Réchauffement climatique : le péril de la chaleur en Afrique


Un élève de retour des cours en janvier 2016

Un élève de retour des cours en janvier 2016

                                                                                                                                                                               Crédit image: Agbadje B. C.

S’il est indéniable que les catastrophes naturelles, inondations et sécheresses et la destruction des écosystèmes naturels sont les aspects les plus spectaculaires du réchauffement climatique, les menaces du réchauffement sur la santé humaines ne sont pas moins manifestes. Pourtant les risques que le réchauffement fait peser sur la santé et le bien être des hommes sont laissés pour compte sur le continent africain.  Un comportement étrange difficilement compréhensible sur l’ensemble du continent et qu’il importe de changer.

Il est vrai, le réchauffement climatique est resté longtemps un débat de scientifiques. Mais depuis une décennie, le phénomène prend une ampleur telle que la réalité du réchauffement ne fait plus aucun doute dans les esprits en Afrique. L’intensité et la fréquence des canicules font que les inquiétudes s’expriment de plus en plus au niveau du bas peuple. Pourtant, pratiquement personne ne se soucie des répercussions de la hausse des températures moyennes sur la santé des populations sur le continent. Tout se passe comme si on est face à une situation ordinaire et que chacun sait comment y faire face, ce qui est loin d’être le cas.

Une Chaleur de plus en plus excessive

En effet, contrairement à l’Occident ou le froid est perçu comme un redoutable facteur contre lequel les stratégies de lutte au plan individuel et communautaire existent et sont en permanence améliorées, en Afrique, la chaleur est plutôt perçue comme une donnée normale de l’environnement. Toujours présente, souvent conviviale, parfois accablante, elle ne laisse personne froid. Aussi, la lutte contre elle est sommaire, disparate et tient plus à la recherche du confort qu’à la lutte pour la survie. Sauf que la hausse des  températures tous azimuts qui s’observent actuellement sur l’ensemble du continent a décuplé le caractère morbide de la chaleur. Le constat est unanime, les inquiétudes partagées, mais au niveau comportement, c’est la résignation qui domine.

.  L’année 2015 a été déclarée l’année la plus chaude de l’histoire moderne par l’Agence océanique et atmosphérique américaine (National Oceanic and Atmospheric Administration, NOAA) et l’Agence spatiale américaine (National Aeronautics and Space Administration, NASA), qui tiennent toutes les deux le registre des températures de la planète. L’année 2015 se classe ainsi largement en tête des années les plus chaudes, depuis les premiers enregistrements en 1880, devant, dans l’ordre, 2014, 2010, 2013, 2005, 2009 et 1998. Un constat confirmé par tous les organismes internationaux de météo.

En Afrique, même si les agences de météo nationales ne communiquent pas de bilan annuel, l’analyse des données météo quotidiennes depuis le début du 21ème siècle et particulièrement sur  les cinq dernières années (2010-2015) fait, aisément, remarquer, année après année, une saison, de plus en plus chaude, de janvier à mai, avec des températures moyenne, aussi bien diurnes que nocturnes, en permanence  élevées (30°C-35°C) avec des pics qui avoisinent les 45-50°C. L’année 2016 semble d’ailleurs confirmer la tendance. Les températures normales saisonnières sont partout pulvérisées en ce début d’année où la saison chaude ne fait que commencer. Déjà des pics de 36°C au Congo, 40°C à Khartoum, 41°C au Niger et 43°C au Tchad sont enregistrés au cours du mois de février.

Ainsi année après année, les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et plus en plus incommodantes commencent par susciter de sérieuses inquiétudes chez tous. Dans les maisons, la chaleur soumet tous et tout à sa terrible loi.  En fonction des moyens et de l’équipement dont dispose chacun pour pallier la chaleur, la maison devient un havre ou une galère.

