Les mille et un paradoxes de la Démocratie béninoise

Les presidents du Benin démocratiques

Au Bénin, les élections présidentielles, sixième du genre, de l’ère du renouveau démocratique sont fixées au 28 février 2016 et les grosses têtes d’affiche en vue, viennent plutôt du monde des affaires. Curieusement, malgré le dynamisme des élites politiques du pays, sur l’ensemble des 5 scrutins organisés à l’ère démocratique, aucun homme politique n’a été élu président. Un paradoxe démocratique qui au lieu d’être une exception, tend à devenir la norme démocratique béninoise.

Au Bénin, les élections présidentielles, sixième du genre, de l’ère du renouveau démocratique sont fixées au 28 février 2016.  A moins de trois mois du scrutin, les intentions de vote manifestées se cristallisent plutôt autour des hommes d’affaire du pays au détriment des élites politiques. La classe politique béninoise, naguère financée par ces hommes d’affaires devenus aujourd’hui des concurrents, observe en spectateur le combat des titans pour le contrôle du pouvoir d’Etat qui est sa raison d’être. Les élections présidentielles prochaines  apparaissent donc comme une Offre Publique d’Achat (OPA) sur la classe politique béninoise.  L’occasion pour moi de m’interroger sur cette vicieuse propension de la démocratie béninoise. Quelles sont les raisons qui expliquent cette mauvaise pratique démocratique et comment y remédier ?

Premier de cordée du renouveau démocratique en Afrique, le Bénin est devenu avec sa conférence nationale de février 1990, le laboratoire de la démocratie en Afrique. Le pays est passé du règne du parti unique au multipartisme intégral. La constitution du 11 décembre 1990, enjeu majeur de cette conférence  proclame que le pouvoir appartient au peuple qui exerce sa souveraineté par ses représentants élus. Elle dispose aussi dans son titre premier, article 5 que les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Un rôle historique mais jamais assumé pour les présidentielles  par les partis de l’échiquier national.

Aussi, face aux nombreuses crises, dérives et frustrations dans la gestion des affaires de l’Etat engendrés par ces  leaderships atypiques et dans la perspective des élections présidentielles de 2016, de plus en plus de  béninois expriment le désir de voir le leadership revenir dans le giron politique. Ce désir s’est fortement manifesté autour du contrôle du perchoir de l’Assemblée après les législative de 2015. La victoire du politicien Adrien Houngbédji sur le technocrate Komi Kountché à  été perçu comme un soulagement dans le pays. Mais seulement voilà, à trois mois du scrutin présidentiel, sur la pléthore de candidature déjà annoncée, les politiciens sont aux abonnés absents. Au tableau d’affichage on compte, deux généraux fraîchement admis à la retraite (Gbian et Amoussou), deux technocrates plus ou moins à la retraite (Bio-tchané et Koupkaki), un juge d’instruction radié de l’ordre des magistrats (Houssou Angelo), quelques louveteaux politiques en mode solitaire et la grande attraction de ce scrutin, trois hommes d’affaires et non des moindres sur le starting block (Zinsou, Talon et Ajavon).

Euh oui, avec l’entrée en lice des hommes d’affaires dans la course à la magistrature suprême, la classe politique est totalement dépassée par les événements.

– Les Force Cauris Pour un Bénin Émergent (FCBE), coalition de partis qui soutiennent l’action du chef de l’Etat restent frustrés et timorés face à la décision du chef de l’Etat qui a imposé le banquier d’affaire Lionel Zinsou comme candidat unique de la coalition FCBE aux présidentielles prochaines.

– Le PRD, premier parti de l’opposition a décidé de ne pas présenter un candidat à l’interne. Son président Me Adrien Houngbédji etant forclos, ce parti a opté pour la sous-traitance. Il appellera à voter pour l’un ou l’autre des trois hommes d’affaire, probablement, une conduite dictée par les enseignements du KO controversé de 2011.

– L’Union fait la Nation (UN), le plus grand regroupement de parti de l’opposition n’en finit pas, quant à elle, de désigner son candidat. J’y vas t-y, j’y vas t-y pas, à ce jour bien malin qui peut dire si elle aura un candidat à l’interne et pour quel objectif.

– La Renaissance du Bénin (RB), autre formation phare du sud et du centre du pays est toujours, comme à son habitude, assise entre deux chaises, la chaise du pouvoir et la chaise de l’opposition. A ce jour, elle n’a pas de candidat à l’interne, elle appellera aussi à voter pour l’un de nos trois joker.

