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La démocratie béninoise à l’épreuve de l’alternance

houngbedji et komi

Depuis 2006, le président BONI Yayi à engagé le Bénin dans une aventure très ambiguë

Le cap proposé était celui de l’émergence économique

« Ça va changer, ça doit changer », tel était le slogan qui a fait rêvé

Mais à l’œuvre, l’itinéraire suivi est jonché d’écueils et de maladresses

Un parcours chaotique émaillé de scandales de corruption, de crises sociales et politiques et de  mal gouvernance

La désillusion n’a pas tardé et tout le monde rêvait d’une alternance en 2011

Mais contre toute attente,  le président Boni Yayi a remporté ces élections dès le premier tour

Une victoire K O pour le moins curieux qui  à laissé le peuple pantois

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le pays à pris son mal en patience

Tous les paramètres du système indiquant une alternance certaine en 2016

Mais avec ce deuxième mandat, les choses sont allées de  mal en pis

Le concept du changement a laissé place à celui de la refondation

Et pour ce faire, dès l’entame de ce deuxième mandat

Le président Boni Yayi met  le cap sur une reforme de la constitution

Un projet plausible certes, mais dont le timing et certains détails  font véritablement débat

Le projet est suspecté de révision opportuniste pour briguer, à terme, un troisième mandat

La  main sur le cœur, le président s’en défend, mais ne démord pas

Malgré le tollé général et la farouche opposition des politiques, ses propres alliés y compris

Toute  l’activité gouvernementale  est orientée vers la révision de la constitution

A un an de la fin de son deuxième mandat, pour les élections législatives d’avril 2015

Aux cotés des candidats de sa formation politique, les FCBE

Le président a fait une campagne à l’américaine  pour la révision de la constitution

Il a demandé clairement au peuple de lui donner : « un parlement complice ».

A l’arrivée, le verdict populaire a été sans appel

33 députés pour la mouvance présidentielle contre  50 pour l’opposition antirévisionniste

Malgré ce vote populaire défavorable

Il jette son dévolu sur le contrôle du bureau de l’assemblée.

Tous les moyens ont été exploités pour réunir la majorité des 42 députés nécessaires

A l’un des plus vieux loups de l’opposition, prétendant au perchoir

Il oppose le plus jeune faucon de son gouvernement

Me ADRIEN HOUNGBEDJI contre Komi Kountché

Une affiche inédite dans les annales de la politique béninoise

Le vieux septuagénaire contre le jeune trentenaire

 Le candidat de l’opposition réunie  contre le chouchou de la mouvance présidentielle

Le candidat des antirévisionnistes contre l’enfant prodiges des révisionnistes

Dans ce combat épique, digne du David contre Goliath

C’est l’aîné qui a eut raison du jeune, à une voix prés

Dans les urnes du parlement, les 17 voix d’avance de l’opposition ont été réduites  à une seule voix

Les offres pour rallier la cause FCBE ont été, semble t-il, trop alléchantes

Quoi qu’il en soit, plusieurs députés de l’opposition ont retourné leur veste

Mais il a cruellement manqué un et pour les FCBE c’est la Bérézina

Pour l’opposition, cette victoire de justesse, n’en est que plus jouissive

Elle réconcilie le peuple et sa classe politique

Elle renforce la démocratie en rendant possible l’alternance

Elle sauve la république  et ses institutions et fortifie l’unité nationale

La rage de dent du président  a dû être tout autant jouissive

Il voulait une assemble complice

Il a gagné une assemble supplice

Il voulait une assemblée de refondation

Il a gagné une assemblée de cohabitation

A présent  que la fatalité est vaincue

Que toute possibilité de révision opportuniste de la constitution est enterrée

Vivement que le président  n’ait plus que le souci d’achever son mandat en beauté

Dans la concorde la paix et la dignité

Vivement que cette victoire soit un essai à transformer en alternance

Afin  que l’égalité de tous et le respect des libertés redeviennent les  valeurs cardinales de la démocratie béninoise

Jean Pliya for ever

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Au Bénin, Un grand homme s’en est allé, Jean Pliya n’est plus.

L’intellectuel et écrivain béninois de renommée internationale est décédé ce jeudi 14 mai 2015, à Abidjan en Côte d’Ivoire où il était en mission. Né en 1931, Jean Pliya a rendu l’âme à l’âge de 84 ans à l’issue d’une vier riche et engagée

Écrivain émérite, géographe et historien de renom, ancien ministre, ancien député, ancien doyen de faculté, ancien recteur d’université, Jean PLIYA était probablement le plus grand intellectuel béninois du 20ème siècle..

Voici quelques raisons pour lesquelles le Bénin tout entier lui rend un hommage plus que mérité.

Ecrivain émérite, l’homme a à son actif  plusieurs prix et honneurs en Afrique et dans le monde.

– Médaille Vermeil du Mérite du Bénin – 1er août 1962

– ARBRE FETICHE : Prix de la meilleure Nouvelle africaine, en 1963, à Paris.

– KONDO LE REQUIN : Grand Prix de Littérature d’Afrique Noire, à Paris, en 1967.

– SECRETAIRE PARTICULIERE : 2éme prix du Concours Radiophonique de l’OCORA, à Paris, en 1967.

Et enfin, dans l’ORDRE FRANÇAIS DES ARTS ET LETTRES, Jean PLIYA a été nommé Chevalier le 21 janvier 1974, puis officier le 19 septembre 1981

Mais, c’est dans l’église catholique et surtout au renouveau charismatique que  l’engagement de l’homme a été le plus profond. Berger du renouveau avec une étonnante vitalité il parcoure les routes de l’Afrique et du monde pour semer la bonne nouvelle.

En guise d’adieu à Jean Pliya, il me plait de rappeler ici un extrait de son œuvre Kondo le requin. Cet extrait est connu sous le titre de discours d’adieu de Béhanzin.  C’est le testament politique du roi Béhanzin avant sa reddition au colonisateur français. Ce célèbre discours du roi Béhanzin est le dernier message fort qu’il a prononcé le 20 janvier 1894 en signe d’hommage à son armée dont il a toujours loué le courage et la bravoure des soldats et des amazones. C’est un discours prononcé en langue béninoise « fongbé » que Jean Pliya a su traduire dans la lange de molière avec une admirable restitution de la tragédie de l’heure, de la dignité de l’homme et surtout de sa foi dans l’avenir.