Dans la rue, les carrés en serviette ont partout remplacé les pochettes et mouchoirs à cause de la sueur abondante qui dégouline de partout. Les affres de la chaleur se lisent sur tous les visages et les avis s’accordent pour reconnaître que la température devient anormalement trop élevée, ce qui suscite bien des interrogations. J’en veux pour preuve, cette anecdote dont j’ai été témoin à un arrêt de taxi aux environs de 13 heures, à Libreville au Gabon, au cours du mois de janvier 2016. Un monsieur, visiblement excédé, comme tout le monde, par  la violence des rayons du soleil et la nuisance de la chaleur, a lancé à la cantonade : “Cette  chaleur devient impossible !  Il n’y a plus de doute, la fin des temps  annoncée par les écritures saintes, arrive à grands pas“. Comme pour faire la réplique à cette réflexion,  un  autre monsieur,  visiblement  pas très instruit, debout à coté du premier, fit cette remarque qui a fait sourire l’assemblée : “Je parie moi que les blancs ont touché à quelque chose la haut, au dessus de nos têtes, c’est pourquoi le soleil se déchaîne ainsi sur nous depuis quelques temps“. Une réflexion pas si mal pensé que ça, quand on pense à l’élargissement du trou d’ozone dans la stratosphère et aux rejets anthropiques des gaz à effet de serre, même si les blancs indexés ne sont pas les seuls responsables. Ce constat de chaleur excessive et les réflexions similaires sur ses hypothétiques causes sont faits, année après année, dans toute l’Afrique subsaharienne de janvier à juin. En fait, tout le monde s’en plaint, mais tout le monde s’y accommode.

Impact du changement climatique sur la santé

Le changement climatique influe sur les déterminants sociaux de la santé: air pur, eau potable, nourriture en quantité suffisante et sécurité du logement, mais aussi directement sur les paramètres physiologiques de l’organisme. En effet, les limites inférieures et supérieures de la température extérieure compatible avec la vie chez l’homme sont 0° C et 45° C et la température de neutralité thermique où l’homme ne lutte ni contre le froid ni contre la chaleur est de 19,5°C.

Dans les zones tempérées, autour de 0° C, les liquides physiologiques ont tendance à former des cristaux de glace qui causent des lésions aux cellules et provoque la nécrose des organes. Le sang coagulé forme des caillots ou thromboses qui bouchent les vaisseaux sanguins. Les réactions vont du simple refroidissement à la mort en passant par les allergies, les gelures, l’hypothermie et le coma.

Dans les zones tropicales, au delà de 35°C, les cellules se déshydratent et meurent une à une. Le sang devient plus visqueux et forme également des thromboses. La mort survient par hyperthermie ou par accident cardiovasculaire.

Ainsi, la chaleur, provoque des déshydratations qui troublent le métabolisme général de l’organisme  et entraîne des complications souvent fatales. Les températures caniculaires observées actuellement contribuent donc directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées, les malades, les enfants etc. Les ardents rayons solaires brûlent superficiellement la peau et la cornée, blessent les cellules et les chromosomes et dénaturent ces deux tissus, ce qui annoncent une recrudescence des cancers de peau et des maladies des yeux dans les années à venir dans le rang des paysans, ouvriers, artisans et manœuvres, condamnés à travailler sous le soleil toute la journée. Par ailleurs, la réduction de la quantité d’air qui accompagne les vagues de chaleur est responsable des troubles respiratoires. Les concentrations en pollen et autres allergènes sont également plus élevées en cas de chaleur extrême. Elles exacerbent les crises d’asthme, de grippe et autre maladies respiratoires. L’accroissement des températures s’accompagne donc d’une augmentation de la morbidité des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

Comme on le voit, après le péril de la faim et du paludisme, c’est le péril de la chaleur en Afrique qui qui est la nouvelle menace du continent noir. Pourtant, malgré tout le bruit autour du réchauffement climatique et surtout la réalité de ce réchauffement, aucune prise en charge, aucune sensibilisation, aucune campagne ne s’organise pour limiter les effets négatifs du réchauffement sur la santé individuelle et collective des africains.

