Dis papa, c’est quoi un président fantôme ?

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Il était 2o heures ce vendredi 18 avril 2014, j’étais à table en train de manger mon repas plus préoccupé par les idées qui trottent dans ma tête que par l’ambiance de conversation des enfants et des images qui défilent à la télé.

Soudain, mon attention et celle de mon garçon aîné furent au même moment attirées par l’annonce des résultats de l’élection présidentielle en Algérie.

–   Les résultats de sont tombés vendredi vers 17 h 30. Abdelaziz Bouteflika qui briguait un quatrième mandat à l’âge de 77 ans, a été réélu avec 81, 53 % des voix, annonça la voix monocorde de la journaliste. Son grand rival, Ali Benflis, est crédité de 12 % des suffrages et le taux de participation était quant à lui relativement faible : 51,7 %, contre 74 % lors de la dernière présidentielle en 2009 a précisé la journaliste.

Mon aîné qui guettait ma réaction s’est aussitôt mis à rire.

–       Papa, ça fait rire non ? m’a-t-il demandé

–       Non, moi ça me fait plutôt pleurer, lui ai-je répondu

–       Parce que c’est un président fantôme non ? ajouta-t-il.

–       Oui ! Un président fantôme hélas ! ai-je répondu.

C’est à ce moment que mon benjamin (Oloufêmi, 12 ans) plus intéressé par les bandes dessinées que par les infos politiques abandonne son téléphone et m’interpelle.

–         Dis Papa, c’est quoi un président fantôme ?

La question était si pertinente, mais si inattendue que je ne sus quoi répondre.

–       Papa réponds, c’est quoi un président fantôme ? insista-t-il .

–      C’est un président qui est sur le répondeur.

–       Et c’est quoi un président qui est sur le répondeur ?

–       C’est un président que plus personne ne voit. Quand le peuple l’appelle, c’est sur son répondeur qu’on tombe.

–      Ça veut dire que personne ne l’a vu avant qu’il ne gagne ?

–       C’est un peu ça, acquiesçai-je ?

–       Donc il n’a pas fait campagne insiste-t-il

–       Non. Ce sont ses amis qui ont fait la campagne pour lui

–       Ah bon ! mais, pourquoi papa ? Et lui-même, il est où ?

–       Il est vieux et malade.

–       Vieux et malade… ! Mais c’est le président de quel pays d’abord ?

–       De l’Algérie. Tu connais où est l’Algérie ?

–       Euh, non ! avoua-t-il. C’est en Afrique non ?

–       Oui c’est en Afrique.

Il fit mine d’être satisfait de mes réponses ou peut-être, de ses propres questions, s’éloigne dans sa chambre, puis revient à la charge quelques instants après.

–       Pourquoi l’Algérie ne fait pas comme le Bénin ou la Constitution dit que les candidats à la présidence doivent remplir certaines conditions, être en bonne santé par exemple ?

–       Ces conditions existent dans tous les pays, donc en Algérie aussi.

–       Mais vous dites que le président élu est malade, donc la Commission médicale et la Cour constitutionnelle n’ont pas fait leur travail ? hein non papa ?

–       La question étant trop tendancieuse, j’hésitais à répondre. Mais il ajouta

–       Ou bien il a fait les faux papiers pour dire qu’il est en bonne santé ?

–       Je n’en sais rien petit, je constate comme toi, comme tout le monde.

–       Mais et les Algériens, pourquoi ils n’ont pas réagi contre sa candidature.

–       Ils ont réagi en votant pour à plus de 80 % mon petit. C’est le candidat le plus stable, le plus fiable, l’homme de la situation, l’homme fort du pays.

–       Comment? Celui qui est vieux et malade, c’est lui l’homme fort ?

–       Bon ! je crois que tu sais maintenant ce que c’est qu’un président fantôme, laisse- moi finir mon dîner, décrétai-je pour mettre fin à cette conversation de plus en plus philosophique.

Ouf ! Depuis le début de la campagne présidentielle en Algérie, j’étais conscient que la candidature de Bouteflika posait problème, mais j’ignorais que le cas pouvait éprouver le bon sens d’un gamin.