   Discours d’adieu de Béhanzin

« Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter.

« Nous avions alors la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent par millier pour défendre le Danhomè et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux d’Agadja, de Tégbessou, de Ghézo et de Glèlè. Dans toutes les batailles j’étais à leurs côtés.

« Malgré la justesse de notre cause, et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline. Et déjà ma voix éplorée n’éveille plus d’écho.

« Où sont maintenant les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère ?
Où, leurs chefs indomptables : Goudémè, Yéwê, Kétungan ?
Où, leurs robustes capitaines : Godogbé, Chachabloukou, Godjila ?
Qui chantera leurs splendides sacrifices ? Qui dira leur générosité ?
Puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité, comment accepterais-je sans eux une quelconque abdication ?
Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ?

« Non ! A mon destin je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai. Car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu ! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre ?

« Partez vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il, la liberté. Là-bas, on dit que déjà renaît la joie. Là-bas, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.

« Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir : un peu d’huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.

« Adieu, soldats, adieu !

« Guédébé…

« Mon Roi je me prosterne !

«  Non ne te prosterne plus ! Reste debout, comme moi, comme un homme libre. Puisque le sang des soldats tués garantit la résurrection du Danhomè, il ne faut plus que coule le sang. Les ancêtres n’ont plus que faire de nos sacrifices. Ils goûteront mieux le pur hommage de ces cœurs fidèles unis pour la grandeur de la patrie.
C’est pour quoi j’accepte de m’engager dans la longue nuit de la patience où germent des clartés d’aurore.
« Guédébé, comme le messager de la paix, va à Ghoho où campe le général Dodds.
Va dire au conquérant qu’il n’a pas harponner le requin.
Va lui dire que demain, dès la venue du jour, de mon plein gré, je me rends au village de Yégo.
Va lui dire que j’accepte, pour la survie de mon peuple, de rencontrer dans son pays, selon sa promesse, le président des Français. »

                                                                  Extrait de – Kondo le requin – Jean PLYA – Ed. CLE.

Le 26 janvier 1894, le roi Béhanzin arrive à Goho pour rencontrer le général français Dodds et mit fin à la guerre.
Ainsi prit fin la fantastique histoire du royaume de Dahomey libre et indépendant, comme prend fin en ce moment la longue et prodigieuse vie de Jean Pliya.

Adieu l’artiste.

législative 2015 au Bénin, en attendant l’implosion des FCBE

YAYI ET FCBE

 

Les législatives béninoises  longtemps  attendues ont enfin vécues.

Pour ces élections, le président  BONI YAYI et sa formation politique, les Forces Cauris Pour un Bénin Emergent, (FCBE) ont fait activement  campagne sur le thème de la révision de la constitution pour disent-ils parachever les reformes entamées.

Pour y parvenir, une majorité de 50 députés était nécessaire. A l’arrivée, selon les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle ce dimanche 03 mai 2015, les FBCB sont créditées de 33 députés sur les 83 sièges que compte le parlement béninois. Certes,  la moisson des FCBE est considérable mais le compte est loin 50 députés recherchés. Au regard des autres formations en lice pour ces législatives,  les FCBE restent la première force politique du pays, même si elles ne sont plus majoritaires.

Toutes les autres formations politiques ayant fait campagne contre la révision de la constitution, en théorie, le président boni Yayi ne dispose plus de majorité au parlement. C’est donc une cohabitation qui ne dit pas son nom, qui commence au Bénin, si toutes les autres formations bien sûr entendent garder le même cap, ce qui n’est point garanti.

 Même si cette situation n’est pas celle rêvée par le président Boni Yayi, il faut avouer qu’historiquement, c’est pendant ces législatures de cohabitation que la démocratie béninoise gagne en transparence et en vigueur par la qualité des lois votées et la cohérence dans le fonctionnement des institutions. A priori donc, mauvaise nouvelle pour le président, mais bonne nouvelle pour le pays.

Toute fois, ces élections législatives n’étaient pas encore passées que déjà le gouvernement du Bénin réuni en conseil des ministres extraordinaire, le lundi 27 avril 2015 sous la  présidence du Président de la République, lundi a décidé de la convocation du corps électoral le dimanche 28 février 2016 en vue de voter sur toute l’étendue du territoire national pour l’élection du Président de la République prévue pour 2016.  Ce nouvel agenda politique ne laisse donc aucun répit pour les différentes chapelles politiques obligées de fourbir leurs armes pour ce nouveau challenge.

Qu’est ce qui justifie cette anticipation inhabituelle ou cette diligence peu coutumière dans la planification des élections sous la gouvernance Boni Yayi ?

Les analyses vont bon train, les suspicions et les rumeurs aussi. Pour ma part, je me demande si cette  nouvelle ne fera pas plus de mal dans le camp présidentiel que dans les autres camps politiques ? Il n’est pas exclu que cette décision vise précisément les FCBE, la formation du chef de l’Etat.

Malgré leurs trente trois députés à l’Assemblée Nationale, les FCBE  restent  la formation politique béninoise dont la situation est la plus confuse, la plus critique et la moins  enviable.

Le président Boni Yayi, leader de cette formation n’est plus, selon sa propre expression, candidat à rien, mais de toute évidence, il rechigne à passer la main. En effet, sans aucun dauphin présomptif et avec plusieurs dauphins présomptueux, le passage de témoin à la tête des FCBE devient un exercice périlleux.

Certes, la tâche n’est visiblement pas aisée, mais alors pourquoi fixer la date des élections quand on n’est soi même pas prêt.  Peut-être, qui sait, pour contraindre les intentions dans son propre camp à se prononcer pour les juguler.

