nigéria, le vodoun (terme traduit de manière approximative par : esprit surhumain, force, puissance ou divinité) est un ensemble établi de croyances, de rites, de mythes à la structure particulière, fondé principalement sur des entités ou fétiches appelées vodoun ou vodou qui sont organisées en familles, hiérarchisées en panthéon et dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance.  Plus qu’une religion, le vodou est un mode de vie.

Par le biais de l’esclavage, le vodou s’est exporté en Occident et a donné naissance  à des formes religieuses au Nouveau Monde, connues sous le nom de vaudou à Haïti et de candomblé au Brésil.

Selon la mythologie la plus répandue dans l’aire culturelle Adja-Tado, à l’origine du monde actuel, on trouve Mahou ou Mawu à laquelle est, sous entendu,  associée une autre divinité : Lissa. En ce sens, Mawu désigne une paire de divinités.  Mawu est féminin, Lissa, masculin. De ce couple primordial seraient nés plusieurs  enfants dotés de pouvoirs surnaturels. Les vodou ou tout du moins, une grande partie d’entre eux, seraient les enfants issus de l’union de Mawu et de Lissa, le dernier-né de cette nombreuse famille étant Lègba.

 

Les fétiches ou vodou seraient donc, des médiateurs entre « Dieu et les hommes ». Pour ces derniers, « ils obtiennent des faveurs », mais sont également les « exécuteurs des vengeances divines ». Il vaut mieux ne pas les croiser, car « leur rencontre est danger de mort». Les vodou emprunteraient une enveloppe Inhumaine pour descendre sur terre et ce, uniquement entre midi et une heure, et la nuit entre minuit et le chant du coq.

 

Le panthéon vodou offre une galaxie de près de trois cents divinités hiérarchisées, mais l’ordre de cette hiérarchie est fortement lié aux différents lignages. Les principales divinités de cette galaxie sont :

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Xêvioso ou chango: c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.

Sakpata ou chakpana: est le Dieu de la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.

Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.

Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protège mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Lègba ou Elegbara ou Eshu : c’est le Dieu de la croisée des chemins, le vodou du désordre de la méchanceté, de l’intelligence et de la ruse. Il remplit des fonctions et des rôles bien souvent contradictoires qui ne sont pas sans rappeler Hermès.

A ces divinités majeures s’ajoutent les divinités secondaires.

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies rituelles.

Cette année aussi, dans tout le pays, les couvents et les temples ont été remis à neuf pour la circonstance et les vodounon (maître vodou) et les vodoussi (adeptes du vaudou) se sont parés pour célébrer leurs divinités comme ici sur la photo.

 

Une danse de vodoussi

 

Toutfois, de  toutes les  divinités du panthéon vodou, manifestement, Lègba est la figure du Vodou la plus familière, mais aussi la plus singulière.

 

 Lègba ou Agbo Lègba : 

le Dieu de la croisée des chemins.

 

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Le vodou Lègba ou Agbo-Lègba se retrouve chez les populations Ewé, Adja, Mina, Fon, du Bénin et du Togo et chez les populations yorouba du Bénin et du Nigéria sous le nom d’Elegbara, Eshu-Elegbara, Eshu-Bara ou encore Eshu. Dans le culte Vaudou haïtien, le dieu Legba est vénéré sous deux formes contradictoires : la forme d’un enfant rebelle, ou la forme d’un sage vieillard estropié marchant à l’aide d’une canne.

Le terme Agbo signifie barrière dans le sens d’entrée, seuil  ou portail des maisons, des quartiers des agglomérations ou des cités. A ce titre, Agbo-Lègba est un rempart contre les ennemis réels et mystiques de la famille, de la cité ou de la communauté. Par extension Agbo-Lègba désigne  le Dieu des frontières, du chemin ou  de la croisée des chemins.

 

La légende de Lègba

 

D’après la légende, Lègba ou Elegba est le dernier fils de Mawu et de Lissa.

Mawu, l’être suprême, convoqua les vodoun pour les envoyer sur terre. Lègba se présenta alors, le premier, sans prendre le temps ni la politesse d’apporter un présent, vêtu d’une simple plume sur la tête. Aussi Mawu fâchée le renvoya. Dépité, Lègba descendit sur terre, sans instructions, sans but véritable. Il erra dans des lieux inconnus, ne sachant que faire. Comme il connaissait les langues des deux mondes, celui des divinités et celui des humains, il mit à profit cette errance, en devenant leur messager.
D’autres mythes indiquent que Lègba pourrait être, non pas le dernier-né, le « favori» de Mawu, mais au
contraire, son premier-né, un enfant malformé qui aurait précédé longtemps auparavant, le cycle des enfants normaux.

