Le Fâ et le Lègba, les deux piliers du vodoun


Le panthéon vodoun offre une galaxie de près de trois cents esprits divinisés hiérarchisées dont les esprits majeurs sont en langue fon du Bénin et yorouba du Nigéria, respectivement: Xêvioso (chango), Sakpata  (chakpana),  Gou  (Ogoun),  Dan (Oshumare),  Fâ (Ifa) et Lègba (Elegbara ou Eshu), auxquels s’ajoutent des centaines de divinités secondaires. Toutefois, un lien très particulier semble lier le Fâ et le Lègba. Cette relation a suscité beaucoup d’interrogations de la part des chercheurs des siècles passés, notamment pendant la période coloniale. Quelle est la nature de la relation entre le Fâ et le Lègba et quelle peut être son importance dans l’espace religieux vodoun ?

 

 Le vodoun en question

Personne n’a jamais vu Dieu, Personne ne verra jamais Dieu.

Mais tout le monde, à un moment ou un autre de sa vie, est frappé par le sentiment du sacré et du plus haut que soi.

Tout le monde est amené, à un certain moment, à voir au cœur des vicissitudes de la vie, des signes de la transcendance divine qui va au delà de tout.

Dieu est donc une réalité présente dans le cœur de chaque être, de chaque peuple.

Dans la cosmogonie des peuples de l’aire culturelle Adja-Tado qui constituent la base des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, et le sud du Nigéria…), la transcendance divine a pour nom Mahou, en langue fon du Bénin, qu’on peut traduire par : « l‘inaccessible » ou en langue yorouba, Olorun « Maître des cieux »

Il est source unique de vie et maître absolu du visible et de l’invisible. Il est incréé et créateur de l’univers et de tout ce qui le peuple. Etant inaccessible, il n’intervient pas dans la vie des hommes.  Toutefois, son souffle, ressenti à travers ces œuvres, est incarné  par des esprits qui sont baptisés «Vodoun» en langue «Fon» du Bénin ce qui est  un diminutif de «Yehwe-vodoun» ou encore Orisha en langue yorouba. Les vodoun sont donc des esprits divinisés considérés comme les intermédiaires entre les hommes et Mahou. Leur mission est d’intercéder en permanence pour les hommes auprès de l’unique Dieu Suprême quça

‘est Mahou.

Les vodoun seraient donc, des médiateurs entre Dieu et les hommes. Pour ces derniers, ils obtiennent des faveurs, mais sont également les exécuteurs des vengeances divines. Mahou étant d’essence spirituelle, n’a pas de forme. Il n’est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vodoun. Ceci explique qu’il n’y a nulle part dans l’aire du vodoun un culte pour Mahou ; on ne fait que le remercier, le glorifier. En revanche, ce sont les vodoun ou  orishas qui sont objets de cultes.

Plus généralement, le vodoun est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur, Mahou, en dessous duquel se trouvent des esprits divinisés appelées vodoun et qui servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout puissant. Ils peuvent entrer en communication et même collaborer avec les humains. Cependant, dans le concert des vodoun, certains ont tissé des relations très étroites l’un avec l’autre. Le plus manifeste, est la relation de Fâ, le vodoun de la destinée et de Lègba, le messager et vodoun de la croisée des chemins. La nature de cette relation a suscité beaucoup d’interrogations par le passé. 

Le père Paul Falcon dans « religion du vodun » Etude dahoméenne (Nouvelle Série) n 18-19, juillet-octobre 1970 écrivait : « le nom de Lègba est des plus souvent associés à celui de Fa. La relation étroite qui unit ces deux divinités est rappelée par un mythe qui insiste en même temps sur le caractère rusé et le fameux appétit de Lègba….  Voici bien longtemps, les dieux avaient faim. Comme Fâ se plaignait, Lègba lui conseilla, on pourrait dire en termes triviaux, de trouver un métier rentable. Il fit un marché avec lui, en échange d’un renseignement qui permettrait à Fâ de se faire nourrir éternellement par les hommes, il obtint les prémices de chaque sacrifice ou offrande que ceux-ci lui offriraient. Ayant compris que les hommes sont consubstantiellement des êtres pétris d’angoisses, et que ce fait pouvait être mis à profit, Lègba préconisa à Fâ de leur révéler leur destinée contre de la nourriture. Fâ suivit ces conseils, et s’en porta bien. Depuis, à chaque demande humaine concernant sa destinée, son avenir, par la divination, Lègba obtient les prémices du sacrifice destiné à Fâ». Voila selon lui pourquoi Lègba est toujours invoqué par les hommes, en premier lieu, lors de chaque sacrifice, avant tous les autres vodoun.

Je pense, pour ma part, que la liaison entre le Fâ et le Lègba dépasse largement le niveau du mythe et plongerait ses racines dans le dogme du vodoun. Notons tout d’abord que le Fâ ou Ifa en yorouba et le Lègba ou Elègbara en yorouba sont deux vodoun originaires d’Ilé Ifê au Nigéria. Ils constituent le point commun de la religion vodoun du Bénin et des orisha du Nigéria. Mais au delà de cette identité d’origine, il y a surtout la convergence que l’on peut noter au niveau de leur fonction respective et  la mystique intuitive qui se dégage de leur union.

 

La Fâ ou le vodoun de la destinée et de la sagesse

Dans la religion vodoun, le Fâ occupe une place exceptionnelle. Tout commence en effet par le Fâ et tout finit par le Fâ. Dans un article passé, j’avais déjà mentionné les deux dimensions du Fâ, il est à la fois divinité, mais aussi connaissance et science. Le message du Fâ ou oracle est d’essence divine, voire prophétique. C’est un art divinatoire  qui se réalise à l’aide d’un chapelet divinatoire à deux branches identiques et 16 combinaisons possibles par branche. Ces 16 combinaisons sont les figures de base ou figures-mères de l’oracle Fâ. L’assemblage des deux branches donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons ou signes (ou encore arcanes) du Fâ appelés en langue fon du bénin « Dou » du Fâ ou « odu » en yorouba et se décomposant comme suit : 16 signes- mères ou figures double qu’on appelle “Dou-mêdji” ou “Dougan”. Ils sont également les représentants des maisons géomanciques et 240 signes secondaires appelés “Vikando” ou “Douvi “. Ces 256 signes du Fâ  représentent les 256 possibilités de vies humaines selon le Fâ.

Ainsi le Fâ parle toujours en paraboles en tant que système de divination et son langage est symbolique et se traduit par des traits simples ou doubles (selon que les quatre demi-noix de chaque branche du chapelet retombent ouvertes ou fermées). L’ensemble des traits des deux branches du chapelet forment la représentation figurative de chaque « Dou » qui porte un nom construit à partir des deux figures-mères qui la composent.

Les 16 signes-mères du Fâ

 

Par ailleurs chaque Dou du Fâ contient 16 vers qui expriment de façon lyrique et poétique une histoire sacrée des peuples yoruba ou adja, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette sur lesquels le devin va se baser pour interpréter l’oracle du Fâ et transmettre la réponse du Fâ à la question qui a motivé la séance. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible.

Le Fâ est utilisé de façon ponctuelle dans les moments critiques de la vie  mais aussi de façon générale pour connaitre le signe sous lequel est placé une vie: c’est la prise de Fâ. 

En comparaison avec les grandes religions révélées, le gros déficit du vodoun par rapport à ces religions, est l’absence de livre saint à l’instar de la bible ou du coran. Mais ce déficit est en partie comblé par le Fâ qui est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie. Les 256 dou ou arcanes qui le composent et le corpus de plus de 4096 vers qu’il recèle englobent et incarnent la totalité des archétypes universels et offrent largement matière pour un livre sacré. Certes, ce livre reste, actuellement, informel, mais il n’en demeure pas moins un livre potentiel, un « livre-oral » qui gagnerait à être transcrit, édité et vulgarisé.

Les prêtes du Fâ, les Bokonon ou Babalawo chez les yoroubas  qui ont fait une longue formation et maîtrisent cette masse de données, sont  les « bibliothèques vivantes » par excellence dont parle Hamadou Hampaté Ba dans son œuvre. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de spiritualité, de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour.

 

 Le Lègba ou le messager et vodoun de l’imprévisible

De toutes les  divinités du panthéon vodou, manifestement, Lègba est la figure du Vodoun la plus familière, mais aussi la plus singulière. Dans un article précédent consacré à Lègba, j’avais relevé qu’il est la synthèse de multiples caractéristiques et fonctions plus ou moins contradictoires qui font de lui un vodoun singulier du panthéon vodoun. Traditionnellement Lègba est représenté par une bute de terre aux formes plus ou moins humaines avec souvent un phallus démesuré. Les représentations de lègba trainent partout. On l’aperçoit aux seuils des habitations, des lieux publiques et à tous les coins de rues dans les vieilles citées et les villages.

Ainsi que ses caractéristiques, les fonctions de Lègba sont multiples. Lègba est le gardien des  propriétés,   Il est un rempart contre les ennemis réels et mystiques de la famille, de la cité ou de la communauté. Par extension Agbo-Lègba désigne  le Dieu des frontières, du chemin ou  de la croisée des chemins. Il protège des aléas de la route ; il est le vodoun de l’imprévisible.

Cependant, Lègba est en tout premier lieu, un messager entre les hommes et les vodoun.  Messager privilégié, car le seul à les comprendre tous. On ne peut commencer libation et sacrifice à un grand nombre de vodoun sans en offrir les prémices à Lègba afin d’obtenir son concours comme médiateur ou intercesseur.

 

Le Fâ et le Lègba: la destinée et l’imprévisible au service de l’homme

De tout ce qui précède, il apparaît que par le Fâ, l’homme peut  connaitre son destin par rapport à sa vie ou à une préoccupation particulière. La consultation se déroule chez les prêtres du Fâ qui sont les seuls habiletés à interpréter le signe ou Dou apparu à partir des vers que contient ce signe et des questions subsidiaires qu’il pose au consultant. Généralement, l’interprétation est globalement favorable ou globalement défavorable par rapport à la préoccupation du consultant que le prêtre du Fâ n’est pas censé savoir. Mais dans un cas comme dans l’autre, une prescription est donnée et intègre un volet comportemental et un volet offrande ou sacrifice de poulet ou cabri à faire prioritairement à Lègba, pour une réponse favorable à la préoccupation. A ce propos, une sagesse populaire en pays yorouba proclame :

Adoura mi o gbémi

(Ma prière me sauvera)

Bi kadara o gbémi

(Même si le destin me condamne)                          

Cette sagesse sous entend que même si l’oracle du Fâ est défavorable, cela est préoccupant certes, mais pas fatal. La prière, les offrandes, les libations et sacrifices aux vodoun peuvent permettre de l’atténuer, voire l’inverser.

Ainsi, dans le cadre de la religion vodoun, quelque soit la préoccupation qui est la votre, tout commence par la consultation du Fâ et les recommandations de l’oracle du Fâ, passent le plus souvent par l’invocation et les offrandes à Lègba, puis au vodoun qui s’exprime à travers le signe apparu. Lègba représente donc l’autel par défaut où sont déposées les offrandes et où l’on implore Dieu. Le  Fâ et le Lègba ont donc pour vocation d’aider les hommes dans leur conduite terrestre afin de les amener au terme de leur existence à devenir de purs esprits dans le royaume d’Orun (le ciel).

