A Libreville, la journée récréative du SECEG, le syndicat des enseignants contractuels de l’Etat gabonais

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Comme de coutume chaque lundi de pentecôte, les enseignants expatriés contractuels de l’état gabonais se sont retrouvés ce lundi 25 mai 2015 sur la plage du Lycée Nationale LEON M’BA  de Libreville pour une journée récréative et de partage.

Après  deux trimestres de labeur, les enseignants expatriés contractuels de l’Etat gabonais ont choisi le lundi de pentecôte pour se recréer se divertir et se ressourcer. Fête statutaire organisée par le Syndicat des Enseignants Contractuels de l’Etat Gabonais (SECEG) à l’intention de ses membres et sympathisants, cette journée récréative du SECEG est devenue au fil des ans une fête de l’inter-culturalité rassemblant 18 nationalités africaines en république gabonaise.

Pour cette 3ème édition, les manifestations ont démarré  dès 10 heures du matin. Les participants venus des différents établissements secondaires de Libreville et environ ont répondu nombreux à l’appel. Ont également honoré de leur présence le secrétaire général de la Confédération des Syndicats du Gabon (COSYGA), Mr Martin Alini, les représentants les syndicats des Enseignants (SENA), les autorités de la tutelle et les sponsors de l’événement : ECOBANK Gabon, Moov Gabon, FINAM, LOXIA et Airtel.

Dans  sont mot inaugural, le SG du SECEG, Clément KINZO, après avoir souhaité la bienvenue à tous les participants, a rappelé le bien fondé de cette journée récréative du SECEG qui offre aux enseignants et à leur famille une occasion de se distraire, de s’égailler, de mieux se connaître et de découvrir l’art culinaire et les richesses culturelles du Gabon et des différents pays de ses membres.

Pour sa part le SG de la COSYGA, Mr Martin Alini a loué l’initiative et  vivement félicité les enseignants contractuels de l’Etat gabonais pour leur dévouement au service de la jeunesse.

Le point d’orgue de la manifestation a été  la remise de distinction et de cadeaux aux membres les plus méritants du SECEG.

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Après un copieux déjeuner partagé en famille, chaque  enseignant a pu s’adonner librement à sa passion parmi les différentes activités récréatives qui ont ponctué la manifestation.

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La journée récréative du SECEG, édition 2015 a pris fin sur les coups de 18 heures avec la photo de famille et rendez-vous a été pris pour l’édition  de 2016.

Jean Pliya for ever

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Au Bénin, Un grand homme s’en est allé, Jean Pliya n’est plus.

L’intellectuel et écrivain béninois de renommée internationale est décédé ce jeudi 14 mai 2015, à Abidjan en Côte d’Ivoire où il était en mission. Né en 1931, Jean Pliya a rendu l’âme à l’âge de 84 ans à l’issue d’une vier riche et engagée

Écrivain émérite, géographe et historien de renom, ancien ministre, ancien député, ancien doyen de faculté, ancien recteur d’université, Jean PLIYA était probablement le plus grand intellectuel béninois du 20ème siècle..

Voici quelques raisons pour lesquelles le Bénin tout entier lui rend un hommage plus que mérité.

Ecrivain émérite, l’homme a à son actif  plusieurs prix et honneurs en Afrique et dans le monde.

– Médaille Vermeil du Mérite du Bénin – 1er août 1962

– ARBRE FETICHE : Prix de la meilleure Nouvelle africaine, en 1963, à Paris.

– KONDO LE REQUIN : Grand Prix de Littérature d’Afrique Noire, à Paris, en 1967.

– SECRETAIRE PARTICULIERE : 2éme prix du Concours Radiophonique de l’OCORA, à Paris, en 1967.

Et enfin, dans l’ORDRE FRANÇAIS DES ARTS ET LETTRES, Jean PLIYA a été nommé Chevalier le 21 janvier 1974, puis officier le 19 septembre 1981

Mais, c’est dans l’église catholique et surtout au renouveau charismatique que  l’engagement de l’homme a été le plus profond. Berger du renouveau avec une étonnante vitalité il parcoure les routes de l’Afrique et du monde pour semer la bonne nouvelle.