Surtout, quand on sait que pour les législatives passées,  le président Boni Yayi a aligné sur la liste des candidats FCBE, son fils Chabi Yayi, sa femme Chantal Yayi et ses deux beaux frères, Marcel De-Souza et Joel Akofodji, on peut aisément soupçonner quelque velléité de succession dynastique à la tête des FCBCE, ce qui expliquerait les atermoiements du président pour clarifier la situation  et  en rajoute au climat de confusion dans cette famille politique. Avec les élections présidentielles prochaines annoncées, la guerre du leadership chez les FCBE aura bel et bien lieu.

Quoi qu’il en soit, les FCBE désormais sans leader vont se chercher un nouveau leader. Dans la perspective des présidentielles de 2012, quelque soient les efforts du président Boni Yayi, il lui sera difficile de concilier son monde autour du leader de son choix. Les ambitions des uns et le positionnement stratégique des autres finiront par faire voler en éclat l’attelage hétéroclite  des FCBE qui ne tient la route que grâce aux avantages que procure le pouvoir d’Etat. Autant dire que tous les ingrédients sont réunis pour une implosion prochaine des FCBE.

Les premiers signes de ce remue-ménage s’observeront lors de la formation du prochain gouvernement. Outre les membres de sa famille, le président Boni Yayi a engagé 20 ministres de son actuel gouvernement dans la course pour les législatives. Ils sont d’ailleurs pour la plupart élus député. Auront-ils pour autant la liberté de siéger au parlement ? Rien n’est moins sûr. Ceux d’entre eux qui vont préférer siéger au parlement plutôt que d’entrer au gouvernement seront les premiers de cordée de la descente aux enfers des

Plus globalement, au regard des prestations des différents partis politiques, il faut reconnaître que certains partis ont su tirer leur épingles du jeu et d’autres non. Mais, dans la perspectives des présidentielles de 2016, les uns et les autres doivent rechercher des convergences pour ratisser large afin de  créer les conditions de l’alternance politique au Bénin. En attendant donc l’implosion des FCBE, c’est l’ensemble de l’échiquier politique béninois qui va se reconfigurer les jours à venir.

Au Bénin, chronique d’un requiem annoncé

yayi boni chronique d'un requiem annoncé

Le docteur président Yayi Boni, l’homme fort des Béninois,

N’est plus, depuis quelque temps, en joie.

Après neuf ans de règne, il subit les affres du déclin… de la fin.

Il pleure sa puissance et son emprise des temps passés,

Le temps des éloges, louanges et glorifications,

Yayi « l’homme du changement », « l’homme de la refondation »,

Yayi le « dieu », le « messie », le « papa bonheur »,

Yayi « plus rapide que la prière »….

Le temps où ses grâces et sa capacité de nuisance,

Tenaient en respect alliés et opposants.

Mais ce temps, c’était avant.

A présent que la fin du règne approche à pas de géant,

Il est attaqué par ses propres partisans,

Devenus forts par sa faiblesse..

Ô cruel souvenir d’une gloire passée !

Œuvre de tant d’années en une saison effacées

N’a-t-il donc tant fait que pour cette infamie ?

Le requiem de sa fin est entonné, et par qui ?

Le frère, le charismatique député  Sacca Lafia, a clamé haut et fort,

« Yayi, 10 ans, c’est fini, Yayi est fini ».

Mathurin Nago, président de l’Assemblée et allié inconditionnel, a claqué la porte du palais présidentiel,

Il menace même de faire parler les cadavres si on l’y contraint.

L’honorable Aholou Kèkè, prosélyte du yayisme, devenue renégate, a fait publiquement acte de contrition :

« Nous nous sommes trompés et nous vous avons trompés »…

La saignée est terrible dans les rangs des yayistes et des cauristes

Elus locaux, députés, maires, anciens ministres,

Les uns après les autres, ils désertent le navire présidentiel.

Ils ont soudain retrouvé leur âme de démocrates et  libres-penseurs.

Le malheureux président, regarde le désolant spectacle et fulmine,

« Je suis fini, ils se trompent », martèle-t-il.

Il compte encore sur les quelques fidèles qu’il lui reste.

En voiture, en zem et en hélicoptère,

Il remue terre et ciel, promet monts et merveilles aux Béninois.

Il veut une majorité aux législatives prochaines.

Mais à quelle fin on se demande bien?

Pour surtout poser les garde-fous, atteste le fidèle des fidèles ministres Kassa.

Il attend son destin, au soir des législatives du 26 avril.

Avec une majorité à l’assemblée, il va  reprendre du poil de la bête.

En pareil cas, il ne ferait pas bon d’être à la place des frondeurs.

Sans majorité à l’Assemblée, son vœu tardif de l’appel de Dieu pourra s’exaucer.

Le frère Thomas va rejoindre le frère Melchior dans son refuge,

Ensemble, ils chanteront le requiem de leur gloire passée.

La démocratie béninoise à l’épreuve de la rue

marche de l'opposition a Cotonou dec 2014

A Cotonou ce jeudi 11 décembre 2014, comme hier à Porto-Novo, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour réclamer l’organisation d’élection des élections  municipales et cantonales, initialement prévues en 2013 et repoussées sine die. Une marche qui soumet la démocratie à l’épreuve de la rue.

A l’appel des partis de l’opposition et des organisations de la Société Civile regroupés au sein de  la plateforme des forces démocratiques et du Parti du renouveau démocratique (Prd), des centaines de milliers de béninois ont marché à travers les rues  de Cotonou ce jour, pour s’insurger contre l’impasse électorale qui prévaut dans le pays et exigé l’organisation sans délai des élections municipales et cantonales, prévues par la constitution, surtout en ce jour, ou la Constitution du pays souffle ses 24 bougies.

En effet, depuis18 mois, les béninois attendent avec impatience l’organisation des élections municipales et communales reportées sine die. Depuis 18 mois donc, les maires au Bénin dirigent les municipalités sans un mandat de leur population. L’impatience est d’autant plus grande que les législatives sont attendues en mars 2015 et les présidentielles en 2016 et depuis, aucune perspective sérieuse à l’horizon, une impasse, selon l’opposition béninoise. Cette impasse est marquée par l’incertitude sur l’organisation de ces élections et les tergiversations dans la correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi).