A mon sens les enjeux de l’heure pou l’Algérie sont d’ordre économique et sécuritaire. Le bien-être du peuple et la menace islamiste. Pour atteindre ces deux objectifs, il faut un leadership doté de clairvoyance politique et du savoir-faire économique capable d’enlever l’adhésion de ses concitoyens à sa vision sur les grands enjeux de l’heure. La présidentielle représentait donc pour le pays une opportunité pour sélectionner ce leader.

Le hic est que le candidat sélectionné par le scrutin du 17 avril passé laisse plutôt songeurs les observateurs extérieurs. Bouteflika, le candidat élu, est vieux et très malade. Mais alors de deux choses l’une. Où le peuple qui l’a élu à 81 % doit être encore plus malade que lui ou une main invisible est dans l’ombre et trompe tout le monde y compris Bouteflika lui-même.

Quoi qu’il en soit, cette élection pose plus de questions qu’elle n’apporte de solution et pour ma part, je note deux conséquences négatives qui découlent de ce scrutin.

La première est que le peuple algérien sait que son président est vieux et malade. Il est donc conscient qu’il  ne gouvernera que par procuration. La réalité du pouvoir sera donc aux mains de personnes qu’il n’a pas élues et peut-être même qu’il n’a pas l’honneur de connaître. Ces personnes auront tous les pouvoirs sans assumer aucune responsabilité.

La seconde est que si en Algérie un candidat vieux et malade parvient à rempiler démocratiquement pour une quatrième fois, la tentation pour des personnes plus jeunes et plus ingambes de rempiler démocratiquement une troisième fois dans leur pays deviendra de plus en plus grande en Afrique. Les différents états-majors vont redoubler d’ardeur sur le continent pour trouver la recette magique pour bluffer le peuple.

Pour conclure,  je ne peux que rappeler ici cette citation d’Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »

 

 

Naufrage du ferry sud-coréen : tant qu’il reste de l’espoir.

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Photo Issei Kato. Reuters

 

Le Mercredi 16 avril 2014, un ferry sud-coréen, le Sewol a fait naufrage au large de la côte Sud de la péninsule coréenne. Depuis l’annonce de ce drame, la population retient son souffle et espère pour le mieux.

Depuis le début de la matinée du mercredi, la population sud-coréenne suit minute par minute, à la télévision et sur les réseaux sociaux, les gigantesques opérations de sauvetage lancées près de ses côtes autour de l’épave du ferry qui transportant 475 personnes, dont 352 lycéens d’un établissement de la banlieue de Séoul, participant à un voyage scolaire.

Selon le dernier bilan des garde-côtes,  179  personnes ont pu être secourues (dont 7 blessées), vingt-huit corps ont été retrouvés et 268  personnes manquaient toujours à l’appel. Les derniers corps récupérés flottaient dans la mer

A l’étape actuelle de la catastrophe, l’urgence n’est ni les causes, ni les responsabilités, mais les opérations de sauvetage pour arracher à la mer les survivants ou tout au moins les corps. La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, qui s’est rendue sur les lieux du drame, a pressé les secours de faire au mieux et au plus vite.

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Depuis ce vendredi matin, les opérations de sauvetage s’intensifient autour de l’épave du ferry désormais totalement immergé.

les sauveteurs injectent du dioxygène dans l’épave pour créer ou entretenir les poches d’air dans le ferry. Les espoirs sont aussi fondés sur un petit drone sous-marin qui va être guidé autour de l’épave pour tenter de dresser un état de la situation à l’intérieur, où beaucoup de passagers seraient restés prisonniers de leurs cabines. On compte aussi sur  l’arrivée, sur place, de trois gigantesques grues flottantes qui doivent tenter de redresser l’épave du  ferry une fois tout espoir perdu de retrouver des survivants, a indiqué le chef régional des garde-côtes, Kim Soo-Hyun.