En guise d’adieu à Jean Pliya, il me plait de rappeler ici un extrait de son œuvre Kondo le requin. Cet extrait est connu sous le titre de discours d’adieu de Béhanzin.  C’est le testament politique du roi Béhanzin avant sa reddition au colonisateur français. Ce célèbre discours du roi Béhanzin est le dernier message fort qu’il a prononcé le 20 janvier 1894 en signe d’hommage à son armée dont il a toujours loué le courage et la bravoure des soldats et des amazones. C’est un discours prononcé en langue béninoise « fongbé » que Jean Pliya a su traduire dans la lange de molière avec une admirable restitution de la tragédie de l’heure, de la dignité de l’homme et surtout de sa foi dans l’avenir.

   Discours d’adieu de Béhanzin

« Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter.

« Nous avions alors la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent par millier pour défendre le Danhomè et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux d’Agadja, de Tégbessou, de Ghézo et de Glèlè. Dans toutes les batailles j’étais à leurs côtés.

« Malgré la justesse de notre cause, et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline. Et déjà ma voix éplorée n’éveille plus d’écho.

« Où sont maintenant les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère ?
Où, leurs chefs indomptables : Goudémè, Yéwê, Kétungan ?
Où, leurs robustes capitaines : Godogbé, Chachabloukou, Godjila ?
Qui chantera leurs splendides sacrifices ? Qui dira leur générosité ?
Puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité, comment accepterais-je sans eux une quelconque abdication ?
Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ?

« Non ! A mon destin je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai. Car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu ! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre ?

« Partez vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il, la liberté. Là-bas, on dit que déjà renaît la joie. Là-bas, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.

« Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir : un peu d’huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.

« Adieu, soldats, adieu !

« Guédébé…

« Mon Roi je me prosterne !

«  Non ne te prosterne plus ! Reste debout, comme moi, comme un homme libre. Puisque le sang des soldats tués garantit la résurrection du Danhomè, il ne faut plus que coule le sang. Les ancêtres n’ont plus que faire de nos sacrifices. Ils goûteront mieux le pur hommage de ces cœurs fidèles unis pour la grandeur de la patrie.
C’est pour quoi j’accepte de m’engager dans la longue nuit de la patience où germent des clartés d’aurore.
« Guédébé, comme le messager de la paix, va à Ghoho où campe le général Dodds.
Va dire au conquérant qu’il n’a pas harponner le requin.
Va lui dire que demain, dès la venue du jour, de mon plein gré, je me rends au village de Yégo.
Va lui dire que j’accepte, pour la survie de mon peuple, de rencontrer dans son pays, selon sa promesse, le président des Français. »

                                                                  Extrait de – Kondo le requin – Jean PLYA – Ed. CLE.

Le 26 janvier 1894, le roi Béhanzin arrive à Goho pour rencontrer le général français Dodds et mit fin à la guerre.
Ainsi prit fin la fantastique histoire du royaume de Dahomey libre et indépendant, comme prend fin en ce moment la longue et prodigieuse vie de Jean Pliya.

Adieu l’artiste.

Burundi : alerte au syndrome d’imposture démocratique africaine

Pierre-Nkurunziza

Enfin, ce que tout le monde redoutait sur le continent arriva

L’imposture démocratique est consommée

Le président Nkurunziza a officialisé devant la Commission nationale électorale

Sa candidature à la présidentielle de juin 1015

Une élection à laquelle, au regard du texte constitutionnel

Il ne peut plus être candidat, ayant déjà épuisé ses deux mandats constitutionnels

Contre ce projet de candidature, le pays tout entier s’est insurgé

Contre ce projet, la Communauté internationale s’est prononcée

Contre ce projet, l’Union africaine a pour une fois dans son histoire, pris parti

Contre ce projet, les poids lourds du parti présidentiel sont entrés en dissidence                                                                                                        