Le mythe du soleil qui ne tue pas l’africain

Ainsi, au-delà des enjeux environnementaux, les rayons solaires et la canicule impactent au quotidien la santé individuelle de la grande majorité sans que les coups de soleil ou les coups de chaleur ne soient considérés comme une pathologie en Afrique, encore moins comme une question de santé publique. Le pic de chaleur annuelle dure plus de trois mois, entre janvier et mai selon les régions sans jamais faire la une des journaux télévisés ni des quotidiens.  Aucune voix autorisée ne dit à l’homme africain pendant la saison chaude, comme il est de coutume en Occident pendant l’hiver, comment se préserver contre le soleil et la chaleur. La raison réside probablement dans cet adage assez familier sur le continent qui dit : « le soleil ne tue pas l’africain ».

Pourtant même si le constat relève d’observations empiriques, les populations en Afrique sont très conscientes de  l’impact de l’élévation de la température sur la recrudescence des maladies à transmission par vecteur, en particulier du paludisme, première cause de mortalité sur le continent.

Le fait est que les moustiques, vecteurs du paludisme et de la dengue étant des animaux à sang froid, leur température interne varie en fonction de la température du milieu extérieur. Avec le réchauffement climatique, les moyennes saisonnière sont partout en hausse, oscillant, pendant une grande période de l’année, autour de 30°C qui se trouve être justement la température optimale pour le développement des moustiques. Leur durée de maturité devient alors très réduite ce qui accélère le développement des agents pathogènes des différentes maladies dont ils sont les vecteurs.et augmente par conséquent le potentiel épidémique de ces maladies. En conséquence, non seulement le pullulement des moustiques s’étale sur des périodes de plus en plus considérables de l’année, mais le potentiel épidémique du paludisme et autres maladies dont ils sont les vecteurs décuple. Son aire géographique aussi s’élargit à des endroits où ils ne pouvaient auparavant prospérer et les accès palustres deviennent à la fois aigus et chroniques dans la population.

Mais malgré la forte corrélation entre la hausse de la température ambiante et la recrudescence des maladies, puisque la mort ne survient pas par insolation directe comme c’est le cas du froid, la perception de la morbidité du soleil et de la chaleur reste faible et la riposte comportementale idoine tarde à se mettre en place

Des répercussions sanitaires  avérées

Le réchauffement climatique est, pour ainsi dire, une réalité manifeste, palpable et en pleine évolution aux quatre coins du monde. Les températures caniculaires contribuent directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées. L’OMS, dans une évaluation prenant en compte seulement un petit groupe d’effets possibles sur la santé, et prenant pour hypothèse la poursuite de la croissance économique et des progrès sanitaires, a conclu que le changement climatique pourrait entraîner environ 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050: 38 000 dus à l’exposition à la chaleur des personnes âgées, 48 000 dus à la diarrhée, 60 000 dus au paludisme, et 95 000 dus à la sous-alimentation des enfants. Certes, 2030 peut paraître un horizon lointain, mais il faut se convaincre que le processus est évolutif et fait déjà beaucoup de victimes parmi les décès actuels.

Le fait est qu’à l’exception des quelques privilégiés chez qui le domicile, la voiture et le bureau sont climatisés et qui échappent aux affres de la chaleur à tout moment et des moustiques la nuit, la grande majorité des africains subit le tourment de la chaleur en permanence  et celui encore plus traumatisant des moustiques dés la tombée de la nuit. Actuellement, la baisse de la température ambiante au coucher du soleil qui faisait jadis le charme des soirées en Afrique s’observe de moins en moins. Malgré le coucher du soleil, la température ne baisse plus systématiquement ce qui fait que la température nocturne reste souvent très élevée obligeant la majorité, non équipée en matériel de climatisation, à se dévêtir le soir à la maison.