Le drame du sewol est d’autant plus  tragique que les victimes sont en majorité de  jeunes lycéens  en voyage scolaire. Plus de  352  des passagers du ferry proviennent, effet, du lycée Danwon à Ansan, dans la banlieue de Séoul. On imagine aisément la douleur et l’angoisse des parents de ces élèves face  à ce drame. Aussi,  même si les espoirs s’amenuisent d’heure en heure pour trouver des survivants, on ne peut s’empêcher d’y croire tant qu’il reste une goutte d’espoir.

A l’instar de ce moine bouddhiste qui  prie au bord de la mer à Jindo, port sud-coréen où les familles des victimes du naufrage du ferry «Sewol» se sont rassemblées., je joins ma prière aux siennes pour implorer le ciel pour inspirer et fortifier les équipes de sauvetage.

Au Nigeria, un mariage doré chez les Goodluck !

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Elisabeth Sakwe, la fille adoptive du président du Nigeria, Goodluck Jonathan, s’est mariée le 12 avril dernier à Abuja. La fête fut belle et les commentaires aussi vont bon train.

 

On n’est pas fille de la première puissance africaine pour rien, on mérite un mariage doré et le mariage de Faith le fut. La cérémonie du mariage a été diffusée en direct sur la Nigerian television autority (NTA) une des chaînes les plus importantes du pays.

Le décor était magnifique et le casting très relevé. De nombreuses personnalités politiques étaient présentes, dont l’ancien président Olusegun Obasanjo,

Côté mise en scène, action et émotion étaient au rendez-vous. Plusieurs échantillons de cadeaux ont été offerts aux  invités, et un certain nombre d’entre eux  ont reçu un iPhone plaqué or conçu par le designer de luxe Michael Malivelihood.

La rumeur a très tôt couru que ces objets de grande valeur avaient été offerts par la présidence elle-même créant ainsi un malaise dans tout le pays. Mais elle fut très tôt démentie par un tweet de Michael Malivelihood lui-même.

Michael A @malivelihood    Suivre

The iphone was a Gift from us to the Couples, it has absolutely nothing to do with the Government !  8:45 PM – 13 avr 2014

« Les iPhone étaient un cadeau de notre part et n’avaient rien à voir avec le gouvernement », a-t-il assuré sur Twitter.

Ainsi l’argent du contribuable nigérian n’a pas servi à financer le mariage de la fille du président. Soit. Pour autant ce mariage fastueux ne va pas sans polémique

Certes, on ne peut pas tenir grief au président Goodluck d’offrir un beau mariage à sa fille chérie. Mais par son serment présidentiel, il s’était engagé de faire aboutir, entre autres, ce rêve chez toutes les filles nigérianes et pourtant tant et tant de filles nigérianes de l’âge de Sakwé n’auront jamais ce plaisir à cause de la terreur, de l’insécurité et de la précarité dans lesquelles elles vivent.

Oui, beaucoup de Nigérians, pris dans le guêpier de la secte islamiste de Boko Haram  auraient souhaité conduire leur fille devant l’autel comme le président, mais c’est au cimetière ou à l’exil qu’ils les conduisent.

Pour preuve, lundi 14 avril au soir, soit deux jours après le mariage de Sakwe, le groupe islamiste nigérian a enlevé plus de 100 jeunes filles du lycée public pour filles de Chibok, dans  l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, pour la simple raison que « L’éducation occidentale est un péché ». Jusqu’à ce jour on est toujours sans nouvelle des filles.

Le même jour, une gare routière sur le territoire de la capitale fédérale, Abuja, était frappée par un attentat qui a fait au moins 75 morts et 141 blessés. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier jamais commis dans les environs de la ville.

Ainsi, Boko Haram après ces multiplies actions violentes dans la moitié nord du pays, déferle sur la moitié sud et vers les Etats voisins, en premier lieu le Cameroun. Face à un tel déferlement,  il faut un pouvoir fort et avisé pour venir à bout de ces illuminés sans foi ni  loi. Mais, le président trop occupé par les manœuvres pour sa réélection en 2015 se révèle totalement incapable de trouver la bonne formule pour endiguer la menace Boko Haram qui telle une pieuvre soumet tout le pays à sa loi.