Vu sous cet angle, le caractère « capricieux supposé » de Lègba peut s’analyser comme un appel ou un encouragement de l’homme à redoubler d’efforts dans l’invocation et l’imploration afin de rendre possible l’oracle s’il est favorable ou l’atténuer s’il est défavorable. Ceci évoque l’effort personnel qu’il doit accomplir pour transformer sa vie. Les implorations de Lègba confèrent donc au sujet une posture de dévotion qui nous plonge au cœur de la spiritualité, de la religion. L’oracle et la prière forment ainsi un couple de performance aux mains de chaque être pour faire prospérer le plan de Dieu pour lui.

Il y a donc une convergence et une synergie étroite entre les fonctions assumées par le Fâ et le Lègba. Le vodoun de la destinée et le vodoun de l’imprévisible, unis pour optimiser la vie de l’être humain et le conduire dans la demeure céleste, ainsi peut se résumer la mystique intuitive qui se dégage de l’union entre le Fâ et le Lègba. A mon sens, le Fâ et le Lègba forment le couple cardinal, porteur du dogme et de la spiritualité de la religion vodoun. Ils constituent donc les deux piliers qui sous-tendent la religion vodoun.

Comparé à un système informatique, le fâ apparaît comme le système d’exploitation du vodoun. Tel un système d’exploitation, il  est  le premier programme exécuté lors de la mise en marche du système  et dirige le fonctionnement de tout les autres vodoun qui apparaissent comme des logiciels applicatifs. Le Lègba quant à lui est, dans l’ordre de préséance, le premier logiciel applicatif exécuté. Ils forment ensemble les deux vodoun auxiliaires du panthéon qui aident à l’expression de tous les autres vodoun.

 

De la nécessaire modernisation du vodoun

Bien sûr, cette théorie sur la portée dogmatique et mystique du couple Fâ et Lègba peut paraître très idéaliste au regard de tous ceux qui ont des appréhensions ou même des préventions contre le vodoun, moi-même y compris. Mais dès lors qu’on fait l’effort de séparer les dérives, les abus et autres exactions observés dans la pratique du vodoun et qui sont du fait de l’humain de la dynamique du rituel en soi, on peut voir la chose autrement.

Toutefois, ce qui reste prégnant est que le vodoun continue de faire peur, Il est souvent assimilé au mal à cause de ses rituels occultes, ses dérives non assumées et à son manque de modernisme. Ceci pose nécessairement la question de sa modernisation.

Cette modernisation s’impose d’autant plus que la forme plus ou moins policée que présentent actuellement les religions révélées n’a pas existé de tout temps. Elle s’est établie peu à peu avec la modernité. De plus, les sacrifices par le sang pratiqués jadis chez les chrétiens ont été symboliquement commués en sacrifices par le vin et le pain. Chaque jour, de nouvelles reformes sont initiées pour moderniser et améliorer les pratiques.

De même, le vodoun en tant que religion endogène, peut et doit se moderniser. Il appartient aux dignitaires vodoun de booster cette modernisation. Les principaux défis passeront par:

  1. l’édition d’un livre sacré harmonisé et accessible à tous,
  2. des rituels codifiés plus ou moins transparents, 
  3. le passage du sacrifice par le sang et la viande des animaux aux oblations avec des objets symboliques.

De telles reformes  inscriront le vodoun dans une perspective moderne, enlèveront un grand nombre de préjugés négatifs qui reposent sur lui et donneront un regain de vitalité à cet espace religieux endogène.

 

In fine, une convergence forte se dégage entre les fonctions assumées par le Fâ et le Lègba dans l’espace vodoun. Le Fâ y est incontournable et le Lègba, indispensable.  A mon sens, le Fâ et le Lègba forment le couple cardinal, porteur du dogme et de la spiritualité de la religion vodoun dont ils constituent les deux piliers.

Bénin : Un projet de révision constitutionnelle à polémique

 

Enfin depuis ce 15 mars, le projet de loi portant modification de la constitution du 11 décembre 1990 est sur la table des députés de l’Assemblée Nationale pour examen et adoption. Il est aussi, par la même occasion, rendu public. 43 articles de l’ancienne constitution ont été modifiés et 15 nouveaux ont été créés, ce qui fait un total de 58 articles sur les 160 articles que compte le projet de loi, soit un taux de renouvellement de 36 %.  Plusieurs articles de ce projet sont controverses et la population craignant une révision à la hussarde tire la sonnette d’alarme. L’Union Nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB) réclame, pour sa part, un retrait pur et simple du projet controversé.

Quid des grandes reformes institutionnelles annoncées par le chef de l’Etat, Patrice Talon ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris ?     Focus sur les articles 42, 137 et 145

 

 Un projet de révision constitutionnelle mort né

On s’attendait à un toilettage ciblé qui redonne vigueur et élan au système démocratique béninois et à la gouvernance économique du pays, à l’arrivée on a une reforme massive. Conformément à la promesse du chef de l’Etat, ce projet de révision constitutionnelle consacre le mandat unique de 6 ans, ce qui est déjà en soi une violation du consensus de 1990, mais contre toute attente, il consacre le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat, l’affaiblissement des pouvoirs du législatif et du judiciaire.

A l’analyse, le sentiment général qui se dégage est celui d’une révision constitutionnelle taillée sur mesure qui fait la part belle à l’establishment. Sur l’ensemble des articles impactés par cette reforme, deux catégories se dégagent, le politiquement acceptable et le politiquement inacceptable. Dans cette dernière catégorie, les articles 42 nouveau,  62-3, 137-2, 145 nouveau, interpelle tout particulièrement. Chacun d’eux constitue une raison suffisante pour vouer le projet aux gémonies et ensemble, ils rendent le projet mort -né.

 

Article 42-nouveau,  le sens interdit

La constitution du 11 décembre 1990 en vigueur actuellement au Bénin fixe les conditions de sa révision et consacre les articles 42, 44 et 54, issus du consensus national de 1990, intangibles.

Il y a plus. Une jurisprudence de la cour constitutionnelle  en 2011 a, dans une décision, établi l’intangibilité de certaines dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 contenues dans les articles 42, 44 et 54. Pour faire simple, cette jurisprudence fait du nombre de mandat, un article de la constitution non révisable. De ce point de vue, l’article 42 nouveau n’est pas recevable au titre de révision constitutionnelle. Pour ce faire, il aurait fallu convoquer une constituante et non une révision. On ne peut que s’étonner du fait que cette méprise vienne du garant même de cette constitution.

 

Article 137, le clan des intouchables

De mémoire de béninois, l’une des insuffisances relevées à propos de la constitution du 11 décembre 1990 est  la nécessité de réunir les 2/3 du vote du parlement avant le déclenchement de toute poursuite ou d’une mise en accusation contre les ministres et le président de la république. A cause de cette disposition aucun ministre mis en cause dans les nombreuses affaires de la gouvernance Boni Yayi n’a pu être présenté devant les juges de la Haute Cour de Justice. Cette révision constitutionnelle était censée alléger la procédure de saisine devant la Haute Cour de justice. Paradoxalement, l’article 137-2 maintient la même disposition.

Qu’il nous souvienne, le dernier scandale en date de l’ère Boni Yayi est l’affaire dite PPEA-II, un détournement en 2014, d’une aide d’environ 2,6 milliards de francs CFA (3,9 millions d’euros), octroyés par les Pays-Bas pour le financement de nombreux forages de puits devant être réalisés   sur toute l’étendue du territoire mais dont hélas les fonds ont disparu. Les Pays-Bas, ulcérés par ce détournement ont suspendu leur coopération avec le Bénin dans le domaine de l’accès des populations à l’eau potable. Barthélemy Kassa, ministre de l’Energie et de l’Eau au moment des faits est mise en cause dans cette affaire de détournement, mais sa culpabilité reste à déterminer par la haute cour de justice. Contraint à la démission par Boni Yayi il s’est fait élire, dans la foulée, député à l’Assemblée nationale, 7è législature et bénéficie de l’immunité parlementaire. A ce jour, la levée de son immunité parlementaire, par le vote à majorité simple de ses pairs pour son éventuel traduction devant la Haute de justice n’a pu être obtenu, et à fortiori sa mise en accusation toujours au parlement par le vote des 2/3 des députés.

Partout ailleurs, il y a un code d’honneur qui veut que dès lors qu’un élu ou un ministre  est mis au banc des accusés, il démissionne pour laver son honneur devant la justice.  Au Bénin, l’article 137 du projet de loi apparaît comme un bouclier constitutionnel derrière lequel s’abrite “le clan des intouchables de la république“. La nature humaine n’est parfaite en aucun genre, de même en aucune espèce. Président, ministre, députés sont comme tous, sujets à corruption, fraudes, prises d’intérêt, abus de biens sociaux, abus de pouvoir, tricheries aux élections, affaires de mœurs, scandales politico-financiers.  La constitution ne saurait être une loi à deux vitesses. Quiconque est sur la sellette, sans autre forme de procès, doit répondre de ses actes.

 

Article 145 nouveau, le complot permanent

Nous ne le dirons jamais assez, la démocratie est une modalité de l’État dans laquelle l’instrument du pouvoir est représenté par les institutions constituées par les représentants du peuple. Au nombre de ces institution on trouve au sommet l’exécutif et à la base le législatif. Comme le nom l’indique, l’exécutif exécute les textes de loi votés par le « législatif.  La démocratie est donc un jeu des institutions. Or le projet de loi stipule à son article 145 nouveau : Les traités de paix, les traités ou accords internationaux, ceux qui modifient les lois internes de l’Etat, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être ratifiés qu’en vertu d’une loi. Toutefois, les conventions de financement soumises à ratification, sont ratifiées par le Président de la République qui en rend compte à l’Assemblée nationale dans un délai de quatre-vingt-dix jours. Cette volonté de l’exécutif d’avoir ses coudées franches par rapport au financement est, à la limite, suspect. Ainsi la seule institution présidentielle recherche le financement d’un projet de développement, le négocie, le signe et le ratifie avant d’en informer le parlement. C’est le model parfait de l’autocratie. Une fois encore on ne peut que s’étonner qu’un tel schéma soit proposé par un grand homme d’affaires qui connait, mieux que tous, l’importance du conseil d’administration. Cet article n’a pas de raison d’être

 

Les dispositions souhaitées mais non au rendez-vous

Enfin que dire de toutes les dispositions que d’aucun souhaiterait voir graver dans le marbre de notre république et qui ne sont pas pris en compte par ce projet de loi. L’assemblé nationale vote les lois de la république et règle les comptes de la nation. Vu l’impact des lois dans le vivre ensemble et le développement, la pertinence et l’équité des lois sont d’une importance capitale dans une démocratie moderne. Or ces deux critères sont en lien avec la clairvoyance et l’humanisme des députés et sont tributaires de leur niveau d’instruction. Je proposerais qu’un article de la constitution fixe un niveau d’instruction minimum équivalent au bac comme critère d’éligibilité pour les députés et les maires de commune et d’arrondissement.

 

Quoi qu’il en soit, le président, dans son allocution du jeudi, 23 mars a réaffirmé sa bonne foi sur le projet par lui présenté et nous osons le croire. Toutefois on doit aussi lui rappeler que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Les voix, de plus en plus, nombreuses qui s’élèvent dans le pays contre ce projet sont aussi de bonne foi. Seul un consensus, le plus large que possible, apaisera les uns et les autres.

