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Législatives 2019 au Bénin, l’opposition entre  changement et rupture

Lopposition béninoise entre changement et rupture
une délégation de de l’opposition béninoise

 

Ça va changer, ça doit changer ! …Ça va changer, ça doit changer !

Le slogan est accrocheur et a fait mouche.

En 2006 monsieur Changement avec son leitmotiv à la bouche, s’installa.

Pendant deux mandats tout entiers, monsieur Changement a chanté

Très content et satisfait de soi, le refrain était à l’autosatisfaction.

Yinwê ! « C’est moi », Yindié ! « me voici ».

L’eau potable, l’électricité, les routes ; » Yinwê ! »,

La césarienne gratuite, l’école gratuite, les micro crédits ;  » Yinwê ! »,

L’émergence économique et la prospérité partagée ;  » Yindié ! ».

Afin que tout soit clair, le peuple fut prévenu que le train de monsieur Changement ne fait pas machine arrière.

Et laudateurs de renchérir : « Après nous, c’est nous ! ».

Pourtant, malgré tout ce tapage tonitruant

Les courtisans sont chaque jour éclaboussés par des scandales sordides,

Mais monsieur changement, la main sur le cœur, avoue, chaque fois, ne pas être au courant.

Le peuple fini par se lasser des fariboles de  monsieur Changement.

Après une décennie de son   régime, le peuple opta pour l’alternance.

Sans trop y croire et peut être mêmes, à contre cœur,  Il jeta son dévolu sur dame Rupture

Visiblement, bien lui en a pris.

Au-delà de toute attente, dame Rupture s’est révélée laborieuse, perfectionniste et déterminée.

Aussitôt à l’œuvre, elle annonça les couleurs :

« Tout le pays est à reformer, sinon on court vers le chaos total »

Et reforme après reformes, les lueurs d’une société et d’une économie organisées commencent par pointer à l’horizon.

Mais la potion est amère, très amère, il faut le reconnaître.

Sur le plan politique, le système partisan n’a pas échappé aux reformes de dame Rupture.

La charte des partis et le code électoral, entre autre, ont été revus et amender de fonds en comble.

Des exigences nouvelles de représentativité et  de quitus fiscal sont introduites dans le jeu politique

Des exigences qui préfigurent une classe politique plus responsable et plus vertueuse.

Dorénavant donc, exit tous les partis claniques d’antan et plus d’élus débiteurs vis-à-vis du fisc

Comme il fallait s’y attendre, monsieur Changement est passé à l’opposition, par la force des choses,

Mais, au lieu de prendre la mesure de la nouvelle donne et  de s’adapter, il préfère plutôt fulminer.

Avec les siens, ils tournent en dérision toutes ces reformes.

Quelles reformes ? De la poudre aux yeux ! De la pure arnaque politique !

Ils sillonnent le pays pour faire de l’opposition, de la diversion et de la victimisation.

Il menace même d’abroger toutes ces lois inspirées des reformes après les législatives 2019 qu’elle espère remporter.

Mais pour remporter ces législatives 2019,  il faut d’abord candidater, et c’est là que le bat blesse.

Voici venu la saison du dépôt des dossiers de candidature pour les législatives 2019 au Bénin en question.

Tout naturellement, il est le premier à s’offusquer du rejet de son dossier de candidature  pour non-conformité à la nouvelle loi.

Comme il fallait s’y attendre, beaucoup d’ agitations, des menace et même  un ultimatum.

De guerre lasse, avec les siens, il alla crier secours chez dame Rupture, sa rivale,
La priant de lui faire quelques arrangements pour un scrutin inclusif et .pour la paix…

Changer la loi pour les personnes qui sont appelées à faire les lois ?

Une demande aussi curieuse qu’inacceptable pour dame Rupture.

Que penserait  d’elle le citoyen lambda, malmené par les différentes reformes ?

Que faisiez-vous depuis que la loi à été votée se garda-t-elle de demander à ses hôtes.

Mais dame Rupture nullement rancunière, fut bonne conseillère.

Faites tout pour vous conformer à la loi ; l’administration, est instruite pour vous faciliter la tâche.

Mais visiblement, malgré les efforts indéniables, les meubles n’ont pas pu être sauvés.

A la clôture du délai imparti pour le dépôt des candidatures,

Le camp de monsieur Changement est arrivé après fermeture des bureaux.

Sauf miracle, le scrutin se déroula sans le camp de monsieur Changement.

Chronique d’une exclusion annoncée ou manœuvre de victimisation stratégique? 

Quoi qu’il en soit, il n’est jamais trop tard pour se conformer à la loi.

Mieux vaut se conformer à la loi et espérer … que d’espérer… pour se conformer à la loi. 

A prôner le changement sans rompre, on finit par rompre et changer dans la douleur.

Dans la citée, comme dans la jungle, il faut en permanence s’adapter aux lois pour survivre. sinon la sélection vous élimine.

Le changement est dans la rupture et la rupture est changement et donc évolution.

La leçon vaut bien un déplacement au palais de la Marina.

On espère qu’elle est sue pour de bon et pour de vrai.

Agbadjé Adébayo Charles

Au Bénin, qu’est-ce qui fait courir les anciens  présidents Soglo et Yayi?

 

Les présidents Soglo et Yayi à Djeffa en 2018
Les présidents Yayi et Soglo à Djeffa en 2018

 

Au Bénin, depuis 2016, un vent de changement souffle sur le pays.

Avec l’avènement au pouvoir du président  Patrice Talon, une ère nouvelle a commencé.

