Ebola en Afrique de l'ouest

L’actualité qui défraie la chronique sur le continent ces derniers jours, c’est naturellement, Ebola. La liste des victimes ne fait que s’allonger et chaque édition des journaux télévisés livre les dernières nouvelles du front de la guerre contre Ebola.

Ce lundi 25 août 2014, comme tous les soirs, je m’accorde d’autorité quelques minutes de zapping à travers les chaînes d’informations avant de livrer le poste télé à mes enfants qui ne partagent pas les mêmes centres d’intérêt que moi.

Assis face au petit écran, je regardais défiler les nouvelles, plus alarmantes les unes que les autres.

En me levant, je ne pus m’empêcher de penser au désarroi des millions de personnes prises dans cet engrenage et à ce qu’il adviendrait, si l’épidémie embrase tout le continent. La situation me fit penser à la fable de la Fontaine, « les Animaux malades de la peste », dont je me mis à parodier quelques strophes :

Les Africains malades d’Ebola.

Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de l’Afrique,

Ebola (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,

sème sur le continent, mort et panique.

Les malades sont ici, mais les médicaments potentiels sont là-bas

Qui pour nous délivrer de ce virus et de ses soins?

Dieu est trop haut et la France est trop loin 

En me voyant jouer à l’apprenti poète, mon fils, Fèmi (13 ans) me demanda:

–   Papa, c’est une poésie pour Ebola que tu as écrite ?

–   Non, répondis-je, c’est une fable de la Fontaine contre la peste que                     j’imite

–   Ebola est une maladie qui fait peur non papa ?

–    Très peur, fiston!

–    Est – elle déjà présente chez nous ici au Gabon ?

–     Non, non ! Dieu merci !

–     Elle est présente au  Liberia et en Guinée seulement non, papa?

–     En Sierra Leone et au Nigeria aussi

–     Mais, comment attrape-t-on l’Ebola, papa ?

–   Par contact direct avec du sang, les selles, la salive ou les vomissures d’une personne malade ou de ses effets souillés ou encore par contact d’animaux sauvages, morts ou vivants infectés, tels que les singes, les antilopes des forêts ou les chauves-souris.

–   Donc, si on touche une personne malade ou ses effets, on attrape la maladie ?

–      Oui, c’est bien cela.

C’est à ce moment précis, qu’un moustique me piqua méchamment, mais mal lui en a pris. En  voyant mes mains couvertes de sang, mon fils me relança fort à propos.

–     Papa, et le moustique, ne peut-il pas transmettre le virus Ebola ?

–     Non, non, le moustique n’est pas un vecteur connu du virus Ebola. Il est déjà assez occupé par le paludisme blaguai-je.

–      Mais si un moustique touche avec ses pattes un malade et qu’il vient se poser sur une personne en bonne santé, ne va-t-il pas la contaminer ? insista-t-il.

–      Humm, non non ! A ce jour, aucun cas de transmission par le moustique n’a été rapporté.

–     Mais papa, si le moustique suce le sang d’un malade et que quelqu’un le tue avec ses mains et a les mains tachées du sang du malade, il ne sera pas contaminé ?

–      Bon sang, toi et tes questions ! grommelai-je.

Quoi répondre à une question dont la simple éventualité vous fout la trouille? Faut-il botter sa question en touche par une réponse évasive ? Faut-il lui donner une assurance que je n’ai pas moi-même ? Que dire ? Vraiment, Il y a des moments où le métier de parent est bien ennuyeux, mais bon !

Mentalement, je fis rapidement le point de mes assurances sur la question.

Ce dont je suis sûr, c’est que le virus Ebola se transmet par contact direct avec les sécrétions d’une personne malade (sang, selles, salive, vomissures) ou par contact indirect – c’est-à-dire par des objets souillés ou les organes des sujets et animaux infectés, malades ou morts. Il ne se transmet pas par voie aérienne, par la manipulation d’argent, l’eau de la piscine.

Ce que je sais aussi, c’est que le virus Ebola est un virus fragile, facilement tué par le savon, la lumière du soleil et la sécheresse.

 Je sais aussi que le moustique et la mouche ont été quelquefois soupçonnés de transmettre le virus Ebola, mais sans confirmation. Si cela avait été le cas chaque épidémie se solderait par une hécatombe

 Ce que je pense, c’est que la charge virale – c’est-à-dire de la dose infectante transportée par les pattes d’un moustique – serait trop faible pour induire une contamination virale. Mais dans l’absolu, si un moustique fait un repas sanguin consistant, il  est bien possible qu’il transmette le virus. Dans un tel contexte, la transmission du virus Ebola par le moustique reste donc une hypothèse plausible.

En faisant la synthèse de toutes ces pensées, je lui répondis simplement :

         –  Ce que tu dis est bien possible, mais la marge est très faible, le virus est fragile et ne sait survivre que durant une période très restreinte à l’air libre. Il faut être malchanceux pour se contaminer ainsi.

         – En tout cas, papa, on doit tout faire pour vite partir en France, mon ami a dit que son père a déjà dit qu’il vont partir bientôt, me lança -t-il en se réfugiant dans sa chambre pour probablement aller faire sa valise.

Eh oui, la psychose est, bien réelle et présente à tous les niveaux de la société. J’ai bien peur qu’elle nuise plus au continent que la maladie Ebola elle même.

2 thoughts on “Fièvre Ebola, vers un exode continental ?

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