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Au Bénin, qu’est-ce qui fait courir les anciens  présidents Soglo et Yayi?

 

Les présidents Soglo et Yayi à Djeffa en 2018
Les présidents Yayi et Soglo à Djeffa en 2018

 

Au Bénin, depuis 2016, un vent de changement souffle sur le pays.

Avec l’avènement au pouvoir du président  Patrice Talon, une ère nouvelle a commencé.

Le changement prôné et non réalisé par les présidents passés semble enfin au rendez-vous.

En l’espace de deux années, des reformes courageuses et innovantes sont réalisées.

L’occupation anarchique du domaine public est radicalement proscrite

Le code du travail est amendé, les grèves sauvages d’avant sont plafonnées à dix jours par an.

Le code foncier est revu et consolidé, finis les arnaques et  litiges fonciers interminables.

La charte des partis politiques est refondée avec des standards démocratiques plus  exigeants :

Les centaines de petits partis existants ont dû fusionner en une poignée de grands partis.

Le code électoral est revisité, la pléthore de candidats aux élections, est désormais du passé.

Les réseaux et trafiques d’influence dans les administrations publiques sont démantelés les uns après les autres.

Un programme d’action gouvernemental (PAG) très ambitieux  est opérationnel.

Mais surtout, la corruption est vouée aux gémonies et les comptes publics passés au crible

Depuis lors, nombreux sont  les gestionnaires publics aux abois ou aux abonnés absents.

Les uns dénoncent une politique de ruse et de rage, les autres un harcèlement politique.

Curieusement, tous les prévenus se découvrent, soudainement, une âme d’opposant

Des directeurs d’institution en audit, s’exilent volontairement pour harcèlement politique.

Des élus du peuple rattrapés par des gestions passés, s’expatrient pour acharnement politique,

Des vendeurs notoires de faux médicaments inculpés, dénoncent un règlement de compte politique,

Des trafiquants dont les réseaux sont démantelés, crient à la chasse aux sorcières.

C’est le branle-bas, les données ont changées et toutes les cartes rebattues.

Pour les pro-gouvernementaux, Vive la rupture !

Pour les opposants politiques, A bas la dictature !

Le gotha politique traditionnel ébranlé est déboussolé et en émoi.

Même les anciens présidents Soglo et Yayi  sont en courroux contre les reformes.

Ils dénoncent, eux aussi, les reformes dictatoriales et l’acharnement politique

Ils sillonnent le pays du nord au sud et face aux foules, ils appuient là où ça fait mal:

Pauvreté, misère sociale et l’insécurité galopante  ont toutes la même cause : les reformes en cours.

Ils promettent d’abroger toutes les lois dictatoriales inspirées par les reformes en cours

Et pour joindre l’acte à la parole, la lutte politique est engagée.

Ils coalisent et appellent à l’union sacrée de l’opposition aux législatives d’avril 2019

Puisqu’ils sont contre les reformes en cours, quelles alternatives restent-il?

On peut dores et déjà s’amuser à les imaginer en campagne contre les reformes en cours.

Votez pour l’opposition, pour l’abrogation des lois inspirées par les reformes du Président Talon.

Votez pour nous pour restaurer la prévarication, la corruption, la fraude, la gabégie……

Votez pour nous pour restaurer les grèves sauvages, les fraudes, les trafiques, le désordre …

Ah ! Ah ! Ah ! Politique quand tu nous tiens !

L’issue du scrutin dira si les objectifs visés sont atteints et les espoirs comblés.

Seulement, ce soudain regain d’engagements des Ex-présidents Soglo et Yayi  interpelle.

Pour tous les peuples du monde, les reformes sont toujours éprouvantes et impopulaires.

Portant, elles constituent la voie unique  pour le progrès et le salut collectif.

Les pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie se sont modernisés aux prix de grandes reformes.

Et cela, les présidents Soglo et Yayi, très expérimentés, le savent mieux que tous.

Mais, au lieu d’encourager le peuple à adhérer aux reformes initiées par leur successeur,

Ils se font porte étendard de la fronde sociale.

Visiblement, ceci relève de la politique politicienne ou mauvaise foi

Une mauvaise foi qui cache mal leurs frustrations personnelles.

Oui ! On aurait bien aimé ne pas savoir :

Que le fils de l’un et le beau-fils de l’autre sont en cavale hors du pays,

Que les deux fils chouchous n’ont exercé aucune profession connue à ce jour au Bénin,

Que pourtant, l’un fut fait maire de Cotonou pendant une décennie par son père,

Que l’autre fut fait ministre des finances pendant un mandat par son beau père,

Qu’enfin, à l’heure de rendre compte de leur  gestion, les deux ont opté pour la cavale.

Le soudain regain d’activisme politique des deux pères, ne viserait-il qu’à soutenir leurs fils?

Le suffrage des urnes recherché, ne viserait-il qu’à cautionner la gabegie des enfants gâtés ?

On aurait bien aimé ne pas voir des intérêts personnels en filigrane de ce noble engagement,

Mais hélas !

Manifestement donc, ce n’est pas de la politique, mais de l’instrumentalisation du peuple

La politique, ce n’est pas les ego mis en spectacle devant les masses populaires.

La politique, ce n’est pas des frustrations manifestées pour des privilèges perdus.

La politique, ce n’est pas le déni de ses responsabilités passées et la brigue d’un nouveau mandat.

La politique, c’est prendre sur soi le destin de tous.

La politique, c’est faire adhérer le peuple a des reformes structurelles pour le bien être collectif.

Rupture ou dictature, ce ne sont que des mots qui ne reflètent que des positionnements.

L’essentiel, c’est les efforts à faire par tous pour réduire les inégalités et promouvoir légalité de tous.

Vivement que cesse la politique politicienne et que le consensus  se fasse autour de l’essentiel pour le bien être collectif.

 Agbadje Adébayo Charles

AGBADJE Adébayo Babatoundé Charles A. Q.

AGBADJE Adébayo Babatoundé Charles A. Q.

Citoyen africain, originaire du Bénin, vivant au Gabon et biologiste de formation. Passionné des questions d'actualité en rapport avec la modernité et le développement de l'Afrique.

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