– L’Alliance Soleil, grand regroupement de partis du Nord du pays fut la première formation à porter la candidature du général Gbian, supposé son militant avant de le récuser au profit de l’homme d’affaire Patrice Talon…

Et ainsi va la démocratie béninoise, la tête en bas et les pieds en haut. Les partis politiques qui devraient frayer le chemin, attendent de voir le bout du tunnel avant de se positionner. Le constat, il faut le dire, est triste, pathétique et même dramatique. Les partis politiques sont tous naufragés et la classe politique aux abois. En somme, la démocratie est dans l’impasse. En lieu et place d’une sélection démocratique performante du président de la république, on assiste à une sélection naturelle. Le vainqueur ne sera probablement pas le plus apte, mais le plus fortuné ou le plus chanceux. Comment le pays en est arrivé là et que faire pour revenir à une pratique plus orthodoxe de la démocratie ?

Dans le modèle démocratique béninois, les partis politiques occupent le rôle prépondérant dans l’animation de la vie politique, la conquête et l’exercice du pouvoir. Un rôle à priori bien perçu par la classe politique avec  la bagatelle de 231 partis régulièrement inscrits dont au moins une vingtaine représentés à l’Assemblée Nationale. Cette richesse  de la classe politique augure d’un panel d’élites soumis au suffrage  aux différentes élections présidentielles et c’est justement là que le bât blesse. Sur les 5 scrutins présidentiels organisés à l’ère du renouveau démocratique depuis 1991, aucun homme de la classe  politique, dans le sens classique du terme, n’a été élu président. Si en 1991, l’avènement du technocrate Nicéphore D. Soglo était plus ou moins compréhensible, le processus était à son début, le come back du militaire Kérékou en 1996 était improbable et l’élection de Boni Yayi en 2006 et surtout sa réélection en 2011 sont anecdotiques. Election après élection, la ruse ou le mauvais cœur des uns, la méfiance des autres et les considérations subjectives de tous ont, à chaque fois, permis à un troisième larron de rafler la mise démocratique.

A mon sens, les présidentielles de 2006 représentent le véritable faux pas de la classe politique béninoise qui a conduit à cette dérive. En se mobilisant massivement derrière la candidature du technocrate Boni Yayi au détriment de leur pair Adrien Houngbédji, ils ont fait entrer le loup dans la bergerie et comme dit l’adage : on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finira. La démocratie ce n’est pas l’égo mis en avant devant les militants, la démocratie ce n’est pas la sauvegarde des intérêts partisans, la démocratie est une exigence morale, une idéologie et une manière d’être des institutions. Nous ne le dirons jamais assez, la démocratie est une modalité de l’État dans laquelle l’instrument du pouvoir est représenté par les institutions constituées par les représentants du peuple au nombre desquelles se trouvent l’exécutif et le législatif. L’exécutif ne pouvant rien sans l’aval du législatif, lorsque les membres du législatif décident de porter à la tête de l’exécutif un indépendant, à moins de se résoudre à n’être qu’une caisse d’enregistrement, il court le risque de se détruire.

C’est d’ailleurs le cas de tous les partis actuels à l’exception du PRD. Résolument et méthodiquement, le président Boni Yayi a sapé les bases de tous les partis politiques qui l’ont porté au pouvoir en siphonnant leurs élites ou en suscitant  des rivalités en leur sein par des nominations dont lui seul a le secret. De même, il a déstabilisé presque toutes les institutions démocratiques qui au lieu de faire office de contre pouvoir, adoubent le pouvoir. L’Assemblée Nationale est à ce jour l’unique institution de la république dont le contrôle échappe au président Boni Yayi, mais tous les béninois ont été témoins de l’effort qu’il a fallu au peuple militant, après les législatives de mai 2015, pour y parvenir. La vérité est qu’il n’est pas certain qu’une autre personne en lieu et place de Boni Yayi agirait autrement compte tenu des pouvoirs en sa capacité. Le vers est donc dans le fruit.

En clair, la classe politique béninoise, Majorité comme Opposition sont responsables de la dérive actuelle du processus démocratique. Ici comme partout sur le continent, les élites politiques n’ont plus à cœur de porter les aspirations des peuples africains. Elles ne roulent que pour leurs intérêts immédiats et sont prêts à tous les deals pour parvenir à leur fin. Au quotidien, on l’observe aisément, la finalité des actions menées par les uns et les autres vise moins à rendre le processus démocratique plus transparent et plus pertinent dans la défense des libertés individuelles, la sauvegarde de l’égalité de tous et l’indépendance des institutions. La question existentialiste chez les politiciens béninois est comment faire pour être proches du pouvoir. En fait, les partis au pouvoir ont tout fait pour rendre le statut de l’opposition insoutenable, infernal. En conséquence, plus personne ne veut être opposant : « Tout le monde va à la soupe » au banquet de la démocratie. C’est cette attitude des élites politiques béninoises qualifiée par certains politologues de « ventrocratie » qui a conduit le  Bénin dans l’impasse où il est actuellement.