Bénin: du président Talon et du mandat unique

Patrice Talon.  Crédit image Yanick Folly

 

Dans son discours d’investiture, l’actuel chef de l’Etat du Bénin, Patrice Talon, s’est engagé à opérer des réformes politiques et institutionnelles pour restaurer l’image du pays afin de susciter la confiance des investisseurs. Au nombre des reformes institutionnelles annoncées, le président Talon propose de faire passer le mandat présidentiel d’un quinquennat renouvelable une fois à un mandat unique. Une innovation politique que la constitution du 11 décembre 1990 en vigueur, en son article 42, ne permet pourtant pas, mais à laquelle tient mordicus le président Talon. Une posture difficilement conciliable avec le mot d’ordre de  rupture et de bonne gouvernance prôné par son régime. Comment réviser ce qui ne doit pas  être révisé ? C’est le défi que s’est lancé le président Talon. Un exercice qui passionne, mais surtout qui interpelle.

Sur la proposition du président Talon

C’est bien connu, depuis la campagne présidentielle, le candidat Patrice Talon a proposé, s’il était élu,  d’instaurer, entre autres reformes, un mandat présidentiel unique et un financement public pour les partis politiques. Pour le président Talon : « C’est la quête du second mandat qui empêche la réussite du premier ». Aussi propose t-il un mandat unique qui enlèverait au président l’incitation à étouffer l’opposition ou à distordre les politiques publiques dans le but de renouveler son mandat. Conclusion a priori logique. Toutefois à y voir de près, la proposition n’est pas originale dans sa forme, et pas opportune dans sa planification. De plus, même si elle semble pertinente dans sa finalité, elle ne parait pas orthodoxe dans son modus operandi.

Sur le principe du mandat unique

De toute évidence, il y a beaucoup d’enjeux attachés à la réélection du président sortant, qui inhibent l’action publique et paralyse l’économie dès la troisième année de son quinquennat . Obnubilé par la pression de la nouvelle campagne qui s’annonce, le président se livre à des effets d’annonce qui entraînent l’action publique dans des distorsions à  fortes doses de clientélisme frustrant, comme on a pu l’observer en 2009-2010 sous le régime Boni Yayi. Vu sous cet angle le mandat unique est une innovation progressive. Désormais, plus soucieux de sa propre réélection, le président va s’employer à fond pour attacher un bilan positif à son passage à la magistrature suprême. Mais il peut aussi se complaire dans les ors de la république ou ne travailler que pour favoriser son parti ou son dauphin désigné, comme on a pu le voir, toujours avec Boni Yayi, en 2016 au profit du candidat Lionel Zinsou.

Le mandat unique est un principe qui est dans l’air du temps, en France en particulier ou la question a fait l’objet de plusieurs rapports en 2015 et 2016 à l’assemblée nationale. Il est même en vigueur en Colombie (mandat de 4 ans), au Paraguay (mandat de 5 ans) et au Mexique (mandat de 6 ans). Au Mexique il est instauré depuis 1934 avec un régime présidentiel comme au Bénin. Toutefois, depuis 80 ans, le président a toujours été issu du parti libéral, à l’exception de la décennie 2000-2012 où le président était issu du parti conservateur. Ceci indique que le mandat unique n’est pas original, mais il reste encore et marginal et ne garantit pas l’alternance.

 

Sur les limites de la reformes proposée au Bénin

Aussi pertinent qu’il puisse paraître, le mandat unique, pour devenir une réforme réussie doit passer par une révision de l’article 42 de la constitution du 11 décembre 1990. Seulement voila,. une jurisprudence de la cour constitutionnelle  en 2011 a dans une décision établi l’intangibilité de certaines dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 contenues dans les articles 42, 44 et 54. Il s’agit “…du nombre de mandats présidentiels, de la limitation d’âge pour les candidats à l’élection présidentielle et de la nature présidentielle du régime politique dans notre pays…”. Pour faire simple, cette jurisprudence fait du nombre de mandat un article de la constitution non révisable. Du coup, la mise œuvre de la reforme sur le mandat unique ne peut se faire soit que par revirement jurisprudentielle de la cour constitutionnelle ou par référendum pour faire évoluer la jurisprudence.

Or, la question du mandat unique, soit qu’elle est mal comprise, soit que sa pertinence n’est pas bien perçue, divise.  Aussi bien dans les médias, dans les partis politiques, dans la société civile, les avis sont très partagés sur la question. Même au sein de la Commission Djogbénou, du nom de l’actuel garde des sceaux, instituée par le président Talon pour lui faire des propositions de reformes politiques et institutionnelles dans l’esprit de la conférence nationale de février 1990, les débats ont été houleux et le consensus introuvable au sujet la question du mandat unique de l’avis même du rapporteur de la commission.

Sur l’alternative raisonnable

Du moment que l’unanimité est faite sur l’essentiel des autres propositions de reformes attendues par les béninois, pourquoi ne pas aller à l’essentiel et reporter à plus tard la question du mandat unique.  Une posture jusqu’au-boutiste sur le mandat unique qui en définitive n’est qu’une question marginale étonne plutôt.

Pour qui connait  bien le Bénin, la problématique de la révision de la constitution est capitale pour les béninois et la question  du mandat unique prôné par le président Talon est plutôt accessoire. Le risque de distorsion de l’action publique est, en réalité, plus lié aux prérogatives du chef de l’Etat qu’aux modalités du mandat présidentiel. De ce point de vue, le mandat unique peut n’être qu’une mauvaise réponse à une bonne question. Tant que le chef de l’Etat concentre entre ses mains d’énormes prérogatives, que le mandat soit unique ou double, les distorsions et exactions dans l’action publique sont inévitables. La bonne réponse serait donc de réduire les prérogatives du chef de l’Etat, afin que le pouvoir arrête le pouvoir. Rééquilibrer les pouvoirs entre institutions afin que le pouvoir arrête le pouvoir. Ainsi, les distorsions sont corrigées aux cas par cas entre exécutif, législatif et judiciaire.

Aux Etats Unis, Donald Trump n’aime pas les immigrés et ne s’en cache pas. De par ses prérogatives, il a pris un décret qui interdit l’entrée aux USA aux ressortissants de certains pays. Mais un juge fédéral, de par ses prérogatives aussi, a retoqué le décret présidentiel. Les pressions de la presse libre et des sénateurs ont aussi contribué à faire reculer le président sur bien d’autres sujets sans qu’on ait besoin de proposer un mandat unique.

Par ailleurs,  pourquoi se priver de la possibilité d’offrir un second mandat à un leader charismatique que le peuple jugerait l’homme de la situation le cas échéant?

Sur l’inacceptable

Pour un gouvernement qui revendique la bonne gouvernance et surtout la rupture, porter une reforme constitutionnelle qui viole manifestement la loi n’est pas preuve de bonne gouvernance. Aussi pour être cohérent avec lui-même, la démarche idoine serait  d’introduire un autre texte constitutionnel. Il s’agira donc de solliciter un nouveau consensus pour rendre caduc celui de février 1990. Dans tous les cas, quelque soit l’option choisie par le chef de l’Etat, révision constitutionnelle ou nouvelle constitution, le consensus national (institutionnel, politique et populaire) qui passe par un référendum est de rigueur. Un règlement à l’amiable, comme seuls les politiciens en ont le secret, pour adopter la reforme par voie parlementaire serait inacceptable. Pour le moment, tous les regards sont tournés vers le gouvernement pour connaitre l’option retenue par le chef de l’Etat. .Vivement que son choix soit celui de la dépense énergétique minimale. Il y va de sa crédibilité et surtout de la fiabilité de l’action publique pour la suite de son mandat.

Afrique: A quand le Cfaxit ou exit franc CFA

 

En Afrique francophone, le franc CFA fait polémique. Entre ceux qui prônent la fin de l’arrimage du CFA à l’euro et ceux qui alertent sur les difficultés post CFA, les instances techniques et les décideurs politiques, affichent un silence déconcertant. Avantage ou handicap pour les économies africaines, quel avenir pour le franc CFA ?

 

Créé le 25 décembre 1945, le franc CFA a cours dans au moins 14 pays francophones et lusophones d’Afrique de l’ouest et centrale. La signification du franc CFA a évolué avec le temps, en fonction des contextes politiques. A sa création en 1945, la signification du franc CFA était alors Franc des Colonies Françaises d’Afrique, puis de  1958 aux indépendances, sa dénomination est : franc de la Communauté Française d’Afrique. Aujourd’hui franc CFA signifie franc de la Communauté Financière d’Afrique dans les pays de l’Afrique de l’ouest et  franc de la Coopération Financière d’Afrique centrale en Afrique centrale. Initialement arrimé au franc français, le franc CFA a une parité fixe avec l’euro depuis 1999, ce qui lui confère une forte stabilité (1 € = 655,957 F CFA). Mais depuis quelques temps, plusieurs voix, et non des moindres, s’élèvent sur le continent pour dénoncer cette parité fixe avec l’euro qui serait plus un carcan qu’un avantage. A l’instar du Brexit, ces derniers réclament un Cfaxit pour une gouvernance monétaire souveraine et à leur avis plus avantageuse pour l’économie des pays de la zone franc CFA.

Ce samedi 7 janvier 2017, les panafricains anti-CFA organisent pour la première fois, de manière concomitante dans 12 capitales en Europe, en Afrique et à Haïti, une conférence sur le thème du franc CFA et de la nécessité de l’éradiquer de l’Afrique définitivement. Pour les organisateurs de cette mobilisation, il s’agit d’apporter leur contribution au débat sur cette devise et sur les moyens de sortir de la servitude monétaire. L’occasion pour moi de revisiter les nombreuses paradoxes et  ambiguïtés liées au franc CFA.

Y a-t-il véritablement un problème CFA ?

Incontestablement oui, le franc CFA pose problème à plus d’un titre. Il est censé être une monnaie africaine,  mais il n’est pas contrôlé par les instances monétaires africaines. Loin de là. Ceci engendre une série de distorsions conséquentes.

Le franc CFA est la devise officielle de huit États d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo  formant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont l’institut d’émission est la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et  de six États d’Afrique centrale  le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, formant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), dont l’institut d’émission est la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Il a une parité fixe à l’euro ce qui lui confère une grande stabilité.

Toutefois, les deux banques centrales des zones CFA n’assument pas elles-mêmes la parité de leur monnaie avec l’euro, c’est le Trésor français, c’est-à-dire le budget de l’État (et non pas la Banque de France), qui en a la charge.  En contrepartie de cette convertibilité, les pays de la zone franc ont l’obligation de centraliser et de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor public français sur un compte d’opérations ouvert au nom de chacune des banques centrales. Du coup, aucune décision de la CEMAC, de l’UEMOA et de leurs banques centrales ne peuvent être prises sans l’accord de la Banque de France.

Ainsi, les pays de la zone franc ont une monnaie physiquement fabriquée en France et les réserves de change de leur banques centrales sont déposées auprès du Trésor public français ce qui pose la question de la souveraineté de ces pays  africains sur leur monnaie et que dénonce plusieurs économistes africains. Par ailleurs la garantie de convertibilité assurée par le trésor français implique que la valeur externe du CFA est ainsi déléguée à une entité extérieure, le Trésor français, qui bénéficie de ces devises pour son propre financement. De la découle la grosse critique de Frein au développement des pays africains formulée par les pourfendeurs de l’arrimage du CFA  à l’euro.

Ce modèle de fonctionnement est d’autant plus ambiguë qu’il est une exception dans toute l’Afrique. Autrement dit tous les autre pays ont leur propre devise, leur propre banque centrale, gèrent eux même leur réserve de change et ils s’en sortent avec plus de bonheur que de malheur.