La marche organisée ce jour apparait donc comme un rappel à l’ordre pour le gouvernement, invité à prendre ses responsabilités. Globalement le pari de la mobilisation est largement tenu. Les rues de Porto-Novo, la capitale du Bénin étaient noires de monde hier et ce jour, à Cotonou, un monde impressionnant a battu le macadam pour la même cause. De la place Lénine à la place de l’Etoile Rouge, une foule estimée entre 200 000 et 300 000 a déferlé dans les rues de Cotonou sous la bannière : « ELECTION OU DEMISSION ». Autan le dire, Cotonou était à l’école de Ouagadougou hier.

 L’opposition béninoise est désormais unie dans sa bataille pour la sauvegarde des acquis démocratiques.

« Nous exprimons à travers cette marche notre désarroi face à la confiscation du droit de vote des citoyens que nous sommes », a déclaré à l’AFP Augustin Ahouanvoebla, député du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) : « La non-organisation des élections municipales et locales est une violation et le gouvernement doit prendre la mesure du mécontentement populaire » a-t-il ajouté.

Selon le professeur Joseph Djogbénou, président d’honneur du parti Alternative citoyenne (Ac) et membre du bureau de coordination de la plateforme, l’opposition dans son ensemble exige, entre autres, l’ouverture sans délai d’un dialogue avec la prise d’une loi dérogatoire pour faciliter l’organisation des élections, la mise à disposition du fichier électoral et l’arrêt du bradage du patrimoine économique national

Interrogé à la fin de la marche par la chaîne de télé nationale Canal 3, Lazare Sèhouéto, Député UN à l’assemblée Nationale et membre de la plateforme des Forces démocratiques a précisé : « La marche de ce jour est le deuxième avertissement du peuple au président Boni Yayi, dans son intérêt et celui de sa majorité, il faut qu’il fasse tout pour éviter le troisième avertissement.

Pour Candide Azanaï, député de la Mouvance présidentielle en froid avec sa famille politique: «La marche de ce jour n’est pas encore pour déboulonner Yayi Boni, mais pour qu’il entende le rugissement du peuple. S’il ne s’exécute pas, la prochaine fois, il sera placé devant le fait accompli.»

 Vivement que les exigences des uns, les prières des autres, voire les menaces à peines voilées, de quelques autres, aident le gouvernement et son chef à trouver les voies et moyens pour organiser enfin ces élections et redonner à l a démocratie béninoise ses lettres de noblesse.

Au Bénin, la démocratie en déshérence

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Au Bénin, les élections locales, communales et municipales prévues pour mars 2013 sont reportées sine die. En cause, l’absence d’une liste électorale fiable et acceptée de tous. Accusé par l’opposition de bloquer à dessein la correction de la liste électoral et donc  l’organisation des élections, le chef de l’Etat a avoué, ce lundi 23 septembre, l’incapacité de son Gouvernement à financer la correction du fichier électoral et des prochaines élections dans le pays, parce que : « la trésorerie de la puissance publique ne se porte pas bien ». Un aveu qui sonne comme une oraison funèbre pour la démocratie béninoise.

La pomme de discorde

Depuis plus d’un an, les béninois attendent avec impatience l’organisation des élections municipales et communales reportées sine die. L’impatience est d’autant plus grande que les législatives sont attendues en 2015 et les présidentielles en 2016.

Invité ce dimanche 21 septembre, de l’émission ‘’Zone franche’’ de la télévision béninoise Canal 3, le président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji, candidat malheureux aux élections de 2011, a clairement indexé le gouvernement de Yayi Boni de bloquer à dessein les élections municipales et communales dans le pays. La réponse de la bergère au berger est venu le lendemain lundi 23 septembre.

A la faveur d’une tournée à Boko, commune de N’dali dans le Nord du Bénin, le Président Boni Yayi a avoué l’incapacité de son Gouvernement à financer l’organisation des prochaines élections. Devant les braves villageois venus célébrer le raccordement de leur village au réseau électrique nationale, le chef de l’Etat à livré sa conception de la démocratie dont voici une transcription de l’extrait qui est diffusé par l’ORTB, la chaîne nationale.

 « Une démocratie doit nous permettre d’organiser les élections à bonne date. Mes chers compatriotes ! Vous me direz, quel est le lien entre l’électricité et la démocratie. Cela se tient. Parce que s’il n’y a pas la stabilité, il ne peut pas avoir de prospérité. Nous sommes encore en difficulté pour organiser nos élections. Les élections coûtent chères dans notre pays. Elles coûtent excessivement chères. Tenez. Depuis 2006, moi je suis venu aux affaires. Nous avons dépensé plus de 100 milliards pour organiser les élections. 100 milliards, mes chers compatriotes. Je demande à la presse de relayer cela. J’aurai l’occasion de me prononcer là-dessus. Chacun est libre de raconter ce qu’il veut. C’est triste. Je suis triste pour mon pays. Triste ! […]La situation est dramatique. Aujourd’hui, il nous faut encore 22 milliards. Dans une situation où la trésorerie de la puissance publique ne se porte pas bien. Parce que, pour des raisons de conjoncture nationale, régionale et mondiale.[….] Ceci demande d’autres ajustements au moment où nous sommes appelés à relever d’autres défis. .[….] .,. Lorsqu’on est responsable, il faut s’asseoir et mener le dialogue…. »

 

Chronique d’un carambolage annoncé

Pour bien comprendre la portée des propos du chef de l’Etat, il faut prendre en compte deux situations antérieures.

Primo, un projet de révision constitutionnelle est, actuellement, en étude  à l’Assemblée et l’opposition prête à tort ou à raison l’intention de modifier le texte constitutionnel pour briguer un troisième mandat. Or, depuis quelques mois, Mathurin Nago, le président de l’Assemblée, fidèle parmi les fidèles du chef de l’Etat a pris ses distances avec ce dernier dont il critique vertement la mauvaise gouvernance. Ceci indique donc que la reforme constitutionnelle via le parlement ne peut plus prospérer.