Aujourd’hui, le Nigeria est la première puissance africaine, mais l’on constate que de nombreux Nigérians vivent dans un dénuement total ou dans des conditions sordides. Aussi la question se pose de savoir s’il n’est pas indécent qu’au sommet de l’Etat, on puisse se complaire dans un luxe ostentatoire qui ne peut apparaître que comme une injure aux yeux des millions et millions de Nigérians : peuple laborieux, non sécurisé, angoissé et miséreux.

La  leçon qui se dégage de tout ceci est que la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, mais dans les démocraties africaines, il vaut mieux être serviteur du peuple que le peuple.

 

Rwanda in my mind

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Ils sont morts, la plupart ne sachant trop pourquoi ?

Ils sont d’autant plus effarés, que l’assaillant était

l’ami, le voisin, le frère de toujours.

Combien étaient-ils ainsi fauchés ?

Des milliers, des centaines de milliers, environ un million,

d’hommes, de femmes et d’enfants,

traqués, matraqués, pourchassés, violentés, avilis, tués,

juste pour assouvir la haine,

une haine gratuite, une haine sanguinaire.

Quel crime avaient-ils donc si tant commis ?

Ils étaient condamnés pour délit de faciès !

Ils étaient coupables d’être Tutsis,

où Hutus modérés, c’est-à-dire assimilés Tutsis.

Ces Tutss qui, semble-t-il,  rappellent de grands arbres qui détonnent  Dans la savane et qu’il fallait abattre.

Ces Tutsis qui sont la sournoiserie personnifiée, des cafards qui ne Méritent que d’être écrasés ! écrasés ! écrasés!

Oh,  ciel ! Comment en est-on arrivé là ?

Entre des frères qui,  depuis la nuit des temps, vivaient en symbiose,

qui parlent la même langue : kinyarwanda,

adorent le même Dieu : Imana

et se marient les uns avec les autres.

Comment donc en est-on arrivé là ?

Certes, il y a eu la caricature allemande.

L’instrumentalisation belge.

Les frustrations de part et d’autre.

Les rivalités et ressentiments successifs.

La révolution sociale, la Toussaint rwandaise et j’en oublie.

Mais tout ça, c’est de l’histoire classique des rivalités

dans toutes les nations.

Sauf qu’ici,  l’histoire s’est soldée par un génocide.

Une folle saison, la saison de toutes les folies

Une destruction systématique de tous les Tutsis.

Une animosité qui dépasse toutes les limites de l’entendement

Un projet aussi vil qu’incompréhensible.

Se peut-il que tous les Tutsis soient mauvais et tous les Hutus, parfaits ?

Se peut-il que tous les Tutsis soient exécrables et tous les Hutus aimables ?

Se peut-il que tous les Tutsis soient abjects et tous les Hutus corrects ?

Eh oui ! On le comprend, une idéologie est passée par là.

Une idéologie qui a corrompu les esprits,

formaté les mentalités,

armé les mains.

Une idéologie abjecte à honnir.

Car dans mon esprit, aucune discrimination ne saurait se justifier.

L’exclusion des autres ne console jamais du mal-être de soi.

C’est plutôt ensemble, dans le dialogue et la concorde,

Que les uns et les autres œuvrent à  poser les jalons du bien-être collectif.

Mais à présent que le génocide est derrière nous,

n’ayez plus de crainte, amis rwandais,

nous sommes tous des Rwandais.

Et dans mon esprit, devant nous, un grand défi.

Faire que quelque chose de bien,

sorte du grand mal qui est arrivé.

Le défi de bâtir une nation libre, digne et forte.

La nation post génocide, sans menace tutsie, ni menace hutue.

Pour que les bourreaux d’hier fassent amende honorable et se repentent.

Pour que les victimes d’hier ne deviennent des bourreaux aujourd’hui.

Pour que paix et confiance règnent dans les cœurs et les esprits de tous.

Nous devons le faire pour la prospérité de tous,

mais plus encore pour honorer la mémoire des morts.

Pour que le sacrifice de leur vie, à quelque chose serve.

Pour que plus jamais ça,

Car dans mon esprit,

nous sommes, avant tout, Rwandais,

et, après tout, nous ne sommes forts qu’unis.