A cause de ce projet, le pays est mis à feu et à sang

A cause de ce projet, déjà plus de 14 vies humaines se sont sacrifiées

Mais seulement voilà, le président Nkurunziza est resté de marbre

Il estime que son premier mandat n’en était pas un

Ses courtisans et partisans qui ont intérêt à la chose sont du même avis

Un avis nullement partagé par les opposants, le peuple militant et la communauté internationale

Et la Cour constitutionnelle consultée a pris fait et cause pour le prince

Du coup, le mal qui couvait, depuis quelque temps, a explosé

Le pays est frappé par une épidémie aiguë un mal très classique sur le continent

Un mal dont les manifestations divergent selon les pays, mais dont les causes sont partout les mêmes

Le premier magistrat revendique un troisième mandat que lui interdit la loi

Le peuple militant et les opposants du prince crient au respect des lois

La Cour Constitutionnelle par une lecture fallacieuse fait mentir la loi

Dès lors, les moyens, le temps et le génie de tout le peuple sont orientés vers ce projet

Les uns pour le faire prospérer et les autres pour le dénoncer

Et le tout finit dans l’insurrection des uns et leur répression par les autres

Une guerre larvée avec son cortège de morts, de blessés, de déplacés et des dommages divers

Tel est le mal qui sévit présentement au Burundi

Le syndrome d’imposture démocratique africaine ou  sida

Une imposture démocratique qui hélas, couve encore dans plusieurs autres pays du continent

Quel régime peut engendrer un pouvoir gagné dans ces conditions ?

Pourtant, toutes les nations africaines aspirent fortement à la liberté et à la démocratie

Or, pendant que sur les autres continents les peuples respectent leurs lois et évoluent

En Afrique on triche avec les lois, on s’autodétruit et on végète dans le sous-développement

A la fin on se dédouane en faisant porter la responsabilité de nos malheurs par les autres

Pauvre Afrique constamment trahie par ses élites

 L’imposture des uns rime avec la forfaiture des autres

Aux professions de foi des cadets répondent les parjures successifs des aînés

Qui pour libérer le continent noir de ses propres démons ?

Qui pour conduire les nations africaines vers leur salut ?

Qui pour faire en sorte que ce qui est écrit devient la pensée de tous ?

Qui pour faire en sorte que ce qui est écrit correspond aux exigences de tous ?

Qui pour faire en sorte que la vérité des urnes correspond à celle de l’histoire ?

Quoi qu’il en soit les impostures et les forfaitures ne dureront qu’un temps

Car comme l’a su dire Abraham Lincoln :

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps 

Et tout le peuple une partie du temps, 

mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ».

 

 

législative 2015 au Bénin, en attendant l’implosion des FCBE

YAYI ET FCBE

 

Les législatives béninoises  longtemps  attendues ont enfin vécues.

Pour ces élections, le président  BONI YAYI et sa formation politique, les Forces Cauris Pour un Bénin Emergent, (FCBE) ont fait activement  campagne sur le thème de la révision de la constitution pour disent-ils parachever les reformes entamées.

Pour y parvenir, une majorité de 50 députés était nécessaire. A l’arrivée, selon les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle ce dimanche 03 mai 2015, les FBCB sont créditées de 33 députés sur les 83 sièges que compte le parlement béninois. Certes,  la moisson des FCBE est considérable mais le compte est loin 50 députés recherchés. Au regard des autres formations en lice pour ces législatives,  les FCBE restent la première force politique du pays, même si elles ne sont plus majoritaires.

Toutes les autres formations politiques ayant fait campagne contre la révision de la constitution, en théorie, le président boni Yayi ne dispose plus de majorité au parlement. C’est donc une cohabitation qui ne dit pas son nom, qui commence au Bénin, si toutes les autres formations bien sûr entendent garder le même cap, ce qui n’est point garanti.

 Même si cette situation n’est pas celle rêvée par le président Boni Yayi, il faut avouer qu’historiquement, c’est pendant ces législatures de cohabitation que la démocratie béninoise gagne en transparence et en vigueur par la qualité des lois votées et la cohérence dans le fonctionnement des institutions. A priori donc, mauvaise nouvelle pour le président, mais bonne nouvelle pour le pays.