Secundo, pour palier le vide juridique causé par le report des élections municipales, l’Assemblée a voté en 2013, une loi qui proroge de façon indéterminée le mandat des maires. Donc depuis un an et demi, les maires au Bénin dirigent sans un mandat de leur population.

Ainsi, en s’inscrivant dans la vision du chef de l’Etat, faute de moyens, les élections législatives ne seront pas organisée en 2015, l’Assemblée devra alors voter une loi qui proroge le mandat des députés. En 2016, les présidentielles deviendront les élections générales ou les mêmes causes provoquant les mêmes effets, les élections présidentielles aussi seront reportées sine die et les députés obligés de voter une loi pour proroger le mandat du chef de l’Etat qui aura alors légalement sa rallonge. Un joli carambolage démocratique en perspective.

Une  situation triste et dramatique !

En 2011, tous les sondages et analyses donnaient le président Boni Yayi battu au second tour dans tous les cas de figures. A l’arrivée, il n’y a pas eu de second tour. Il est miraculeusement élu dès le premier tour. En 2014, on le soupçonne de vouloir modifier la constitution pour briguer un troisième mandat et il prévient déjà que la puissance publique n’a plus de moyens pour organiser les élections. Quand on sait que le président Boni Yayi lâche rarement ses idées, la question qu’il faut se poser est quelle est la surprise du chef que le président Boni Yayi prépare pour  le Bénin son pays qu’il aime si tant.

Le slogan des partisans du président Boni Yayi depuis quelques temps est : « après nous, c’est nous »,  les derniers propos du chef de l’Etat, donne, probablement, un décryptage de ce curieux slogan qui certainement sous-entend : Après nous c’est nous ou personne. L’avenir dira ce qu’il faut y entendre.

Cette situation kafkaïenne me rappelle cette pensée de Shakespeare: « homme, oh homme vain, drapé d’un peu d’autorité, tu joues devant les cieux de si grotesques comédies, que tu ferais pleurer les anges ». Au Bénin, c’est le peuple tout entier qui n’a plus que ses yeux pour pleurer car l’homme providentiel qu’il s’est trouvé en 2006 est devenu le bourreau de sa démocratie.

Au demeurant, on n’est bien forcé d’être d’accord avec le président Boni Yayi quand il dit que la situation est vraiment  triste et dramatique.

Il est, en effet, triste de voir un serviteur du peuple qui trouve des moyens pour faire tant et tant de choses non planifiées pendant des années et qui se retrouve sans moyens pour faire les choses programmées de longue date par la constitution et attendues par le peuple, son mandataire. C’est aussi triste qu’un père de famille qui a les moyens pour les œuvres charitables, mais se retrouve sans moyens pour scolariser ses enfants

N’est-il pas triste de voir un président démocratiquement élu qui, au moment de passer la main, prétend que les élections coûtent cher et que la trésorerie de la puissance publique n’a pas de moyens pour organiser des élections. C’est aussi triste qu’une personne qui parvient au sommet et tente de balancer l’échelle qui a permis son ascension pour demeurer seul au sommet.

Qu’y a-t-il de plus triste que de voir la démocratie béninoise à l’instar des démocraties africaines, vieillir sans mûrir ?

Disons le tout net, cette tristesse dérange car elle interpelle.

Une mobilisation de tous

Comme toujours les réactions des partisans du président font dans le déni ou dans la langue de bois. Personne ne pouvant dire au chef qu’il a fait une gaffe, tout le monde s’évertue à dire que sa pensée est mal comprise. D’ailleurs une réunion d’urgence du gouvernement ce mercredi 24 septembre a annoncé une batterie de mesures pour accélérer la correction du fichier électoral et la convocation du collège électoral. Mais, il faut rappeler au peuple qu’il n’a pas élu le gouvernement mais bien le président. Il serait donc imprudent  de minimiser les propos du chef de l’Etat car il y a bien péril en la demeure. Il faut souhaiter que les élites politiques, administratives, le clergé la société civile se donnent toute la main pour doivent réclamer les élections à bonne date et préserver la paix sociale dans le pays

Bénin, crise sociale : “L’étrange cas du Dr Boni et de Mr Yayi“

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Enfin, la rencontre entre le président béninois Dr Boni Yayi et les leaders des syndicats des travailleurs béninois, en grève depuis le 7 janvier, a eu lieu ce mercredi 12 mars 2014. Les avancées notables enregistrées au cours de la rencontre indiquent qu’on évolue vers un dégel de la crise sociale. Toutefois, ce dénouement inespéré de la crise révèle,  une fois encore,  la personnalité du Dr Boni Yayi, qui rappelle à s’y méprendre à l’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de l’œuvre de Robert Louis Stevenson.

 Selon le relevé de décisions issues de la rencontre, le président Boni Yayi et les leaders syndicaux ont pendant 6 heures d’horloge passé en revue tous les sept points de la plateforme revendicative des travailleurs grévistes. De nombreuses propositions en vue de satisfaire la plateforme revendicative de syndicats ont été faites par le chef de l’Etat.

Le président Boni Yayi a notamment confirmé sa volonté de restituer les défalcations opérées sur les salaires des mois de janvier et de février 2014 pour fait de grève.

D’autre part, le président Boni Yayi a accepté de relever le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 31.625 à 40. 000 francs Cfa (soit de 67 à 85 $US).

Il a aussi promis d’étudier la demande des enseignants relative au bénéfice de revalorisation de 25% du traitement indiciaire.

En outre, le chef de l’Etat  a présenté les excuses de la nation aux responsables syndicaux et les a  rassuré que des dispositions sont prises afin que les événements du genre de ceux du 27 décembre 2013 ne se reproduisent plus.

Même si les propositions présidentielles ne sont pas toutes satisfaisantes, du point de vue des syndicalistes,  elles ont le mérite de faire bouger les lignes.

Mais, pour ma part, ce sont les excuses présidentielle aux leaders syndicalistes qui, à mes yeux, posent problèmes. Naturellement, ces excuses présidentielles vont passer du baume sur les cœurs des syndicalistes meurtris et humiliés, mais elles ont tout de même de quoi inquiéter le citoyen béninois lambda.