Arrimage CFA- Euro, attelage d’une carrosse locomotive

La monnaie est un instrument d’échange économique, c’est l’ensemble des moyens de paiement que les individus et les Etats utilisent pour acheter des bien et services à d’autres individus ou à d’autres Etats. Moyen d’échange, mais aussi et surtout unité comptable utilisé pour établir les prix des bien et de comptabiliser les crédits et les dettes, la monnaie est le nerf de la guerre de la croissance économique et du développement. Pour jouer pleinement son rôle, la monnaie doit assurer à l’économie, les crédits nécessaires à son développement, un objectif que l’arrimage du franc CFA à l’euro ne facilite pas.

Dans un ouvrage paru en octobre 2016 aux éditions La Dispute, “ Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. À qui profite le franc CFA ?“, un collectif d’économistes mené par le Togolais Kako Nubukpo, le Sénégalais Demba Moussa Dembélé et le Camerounais Martial Ze Belinga au nom de revendications souverainistes, qualifient le franc CFA de relique coloniale et remettent en question son régime de change fixe.

Pour Kako Nubukpo, économiste de renom, ancien chef de service au siège de la BCEAO à Dakar entre 2000 et 2003, ancien ministre togolais de la prospective et opposant actif au franc CFA, le ratio crédit à l’économie sur PIB dans les pays de la zone franc est de 23 % quand il est de plus de 100 % dans la zone euro. Ceci fait qu’il est quasiment impossible aux pays de la zone CFA de rattraper les économies émergentes si le franc CFA reste arrimé à l’euro.

«Le franc CFA, accroché à l’Euro par une parité fixe, est une monnaie qui donne l’impression d’être riche» explique l’ancien ministre du Plan du Togo Kako Nubukpo. «Cela fait baisser le coût des importations mais plutôt que produire par vous-même, vous avez alors tendance à importer ce que les autres produisent», précise l’économiste togolais. Toujours selon lui, « les économies de l’UEMOA souffrent d’un problème de compétitivité-prix à l’export, du fait de l’arrimage du franc CFA à l’euro, monnaie forte s’il en est. Or, une monnaie forte agit comme une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations, rendant difficile l’obtention de l’équilibre de la balance commerciale ».

En effet, le franc CFA est une monnaie qui faciliter l’extraction de surplus économique de l’Afrique vers l’étranger sans risque de change, or sans le CFA, l’importation en Afrique des marchandises seraient hors de prix, ce qui n’est pas le cas actuellement.  Ainsi le franc CFA facilite l’exportation des capitaux et freine l’exportation des marchandise
Vu sous cet angle, l’arrimage du franc CFA à l’euro est comparable à un carrosse attelé à une locomotive. C’est une liaison dangereuse qui engendre des ajustements très difficiles à soutenir pour les économies africaines.  Pour Kako Nubukpo,  » Aujourd’hui, le franc CFA via son rattachement à l’euro est beaucoup plus déterminé par les événements au sein de la zone euro que par la conjoncture au sein de la zone franc, c’est une hérésie !“

Quel avenir pour le CFA

La grande erreur à ne pas commettre est de jeter le bébé avec l’eau du bain. De toute évidence, tout n’est pas mauvais dans le système franc CFA tel qu’il existe à l’heure actuelle. Il présente quelques atouts non négligeables.

Le franc CFA fonctionnant comme un pot commun de devises, la zone permet un équilibre global des réserves monétaires. Toutefois, bien que portant  le même nom de franc CFA et ayant (actuellement) la même parité avec l’euro le franc CFA de la BCEAO (XOF) et le franc CFA de la BEAC (XAF) ne sont ni interchangeables ni convertibles entre elles. L’UEMOA et la CEMAC ne forment donc pas une zone monétaire commune mais deux zones juxtaposées. Mais du fait de la mise en commun des réserves de change au niveau de ces deux zones, il est possible d’envisager un protocole d’unification des deux francs CFA pour créer une zone monétaire unique forte et solidaire. Chaque zone peut tout aussi s’individualiser et s’émanciper du giron du trésor français

Enfin l‘hypothèse la plus  plausible  est celle de voir le CFA de la zone UEMOA s’arrimer au projet de monnaie unique de la CEDEAO sous le leadership du Nigeria. Lors de la 49eme session ordinaire tenue à Dakar le 4 juin 2016, le projet est renouvelé et le président Maky Sall a suggéré la mise en place d’un institut monétaire et d’un banque centrale communautaire. Un mécanisme similaire devra être trouvé pour la zone CEMAC.

Vivement que la campagne de mobilisation contre le CFA en cours contraigne les dirigeants africains  à ouvrir le débat sur la gestion monétaire et la pertinence du CFA pour le développement en Afrique.

Il était une fois, Boni Yayi, président du Bénin

Boni Yayi

Le 06 avril 2016, au terme de ses deux mandats constitutionnels, le président Thomas Boni Yayi laissera la place à son successeur élu, Patrice Talon.  L’heure est désormais au bilan de son action à la tête du Bénin. L’occasion de revisiter les temps forts de ses deux mandats pour mettre en exergue ce que l’histoire retiendra de ce président à mille et une facettes.

Avril 2006, Boni Yayi, béninois de la diaspora et  candidat indépendant accède à la magistrature suprême au Bénin. Économiste de formation, banquier de développement de profession,  directeur de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) avec résidence à Lomé au Togo, technocrate émérite, il a su finement manœuvrer depuis la capitale togolaise pour se porter candidat à la présidentielle de 2006 au Bénin et rafler la mise démocratique au nez et à la barbe des leaders politiques traditionnels béninois. Il sera réélu pour un second mandat en 2011 à l’issue du premier tour d’un scrutin calamiteux dont le souvenir n’est pas près de s’effacer de la mémoire collective des béninois .

Il faut dire qu’en 2006, le projet de société de Boni Yayi et surtout son slogan de campagne : « ça va changer, ça doit changer », ont beaucoup séduit les béninois qui ont massivement voté pour lui sans vraiment connaitre l’homme. C’est donc tout au long de ses deux mandats que les béninois ont appris à connaitre et à apprécier l’homme. Un brin idéaliste, volontairement pragmatique et hyperactif, manifestement crooner et populiste, l’homme est souvent trahi par une conception dualiste et manichéenne du pouvoir  qui a relativisé son action et fragilisé l’unité nationale. Au fil des ans, les uns l’ont adulé jusque dans ses travers, ses faiblesses. D’autres l’ont abhorré jusque dans ses exploits, ses prouesses. Autant dire que l’homme à plusieurs facettes  intimement liées et souvent contrastées.

Boni Yayi, l’idéaliste

Avec son slogan de campagne : « ça va changer, ca doit changer », Boni Yayi a fait rêver plus d’un béninois. Dès son accession au pouvoir, en 2006, il avait donné le ton. « Mon ambition est de faire du Bénin un pays de services ». Pour ce faire le plan d’actions projetées par le président promettait monts et merveilles. Il s’est engagé à faire passer le taux de croissance du pays, estimé alors à 6%, à un  taux de croissance économique à deux chiffres et faire accéder le Bénin au rang des pays émergents. Le port de Cotonou, poumon économique du pays, sera modernisé et mis au diapason du port de Singapour. La vallée du fleuve Ouémé est déclarée la deuxième plus grande vallée au monde après celle du Nil et sa mise en valeur programmée générera des dizaines de milliers d’emplois. Une lutte sans merci sera livrée contre la corruption et les gains engrangés seront redistribués pour réduire la pauvreté et assurer la prospérité partagée.

Dix ans après, le taux de croissance économique n’a jamais dépassé les 6%, le port de Cotonou a été légèrement modernisé, la vallée de l’Ouémé attend toujours les investissements promis, la corruption ne s’est jamais mieux portée dans le pays et la pauvreté s’est amplifiée.

 Boni Yayi, le bâtisseur

Au bout de ces dix ans, tous les observateurs sont unanimes pour dire qu’il y a eu un développement remarquable des infrastructures. Le volet routier est le secteur dans lequel le président Boni Yayi a été le plus actif. Pendant ses deux mandats, son action a permis d’étendre le réseau routier national de 1 000 km, contre seulement 1 820 km en quarante-cinq ans pour ses prédécesseurs selon Gustave Sonon, le ministre des Travaux publics et des Transports. Il faut ajouter aux infrastructures routières, quelques unités de transformations agro industrielles.

 Il y a également eu plusieurs avancées sociales sous Boni Yayi notamment la gratuité de la césarienne, de l’école primaire publique pour tous, de l’enseignement secondaire seulement pour les filles, une augmentation sensible des rémunérations salariales et le RAMU, régime d’assurance maladie universel.

Toutefois si les infrastructures routières se sont considérablement améliorées, la question énergétique reste problématique. Les béninois  dénoncent les délestages trop fréquents dans le pays. Le Bénin reste dépendant de ses voisins nigérians, togolais et ghanéen. Tous les investissements entrepris pour une autonomie énergétique se sont soldés par des fiascos.

Boni Yayi le crooner

Dans les annales politiques du Bénin, Boni Yayi est le seul président dont le discours a le plus prêté au vocabulaire religieux et surtout sentimental. Non seulement le bon  Dieu est invoqué à presque tous ses discours, mais à l’adresse des femmes béninoises, son discours est très fleuri. « Vous êtes toutes belles ! Je vous aime ! Je vous adore ! »  « Vous êtes une force politique, c’est à vous de vous battre. A la prochaine législature, c’est à vous d’imposer la parité ». Ce sont là quelques phrases qui comme une ritournelle, ont ponctué toutes les adresses de Boni Yayi à la nation. Cette stratégie a permis à Boni Yayi de gagner plusieurs batailles politiques sans que la cause des femmes n’ait pas évolué.

Boni Yayi, « l’homme jamais au courant »

De tous les présidents élus de l’ère démocratique au Bénin, le président Yayi Boni est objectivement celui dont l’élection a suscité le plus d’espoir dans le pays (75% des suffrages exprimés au second tour de l’élection présidentielle de 2006), mais aussi celui dont les deux mandats auront connu les scandales politico-financières les plus stupéfiants. Au total près d’une dizaine de scandales ont ponctué les dix ans de Boni Yayi à la tête du Bénin. Mais, scandale après scandale, il y a une constante qui revient chaque fois et qui au delà de la stupéfaction interpellent.

Chronologiquement, la première affaire d’envergure qui a défrayé la chronique sous l’ère Boni Yayi est l’affaire dite de la Cen-Sad, Une série de dysfonctionnements  et de malversations dans la passation de marchés et dans la qualité des travaux réalisés au Bénin pour accueillir le dixième Sommet de la Communauté des Etats Sahélo Sahariens (CEN-SAD), tenue à Cotonou les 17 et 18 juin 2008. Le rapport de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) a mis tout le tort sur le dos de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Soulé Mana Lawani. Ce dernier clame que les surfacturations constatées ont été planifiées par le président en collaboration avec son ministre de  l’équipement, François Noudegbessi.

Interpellé sur ce scandale qui défraie la chronique, au cours une interview accordée à la télévision nationale en collaboration avec Golfe TV, à l’occasion de la fête de l’indépendance du 1er août 2009,  avec une sérénité  déconcertante le chef de l’Etat a simplement répondu : « Je ne suis pas au courant ». Dès lors entre la parole du ministre et celle du président, le peuple ne sait plus qui croire. Dans ce cas seul un tribunal pouvait permettre de clarifier, mais aucun tribunal n’a été saisi et le dossier est toujours pendante.

