Mme Antoinette Eya Toung, une femme de sciences et de foi au service de la jeunesse gabonaise

 

Chef de département des sciences de la vie et de la terre du lycée Paul Indjendjet Gondjout de Libreville, Mme Antoinette Eya Toung dirige également LE  CHANT DE GLOIRE, un groupe d’étude biblique à vocation œcuménique. 

Femme de sciences et de foi, elle ne ménage pas ses efforts pour assumer ses différentes responsabilités. Aux heures ouvrables, elle est à la tâche dans les salles de classe et laboratoires pour enseigner le savoir scientifique aux élèves. A ses heures libres, elle s’affaire au CHANT DE GLOIRE pour approfondir la connaissance biblique et la foi chrétienne de ses membres. Pour sa première sortie publique, LE CHANT DE GLOIRE a organisé le samedi 27 mai 2017 à l’hôtel Héliconia de Libreville, un atelier débat sur le thème : « Oui ! Je viens bientôt ». L’occasion de demander à Mme Antoinette Eya Toung, les objectifs de cet atelier débat, mais aussi et surtout comment elle concilie au quotidien la méthodologie des sciences expérimentales qu’elle professe et le respect des canons bibliques qu’exige la foi chrétienne.

 

Bonjour Mme Antoinette Eya Toung. Vous avez organisé à Libreville  le 27 mai passé, un atelier débat sur le thème : « Oui ! Je viens bientôt », quels étaient les objectifs de cet atelier et quel bilan en avez-vous fait ?

Bonjour! Je voudrais commencer par vous remercier d’avoir répondu à notre invitation. Au CHANT DE GLOIRE. Nous avons des objectifs purement évangéliques ce qui justifie le thème de l’atelier qui est tiré du livre de l’Apocalypse au chapitre 22 : 20. Nous visons à maintenir le chrétien en éveil par rapport aux écritures bibliques qui sont toujours d’actualité quel que soit le contexte global dans lequel nous vivons. Il est question de réveil, d’instruction et de restauration de la foi chrétienne. Pour cet atelier nous avons accueilli surtout des étudiants  chrétiens qui se sont dits très édifiés à la fin, donc nous pensons que l’objectif a été atteint.

 

 L’actualité scientifique mondiale en ce moment est la découverte sur le site marocain de Djebel Irhoud, des restes de 5 individus de l’espèce humaine Homo sapiens datant de 315 000 ans par une équipe internationale dirigée par Jean Jacques Hublin, ce qui repousse de 100 000 ans, l’âge de l’espèce humaine estimé jusqu’alors à 200 000 ans. Quelle appréciation faites-vous de cette découverte scientifique?

200 milles ans ou 300 milles ans pour ma part ça ne change pas grand chose car la paléontologie utilise des méthodes de datation qui sont toutes approximatives, mais la certitude est l’existence d’une espèce HOMO Sapiens dont nous sommes les dignes descendants.

 

Cette découverte conforte la théorie de l’évolution du monde vivant et donc la descendance de l’homme des primates hominidés Australopithèques alors que la bible dans la genèse nous apprend que l’homme a été créé par Dieu. Mme Antoinette Eya Toung, comment conciliez-vous la théorie de l’évolution prônée par la science que vous professez et le respect des dogmes bibliques qu’exige la foi chrétienne?

Pour ma part le débat qui oppose le créationnisme biblique et la théorie de l’évolution de Darwin est confus car on s’en sert pour désavouer les écritures bibliques ce qui n’était certainement pas l’objectif de Darwin. La théorie de nos jours a été transposée dans différents domaines et on s’en sert actuellement pour amener des connaissances « subtiles » qui apportent de grands bouleversements des mentalités et des habitudes sociales.
En tant qu’enseignante des sciences de la vie et de la terre, je sais que les innovations génétiques existent, il suffit pour cela d’observer la diversité humaine pour la comprendre. Mais je tiens quand même à souligner que le message de la bible n’est pas statique. Il parle aussi d’une certaine façon d’une évolution de l’espèce humaine et donc par conséquent des espèces au fil du temps. La preuve, selon le thème de notre atelier, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui sera remplacé par un autre ; il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre! La science est très utile et je ne pense pas qu’elle contredise les écritures saintes.

 

LE CHANT DE GLOIRE est un groupe d’étude biblique à vocation œcuménique, à votre avis, Mme Antoinette Eya Toung, le vodoun africain, fait-il partie du patrimoine religieux de l’Humanité ?  

Bonne question. Je sais que le culte vodoun est en pleine expansion dans le monde, à ce titre il constitue un patrimoine pour l’humanité. Mais je ne suis pas très instruite sur le sujet et je suis plutôt dans l’expectative. Je ne sais même pas ce que signifie « vodoun ».et je voudrais en savoir un peu plus car dans mon imaginaire, je le trouve un peu mystérieux, ce qui a plutôt un effet plus ou moins négatif. S’il était un peu plus dévoilé, il serait moins controversé et plus utile à mon sens.

 

Au plan sociétal, le déferlement des associations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) sonne petit à petit le glas de l’hétérocentrisme des sociétés humaines. Selon vous, est-ce le signe de l’approche de la fin des temps annoncée par les écritures ou une évolution postmoderne inéluctable des sociétés humaines à laquelle il faut s’adapter?

les déviations sexuelles sont un des grands signes de la fin de notre temps. Si nous les admettons, il n y aura plus, à un moment donné, de reproduction de l’espèce donc une fin programmée. L’hétérosexualité maintien la vie, il est impossible que la société devienne homocentrique. Les temps géologiques durent de millénaires et se succèdent, notre temps aussi passera et les signes sont à la fois moraux et environnementaux ; d’ailleurs les deux aspects sont liés, c’est l’environnement qui est à l’origine des innovations génétiques.

 

pour le mot de la fin, quel message auriez-vous envie de transmettre à la jeunesse gabonaise et africaine ?

A la jeunesse africaine je dis que la religion est utile ; les connaissances bibliques ne sont nullement désuètes, au contraire. Pour échapper à la dispersion des valeurs ce sont les enseignements religieux qui nous permettront de trouver des solutions aux maux de la société. Les mutations sont inhérentes à la vie sociale, mais nous devons nous préserver des méfaits qu’elles peuvent engendrer. Il faut donc combattre toutes les dérives et le fondamentalisme biblique serait d’un grand apport.

 

Merci Mme Antoinette Eya Toung pour cet entretien exclusif et surtout pour votre engagement que j’espère inspirera les jeunes africains à être chaque jour une personne meilleure