Or, aussitôt après le coucher du soleil, c’est le ballet des moustiques qui commencent,  avec en prime, bourdonnements agaçants et piqûres sur toutes les parties dénudées du corps, ce qui contraint à ne pas se dévêtir. Ainsi, se dévêtir pour s’aérer mais en s’exposant aux moustiques ou se  vêtir pour se protéger contre les moustiques et supporter les affres de la chaleur, tel est le dilemme auquel se trouve de nos jours confrontée, dans son intimité, la majorité des africains dès le coucher du soleil. Naturellement, chacun le gère comme il peut.

L’effet cumulé du poids de la chaleur et de la charge parasitaire dans les organismes ont des conséquences directes sur la santé des hommes avec la recrudescence des accès palustres, mais aussi de façon permanente, des conséquences plus pervers sur le comportement des hommes au travail en Afrique. Sans maladies déclarées, les gens se sentent souvent plus fatigués au réveil et très démotivés pour le travail, sans pouvoir se l’expliquer. Le plus dramatique, c’est la démotivation grandissante des enfants pour l’école et même des adultes pour le travail, à partir d’une certaine heure, qu’on observe depuis quelques années. Les parents et la communauté scolaire fustigent souvent cette attitude des enfants sans que personne ne cherche à sonder la souffrance réelle, le malaise ou la gêne lié au réchauffement climatique qui peut en être une cause potentielle. En effet, la chaleur devient, de plus en plus, étouffante, déshydratante et très soporifique parfois dès 8 heures du matin et il est dans l’ordre des choses que les personnes qui sont allergiques à la chaleur, et ils seront de plus en plus nombreux dans la population, à cause du réchauffement climatique, n’aient plus la concentration nécessaire au travail. Dans ce cas, la motivation au travail par la seule sensibilisation sera sans effet, c’est l’ensemble des conditions de vie qu’il faut revoir pour espérer redonner goût au travail.

En somme c’est une véritable sélection naturelle qui commence sous nos yeux et si on n’y prend garde éliminera de l’environnement africain toutes les personnes sensibles à la chaleur.  Les enfants, en particulier ceux des milieux pauvres, les personnes âgées et les sujets présentant des infirmités ou des états pathologiques préexistants seront les plus vulnérables aux risques sanitaires qui résulte du réchauffement climatique. La pression de sélection est exercée par le couple chaleur et pauvreté, les deux paramètres par lesquels se joue l’adaptation des uns et des autres.

Quelques conseils pratiques

Dans une situation certaine et évolutive comme celle du réchauffement climatique, Il est important de savoir comment lutter contre celui-ci pour se sentir le mieux possible et préserver sa santé. Voici donc quelques conseils usuels que malheureusement connaissent mieux les touristes qui visitent le continent que les résidents permanents toujours à cause du mythe du soleil qui ne tue pas l’africain.

Boire régulièrement

La canicule est responsable du stress hydrique de l’organisme. Aussi même si l’envie de boire ne se fait pas sentir, en période de grande chaleur, il est impératif de s’hydrater et de boire au minimum deux litres, voire plus,  par jour. Pensez à avoir une bouteille d’eau en permanence sur soi. Il est aussi conseiller de saler les aliments pour aider l’organisme à retenir l’eau.

Se rafraîchir avec l’eau

Prenez régulièrement  une douche bien fraîche, cela permet de faire baisser la sensation de chaleur. Vous pouvez aussi vous passer un gant humide sur le corps.

S’abriter du soleil

Il n’est pas recommandé de sortir pendant les heures les plus chaudes. Pour éviter les coups de chaleur, restez donc au frais entre 12 h et 16 h.
Si la sortie est nécessaire, pensez bien à mettre un chapeau.

S’habiller en conséquence

Pour ne pas risquer un coup de chaleur, le mieux est d’attirer le moins possible le soleil sur vous. Privilégiez donc les vêtements de couleur claire, préférez certains textiles comme le coton et éviter les matières synthétiques. Vous serez également plus à l’aise dans des vêtements amples qui vous laisseront respirer à votre aise. Pensez également au chapeau ou aux lunettes de soleil, indispensables pour vous protéger du soleil.