La deuxième affaire qui a défrayé la chronique est l’affaire ICC Services,  une affaire d’escroquerie et de détournement d’épargne organisée par ICC Services, une société de placement d’argent. Une affaire Madoff à la béninoise selon certains commentateurs. Selon un rapport de la banque mondiale, environ 150 milliards de franc CFA sont soutirés de l’épargne des populations par une bande des personnes dont la grande  proximité avec les pouvoirs publics a largement contribué à abuser les épargnants.

Interpellé pour la première fois par la chaîne panafricaine, Africa 24,  sur cette escroquerie à la Madoff  qui défraie la chronique au Bénin, la réaction de Boni Yayi en a surpris plus d’un: «Affaire ICC, je n’étais pas informé. Dès lors qu’on m’a mis au courant de cette affaire, j’ai mis tout le monde en prison ». Le dossier est toujours en instance.

La troisième affaire d’envergure qui a défrayé la chronique est l’affaire liée au Programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng). C’est une importante réforme introduite dans les activités portuaires et douanières par le gouvernement en 2010. Elle est mise en œuvre par le groupe Bénin Control Sa de l’homme d’affaire béninois, Patrice Talon, adjudicateur de l’appel d’offre international.  Mais un an après le début de la mise en œuvre du PVI, le mercredi 02 mai 2012, le gouvernement a décidé en conseil des ministres de «suspendre provisoirement le contrat de travail» qui lie l’Etat à la société Bénin Control dans le cadre de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng).

La première explication est venue du Ministre de l’Economie Maritime Valentin Djenontin. Le président a t-il expliqué n’a pas lu le contrat avant de le signer. Face au tollé général provoqué par cette sortie médiatique ratée, le chef de l’Etat lui-même est sorti pour clarifier les propos de son ministre : « Lorsque le secrétaire général de la présidence m’a apporté le contrat, je lui ai demandé si peux signer?  Il a répondu oui. Je peux signer ? Il a redit oui.  j’ai ajouté si je signe et que quelque chose arrive demain, tu es un homme mort ». Le secrétaire général de la présidence se porte comme un charme, il a même été promu et  l’affaire continue de mousser l’actualité nationale et internationale du pays par ses multiples ramifications.

Et ainsi, affaire après affaire, le scénario est toujours le même. La main sur le cœur, le président professe qu’il n’était pas au courant. Comme on peut le constater, l’argument : “je n’étais au courant, je n’étais pas informé“ est  caractéristique de la gouvernance de Boni Yayi. Mais comment comprendre que des informations connues qui font le buzz dans le pays ne parviennent pas à la connaissance de celui qui reçoit tous les jours sur sa table de travail des rapports sur l’état du pays de la part de la sureté nationale, des services de renseignements et des différents services de communication aussi bien institutionnels qu’officieux ?  Les mémoires de Boni Yayi permettront peut-etre un jour de répondre à cette question.

 

Boni Yayi le dangereux

De toute évidence, le président Boni Yayi supporte très mal la contradiction ou les contrariétés. Toutes les fois qu’il rencontre des résistances  dans la mise en œuvre d’un projet, il a souvent opté pour la méthode forte avec menaces, insultes et attaques contre les personnes opposées au projet avant de se raviser et de se confondre en excuse.

Ainsi après trois années de grâce, la contestation contre la gouvernance de Boni Yayi a commencé par s’organiser en 2009, dès lors, les déclarations du chef de l’Etat ont commencé aussi par se durcir.

Les premiers propos polémiques de Boni Yayi sont rapportés par la député Rosine Vieyra Soglo à l’ouverture de 6ème session extraordinaire de l’Assemblée en 2010.

« Votre président, je vais vous dire ce qu’il a dit sur vous. Chez moi et devant plusieurs témoins. Il a dit : …Les députés, je vais vous cogner. Il a répété ça quatre fois…Il a terminé en disant: Je vais mettre le pays à feu et à sang ». Ces propos, aussi troublants soient-ils, n’ont été à ce jour, ni démentis ni confirmés.

La présidentielle de 2011 et le K-O électoral surprise de Boni Yayi au premier tour du scrutin a amplifié la fronde syndicale et la contestation politique. Dans une émission baptisée : « Boni Yayi à cœur ouvert », diffusée  dans le cadre des festivités de la fête de l’indépendance du 1er  août 2012, les propos du chef de l’Etat destinés à calmer le jeu ont plutôt jeté l’émoi dans le pays : « …J’ai appris qu’ils vont réunir les syndicats, les magistrats et autres pour former un front uni pour me faire partir ? Moi Yayi ? Ils sont trop petits…Ils parlent comme si je n’ai pas mes partisans dans le nord profond. Ils n’ont qu’à réunir leur gens et je leur opposerai les miens du Bénin profond et ils vont s’affronter ». Cette déclaration très clivant lui a valu une condamnation de la Cour Constitutionnelle, pour « méconnaissance de la constitution».

La radicalisation des revendications syndicales en 2013 et la brouille de Boni Yayi avec l’opérateur économique Patrice Talon alors  réfugié à Paris ont engendré une crise de paranoïa chez le chef de l’Etat. Dans un discours, face à la jeunesse lors  d’une cérémonie de présentation de vœux du nouvel an le 27 janvier 2014, Boni Yayi n’est pas allé du dos de la cuillère contre ses pourfendeurs  (syndicalistes et opposants politiques) :  «  Ils vont à Paris … je les suis…je suis au courant de tout…je les ai tous…ils sont dans mes mains… je les attends… je vais bondir et je bondirai sur… ils verront… il peut avoir la guerre… vous les jeunes je vous le jure… le père céleste créateur du ciel et de la terre…vous êtes mon bouclier, je serai avec vous au ciel ou sur la terre…les syndicalistes…le président ne peut plus toucher quelqu’un…il vont utiliser de l’encre rouge pour simuler le sang…pour ternir mon image…l’image de la République… »

Le plus renversant des propos de Boni Yayi sont rapporté par l’opérateur économique Patrice Talon lors d’une interview dans l’émission “Invité Afrique“ de RFI : « Patrice tu sais, tu cours un risque en me résistant. Parce que je suis après tout le président du Bénin. Le président a beau être ton père, ton frère, ou même ton fils, il faut savoir qu’un chef d’Etat peut être dangereux pour toi. Révise ta position. Je suis encore là. »

Nul n’est besoin de revenir sur les nombreuses autres déclarations publiques de Boni Yayi notamment pendant la campagne présidentielle de 2016, pour l’élection de son successeur. Tous les challengers de son dauphin choisi, Lionel Zinsou,  ont été traité de tous les noms d’oiseau. Des propos qui ont choqué au-delà des frontières du Bénin.

Le mot de la fin dans ce registre revient à Boni Yayi lui-même. Faisant ses adieux au corps diplomatique et consulaire accrédité à Cotonou le 1er avril 2016, il a confessé : « Tout ce que vous avez entendu pendant la campagne électorale, mettez ça sous le coup des intrigues politiques. Maintenant c’est fini. »

Le 06 avril 2016, le rideau tombera définitivement sur cette figure emblématique de l’échiquier politique béninois. Il passera le témoin à son ami d’un moment devenu sont ennemi intime. Nul doute qu’on le reverra dans un autre rôle dans la république après le 06 avril 2016, un rôle qu’on espère moins “dangereux“, moins “intriguant“, plus consensuel et plus républicain.

Bénin : Lionel Zinsou, le bien aimé mal venu

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Dans la vie comme en politique, pour réussir, Il ne suffit pas d’être bon,

Encore faut-il  être à la bonne place et au bon moment.

C’est la grande leçon de la présidentielle 2016 au Bénin avec Lionel Zinsou.

Ancien élève de la prestigieuse Ecole Normale Supérieure française,

Économiste de renom et banquier d’affaire émérite,

Brillantissime intellectuel et chantre de l’Afro-optimistes,

Un, parmi les 100 personnalités  qui ont marqué l’Afrique en 2015,

L’homme ferait, à coup sûr, un bon président pour son pays le Bénin.

Pourtant, sa candidature à la présidentielle de 2016,

S’est soldée par une bérézina.

35% des suffrages contre 65% pour son challenger Patrice Talon.

La méprise, à mon sens, vient plus de lui-même que de son peuple.

Et pour cause !

Le projet de sa candidature porte, en lui, les germes de sa défaite.

Un projet mort né qui avait tout pour échouer.

 Aussi bien le parrainage, le timing, le casting et le marketing,

Tout concourrait pour discréditer le candidat.

Tout était bon pour vouer le projet et l’homme aux gémonies.

D’abord  le parrain du projet,

Le président sortant, Boni Yayi, pour ne pas le nommer,

Un choix plutôt controversé et inopportun.

Boni Yayi, c’est l’homme des scandales à répétition et des discours clivant.

C’est le président  qui  à cherché en vain à modifier la constitution,

Juste pour briguer un troisième mandat.

C’est l’homme que le peuple a déjà désavoué aux législatives 2015.

C’est une page de l’histoire que la majorité des béninois voulait voir tourner.

Il n’y avait donc pas plus mauvaise lettre de recommandation qui soit,

Que  celle d’être présenté comme le candidat choisi et imposé de Boni Yayi.

C’était la première erreur à éviter, ce fut la première méprise du candidat.

Et le timing du projet ?

 Le moins qu’on puisse dire est qu’il est improbable.

Revenu au pays à la faveur d’une nomination au poste de premier ministre,

C’est un come back honorable et honorant.

Briguer la magistrature suprême six mois après,

Cela laisse plutôt perplexe.

Et que dire de l’investiture du candidat par la mouvance présidentielle ?

 Une investiture plutôt  sujette à caution.

Elle fut acquise après les primaires auxquelles il n’a pas participé,

Mais telle était la volonté de Boni Yayi, parrain du candidat.

En somme, une candidature, à l’interne, controversée et frustrante.

Ainsi, pour un enjeu aussi grand que l’avenir de toute une nation,

 Juste six mois de coaching et : Veni, Vedi, Vici.

Non, c’était trop beau pour être vrai.

C’est se tromper de lieu et d’époque.

C’est une légèreté dont il fallait se garder

Ce fut la deuxième méprise du candidat.

Quid du casting ?

Un regroupement des trois plus grands partis politiques du pays.

Avec une constellation de personnalités plus ou moins avenantes.

Kountché, Houngbédji, Soglo Junior, Kassa, Houndété…

Sur le papier, c’est une alliance, à coup sûr gagnante.

Surfant, chacun pour son compte, sur la valeur intrinsèque du candidat,

Par des calculs hypothétiques et fallacieux, ils ont miroité au candidat,

Une victoire directe au premier tour du scrutin.

Mais la politique n’est pas qu’une simple arithmétique.

En réalité, c’était une alliance dissonante et discordante.

Des personnalités qui s’étaient par le passé toujours combattus.

La dernière en date fut la lutte pour le contrôle du perchoir de l’Assemblée.

 Komi Kountché de la mouvance présidentielle

Et Adrien Houngbédji pour les partis d’opposition,

S’étaient affrontés dans un duel mémorable.

Le peuple qui voulait la rupture a applaudit la victoire de Houngbédji.

Et dix mois après, les voilà réunis autour d’une même candidature.

Tout ça, pour ça ?

Non ! Cette alliance soudaine dérange et contrarie.

Elle suscite plus la défiance que l’adhésion.

