Au Sénégal, le maître et l’esclave

Wade et Maky Sall

Au Sénégal, des citoyens justiciables sont accusés d’enrichissements illicites,

Depuis lors, le pays est partagé entre joie, désarroi et émoi

Les charges contre le principal accusé de l’affaire sont très lourdes,

 Un patrimoine illégalement acquis de 178 millions d’euros,

En sous-main, plusieurs hommes de paille et des sociétés-écrans.

Au regard du préjudice, le verdict de la CREI est fort exemplaire.

Six ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 138 milliards de nos francs

De tels procès en Afrique pour décourager prévarication et corruption,

Sont fortement demandés et à l’occasion, salués par les populations.

Trop c’est trop, entend-on de partout sur le continent,

Une minorité qui s’accapare du fruit de l’effort national,

Un vrai fléau qui plombe le développement  continental.

Ce procès a donc tout pour être salutaire.

Mais seulement voilà, il se trouve que,

Le principal accusé est Karim Wade, fils de maître Abdoulaye Wade,

Ancien président de la République du Sénégal.

Et celui par la faute de qui ce procès est intenté,

N’est nul autre que Macky Sall, l’actuel président du Sénégal.

Un « esclave » vrai, à en croire le maître Wade,

On se souvient, en effet, dans un passé récent,

Du temps ou l’ « esclave » officiait encore au service du maître,

 soupçonné alors de prendre les airs de dauphin présomptif du maître

Il avait été sèchement remis à sa place.

Son accession à la magistrature, il ne la doit qu’à sa rébellion.

Ce procès a donc, quoi qu’on dise,

Un relent de réponse du berger à la bergère.

Une outrecuidance inacceptable pour le maître.

Son digne et noble fils Karim, vilipendé par un vil esclave.

Le courroux du maître est terrible et les mots ont volé très bas :

« … Descendant d’esclaves… anthropophage … Baní de la société …

Jamais mon fils Karim n’acceptera que Macky soit au-dessus de lui.

Dans d’autres situations, je l’aurais vendu en tant qu’esclave (…) ».

Disons le net, ces propos moyenâgeux sont indignes du maître.

Ils sont unanimement condamnés par l’ensemble de la société sénégalaise.

Même les avocats de la défense de Karim l’ont désapprouvé.

Mais, le maître n’est plus maître de lui,

Il incite l’armée à un soulèvement militaire,

Dans le même temps, malgré les obstacles et oppositions divers,

Karim est déclaré candidats du parti du maître à la  présidentielle de 2017.

Eh oui, Karim Wade, héros de guerre en temps de paix…

C’est flatteur et peut-être réconfortant pour le maître éprouvé.

Pendant ce temps, l’«  esclave », de son côté, jubile.

L’affaire tourne au plébiscite pour sa personne.

Il est la preuve vivante d’une vérité fondamentale,

Le maître, selon Emile C. Alain, ne nous apprend jamais qu’une seule chose :

Il faut que chacun soit son propre maître,

Ce qui fait tous les hommes égaux.

Justement, au nom de l’égalité, pour salutaire que soit ce procès,

Il n’est pas sans reproche de quelques excès.

La CREI est un tribunal d’exception.

On aurait souhaité qu’il soit un tribunal ordinaire.

On voudrait bien croire  que le procès très médiatique de Karim,

Ne sera pas l’exception qui confirme la règle de l’impunité,

Mais un exemple qui fera boule de neige.

Le défi est de normaliser la CREI et la rendre performante,

Afin que dorénavant, la même rigueur soit tenue

Pour quiconque soupçonné des mêmes faits,

Maître ou esclave, allié ou opposant,

L’esclave aura alors démontré, qu’il a fait mieux que son maître.

Au Bénin, chronique d’un requiem annoncé

yayi boni chronique d'un requiem annoncé

Le docteur président Yayi Boni, l’homme fort des Béninois,

N’est plus, depuis quelque temps, en joie.

Après neuf ans de règne, il subit les affres du déclin… de la fin.

Il pleure sa puissance et son emprise des temps passés,

Le temps des éloges, louanges et glorifications,

Yayi « l’homme du changement », « l’homme de la refondation »,

Yayi le « dieu », le « messie », le « papa bonheur »,

Yayi « plus rapide que la prière »….

Le temps où ses grâces et sa capacité de nuisance,

Tenaient en respect alliés et opposants.

Mais ce temps, c’était avant.

A présent que la fin du règne approche à pas de géant,

Il est attaqué par ses propres partisans,

Devenus forts par sa faiblesse..

Ô cruel souvenir d’une gloire passée !

Œuvre de tant d’années en une saison effacées

N’a-t-il donc tant fait que pour cette infamie ?

Le requiem de sa fin est entonné, et par qui ?

Le frère, le charismatique député  Sacca Lafia, a clamé haut et fort,

« Yayi, 10 ans, c’est fini, Yayi est fini ».

Mathurin Nago, président de l’Assemblée et allié inconditionnel, a claqué la porte du palais présidentiel,

Il menace même de faire parler les cadavres si on l’y contraint.

L’honorable Aholou Kèkè, prosélyte du yayisme, devenue renégate, a fait publiquement acte de contrition :

« Nous nous sommes trompés et nous vous avons trompés »…

La saignée est terrible dans les rangs des yayistes et des cauristes

Elus locaux, députés, maires, anciens ministres,

Les uns après les autres, ils désertent le navire présidentiel.

Ils ont soudain retrouvé leur âme de démocrates et  libres-penseurs.

Le malheureux président, regarde le désolant spectacle et fulmine,

« Je suis fini, ils se trompent », martèle-t-il.

Il compte encore sur les quelques fidèles qu’il lui reste.

En voiture, en zem et en hélicoptère,

Il remue terre et ciel, promet monts et merveilles aux Béninois.

Il veut une majorité aux législatives prochaines.

Mais à quelle fin on se demande bien?

Pour surtout poser les garde-fous, atteste le fidèle des fidèles ministres Kassa.

Il attend son destin, au soir des législatives du 26 avril.

Avec une majorité à l’assemblée, il va  reprendre du poil de la bête.

En pareil cas, il ne ferait pas bon d’être à la place des frondeurs.

Sans majorité à l’Assemblée, son vœu tardif de l’appel de Dieu pourra s’exaucer.

Le frère Thomas va rejoindre le frère Melchior dans son refuge,

Ensemble, ils chanteront le requiem de leur gloire passée.

Ode à la femme

La communauté internationale célèbre le 8 mars de chaque année la Journée internationale de la femme, ou Journée internationale pour les droits des femmes. Cette journée officialisée depuis 1977 par les Nations unies est une journée de manifestations et de revendications des droits de la femme.

Cette année 2015, le thème retenu par les Nations Unies pour commémorer l’événement est  « Autonomisation des femmes – Autonomisation de l’humanité : Imaginez ! »

Pour ma part, je dédie à toutes les femmes cette ode d’un auteur inconnu.

 ode à la femme 9

Mais, on le sait aussi, la vie de l’Homme et donc de la femme va de 0 à 77 ans. Je laisse alors le soin aux uns et aux autres d’Imaginer la femme à 70 ans, à 80 ans et pourquoi pas depuis 10 ans…

                                                            Adébayo Charles Agbadje