Le 27 décembre 2013, la police a dispersé une manifestation organisée par six syndicats qui voulaient protester contre les violations des libertés syndicales et réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Il y aurait une dizaine de blessés parmi les manifestants

On s’en souvient, dans sa sortie médiatique du 27 janvier 2014,  Boni Yayi  avait alors traité les syndicalistes de tous les noms d’oiseau  en accusant les manifestants blessés d’avoir utiliser de l’encre rouge pour simuler le sang, pour ternir son image,  l’image de la République et de la nation…

Ces propos offensants du chef de l’Etat sont en partie responsables de la crise qui secoue le pays depuis deux mois.

Et patatras, c’est le même chef de l’Etat qui, deux mois après, reconnait que les événements du 27 décembre étaient un incident malheureux et présente les excuses de la nation aux responsables syndicaux.

Le fait est que ces volte-face et reniements du chef de l’Etat sont trop fréquents et interpellent tout citoyen soucieux du développement de son pays.

Pourquoi le président Boni Yayi a-t-il coutume de se laisser aller à tous ses états d’âme avant de revenir à la raison ?

Pourquoi laisser  une situation pourrir pendant deux mois avant de faire ce qu’on aurait dû faire dès le début ?

Les dommages énormes engendrés par ce bras de fer inutile sont à mettre sur quel compte ?

Autant de questions, comme on le voit, qui laissent perplexes sur  la personnalité de Boni Yayi qui rappelle, à bien des égards,  “l’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde“

La question se pose, en effet,  de savoir si les revirements et reniements du président Bony Yayi, procèdent d’un comportement délibérément stratégique ou si c’est le fait d’une dualité de l’homme ? Y aurait-il deux personnalités dans la personne du chef de l’Etat béninois à l’instar du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

Y aurait-t-il le Dr Boni, le légitime, le sage et modéré, et  Mr Yayi,  l’absurde, le provocateur qui fait, trop souvent, du tort à son mentor ?  Deux personnalités qui cohabitent dans la même personne et qui la rendent insaisissable?  La question mérite certainement d’être posée.

Au demeurant, il est fort heureux de constater que la raison a fini par l’emporter. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et tant mieux si ces revirements permettent d’aller de l’avant.

Vivement que la concorde retrouvée permette au pays de renouer avec le travail et la croissance.

Bénin: le linge sale à laver en famille.

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 La situation actuelle au Bénin est très préoccupante. La crise sociale est profonde. Le bras de fer gouvernement/syndicat se radicalise chaque jour un peu plus et la peur que la situation dégénère à tout moment est grande. Pourtant, une soupape certaine de la situation  est un compromis satisfaisant sur la LEPI ( Liste Électorale Permanente Informatisée). Sa correction satisfaisante est attendue par tout le pays et visiblement c’est le flou total autour de ce qui a vocation d’être un outil de transparence électorale. Question de moyens ou simplement anguille sous roche?

Une fois n’est pas coutume, je veux commencer ce billet par une devinette. Juste une petite colle qui n’est rien d’autre que le secret de polichinelle le plus célèbre du Bénin.

Je suis une base de données béninoise.

Sur mes pages et dans mes champs sont enregistrées les données d’état civil, biométriques et d’adressage de tous les béninois de 16 ans et plus.

Je connais où se trouve chaque béninois, mais aucun béninois ne sait où me trouver.

Que suis-je ?

Oui ! Oui ! Tout à fait. Mais bravo à tous!

 Je suis la Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI).

Un véritable serpent de mer

 Outil de performance administrative, de développement économique et surtout de transparence électorale, la LEPI ( Liste Électorale Permanente Informatisée) a été  mis en place  de 2009 à 2011 pour consolider la démocratie béninoise. Elle a servi pour la première fois, lors des élections présidentielles puis législatives de 2011  qui ont paradoxalement conduit à des scrutins suivis de fortes réclamations et contestations dans le pays. Depuis lors, plus aucune trace de cette base de données dans le pays.

Elle s’est située pendant un moment au ministère de l’intérieur, mais non, elle n’y était pas. Puis on l’a située dans les bureaux du  PNUD à Cotonou., mais non, l’information a été vite démentie.

Où donc est-elle dans le pays?  Bien Malin qui peut le dire.

«Actuellement, dans beaucoup de milieux, au Bénin, les gens ne croient pas qu’il y a une LEPI au Bénin. La LEPI est devenue une sorte d’arlésienne béninoise, un véritable serpent de mer qui menace la démocratie béninoise.

La priorité des priorités

Depuis les frustrantes élections de 2011, la correction de la LEPI est la priorité des priorités pour l’ensemble de la nation béninoise et de toute part fusent des messages allant dans ce sens à l’endroit du gouvernement surtout en prévision des élections municipales et locales qui doivent se tenir en 2013.

Dans cette optique, Suite aux élections à polémique de 2011, une mission d’évaluation de la LEPI a été commanditée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sur la demande du Gouvernement.  Cette mission  à auditer la LEPI sans avoir eu accès à la base de donné elle même. Le rapport de son audit contenant 39 recommandations dont la plupart visent la mise à jour, la correction et/ou la révision du fichier électoral de 2011, a été présenté à divers acteurs politiques et à la société civile le 1er avril 2012. .

 A la veille des élections communales et locales de 2013, un nouveau consensus s’est dégagé au sein de la classe politique béninoise pour la correction de cet outil, plus que jamais incontournable de gestion des processus électoraux. Le  Chef de l’Etat lui même était très engagé sur la question pour que les élections municipales se tiennent à bonne date, pourtant du coté du gouvernement c’est le calme plat, jusqu’au report  sine die de ces élections municipale et communales..  !

Après moult tergiversations, le Conseil d’Orientation et de Supervision pour la correction de la  LEPI, (COS-LEPI)  a été installé en mai 2013.

Dans un point de presse tenu à son siège 2 mois après le démarrage de ses activités, Le président du COS LEPI avait annoncé le chronogramme de la mise en œuvre pratique du processus de révision qui se déroulera en dix (10) phases, dont les principales sont l’audit participatif, l’enregistrement complémentaire des citoyens, la consolidation et le dédoublonnage, l’extraction de la version actualisée de la LEPI et la distribution des nouvelles cartes d’identité à valeur de carte d’électeur..