De toute évidence, Lionel Zinsou maîtrisait mal le terrain.

On lui a prédit une victoire K-O, il y a cru…

 C’était la troisième méprise du candidat

Enfin que dire du marketing?

Il était, pour dire vrai, lamentable.

Le discours était à la continuité,

Alors que la demande sociale était à la rupture.

Pendant dix ans Boni Yayi a exercé un leadership chaotique.

Adepte de la stratégie du diviser pour régner,

Il a  opposé régions, religions et enfants de la même patrie,

Discrédité les  institutions et ruiné les partis politiques.

Il a mis la nation sens dessus  dessous.

La nation recherchait donc  son sauveur.

Dans un tel contexte, le discours de la continuité heurte les cœurs.

Il va à contre sens de la volonté populaire.

En somme, c’est un discours vieux jeu. La preuve,

 Le candidat faisait de grands efforts pour se montrer homme nouveau.

Mais il est perçu par la majorité comme un avatar de Boni Yayi.

Même si dans un dernier sursaut, il a dû confesser dans à la presse

Que son style est différent de celui impulsif de Boni Yayi,

Le mal était déjà fait. La suite on la connait…

La démocratie est cruelle, mais aussi géniale.

Le jeu démocratique a fait de Lionel Zinsou,

Non pas le chef de l’Etat, comme voulu ardemment,

 Mais plutôt le chef de l’opposition, non souhaité certainement.

Désormais débarrassé de tous et de tout,

C’est une mise à l’épreuve et un timing crédible pour se valoriser.

La magistrature suprême mérite bien ce sacrifice.

 Sinon cela n’était donc pas écrit.

Présidentielle au Bénin : la guerre du « coup K-O » n’aura pas lieu

Lionel Zinsou et Patrice Talon

 

La Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé, dimanche 13 mars, les résultats de l’élection présidentiel au Bénin qui s’est tenu le 6 mars. Un second tour sera nécessaire pour connaitre le successeur de Boni Yayi  au palais de la Marina. Il opposera Lionel Zinsou, l’actuel premier ministre arrivé en tête du scrutin et l’homme d’affaire Patrice Talon arrivé en seconde position.

Le fameux  « coup K-O »  annoncé à grand renfort médiatique par l’Alliance Républicaine soutenant la candidature du premier ministre Lionnel Zinsou pour la présidentielle au Bénin en 2016 n’a pas eu lieu. La Commission électorale nationale autonome (Céna) a délivré le mardi 8 mars les « grandes tendances » du premier tour de l’élection présidentielle du 06 mars 2016. Selon ces grandes tendances,  le candidat de la mouvance au pouvoir, Lionel Zinsou, arrive en tête avec 28,44 %, des suffrages exprimés devant Patrice Talon (24,80 %) et Sébastien Ajavon (23,03 %). Abdoulaye Bio Tchané, ancien patron Afrique du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) arrive en quatrième position avec 8,79 % des voix et l’ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki crédité de 5,85 % ferme le quintet gagnant.

Ces grandes tendances annoncées, de l’avis même du président de la Céna, ne sont que les chiffres obtenus après compilation des résultats des 546 arrondissements. Elles ne représente donc pas les résultats du scrutin que seule la Cour Constitutionnelle est habilitée à proclamer. Toutefois ces tendances indiquent clairement qu’aucun candidat n’a pu réunir les 50% nécessaires pour le K-O et donc qu’un second tour aura lieu pour départager les deux meilleurs.

Rappelons pour mémoire qu’à l’élection présidentielle de 2011, l’actuel chef de l’Etat avait été proclamé vainqueur dès le premier tour du scrutin réalisant ainsi le premier « coup KO » de l’histoire démocratique du pays. Cette victoire miraculeuse qui a pris de court le peuple tout entier est restée comme un grain de caillou dans les bottes de la démocratie béninoise. Visiblement, il ne faisait l’ombre d’un doute dans l’esprit de tous les béninois, aussi bien des partisans du président proclamé élu que de ses opposants,  que ce « coup K-O » ne correspondaient pas à la réalité des urnes, et la révolte populaire flottait dans l’air.  En prévision de la grogne sociale inévitable, eu égard à ce résultat incompréhensible, le pouvoir en place avait pré positionné, avant l’annonce des résultats, des chars d’assaut dans les grandes villes qui sont les fiefs  des partis d’opposition ce qui, en vingt ans de démocratie, ne s’était jamais produit. Des chars face à des manifestants pacifiques à Porto-Novo, l’image en rappelle une autre dans un passé de triste mémoire.

Visiblement, l’arsenal répressif mis en place a été si dissuasif qu’en dehors de quelques manifestants téméraires, le fait accompli a été consommé. Le peuple béninois aucunement dupe sur ce K-O miracle a laissé faire, semble t-il, pour éviter le scénario  ivoirien, encore vivace, dans les esprits à cette époque là, mais assuré qu’on ne l’y reprendra plus.

Il faut dire que pour la présidentielle 2016, la perspective d’un remake de ce « coup K-O » miracle hantait tous les esprits surtout que les partisans du candidat du pouvoir en place le chantaient à cor et à cri. Aussi la lutte pour la transparence du scrutin a été le cheval de bataille des différents candidats en lice et des organisations de la société civile pour empêcher toutes manigances.

Toutefois, le candidat Lionel Zinsou bénéficie du soutien de trois grandes formations politiques au Bénin et surtout celui du président sortant. Théoriquement, il pouvait donc gagner dès le premier tour si les militants et sympathisants de ces trois partis réunis au sein de l’Alliance Républicaine respectaient effectivement les consignes de vote des leaders de ces partis. Dans un tel cas,  le « coup K-O » serait transparent et corroboré par les compilations des résultats réalisées par les  différents états major des autres candidats et des organisations de la société civile. Face à un tel K-O, la messe serait dite. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les uns et les autres se verront dans l’obligation de féliciter le vainqueur. Mais s’il s’avérait que l’ombre d’un doute entachait le « coup K-O », le pire était à craindre.

La crainte était d’autant plus grande que les déclarations incendiaires du président Boni Yayi à propos des challengers de son poulain Lionel Zinsou tout au long de la campagne et même le jour du scrutin ont fortement contribué à faire monter la tension dans le pays. Il a notamment menacé de ne pas remettre le pouvoir à un candidat « indélicat » même s’il est élu par le peuple.  Aussi le contexte de longue attente qui a précédé la confirmation des grandes tendances de la Céna  par la cour constitutionnelle a alimenté les doutes et les folles rumeurs à travers le pays. Cinq jours après le scrutin les rumeurs de renversement des tendances à la Cour Constitutionnelle ont parcouru les réseaux sociaux. Aussitôt, l’éventualité du « coup K-O » a refait surface et la peur a commencé par s’infiltrer dans les esprits.

Mais tout est bien qui fini bien. La proclamation des résultats par la Cour Constitutionnelle a eu lieu le dimanche 13 mars, soit sept jour après le scrutin. Les grandes tendances annoncées par la Céna ont globalement été confirmées par la Cour. On retient surtout que la guerre du « coup K-O » n’aura pas lieu. Un second tour opposera le 20 mars prochain Lionel Zinsou crédité de 858 080 voix des suffrages exprimés et Patrice Talon qui a réuni 746 528 voix des suffrages.

D’ores et déjà les jeux d’alliances ont commencé avec les ralliements à la candidature de Patrice Talon des candidats  Ajavon, Bio Tchané et Koukpaki arrivés respectivement en troisième, quatrième et cinquième position. Ils sont au total 25 candidats sur les 33 du premier tour de la présidentielle à se rallier au candidat Patrice Talon.

Pour Lionel Zinsou, un second tour est un rendez-vous entre deux hommes etau  un peuple. «Vous avez deux hommes devant vous désormais. Deux hommes qui ne cachent personne d’autres. Ils sont eux-mêmes pour le peuple et ça c’est très important. Ils vous proposent un avenir. L’avenir c’est vous qui le ferai mais ils peuvent guider » a-t-il déclaré après l’annonce des résultats par la Cour. Pour lui,  les deux mots qui vont compter durant cette semaine décisive sont l’unité et la paix. Patrice Talon a, pour sa part, déclaré qu’il espère incarner l’homme idéal pour le Bénin.

Autan dire que c’est une semaine décisive qui s’annonce pour les deux candidats encore en lice. Vivement que le débat d’idées transcende les clivages subjectifs pour donner plus de vigueur et de pertinence à la démocratie béninoise.

La star béninoise Angélique Kidjo fait son cinéma

 

Angelique-Kidjo-The-CEO

A 55 ans, après une carrière musicale bien remplie avec au moins 9 albums à succès et deux Grammy Awards, Angélique Kidjo fait ses premiers pas au cinéma. La star béninoise de la world music débute du coté de Nollywood, dans le film « The CEO » du grand réalisateur nigérian Kunle Afolayan.

«The CEO » (Le PDG), c’est le titre de la prochaine production nollywoodienne dont Angélique Kidjo, artiste béninoise sera l’une des têtes d’affiche.

Ce projet est l’aboutissement d’une rencontre fortuite entre la star béninoise et le réalisateur et acteur nigérian, dans un avion reliant Los Angeles à New-York. La discussion entre les deux artistes a d’abord porté sur leurs carrières respectives. Puis le réalisateur a fait part du projet de son prochain film à Angélique Kidjo, qui a beaucoup apprécié le scénario. C’est donc tout naturellement que lorsque, les jours suivants, le réalisateur a proposé à l’artiste béninoise un rôle dans ce film, elle l’a accepté avec plaisir. «C’est le début d’une extraordinaire aventure », a déclaré Kunle Afolayan.

Aux cotés de l’artiste béninoise, évolueront dans ce film les grands comédiens Jimmy Jean Louis, Wale Ojo, Hilda Dokubo, Lala Akindoju, Peter King, Nico Panagio et Aurélie Eliam. Un casting à la mesure des ambitions du grand réalisateur nigérian.

L’intrigue du film est d’un suspense haletant. Cinq cadres africains d’une multinationale de télécommunication, la Transwire, sont réunis dans une belle station balnéaire aux alentours de Lagos au Nigéria, à l’occasion d’un séminaire censé déboucher sur la nomination du nouveau PDG. Mais les choses prennent une tournure inattendue et des cadres disparaissent un à un, dans des circonstances de mort subite. A la fin, les deux survivants deviennent les principaux suspects. Dans ce thriller, Angélique Kidjo joue le rôle de la mystérieuse Dr Zimmerman.

Le tournage du film, prévu pour durer plusieurs semaines, a démarré le 28 août dernier à Lagos, au Nigéria, et s’est poursuivi dans plusieurs capitales africaines. Le film, dont la bande annonce est déjà disponible, sortira en salle le 11 juillet 2016 et sera produit par le célèbre acteur et réalisateur Kunle Afolayan.

Après les albums cultes d’Angélique Kidjo – Pretty en 1980, Parakou en 1988, Logozo en 1991, Aye en 1994, Fifa en 1996, Black Ivory Soul en  2002, Oyaya en 2004, Djin Djin en 2007, OYO en 2009, Spiriting rising en  2012 et EVE en 2014 – « The CEO » marque le début d’une nouvelle aventure pour la star béninoise. On lui souhaite que cette aventure soit aussi magique que la première et la conduise de Nollywood à Hollywood.

bal masqué des candidats aux présidentielles Bénin 2016

 

 

présidentielles Bénin 2016

Dans la jungle, terrible jungle politique béninoise, le règne du roi lion va prendre fin ce 06 avril.