Ne pas se dépenser inutilement

La chaleur fatigue beaucoup. Il est donc inutile de s’agiter pour rien. Oubliez le sport pendant les heures chaudes et reposez-vous. Si vous voulez faire du sport, faîtes-le en début de matinée ou en fin d’après-midi. Ce sera moins dangereux et plus agréable pour vous.

En conclusion, c’est tout l’environnement sanitaire humain et en particulier de l’africain qui est modifié par le changement climatique en cours. Le réchauffement climatique a tout d’abord un impact direct sur la santé des populations vulnérables: les personnes âgées, les jeunes enfants et les individus en situation précaire. Il importe de fournir et diffuser des informations sur les menaces que le changement climatique fait peser sur la santé, et sur les possibilités de promouvoir la santé et le bien être individuel et collectif.

La star béninoise Angélique Kidjo fait son cinéma

 

Angelique-Kidjo-The-CEO

A 55 ans, après une carrière musicale bien remplie avec au moins 9 albums à succès et deux Grammy Awards, Angélique Kidjo fait ses premiers pas au cinéma. La star béninoise de la world music débute du coté de Nollywood, dans le film « The CEO » du grand réalisateur nigérian Kunle Afolayan.

«The CEO » (Le PDG), c’est le titre de la prochaine production nollywoodienne dont Angélique Kidjo, artiste béninoise sera l’une des têtes d’affiche.

Ce projet est l’aboutissement d’une rencontre fortuite entre la star béninoise et le réalisateur et acteur nigérian, dans un avion reliant Los Angeles à New-York. La discussion entre les deux artistes a d’abord porté sur leurs carrières respectives. Puis le réalisateur a fait part du projet de son prochain film à Angélique Kidjo, qui a beaucoup apprécié le scénario. C’est donc tout naturellement que lorsque, les jours suivants, le réalisateur a proposé à l’artiste béninoise un rôle dans ce film, elle l’a accepté avec plaisir. «C’est le début d’une extraordinaire aventure », a déclaré Kunle Afolayan.

Aux cotés de l’artiste béninoise, évolueront dans ce film les grands comédiens Jimmy Jean Louis, Wale Ojo, Hilda Dokubo, Lala Akindoju, Peter King, Nico Panagio et Aurélie Eliam. Un casting à la mesure des ambitions du grand réalisateur nigérian.

L’intrigue du film est d’un suspense haletant. Cinq cadres africains d’une multinationale de télécommunication, la Transwire, sont réunis dans une belle station balnéaire aux alentours de Lagos au Nigéria, à l’occasion d’un séminaire censé déboucher sur la nomination du nouveau PDG. Mais les choses prennent une tournure inattendue et des cadres disparaissent un à un, dans des circonstances de mort subite. A la fin, les deux survivants deviennent les principaux suspects. Dans ce thriller, Angélique Kidjo joue le rôle de la mystérieuse Dr Zimmerman.

Le tournage du film, prévu pour durer plusieurs semaines, a démarré le 28 août dernier à Lagos, au Nigéria, et s’est poursuivi dans plusieurs capitales africaines. Le film, dont la bande annonce est déjà disponible, sortira en salle le 11 juillet 2016 et sera produit par le célèbre acteur et réalisateur Kunle Afolayan.

Après les albums cultes d’Angélique Kidjo – Pretty en 1980, Parakou en 1988, Logozo en 1991, Aye en 1994, Fifa en 1996, Black Ivory Soul en  2002, Oyaya en 2004, Djin Djin en 2007, OYO en 2009, Spiriting rising en  2012 et EVE en 2014 – « The CEO » marque le début d’une nouvelle aventure pour la star béninoise. On lui souhaite que cette aventure soit aussi magique que la première et la conduise de Nollywood à Hollywood.

Burundi : du ko électoral au chaos social


Pierre_Nkurunziza_2014. en.wikipedia                                                                                                                                              Crédit photo: en.wikipedia.org

 

Enfin, ce que la communauté internationale redoutait au Burundi, est arrivé

Depuis la volonté affichée du président Nkurunziza de s’accrocher au pouvoir,

Puis la reforme constitutionnel opportuniste manigancée,

Et enfin le ko électoral orchestré pour y parvenir,

La crainte était grande de voir le pays basculer dans la violence, le chaos.