Ce  chronogramme d’activités  prévoit la mise à disposition de la liste actualisée pour le mois de novembre 2013». Ce délai est passé à janvier 2014, puis février 2014 et actuellement à juin 2014. Mais, sur un budget prévisionnel de 9 milliards, le gouvernement n’a à ce jour versé que quelques millions au COS LEPI ce qui fait douter de sa bonne foi pour voir aboutir cet outil pour des élections transparentes et apaisée.

La preuve, à plusieurs reprises, le Cos LEPI a annoncé l’impression et l’affichage des listes de 2011 ; mais elle n’est toujours pas rendue publique et encore moins, affichée. Les différents acteurs du processus ne finissent pas d’être formés. et il est difficile, à ce jour, de dire ce qui se corrige par le Cos-LEPI

En conséquence, dans beaucoup de milieux, aujourd’hui, les gens ne croient pas qu’il y a une LEPI au Bénin. Chacun y va de ses interprétations  et de nombreuses voix s’élèvent pour demander son abolition pure et simple.

Une inquiétude partagée par la communauté internationale

La correction de la LEPI est aussi une préoccupation de la communauté internationale. La Fondation allemande Friedrich Ebert à Cotonou  a consacré à ce sujet le vendredi dernier, 14 février 2014, une rencontre d’échanges dénommée « Soirées politiques ».

Placée sous le thème «Regards croisés des acteurs politiques et de la société civile sur la Liste Electorale Informatisée (LEPI) », cette soirée  a été animée par trois personnalités, à savoir, l’honorable Sacca Lafia, président du COS-LEPI, Honorable Basile Ahossi, membre du COS-LEPI et Orden Alladatin, expert électoral en présence de nombreuses autres personnalités et diplomates en poste à Cotonou..

Le moins qu’on puisse retenir de cette soirée de réflexion, est que même au sein du COS LEPI les avis diffèrent sur l’effectivité de l’existence de la LEPI.

« Je suis relativement satisfait parce qu’on a au moins quelque chose qu’on corrige aujourd’hui », s’est réjoui le président du COS-LEPI.  Pour le député Basile Ahossi également membre du COS LEPI, «Je sais qu’il y a une liste, mais dire que c’est de la LEPI me paraît difficile », pour Aurélien Agbénonci, fonctionnaire international béninois, autre participant de cette soirée : «Il faut retirer la LEPI des mains des politiciens  et confier  sa gestion à un organe non partisan ».

 Pour sa part, Constantin Grund, Représentant Résident de la Fondation Friedrich Ebert au Bénin.a conclu la soirée en ces termes : « De mon interprétation personnelle,  l’absence durable de consensus sur ce sujet important ne porte pas seulement atteinte à la vie politique nationale, mais est également l’indicateur d’un manque de confiance vis-à-vis des institutions compétentes »,

 

Un linge sale à laver en famille.

Visiblement, il y a trop de zones d’ombre, trop de flou autour de la LEPI, qui est censé être un outil de transparence électorale.

 En définitive que cache le manque de volonté du gouvernement pour rendre disponible la liste 2011 de la LEPI et accompagner sa correction effective ?
–  La gène de voir ressortir les incohérences de la LEPI sans raisonnablement admettre que  la victoire KO du président Yayi BONI en 2011 sur la base de cette liste est problématique ?

–  Ou plus grave encore, l’intention inavouée que lui prête l’opposition de faire du dilatoire pour conserver en l’état la liste de 2011 et la sortir au dernier moment pour faire gagner le camp du président Yayi aux élections présidentielles de 2016,

Dans la première hypothèse, c’est le passé qui est visé. Nul ne peut revenir sur la chose jugée. Toutefois, on ne saurait épargner à personne les états d’âme de ses propres inconséquences. Si gène il y a, elle est, de toute façon, sans objet.

Quant à la seconde hypothèse, elle vise l’avenir et à ce titre, si ces accusations étaient avérées elles constitueraient un précédent d’une extrême  gravité. Une telle allégation porte en elle le germe du dévoiement des institutions démocratique et augure des lendemains sombres pour le pays.

Le Bénin a à sa manière porté sur les fonts baptismaux la démocratie en Afrique, de telles allégations préfigurent  que  l’oraison funèbre des démocraties africaines sera encore prononcé au Bénin.

Une porte de sortir de cet imbroglio de la LEPI est, peut être, un consensus national pour enterrer tout simplement cette LEPI, et d’initier une nouvelle base de données dont la conception et la réalisation seront confiées à un organe non partisan dont la gestion pourra être accessible à tous les citoyens. Une façon de laver le linge sale en famille pour avancer au lieu de l’enlisement qu’on observe actuellement.

Il faut dire que personne n’a vraiment compris ce qui s’est passé en 2011, des anonymes ont réussi à se faire élire député au grand dam des personnes portées par toute la région. La seule façon de ramener la confiance et la sérénité dans tous les esprits autour des scrutins à venir, c’est de réinitialiser le fichier électoral, une remise à plat du fichier électoral. Naturellement, c’est dommage de passer par perte et profit plus de 40 milliards de francs investi dans la réalisation de la LEPI, mais la paix n’a pas de prix.

Un simple lifting de la LEPI sans un mode de gestion transparente n’est pas souhaitable. Vivement que les autorités qui ont le pouvoir de décision au Bénin prennent la mesure de la situation et font le choix satisfaisant pour le pays.

Bénin : “ des chiens aboient…la caravane est aux abois !“

 

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La crise sociale au Bénin prend  malheureusement de plus en plus d’ampleur et la dernière sortie médiatique du chef de l’Etat béninois a comme jeté de l’huile sur le feu avec une radicalisation des revendications syndicales.  Mais, il reste que la situation du pays est plus que critique et la question se pose de savoir si le chef de l’Etat prend vraiment la mesure de la situation.