Et comme en pareille occasion, les ego s’affrontent et les têtes se cognent déjà.

Qui deviendra le prochain locataire du palais de la Marina ?

La fièvre électorale est montée d’un cran ce lundi et mardi 11 et 12 janvier 2016.

Les candidats potentiels étaient invités à officialiser leur candidature

Les uns après les autres, ils ont défilé à la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA)

Au total, pour les présidentielles Bénin 2016, la CENA a enregistré,

48 candidats  dont 4 femmes

48 idées de développement de la nation Béninoise.

Mais la grosse attraction de cette élection 2016, c’est l’entrée en lice des hommes d’affaire.

Au Bénin, la politique est une chose trop juteuse, pardon, trop sérieuse…

Pour être laissée aux seuls hommes politiques.

En réalité, sur cette pléthore de candidats, seule une poignée peut être jugée crédible.

Pourtant, tous y sont allés, chacun avec sa stratégie particulière de conquête du pouvoir.

Stratégie qui rappelle chez certain un animal de la fable.

Dans ce défilé de dépôt de candidature aux allures de bal masqué

On pouvait reconnaître  le coucou, l’écureuil, le coq, la fourmi, le caméléon et beaucoup de chats.

Le coucou, chacun sait est un oiseau opportuniste,

Il  pond ses œufs dans le nid des autres oiseaux,

Il  leur fait couver ses propres œufs puis nourrir  ses propres oisillons.

Comme le coucou, Lionel Zinsou a été nommé premier ministre du Bénin il y a six mois,

Il a abandonné la direction de PAI Parteners, premier fonds d’investissement européen.

Revenu  au Bénin, il est devenu l’allié des FCBE, la coalition présidentielle

Il s’est porté candidat à la candidature à la présidence pour le compte des FCBE.

Dauphin volontairement choisi par Boni Yayi

Il a été désigné candidat unique des FCBE au détriment de toutes les ambitions internes.

Cette désignation a fait beaucoup jasé dans les rangs des FCBE et a fini par l’éclater.

Pas moins de sept candidats en lice pour ces élections

 sont issus de cette majorité présidentielle

Il est devenu le porte flambeau d’une formation en lambeau.

Mais il a surtout le mérite de rallier à sa cause deux grands partis d’opposition.

Le Parti du renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbedji, président du Parlement béninois.

Et la Rennaissance du Bénin (RB) de l’ancien président Nicéphore Soglo

Qui l’eu cru ?

Toutefois, il doit encore convaincre les béninois sur la pertinence de ce regroupement.

Une simple concentration horizontale au service des intérêts personnels?

Et surtout, avec toutes les contradictions qu’il charrie,

Quelle marge aura t-il, à moyen terme, pour générer un taux de croissance à deux chiffres

Condition pour  créer des emplois du développement et surtout la cohésion nationale.

Autre candidat, autre méthode. patrice talon, l’homme devenu  célèbre malgré lui.

C’est l’écureuil personnifié,

Première fortune du pays, il est aussi le premier employeur non étatique.

Comme l’écureuil  il est gracieux, malicieux, économe mais surtout thésauriseur.

Ses provisions dépassent largement ses besoins,

Et de la prudence à la cupidité, il n’y a souvent qu’un pas.

L’homme promet de communiquer à tous les béninois le génie pour devenir aussi riche que lui.

Mais il devra encore convaincre que lui président,

Il  saura faire la part des choses entre l’intérêt du peuple et ses multiples intérêts privés.

Mais en attendant d’apprendre à chacun à pécher son poisson,

tout le monde veut avoir part au gros poisson  que lui-même a déjà pêché.

Au regard de l’engouement qu’il soulève, l’histoire dira si c’est un marché de dupe ou non.

Après la première fortune du pays,

Sur la ligne de départ, il a aussi la deuxième fortune du pays.

Sébastien Germain Ajavon,  Fofo Séba pour les intimes.

Si l’homme était une institution, sa mascotte serait le coq.

Il a fait fortune dans la volaille importée.

Comme le coq, l’homme sait se faire entendre et ses prises de position sont souvent viriles.

Avec lui, tous les béninois sont assurés d’avoir du poulet à leur table aux trois repas quotidiens.

Mais quid du reste ?

Entre la gestion d’une entreprise et celle d’une nation, il y a un monde.

Sans expérience de gestion publique, comment éviter le pilotage à vue ?

Pour mettre en œuvres une politique de développement et de cohésion sociale,

L’homme devra encore convaincre sur ses  capacités  organisationnelles et ses ressources.

Le candidat Abdoulaye Bio Tchané a remplacé Boni Yayi à la tête de la BOAD en 2006,

Il ambitionne de le remplacer, une fois encore, à la tête de la magistrature suprême du Bénin.

Comme la fourmi, li travaille activement à cette fin depuis 2006.

En 2011 il a refusé de prêter son soutien à boni Yayi pour rempiler et s’est lui même positionner

Candidat malheureux, il y croit toujours et ratisse le pays en promettant monts et merveilles

Mais l’électorat du septentrion, sa région natale, dont le vote groupé a toujours fait la décision

N’a pas joué, jusqu’à ce jour, en sa faveur, allez y savoir pourquoi.

S’il est vrai que nul n’est prophète en son pays,

Il est aussi vrai que nul ne peut être roi qu’en son pays.

Sa chance ultime, qui serait aussi, synonyme de malchance, pour les autres candidats en lice

Qu’enfin les déterminants du vote du septentrion jouent en sa faveur aux élections prochaines.

Et que dire du candidat Pascal Iréné Koupaki, PIK pour les intimes.

Il fait penser à bien des égards au caméléon, n’en déplaise au gle Kérékou, le caméléon national.

Le caméléon chacun sait change de couleur et devient visible ou invisible

Comme le caméléon, l’homme  est toujours invisible sur la ligne de départ,

Et soudain, il devient très visible sur la ligne d’arrivée.

Ce fut le cas en 1996, quand il fut nommé directeur de cabinet de Me Adrien Houngbédji.

Leader du PRD et Premier Ministre de la République du Bénin sous la présidence de Mathieu Kérékou

Etant inconnu au PRD, cette nomination fut très décriée par les militants de base du PRD.

Ce fut encore le cas en 2006 , il fut nommé ministre des finances puis  premier  ministre de Boni Yayi.

Pourtant, il était totalement invisible dans l’équipe de campagne de Boni Yayi

Dauphin présomptueux de Boni Yayi, pendant sept ans, il est resté le favori pour ces élections.

Mais depuis que sa rupture avec Boni Yayi est consommée en aout 2013

l’homme n’a plus la faveur des caméras, celle des pronostics non plus.

Dans tous les cas il peut devenir visible dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Quid des nombreux autres candidats ? Je les identifie au chat.

Le chat est considéré comme un animal lunaire. La nuit, il disparaît pour ne réapparaître qu’au petit jour.

Il  rentre à la maison comme si de rien n’était, pour venir y dormir.

Comme le chat tous les autres candidats disparaîtrons au soir du scrutin.

Ils réapparaîtront à la veille des élections prochaines

En attendant la validation de ces candidatures par la Cour constitutionnelle le 25 janvier

Méditons cette pensée de kourouma dans le soleil des indépendances:

« La politique n’a ni yeux ni oreille ni cœur. En politique le juste et l’injuste marche de pair.

Le bien et le mal s’achète ou se vende au même prix. »présidentielles Bénin 2016

L’art divinatoire Ifa ou Fâ : quand la lumière des dieux éclaire les hommes

Orunmila le orisha de la sagesse et de la connaissance

A  l’occasion de la fête des religions endogènes, célébrée chaque année au Bénin le 10 janvier, je suis, une fois encore, heureux d’apporter par ce billet, ma  contribution  à l’événement en fournissant quelques points de repère sur la dimension fondamentale, la clé de voûte des orishas et des vodouns: l’Ifa, pour les Yoroubas, et le Fâ, pour les Fons. Toutefois, n’appartenant à aucune confrérie d’Ifa/Fâ, mon objectif est de clarifier, autant que faire se peut, pour le profane que je suis, la genèse, le principe et les caractéristiques de l’art divinatoire Ifa ou Fâ. Il a été diabolisé par le colon et reste encore un mystère pour la majorité des Béninois modernes.

L’homme et son destin

Comme Jacob, qui s’écria dans la Bible « Mon sort est caché devant l’éternel ! », l’homme est toujours poursuivi par l’énigme de son destin. Depuis la  nuit des temps, l’homme a toujours été inquiet pour son destin, car il ne le connait pas et ne peut pas y échapper. Ce dilemme lui fait peur, à cause des vicissitudes de la vie qu’il redoute. Aussi, chez tous les peuples de la terre, l’homme va s’évertuer, par tous les procédés possibles, de percer le mystère de son existence : la cause, 1′ origine de ses divers malheurs et les moyens d’y échapper. L’ensemble des procédés inventés par l’homme, en vue de sonder, de percer ce mystère, s’appelle «l’arts conjectural» et sa pratique est la divination. Dans toutes les civilisations qui utilisent l’écriture, la géomancie et la taromancie ont été, depuis l’antiquité, suffisamment expérimentées, documentées et comptent de nos jours parmi « les mancies expérimentales » ou « mancies mères ».

Chez les peuples noirs d’Afrique sans écriture, de tous les procédés expérimentés, l’IFa est l’un des moyens par excellence permettant de révéler les desseins de Dieu. C’est une technique, un art, un oracle qui permet aux devins de communiquer avec Dieu, à travers les Orishas, les ancêtres, les défunts, etc. Il est utilisé dans les moments critiques de la vie tels que les maladie graves, les décès, les naissances, les mariages, à tout moment. Ifa est le nom donné à Orunmila, la divinité de la sagesse et du, destin dans la culture yoruba du Nigéria et du Bénin. L’oracle Ifa est également connue sous le nom de Fá chez les Fons du Bénin ou d’Afá dans les cultures ewe du Bénin et du Togo. Ce nom trouve son origine dans la ville d’Ilé Ifé, au Nigéria, où selon la tradition, cet art divinatoire serait apparu en premier sur le content africain.  Du Nigéria,  l’Ifa s’est répandu en premier au bénin, au Togo puis au Ghana, en s’intégrant harmonieusement, dans ces trois pays, au vodoun.  D’ailleurs, il représente le trait d’union parfait entre les orishas des Yoroubas et les vodouns des Fons du Benin. Ceci illustre la grande parenté des panthéons des Yoroubas du Nigéria et des Fons du Bénin, même si ces deux communautés ne partagent pas la même mythologie.

Chez les Yoroubas, c’est par l’Ifa, le rituel de divination, que l’adepte prend contact avec les Orishas, et c’est Orunmila, l’orisha de la divination et du destin, qui transmet aux dieux les questions des hommes et leur apporte en retour les réponses des dieux. C’est également lui qui informe les esprits si les sacrifices destinés à les apaiser ont été réalisés comme ils se devaient. Chez les Fons du Bénin, cette fonction est tenue par le vodoun Lègba qui sert d’intermédiaire entre le monde des esprits, dont il parle toutes les langues, et le monde des humains, via la divination du Fâ, comme je l’ai déjà fait remarqué dans un article précédent. Ainsi pour ces deux communautés, seul l’Ifa, ou le Fâ, peut donner la solution à tous les maux, après en avoir révélé les causes. Il parle toujours en paraboles, en tant que système de divination. Son langage est donc symbolique et se traduit par des traits qui forment des signes, ou « Odu » en yorouba, ou « Dou » en fon. Seuls les prêtres d’Ifa, les Babalawo chez les Yorubas, ou les Bokonon chez les Fons, qui maitrisent le langage et les rites d’Ifa, peuvent décrypter chaque signe et prescrire ses recommandations ; un ministère qui nécessite un long apprentissage, en sorte une formation initiatique.