Désormais, le doute n’est plus permis.

Les répercussions tant redoutées de cette imposture démocratique s’étalent au grand jour

Depuis 8 mois, les violences font rage au Burundi.

Depuis 8 mois le pays est mis à feu et à sang.

Depuis 8 mois, la crise a déjà fait plus  de 400 morts et 230 000 réfugiés.

Depuis 8 mois aucune chance  n’est laissée à la croissance économique.

Depuis 8 mois le pays ne sécrète qu’insécurité, mort et pauvreté.

Depuis 8 mois le pays sombre peu à peu dans le chaos.

Pourtant, contre ce projet de candidature, le pays tout entier s’est insurgé.

Contre ce projet, la Communauté internationale a exprimé ses inquiétudes.

Contre ce projet, l’Union africaine a pour une fois dans son histoire, pris parti.

Contre ce projet, les poids lourds du parti présidentiel sont entrés en dissidence.

Mais, hélas, rien n’y a fait, le prince est parvenu à ses fins.

Depuis lors, le pays va à vau l’eau.

Et que faire pour dénouer la crise et épargner les vies humaines ?

La Commission de l’Union Africaine propose sa solution.

Le déploiement d’une force d’interposition de 5000 hommes.

Mais sans consensus des chefs d’Etat de l’Union,

Et sans consentement de la partie burundaise,

Le projet a été avorté au 26e sommet de l’Union Africaine

Le Conseil de sécurité des Nation Unies et l’administration Obama,

Pour leur part, penchent  plutôt pour un règlement politique.

Plusieurs missions de ces deux institutions ont été dépêchées à Bujumbura

Pour désamorcer la violence et faciliter le dialogue entres gouvernement et opposition.

Mais le président Nkurunziza, est resté inflexible face à toutes ces initiatives.

Pour la partie burundaise, elle n’a de leçons à recevoir de personne.

A tous ceux qui sentent indignés,

Gentiment mais fermement, il est demandé de « circuler ».

ô Ciel, quel détachement ? Quelle compromission ?

Pourquoi cet acharnement à mettre son propre peuple à genou ?

Pour le châtier de son désir de liberté et d’instauration de l’Etat de droit?

Ou peut être, comme Néron, pour admirer le macabre spectacle ?

Ou pour faire la démonstration de sa propre grandeur ?

Le monde entier regarde le Burundi et est horrifié

Le premier magistrat du pays regarde le monde et se sent glorifié

Le malheur du peuple, fait la grandeur du prince.

Non, la grandeur d’un homme ne se mesure pas à sa hauteur,

Mais à ses actions et actes en ce monde.

Et justement, les actions et actes en question sont répréhensibles.

La grandeur véritable est dans la bienfaisance.

Pourtant, avec les événements du Burkina Faso en 2014,

On croyait la fatalité des reformes constitutionnelles vaincues sur le continent.

On se souvient, Blaise Compaoré voulait aussi modifier la constitution,

Pour s’octroyer une rallonge et s’accrocher au pouvoir.

Une insurrection populaire a balayé son régime du jour au lendemain.

Un exploit qui a fait croire un moment sur le continent,

Que les reformes constitutionnelles opportunistes sont du passé.

Mais, hélas non ! Avec le Burundi, le continent est rattrapé par ses vieux démons.

Déjà, le mal s’est métastasé au Congo Brazzaville et au Rwanda,

Les indices du même mal sont également décelés en RDC.

Quand le continent va-t-il apprendre de ses erreurs?

Et le plus triste et désespérant est que dans cette tare continentale,

Ce sont les timoniers qui conduisent le navire dans le gouffre.

Mais comme le dit un adage africain,

Trois cent soixante-quatre jours pour les dirigeants,

Un pour le peuple.