Le changement prôné et non réalisé par les présidents passés semble enfin au rendez-vous.

En l’espace de deux années, des reformes courageuses et innovantes sont réalisées.

L’occupation anarchique du domaine public est radicalement proscrite

Le code du travail est amendé, les grèves sauvages d’avant sont plafonnées à dix jours par an.

Le code foncier est revu et consolidé, finis les arnaques et  litiges fonciers interminables.

La charte des partis politiques est refondée avec des standards démocratiques plus  exigeants :

Les centaines de petits partis existants ont dû fusionner en une poignée de grands partis.

Le code électoral est revisité, la pléthore de candidats aux élections, est désormais du passé.

Les réseaux et trafiques d’influence dans les administrations publiques sont démantelés les uns après les autres.

Un programme d’action gouvernemental (PAG) très ambitieux  est opérationnel.

Mais surtout, la corruption est vouée aux gémonies et les comptes publics passés au crible

Depuis lors, nombreux sont  les gestionnaires publics aux abois ou aux abonnés absents.

Les uns dénoncent une politique de ruse et de rage, les autres un harcèlement politique.

Curieusement, tous les prévenus se découvrent, soudainement, une âme d’opposant

Des directeurs d’institution en audit, s’exilent volontairement pour harcèlement politique.

Des élus du peuple rattrapés par des gestions passés, s’expatrient pour acharnement politique,

Des vendeurs notoires de faux médicaments inculpés, dénoncent un règlement de compte politique,

Des trafiquants dont les réseaux sont démantelés, crient à la chasse aux sorcières.

C’est le branle-bas, les données ont changées et toutes les cartes rebattues.

Pour les pro-gouvernementaux, Vive la rupture !

Pour les opposants politiques, A bas la dictature !

Le gotha politique traditionnel ébranlé est déboussolé et en émoi.

Même les anciens présidents Soglo et Yayi  sont en courroux contre les reformes.

Ils dénoncent, eux aussi, les reformes dictatoriales et l’acharnement politique

Ils sillonnent le pays du nord au sud et face aux foules, ils appuient là où ça fait mal:

Pauvreté, misère sociale et l’insécurité galopante  ont toutes la même cause : les reformes en cours.

Ils promettent d’abroger toutes les lois dictatoriales inspirées par les reformes en cours

Et pour joindre l’acte à la parole, la lutte politique est engagée.

Ils coalisent et appellent à l’union sacrée de l’opposition aux législatives d’avril 2019

Puisqu’ils sont contre les reformes en cours, quelles alternatives restent-il?

On peut dores et déjà s’amuser à les imaginer en campagne contre les reformes en cours.

Votez pour l’opposition, pour l’abrogation des lois inspirées par les reformes du Président Talon.

Votez pour nous pour restaurer la prévarication, la corruption, la fraude, la gabégie……

Votez pour nous pour restaurer les grèves sauvages, les fraudes, les trafiques, le désordre …

Ah ! Ah ! Ah ! Politique quand tu nous tiens !

L’issue du scrutin dira si les objectifs visés sont atteints et les espoirs comblés.

Seulement, ce soudain regain d’engagements des Ex-présidents Soglo et Yayi  interpelle.

Pour tous les peuples du monde, les reformes sont toujours éprouvantes et impopulaires.

Portant, elles constituent la voie unique  pour le progrès et le salut collectif.

Les pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie se sont modernisés aux prix de grandes reformes.

Et cela, les présidents Soglo et Yayi, très expérimentés, le savent mieux que tous.

Mais, au lieu d’encourager le peuple à adhérer aux reformes initiées par leur successeur,

Ils se font porte étendard de la fronde sociale.

Visiblement, ceci relève de la politique politicienne ou mauvaise foi

Une mauvaise foi qui cache mal leurs frustrations personnelles.

Oui ! On aurait bien aimé ne pas savoir :

Que le fils de l’un et le beau-fils de l’autre sont en cavale hors du pays,

Que les deux fils chouchous n’ont exercé aucune profession connue à ce jour au Bénin,

Que pourtant, l’un fut fait maire de Cotonou pendant une décennie par son père,

Que l’autre fut fait ministre des finances pendant un mandat par son beau père,

Qu’enfin, à l’heure de rendre compte de leur  gestion, les deux ont opté pour la cavale.

Le soudain regain d’activisme politique des deux pères, ne viserait-il qu’à soutenir leurs fils?

Le suffrage des urnes recherché, ne viserait-il qu’à cautionner la gabegie des enfants gâtés ?

On aurait bien aimé ne pas voir des intérêts personnels en filigrane de ce noble engagement,

Mais hélas !

Manifestement donc, ce n’est pas de la politique, mais de l’instrumentalisation du peuple

La politique, ce n’est pas les ego mis en spectacle devant les masses populaires.

La politique, ce n’est pas des frustrations manifestées pour des privilèges perdus.

La politique, ce n’est pas le déni de ses responsabilités passées et la brigue d’un nouveau mandat.

La politique, c’est prendre sur soi le destin de tous.

La politique, c’est faire adhérer le peuple a des reformes structurelles pour le bien être collectif.

Rupture ou dictature, ce ne sont que des mots qui ne reflètent que des positionnements.

L’essentiel, c’est les efforts à faire par tous pour réduire les inégalités et promouvoir légalité de tous.

Vivement que cesse la politique politicienne et que le consensus  se fasse autour de l’essentiel pour le bien être collectif.

 Agbadje Adébayo Charles