carte de Ebola en Afrique de l'Ouest (Ebola map_ 24 June_FR)

L’OMS a réuni, mercredi et jeudi 03 juillet 2014, à Accra au Ghana, un sommet de crise avec les ministres de la Santé de 11 pays d’Afrique de l’Ouest et des experts, pour endiguer la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest où il a déjà fait 467 morts.

Le continent africain est en proie à une épidémie de fièvre Ebola sans pareil.  Selon l’OMS, « Il s’agit de la plus importante épidémie en termes de personnes atteintes et décédées et d’étendue géographique». Pour contrecarrer cette fièvre foudroyante, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a réuni les 02-03 juillet 2014 au Ghana une réunion d’urgence, pour tenter de contrer la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Le but ? Etablir un « plan radical » de riposte contre ce virus très contagieux, qui a ou est suspecté d’avoir déjà fait 467 morts dans trois pays (Guinée, Sierra Leone, libéria) selon l’OMS.

Si l’épidémie est aujourd’hui « hors de contrôle », selon Médecins sans frontières (MSF), c’est principalement parce qu’elle sévit dans plusieurs foyers simultanément (ruraux et urbains). Une situation qui inquiète terriblement l’institution onusienne, en raison des déplacements transfrontaliers tous azimuts  et du potentiel élevé de transmission du virus aux pays voisins.

Apparut depuis les années 1976 en Afrique centrale, la fièvre Ebola (nom de la rivière de l’ancien Zaïre près de laquelle a eu lieu cette découverte), a connu sa première épidémie en Afrique de l’Ouest en 2014  en Guinée. De la Guinée, elle s’est rapidement propagée au Liberia puis en Sierra Leone, et a causé dans ces trois pays, 467 morts sur 759 cas recensés au 2 juillet 2014. Un bilan en évolution par rapport au précédent.

Un virus qui en rappelle un autre

Contrairement au virus de la grippe, le virus Ebola n’est pas dans l’air, mais dans les liquides organiques (sang, sperme, excrétions, salive) comme le VIH. En conséquence, la transmission par contact direct avec les liquides organiques d’une personne infectée est la plus considérable de toutes. Mais le hic avec le virus Ebola, le diagnostic n’est possible que lorsque le virus est dans le sang de l’homme contaminé, ce qui n’intervient que deux à trois semaines après la contamination.  C’est justement dans cette longue période d’incubation que réside le péril du virus Ebola. La personne infectée est  malade et contagieux avant que le diagnostic ne soit posé. Enfin, comme le VIH, il n’y a ni vaccin ni traitement curatif. On ne peut que prendre en charge les symptômes, notamment en réhydratant les malades par perfusion.

Une prophylaxie sanitaire, condition sine qua non pour endiguer l’épidémie

 A l’issue de ses travaux, le sommet d’Accra, au Ghana, a entériné une meilleure coordination pour lutter contre la maladie. Pour Keiji Fukuda, sous-directeur général en charge de la Sécurité sanitaire à l’OMS : «Ce genre d’épidémie, ce genre de virus peut être stoppé», a-t-il déclaré «Il ne s’agit pas d’une situation unique –nous y avons déjà été confrontés plusieurs fois– je pense donc que nous pouvons y faire face», a-t-il assuré avant de conclure : «Il s’agit néanmoins de l’épidémie d’Ebola la plus complexe, parce qu’elle se développe en même temps dans les milieux urbains et ruraux»

Vu que l’épidémie est internationale, il faut que les mesures le soient elles aussi. C’est dans cette optique que le sommet d’Accra a plaidé pour une meilleure implication des populations locales, une meilleure surveillance des transports qui relient les différentes localités et une meilleure coordination des pays.

Au regard des déplacements internes et  transfrontaliers des populations et surtout des rituels funéraires et autres pratiques de certaines populations d’Afrique, on comprend la fulgurante propagation du virus à travers la famille, les amis et l’entourage du malades et sa propagation à l’internationale.  «Un seul cas peut faire repartir toute une épidémie», a expliqué à l’AFP, Pierre Formenty, un spécialiste de l’OMS.

Le danger que pose cette épidémie est donc moins l’existence du virus que les habitudes et pratiques des populations affectées qui favorisent sa propagation. Seule donc une prophylaxie sanitaire rigoureuse, peut permettre de l’endiguer. Une sensibilisation des populations doit être faite pour modifier les comportements qui sont sources transmission du virus dans les comportements sociaux ou alimentaires.

Dans les codes sociaux les rassemblements publics et le fait de se serrer les mains sont à réduire. Au niveau de l’alimentation, la viande de brousse doit être  bannie des recettes culinaires de même que la consommation en Guinée de chauve-souris qui est le réservoir naturel du virus.

Dans l’ensemble, il s’agit avant tout d’un processus liant la prise de conscience sur le risque que constitue ce virus  à une réponse médicale ou sanitaire. A ce propos, le sommet a décidé d’impliquer davantage les chefs locaux, bien plus influents que les experts médicaux internationaux, auprès des populations à risque, dans les régions les plus reculées.

Au-delà, Il s’agira de mieux équiper les hôpitaux pour un diagnostic et une prise en charge rapide des malades et des campagnes de prévention ou à des « bonnes pratiques » adaptées à la crise en cours.

On ne saurait aussi ignorer la grande capacité des réseaux sociaux qui peuvent aussi être d’un grand secours pour sensibiliser les populations rurales qui signe des temps ont presque tous un téléphone en mains. Le téléphone est réputé être un grand agent de transmission des microbes, mais il peut aussi contribuer à sensibilise sur les mesures prophylactiques sur le virus Ebola. .

Enfin à Accra, deux rescapés venus de Guinée sont venus pour témoigner devant la conférence. Ils ont tenu à garder l’anonymat. Au micro de  RFI, à la question à quoi attribue-t-elle sa survie ? L’une des rescapées a répondu : « Je l’attribue d’abord aux médecins. Quand on traite les symptômes, ça donne la force à tes anticorps de se battre contre le virus et en deuxième lieu, je l’attribue au divin. Dieu a voulu que mon heure ne soit pas encore arrivée. »

Ceci indique bien que  qu’il n’y a point de fatalité par rapport à la maladie à virus Ebola, on peut en guérir. Mais, on peut surtout l’éviter, voire l’endiguer et ça, c’est le défi à relever à tout prix

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