L’Ifa et le symbolisme du nombre seize

La religion des Yoruba est monothéiste. Oloddumare en est le dieu unique, absolu, créateur et source de toutes choses. Son nom signifie « Seigneur de notre éternel destin ». Oloddumare ne possède aucun autel, ni statues, ne fait l’objet d’aucun culte ni d’offrande et ne possède pas de collier. Autour de lui et sous sa puissante autorité, gravitent des divinités connues sous la dénomination de « Irunmole » ou orishas, l’équivalent des vodouns du Bénin. Les orishas sont, en réalité, objets de cultes. Parmi les orishas les plus importants, on compte : Orunmila (esprit de la divination, destin), Sango (esprit du tonnerre et des éclairs), Ochosi (esprit de la chasse, et protecteur de ceux qui ont des problèmes judiciaires), Ellegua, ou Exu ( celui qui ouvre la route), Ogun (dieu du fer), Obatala (esprit de la justice), Yemonja ou Yamaya (esprit de la fertilité et des eaux salées ; sirène), Ọya (gardien des morts et des cimetières),  Ibeji (esprit des jumeaux), Ọsanyin (esprit des médecines et de la guérison), Ọsun (esprit de l’amour, protecteur des enfants et des mères, maître des eaux douces), etc. Ils sont considérés comme les intermédiaires entre les hommes et Olodumare. Les orishas sont les divinités chargées par Oloddumare de veiller à maintenir l’ordre dans le monde matériel, c’est-à-dire d’assister les hommes dans leur destinée mais aussi parfois les contraindre à suivre cette destinée s’ils s’en écartent trop.

Selon la cosmogonie yoruba, au commencement, il n’y avait que l’eau et le chaos. Olodumare dépêcha  son fils Odudua depuis le ciel pour créer la terre à partir du chaos ce qui fut  fait. Obatala un fils du roi sculpta des formes humaines auquel Olodumaré insuffla le souffle.  Mais Olodumare autorisa uniquement Orunmila à être l’unique témoin de toutes les étapes de la création de l’univers et donc unique témoin du destin de toute la créature. Par conséquent, Olodumare  l’autorisa à descendre sur terre pour être prophète. Il est donc l’Orisha de la divination et l’oracle suprême. Il est chargé d’aider les hommes dans une évolution qui devra les amener au terme de leurs réincarnations à devenir de purs esprits dans le royaume du Orun (ciel). Pour cela Orunmila doit pouvoir adresser ses conseils et avis aux êtres humains tout au long de leur existence.  C’est par la divination de l’Ifa qu’Orunmila communique avec les prêtres spécialisés, les babalawos qui peuvent l’interpréter. Il est par conséquent le Orisha de la divination et du destin. C’est à lui que Olodumare a donné le pouvoir d’établir le lien entre les Orishas et l’être suprême, par l’intermédiaire de l’Orisha Ifa, une recette secrète permettant de pénétrer le mystère et qui  repose sur le symbolisme du nombre « seize ».

Selon la légende, Oluda, le premier roi (Oni) d’Ifa eut seize fils qui fondèrent les seize royaumes yorubas. Orunmila apprit l’art de la divination aux seize fils qui la transmirent à leurs successeurs les Babalawos (les devins ou prêtres d’Ifa). Le seize représente les seize possibilités de vie humaine. Ces seize principes appelés Odu ou Oladu, eurent à leur tour seize fils chacun représentant ainsi 256 possibilités de vie humaine. Chaque possibilité (odu) possède seize poèmes (ese) qui transmettent des indices pour les séances de divination, ce qui donne finalement 4096 scénarii possibles.

Du symbole à la pratique de l’Ifa ou du Fâ

En pratique, l’Ifa ou le Fa revêt deux aspects, il est fois divinité, mais aussi science. Certes le fa est une géomancie, un art divinatoire, mais ce n’est là que sa dimension symbolique. L’IfA est avant tout, une voie de connaissance, une doctrine initiatique, une lumière qui éclaire le sentier de la vie de tout un chacun. C’est une dimension du temps, il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse. En effet, La divination du Fa repose sur un système binaire, rappelant celui des hexagrammes du Yi Jing.

La pratique de l’Ifa repose soit sur l’utilisation de 16 noix sacrées et de la planche d’Ifa (grand jeu) ou du chapelet divinatoire, « l’Opèlè » et un plateau de divination nommé : « ọpọn ifá » en yoruba (le petit jeu). Le chapelet est  constitué de 8 semi amandes de pommes cannelles consacrées et enfilées sur une ficelle d’une certaine longueur et nommée « ọpẹlẹ » en yoruba ou « agumaga » en fon. chapelet ifaIl est tenu par le milieu de sorte à former deux branches, mâle et femelle, constituée chacune de 4 demi amandes. Quelque soit la méthode utilisée, la transcription de l’oracle est la même.

Avec le chapelet, pour obtenir une réponse conséquente, la consultation nécessite trois lancements, un lancement principal et deux complémentaires. Pour chaque opération, le prêtre d’Ifa, le Babalawo réalise un lancement du chapelet après un rituel donné. Selon que les demi noix retombent  sur la partie concave (ouverte) ou convexe (fermée), il transcrit  le signe apparu sur le plateau de divination  par une valeur simple : I (position ouverte) ou double : II (position fermée). Ainsi, chacune des deux branches du chapelet peut présenter l’une quelconque des 16 combinaisons possibles ci-dessous ou combinaisons de base ou figure mère de l’oracle Ifa.

figure mère fondamentale du Fa
Les 16 figures mères fondamentales d’Ifa, avec leur nom en yoruba et en fon.

L’ordre dans lequel elles sont données est celui-ci accepté par la majorité des devins d’Afrique de l’Ouest, même s’il peut exister de petites variations selon les régions

Le chapelet ayant deux branches,  l’assemblage des deux colonnes donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons (odu)  en yorouba ou (dou)  en fon  qui représentent les 256 possibilités de vies humaines. Le nom de chacune des 256 combinaisons est construit à partir des deux figures mères qui la composent, la colonne de droite en premier car elle est considérée comme plus puissante et plus déterminante, elle représente le signe même, tandis que la colonne de gauche représente la maison. Lorsque les deux colonnes sont identiques, on parle de figure meji (double). Il en existe 16 qui représentent les 16 maisons géomanciques.
A chaque combinaison correspond des vers (« ese » en yoruba) qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette… sur lesquels le devin va se baser pour réaliser son interprétation. La tradition affirme qu’il y aurait 16 vers par combinaison odu/dou du fa, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers. En d’autres termes lorsqu’une question est posée à un babalawo (devin), il existe 4096 réponses possibles, soit autant de poèmes qui devront être interprétés par le devin pour donner une réponse. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible. Il est cependant admis qu’il est possible de tirer l’Ifa et de réaliser des prédictions correctes en ne connaissant que quatre vers essentiels par odu/dou. Les consultants peuvent demander une divination du Fa pour des raisons diverses et variées : se faire prédire son avenir, connaître le sort de proches passés dans l’au-delà ; ou trouver une solution à un souci de santé, un manque d’argent, un conflit, des problèmes conjugaux. La divination d’Ifa était anciennement utilisée avant chaque prise de décision importante. Les figures caractéristiques d’Ifa,  leur signification et les prescriptions essentielles de ces signes feront l’objet d’un autre article.

Le sens mystique des signes d’Ifa ou de Fâ

Afin de saisir toute la portée mystique et la signification profonde des signes, il est très important de faire une identification des quatre noix de chaque branche du chapelet d’Ifa avec les quatre éléments naturels impondérables que sont le feu, l’air, l’eau et la terre, sources de toutes énergie du monde terrestre. Les éléments du haut du chapelet (feu et air) représentant 1 ‘esprit et ceux du bas (eau et terre), la matière. Notre monde terrestre et la vie n’étant autre chose qu’une combinaison, une fusion de ces quatre éléments impondérables on retrouvera ces quatre éléments dans différentes proportions dans toute espèce créée ici-bas. Chaque entité humaine, chaque situation humaine représente une addition, une combinaison et une fusion de ces quatre éléments dans de différentes proportions et symbolisée par les divers signes. Autrement dit, chaque type humain est la manifestation du signe auquel il appartient. Le signe permet donc de révéler le type humain, son comportement, ses facultés, en un mot tout son caractère, ses spécificités ou caractéristiques essentielles.

Les dérives de la consultation de l’Ifa ou du Fâ

L’Ifa ou FA, prospecte tous les domaines de la vie sociale de l’individu : naissance, difficultés d’accouchement, travail, emploi, entreprise quelconque, mariage, vie du foyer, décès  etc…  Il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse, en suivant les conseils de l’oracle et en réalisant les sacrifices rituels, généralement modestes, prescrits. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

Toutefois, la consultation d’Ifa est bénéfique et sans risque pour quiconque s’en réfère, à condition, sous entendu, d’exécuter les sacrifices prescrits. A la réflexion, théoriquement,A le risque est de subir des dommages ou d’affronter des obstacles évitables et contre lesquels l’oracle vous aura prévenu. Mais en réalité le risque semble plus grand que cet aspect. Il est écrit que tu ne tenteras pas l’Eternel ton Dieu et consulter sans sacrifier apparaît comme une forme de défi de la divinité du destin. Ou s’arrête la colère de la divinité, ou commence les représailles possibles des prêtres d’Ifa ‘babalawo et bokonon)   qui ont officié la consultation et pour qui cela représente un manque à gagner? Seules la probité et  l’intégrité de ces distingués hommes peuvent en faire foi.  Aussi faut-il être bien conseillé pour ne pas tomber sur les faux dévots, nombreux dans la profession et qui font le business d’Ifa et les vrais maîtres pour qui l’aspect financier est secondaire.

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Au total Il y a seize (16) maisons géomanciques et seize (16) signes principaux. La passation des seize signes dans les seize maisons géomanciques donne un total de 256 (deux cent cinquante six) signes.  Ainsi, le Fâ est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie. Les prêtes de l’Ifa ou du Fâ, les Babalawo chez les Yoruba, ou Bokonon chez les Fons, sont à la fois des diagnosticiens, des prescripteurs, des psychologues et des psychiatres. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour. « Le 21ème siècle sera religieux, ou ne sera pas », la pensée est attribuée à tort à André Malraux, mais on est bien tenté  de croire qu’il le sera, au regard de l’omniprésence du religieux dans le débat public sur l’ensemble de 5 continents. Mais ce qui est, d’ores et déjà certain, le 21e siècle est  l’entrée dans la mondialisation. Et face au foisonnement d’initiatives religieuses, des églises du réveil et des sectes islamistes, certains seraient tentés d’envisager le déclin des systèmes religieux endogènes d’Afrique ; or il n’en est rien. L’existence de ces religions continue à nourrir de leur ferveur populaire les religions révélées  (christianisme, islam). En réalité, les religions révélées sur le continent sont comme toutes fécondées par les religions endogènes, ce qui génère un néo syncrétisme non avoué auquel je consacrerai un article bientôt.

AGBADJE Adébayo Babatoundé Charles