Quoi qu’il soit, sa venue est toujours placée sous le signe de la ruse, de la rapidité d’esprit, de l’intelligence, du désordre. Il se présente toujours le premier, volant ou essayant de voler la place des autres.

 

La représentation de Lègba

 

Pour ce qui est de la partie visible de l’iceberg, Agbo-Lègba est représenté par une bute de terre aux formes plus ou moins humaines avec souvent un phallus démesuré. Les représentations de lègba traînent partout. On les voit aux seuils des habitations, des lieux publiques et à tous les coins de rues dans les vieilles citées.

On peut même dire que les représentations de lègba sont la face hideuse du vodou avec les offrandes de sang, d’huile de palme et de farine de maïs et autres avec lesquelles on le barbouille régulièrement comme ici le montre ce Lègba royal dans la citée d’Abomey.

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Toutefois, Lègba vodou du golfe du Bénin est tout aussi divers dans ses matérialisations que dans ses attributions.

 

Les caractéristiques de Lègba.

 

Agbo Lègba a plusieurs caractéristiques.

 

Lègba, vodou du désordre et de la colère. Divinité de la puissance, de la force qui se déchaînent dans la querelle, la discorde, la colère, le meurtre, la guerre, le cauchemar, la folie passagère, (et même) les rêves érotiques»

Lègba, vodou de la méchanceté.  Il ne cherche qu’à nuire aux hommes, et il faut sans cesse l’apaiser par des sacrifices et des offrandes.

Lègba, vodou de l’intelligence et de la ruse.

Lègba est souvent présenté comme une sorte de lutin au comportement à l’équilibre fragile: il peut être très farceur, mais aussi prêt « aux pires méchancetés », en même temps, il se laisse facilement cajoler, si on sait s’y prendre, avec des sacrifices, des prières ou des libations, et surtout de la nourriture.

 

Les fonctions de Lègba

 

Ainsi que ses caractéristiques, les fonctions de Lègba sont multiples.

 

Lègba, messager des hommes et des vodou.

Agbo-Lègba est le messager privilégier des hommes et des vodous car le seul à les comprendre tous, voila pourquoi on ne peut commencer libation et sacrifice à un grand nombre de vodou sans en offrir les prémices à Lègba afin d’obtenir son concours comme médiateur ou intercesseur.

 

Lègba, gardien de la propriété.

Il est le gardien des propriétés ce qui explique, son installation devant les maisons et aux carrefours, endroits terriblement ouverts et dangereux, qu’il a mission de protéger. Il protège la route de tout danger

 

Vodou de la génération

Représenté avec un phallus démesuré, il est le vodou de la fécondité ou de la reproduction, un vodou de la génération qui serait « susceptible de donner ou de refuser des enfants» à qui il veut.

 

La cérémonie de Lègba

 

Dans le culte vodou, il est admis que toutes choses heureuses et malheureuses arrivent par la volonté de Lègba avec la permission des vodou supérieurs. Mais, la seule manière d’éviter cela est de lui accorder son temps, il faut lui parler, lui donner à manger et à boire abondamment.

Les adeptes du vodou n’entreprennent jamais un long déplacement sans demander la route à Agbo-Elègba, le vodou du chemin afin qu’aucun malheur ne survienne en route.

Généralement les cérémonies Vodou commencent  toujours par les offrandes à Lègba et son invocation passe par une louange dont voici le  refrain culte.

Iba l’Agbo é Agbo mojuba !

Iba  l’Orisha.

Iba l’Agbo é Agbo mojuba o!

B’omodé korin adjuba Agbo é

Agbo mojuba

F’èlègba eshu ona

 

Quoi qu’il en soit, Agbo-Lègba est censé apporter protection, paix et prospérité, mais  il peut également punir.  C’est un vodou dont les  caractéristiques multiples et contradictoires, aussi bien dans son nom, dans ses formes, dans ses attributs que dans ses fonctions font de lui un vodou singulier.

.Qu’on soit adepte ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans plusieurs pays du golf du Bénin, malgré la percée des églises du réveil. Le champ du vaudou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.