Toute fois, ces élections législatives n’étaient pas encore passées que déjà le gouvernement du Bénin réuni en conseil des ministres extraordinaire, le lundi 27 avril 2015 sous la  présidence du Président de la République, lundi a décidé de la convocation du corps électoral le dimanche 28 février 2016 en vue de voter sur toute l’étendue du territoire national pour l’élection du Président de la République prévue pour 2016.  Ce nouvel agenda politique ne laisse donc aucun répit pour les différentes chapelles politiques obligées de fourbir leurs armes pour ce nouveau challenge.

Qu’est ce qui justifie cette anticipation inhabituelle ou cette diligence peu coutumière dans la planification des élections sous la gouvernance Boni Yayi ?

Les analyses vont bon train, les suspicions et les rumeurs aussi. Pour ma part, je me demande si cette  nouvelle ne fera pas plus de mal dans le camp présidentiel que dans les autres camps politiques ? Il n’est pas exclu que cette décision vise précisément les FCBE, la formation du chef de l’Etat.

Malgré leurs trente trois députés à l’Assemblée Nationale, les FCBE  restent  la formation politique béninoise dont la situation est la plus confuse, la plus critique et la moins  enviable.

Le président Boni Yayi, leader de cette formation n’est plus, selon sa propre expression, candidat à rien, mais de toute évidence, il rechigne à passer la main. En effet, sans aucun dauphin présomptif et avec plusieurs dauphins présomptueux, le passage de témoin à la tête des FCBE devient un exercice périlleux.

Certes, la tâche n’est visiblement pas aisée, mais alors pourquoi fixer la date des élections quand on n’est soi même pas prêt.  Peut-être, qui sait, pour contraindre les intentions dans son propre camp à se prononcer pour les juguler.

Surtout, quand on sait que pour les législatives passées,  le président Boni Yayi a aligné sur la liste des candidats FCBE, son fils Chabi Yayi, sa femme Chantal Yayi et ses deux beaux frères, Marcel De-Souza et Joel Akofodji, on peut aisément soupçonner quelque velléité de succession dynastique à la tête des FCBCE, ce qui expliquerait les atermoiements du président pour clarifier la situation  et  en rajoute au climat de confusion dans cette famille politique. Avec les élections présidentielles prochaines annoncées, la guerre du leadership chez les FCBE aura bel et bien lieu.

Quoi qu’il en soit, les FCBE désormais sans leader vont se chercher un nouveau leader. Dans la perspective des présidentielles de 2012, quelque soient les efforts du président Boni Yayi, il lui sera difficile de concilier son monde autour du leader de son choix. Les ambitions des uns et le positionnement stratégique des autres finiront par faire voler en éclat l’attelage hétéroclite  des FCBE qui ne tient la route que grâce aux avantages que procure le pouvoir d’Etat. Autant dire que tous les ingrédients sont réunis pour une implosion prochaine des FCBE.

Les premiers signes de ce remue-ménage s’observeront lors de la formation du prochain gouvernement. Outre les membres de sa famille, le président Boni Yayi a engagé 20 ministres de son actuel gouvernement dans la course pour les législatives. Ils sont d’ailleurs pour la plupart élus député. Auront-ils pour autant la liberté de siéger au parlement ? Rien n’est moins sûr. Ceux d’entre eux qui vont préférer siéger au parlement plutôt que d’entrer au gouvernement seront les premiers de cordée de la descente aux enfers des

Plus globalement, au regard des prestations des différents partis politiques, il faut reconnaître que certains partis ont su tirer leur épingles du jeu et d’autres non. Mais, dans la perspectives des présidentielles de 2016, les uns et les autres doivent rechercher des convergences pour ratisser large afin de  créer les conditions de l’alternance politique au Bénin. En attendant donc l’implosion des FCBE, c’est l’ensemble de l’échiquier politique béninois qui va se reconfigurer les jours à venir.