Faisant partie intégrante du problème, il serait naïf de compter sur les élites politiques pour rendre le processus plus orthodoxe, plus vertueux, plus pertinent. Il revient au peuple souverain aux organisations de la société civile, aux médias, au cours des reformes constitutionnelles à venir, de sortir de la logiques des hommes forts au profit des institutions fortes. Il faudra tout particulièrement encadrer le financement, le fonctionnement et le mode d’organisation des partis politiques pour mettre fin à la transhumance politique et rendre plus pertinente l’action politique.

Agbadje Adébayo Charles

Présidentielles 2016 au Bénin: Lionel Zinsou, une candidature hors du commun

Lionel Zinsou 2

Depuis sa prise de pouvoir en avril 2006, le président Boni Yayi s’est signalé par une prédilection à repérer et à coopter les béninois de la diaspora dans ses gouvernements successifs. Mme Houéto Collette, Messieurs  Pascal Iréné Koupaki, Kessyle Tchala, Victor Topkanou, Soulemane Lawani,  Lionel Agbo, Antonin Dossou et bien d’autres encore ont été, chacun en son temps, ainsi coopté par le président Boni Yayi. Lionel  Zinsou, franco-béninois, premier ministre de l’actuel gouvernement du président Boni Yayi n’est donc que le dernier des mohicans de l’aventure.

Toutefois,  quand on connait l’empressement avec laquelle Boni Yayi coopte les éminences de la diaspora quand il le juge nécessaire et la désinvolture avec laquelle il les vire quand il n’en a plus besoin comme ce fut le cas de tous les précités, le choix de Lionel Zinsou pour être le candidat unique des FCBE (sa famille politique) pour les élections de février 2016, loin de surprendre, doit conduire à rechercher ce que cache ce choix. Quel est donc l’enjeu réel de la candidature de Lionel Zinsou ?

D’abord, tout le monde sait et Lionel Zinsou aussi, que le vrai choix de Yayi Boni, son chouchou pour lui succéder,  c’est Komi Kountché,  allez  y savoir pourquoi. D’autre part, la candidature de Patrice Talon, l’ami intime devenu ennemi intime du chef de l’Etat, est annoncée et ce n’est un secret pour personne que Boni Yayi ne souhaiterait pas que Patrice Talon lui succéda au palais de la Marina.  Komi Kountché n’ayant pas encore l’âge requis pour être candidat, le choix de Lionel Zinsou par Boni Yayi pour être le candidat unique des FCBE peut donc s’analyser comme un choix par défaut et un choix stratégique pour faire le poids contre Patrice Talon. Et pour ma part, plus donc que le choix, c’est son acceptation par Lionel Zinsou qui pose problème.

Tomber comme un cheveu dans la soupe FCBE par le biais d’un remaniement ministériel en juin 2015, à vrai dire, Lionel Zinsou n’est pas un militant FCBE. On ne l’a jamais vu militer aux cotés  des FCBE et encore moins, participer à aucune bataille démocratique du peuple béninois. Mieux, les critères retenus dans l’appel à la candidature pour l’investiture des FCBE lancés par son coordinateur, exigent entre autre, l’appartenance du candidat au FCBE, son militantisme de sa capacité de mobilisation et l’exigence d’un mandat électif  ou d’un électorat confirmé, des critères qui, chacun, élimine Lionel zinsou de la course à l’investiture.

Pourtant, le secret des délibérations a porté son choix sur Lionel Zinsou, désormais appelé à porter l’étendard  FCBE aux présidentielles prochaines. Pourquoi alors présenter aux militants les critères à remplir quand on sait qu’ils ne seront pas pris en compte. Qui trompe qui et pourquoi ?

Mais le véritable hic de l’affaire c’est Lionel Zinsou lui-même. Béninois bon teint bon genre, économiste et banquier de formation, il est fortement imprégné de la culture et des usages de la France ou il a passé le clair de sa vie. C’est donc un homme moderne, un démocrate convaincu, un homme d’affaire avisé et un citoyen soucieux du devoir d’équité et du respect des normes sociales et c’est bien là que le bât blesse.

Comment un démocrate convaincu accepte-t-il de remporter l’investiture d’une alliance politique dont il est conscient qu’il ne remplit pas les critères prédéfinis pour les primaires?

Comment une personne proche des milieux politiques occidentaux, peut croire qu’un président démocrate en fin de règne conserve suffisamment d’influence pour imposer son successeur à sa famille politique?

Comment un homme avec  une éducation rationnelle accepte de s’investir dans un projet aussi irrationnel que le suffrage populaire, à moins, sait-on jamais, d’avoir reçu des assurances qu’il pourra gagner l’élection de la même manière qu’il a gagné l’investiture?

