YAYI ET FCBE

 

Les législatives béninoises  longtemps  attendues ont enfin vécues.

Pour ces élections, le président  BONI YAYI et sa formation politique, les Forces Cauris Pour un Bénin Emergent, (FCBE) ont fait activement  campagne sur le thème de la révision de la constitution pour disent-ils parachever les reformes entamées.

Pour y parvenir, une majorité de 50 députés était nécessaire. A l’arrivée, selon les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle ce dimanche 03 mai 2015, les FBCB sont créditées de 33 députés sur les 83 sièges que compte le parlement béninois. Certes,  la moisson des FCBE est considérable mais le compte est loin 50 députés recherchés. Au regard des autres formations en lice pour ces législatives,  les FCBE restent la première force politique du pays, même si elles ne sont plus majoritaires.

Toutes les autres formations politiques ayant fait campagne contre la révision de la constitution, en théorie, le président boni Yayi ne dispose plus de majorité au parlement. C’est donc une cohabitation qui ne dit pas son nom, qui commence au Bénin, si toutes les autres formations bien sûr entendent garder le même cap, ce qui n’est point garanti.

 Même si cette situation n’est pas celle rêvée par le président Boni Yayi, il faut avouer qu’historiquement, c’est pendant ces législatures de cohabitation que la démocratie béninoise gagne en transparence et en vigueur par la qualité des lois votées et la cohérence dans le fonctionnement des institutions. A priori donc, mauvaise nouvelle pour le président, mais bonne nouvelle pour le pays.

Toute fois, ces élections législatives n’étaient pas encore passées que déjà le gouvernement du Bénin réuni en conseil des ministres extraordinaire, le lundi 27 avril 2015 sous la  présidence du Président de la République, lundi a décidé de la convocation du corps électoral le dimanche 28 février 2016 en vue de voter sur toute l’étendue du territoire national pour l’élection du Président de la République prévue pour 2016.  Ce nouvel agenda politique ne laisse donc aucun répit pour les différentes chapelles politiques obligées de fourbir leurs armes pour ce nouveau challenge.

Qu’est ce qui justifie cette anticipation inhabituelle ou cette diligence peu coutumière dans la planification des élections sous la gouvernance Boni Yayi ?

Les analyses vont bon train, les suspicions et les rumeurs aussi. Pour ma part, je me demande si cette  nouvelle ne fera pas plus de mal dans le camp présidentiel que dans les autres camps politiques ? Il n’est pas exclu que cette décision vise précisément les FCBE, la formation du chef de l’Etat.

Malgré leurs trente trois députés à l’Assemblée Nationale, les FCBE  restent  la formation politique béninoise dont la situation est la plus confuse, la plus critique et la moins  enviable.

Le président Boni Yayi, leader de cette formation n’est plus, selon sa propre expression, candidat à rien, mais de toute évidence, il rechigne à passer la main. En effet, sans aucun dauphin présomptif et avec plusieurs dauphins présomptueux, le passage de témoin à la tête des FCBE devient un exercice périlleux.

Certes, la tâche n’est visiblement pas aisée, mais alors pourquoi fixer la date des élections quand on n’est soi même pas prêt.  Peut-être, qui sait, pour contraindre les intentions dans son propre camp à se prononcer pour les juguler.

Surtout, quand on sait que pour les législatives passées,  le président Boni Yayi a aligné sur la liste des candidats FCBE, son fils Chabi Yayi, sa femme Chantal Yayi et ses deux beaux frères, Marcel De-Souza et Joel Akofodji, on peut aisément soupçonner quelque velléité de succession dynastique à la tête des FCBCE, ce qui expliquerait les atermoiements du président pour clarifier la situation  et  en rajoute au climat de confusion dans cette famille politique. Avec les élections présidentielles prochaines annoncées, la guerre du leadership chez les FCBE aura bel et bien lieu.

Quoi qu’il en soit, les FCBE désormais sans leader vont se chercher un nouveau leader. Dans la perspective des présidentielles de 2012, quelque soient les efforts du président Boni Yayi, il lui sera difficile de concilier son monde autour du leader de son choix. Les ambitions des uns et le positionnement stratégique des autres finiront par faire voler en éclat l’attelage hétéroclite  des FCBE qui ne tient la route que grâce aux avantages que procure le pouvoir d’Etat. Autant dire que tous les ingrédients sont réunis pour une implosion prochaine des FCBE.

Les premiers signes de ce remue-ménage s’observeront lors de la formation du prochain gouvernement. Outre les membres de sa famille, le président Boni Yayi a engagé 20 ministres de son actuel gouvernement dans la course pour les législatives. Ils sont d’ailleurs pour la plupart élus député. Auront-ils pour autant la liberté de siéger au parlement ? Rien n’est moins sûr. Ceux d’entre eux qui vont préférer siéger au parlement plutôt que d’entrer au gouvernement seront les premiers de cordée de la descente aux enfers des

Plus globalement, au regard des prestations des différents partis politiques, il faut reconnaître que certains partis ont su tirer leur épingles du jeu et d’autres non. Mais, dans la perspectives des présidentielles de 2016, les uns et les autres doivent rechercher des convergences pour ratisser large afin de  créer les conditions de l’alternance politique au Bénin. En attendant donc l’implosion des FCBE, c’est l’ensemble de l’échiquier politique béninois qui va se reconfigurer les jours à venir.

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