Quoi qu’on dise, cette candidature était improbable il y a huit mois, aujourd’hui elle est certaine. Pour un enjeu aussi considérable, il apparaît difficile de dire qu’elle procède d’une aspiration profonde de l’homme Lionel Zinsou, d’un appel ou d’une vocation. Elle apparaît plus, procéder de la volonté de Boni Yayi à imposer son candidat à sa famille politique et le président qu’il veut au peuple béninois.  De ce point de vue, la candidature de Lionel Zinsou serait une candidature de mission. Une mission, à mon sens, périlleuse à tous les égards.

D’abord vis-à-vis des FCBE, il apparaît comme le général d’une troupe frustrées mais désabusée qui probablement attend le dernier moment pour se prononcer, de ce coté donc Lionel Zinsou est loin d’être maître de son destin.

Quid de cette candidature si le camp du  sud ou le camp du nord des FCBE, le moment venu, déclare ne plus se reconnaître dans la candidature de Lionel Zinsou ?

De plus il n’est pas exclu que cette candidature ne soit, en réalité, qu’un jeu, un jeu de boni Yayi et des FCBE pour émietter les voix du sud du Bénin pour contrarier Talon et par  là même favoriser leur vrai candidat pour l’heure en embuscade. Les jours à venir clarifieront cet aspect du sujet.

D’autre part, vis-à-vis du peuple béninois, le soutien de Boni Yayi à Lionel Zinsou n’est pas sans péril pour ce dernier. En effet,  les 10 ans de Boni Yayi à la tête du pays ont été entachés de tant et tant de scandales qu’on ne saurait passer sous silence. Il s’agit entre autres de l’affaire des machines agricoles, l’affaire dite de la Cen-Sad, l’affaire ICC Services, l’affaire PVI- ng, l’affaire du Port sec de Tori, l’affaire Sodeco, des concours de recrutement frauduleux dans la fonction publique, un harcèlement des opérateurs économiques nationaux, une lutte folklorique contre la corruption, etc. Tous ces scandales sont encore des plaies béantes dans la société béninoise. Pour que la candidature de Lionel Zinsou soit crédible et acceptable, il faut qu’il livre maintenant au peuple son appréciation personnelle sur ces différents dossiers et ses réactions de citoyen vérifiables au moment où ils se déroulaient et comment il compte les gérer s’il était élu. Autrement, Il serait trop facile pour lui de dire, après coup, qu’il n’était pas dans le pays, qu’il n’est mêlé ni de près ni de loin à tous ces dossiers, qu’il mettra sur pied une commission pour patati patata. Dans un tel contexte, l’histoire va se répéter de façon plus dramatique qu’en 2006, car ce serait encore un autre “intrus“  qui se serait retrouvé démocratiquement au sommet de l’Etat.

Aussi, pour donner du sens à sa candidature, avant de nous exposer son plan pour créer la croissance et le développement, il faut qu’il prouve clairement qu’il  ne vient pas exonérer le président Boni Yayi de ses méfaits, qu’il ne vient pas protéger ses arrières ou plus grave encore à promouvoir les intérêts économiques et stratégiques de la France au Bénin. Les multiples navettes  du président Boni Yayi à  l’Elysée qui ont précédé sa nomination au poste de premier ministre, puis sa candidature aux présidentielles peuvent, en effet,   le laisser supposer. Cette clarification est nécessaire mais,  n’a aucune chance de se faire dans le contexte actuel de sa candidature. Ceci est alors le signe des nombreux non-dits que peut cacher la candidature de Lionel Zinsou.

En effet, il ne fait l’ombre d’aucun doute que Boni Yayi tente d’instrumentaliser Lionel Zinsou, mais c’est un couteau à double tranchants. Si le premier tranchant va servir à faucher les candidats indésirables, Talon et Consorts, l’autre tranchant sera pour censurer, après coup ses dix années de gestion chaotique du pays.

Dans  tous les cas, l’histoire retient  que les trois candidats en pôle position pour les élections de février 2016 : Zinsou, Talon et Adjavon sont tous des hommes d’affaires et personne aujourd’hui ne peut préjuger de ce que  sera la gouvernance de l’un ou l’autre de ces trois hommes. Les béninois adorent acheter les pagnes, mais pour ces élections présidentielles, c’est un pagne emballé qu’ils se préparent à acheter. Après les élections, Il peut y avoir du très bon comme il y avoir du très mauvais. Espérons que les motifs de joie seront plus nombreux que les motifs douloureux dans ce pagne national en cours de filature.

Quoi qu’il en soit, quelque soit l‘étiquette portée par l’un ou l’autre des candidats,  ce sont les béninoises et béninois qui vont voter le 28 février 2016 et leur suffrage s’imposera à tous. Il importe donc  que discernement et transparence électorale soient de mise à tous les niveaux afin qu’entre deux maux, le peuple choisisse le moindre et   que le vainqueur déclaré de la compétition soit véritablement son élu et que vive la démocratie.