L’actualité sociopolitique au Bénin, de plus en plus alarmante, ne laisse plus personne indifférent dans le pays. L’année 2013 aura été une année noire pour le président Yayi et pour le Bénin. Tout au long de l’année, le chef de l’Etat a cumulé les déboires et les revers dans la mise en œuvre de ses réformes.

Sur le front social non plus, la politique gouvernementale n’est pas avenante. A propos du dialogue social, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il est depuis bien des années en panne. Année après année, les syndicats des différentes corporations interpellent le gouvernement sur leurs misérables conditions de travail, et chaque année les doléances restent sans suite. Le gouvernement dans une démarche floue mélange mutisme, intimidation et manipulation. Outre l’interdiction systématique des marches pacifiques des organisations qui ne partagent pas les mêmes opinions que le pouvoir, des diatribes et intimidations fréquentes sont proférées contre les secrétaires généraux des  syndicats, organisations de la société civile, journalistes, politiques voire le clergé catholique, une pratique jugée méprisante et antidémocratique par les partenaires sociaux.

Pour dénoncer tous ces manquements, et abus qui caractérisent la gouvernance Boni Yayi, les 5 centrales et confédérations syndicales du pays ont organisé le 27 décembre 2013, une marche pacifique à travers les rues de Cotonou.

Contre toute attente, cette marche a été violemment réprimée dans le sang sur ordre du préfet de l’Atlantique et du littoral Placide Azande, ordre exécuté par le commissaire central de Cotonou Agossadou Pierre. Cette violente charge de la police a causé une dizaine de blessés dans les rangs des manifestants, dont deux leaders des organisations syndicales.

La réaction des Responsables syndicaux et de l’ensemble des travailleurs est à la hauteur de l’indignation que cette répression a suscitée dans le pays. En riposte à cette répression, les cinq centrales syndicales du pays ont décidé d’une grève de 48 heures à compter du 7 janvier 2014. Les responsables syndicaux initiateurs de la grève exigeaient entre autres :

–          le relèvement de leurs fonctions de Placide Azandé, préfet du département de l’Atlantique-Littoral et de Pierre Agossadou, commissaire central de police de la ville de Cotonou, principaux « instigateurs » selon eux de la répression musclée de leur marche du 27 décembre,

–           le « respect scrupuleux et la jouissance sans entrave » des libertés démocratiques et syndicales,

–          la garantie de la sécurité à tous les citoyens, notamment les responsables syndicaux, des magistrats, des responsables de la société civile, des partis politiques et les opérateurs économiques ne partageant pas les mêmes points de vue que le pouvoir,

–          l’annulation « pure et simple » du concours de recrutement « frauduleux » au profit du ministère de l’Economie et des Finances de juillet-août 2012 et récemment validé par le gouvernement.

Après deux semaines d’observance de la motion sans satisfaction, le mouvement de débrayage est passé à 72 heures à compter du mardi 21 janvier.

Cette grève soutenue par les partis politiques de l’opposition et largement suivie par les travailleurs n’a pas du tout été du goût du gouvernement. Dans un communiqué du gouvernement signé de son secrétaire général Eugène Dossoumou, il est rappelé à l’attention des travailleurs que : « Conformément à la gouvernance syndicale universelle, le salaire est la juste rémunération du travail accompli.En conséquence, l’Etat  procédera à la défalcation systématique du nombre de jours non travaillés de leur salaire… Les intéressés devront s’adresser aux syndicats initiateurs des mouvements de débrayage pour se faire rembourser le nombre de jours ainsi défalqués ».

En effet, suite à l’effectivité de la mesure gouvernementale de défalcation sur les salaires des travailleurs pour fait de grève, constatée par les travailleurs sur leur salaire du mois de janvier, les grévistes ont durci le ton. Les mouvements de paralysie générale de l’administration publique ont gagné en intensité notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la magistrature, de la santé et dans l’administration générale.

Dans l’enseignement supérieur, suite à la défalcation sur salaires pratiquée par le gouvernement, les enseignants des universités publiques du Bénin ont déclenché une grève illimitée en vue d’exiger de l’exécutif béninois, la satisfaction des revendications des travailleurs béninois, mais aussi le remboursement sans délai des ponctions « arbitraires » faites sur les salaires des enseignants du supérieur pour fait de grève, indique un communiqué de l’Intersyndicale des enseignants du supérieur composé du Snes, Synares, Synhub et du Sécup. Une année blanche en perspective dans le pays.

Dans le secteur judiciaire, l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) était en grève de 72 heures renouvelables chaque semaine depuis novembre pour des raisons corporatistes. Elle  a aussi suivi le mot d’ordre de grève des centrales syndicales de janvier dernier et les magistrats aussi ont vu leur salaire défalqué des jours de grève ce qui a ravivé leur colère.  Réunie en assemblée générale extraordinaire le lundi 27 janvier 2014, l’Union nationale des magistrats du Bénin a exigé du gouvernement l’annulation pure et simple, et ce, avant vendredi 31 janvier 2014 de la mesure de défalcation qu’il a prise.

Passé ce délai, l’Uanamab pourra durcir le mouvement en cours en passant d’une grève de trois jours à cinq  jours par semaine, renouvelable par tacite reconduction, à compter du lundi 3 février 2014 à effet d’exiger du gouvernement entre autres :

– La rétrocession de l’intégralité des fonds illégalement et arbitrairement défalqués,

– la correction des irrégularités contenues dans les nominations de 2013 et de 2014.

Toutes ces revendications n’étant pas satisfaites à ce jour, la logique d’une paralysie du système judiciaire du pays s’impose ici aussi en perspective des dommages énormes pour les justiciables béninois.

Dans le secteur de la santé, depuis le 1er octobre dernier, le Collectif des praticiens hospitaliers (CPH) qui observait déjà un mouvement de grève dans tous les hôpitaux publics pour des raisons corporatistes a également suivi le mot d’ordre de grève des centrales syndicales de janvier dernier et les médecins aussi ont vu leurs salaires défalqués des jours de grève.

Réunis en assemblée générale à l’hôpital de la mère et de l’enfant Lagune (Homel) de Cotonou ce 28 janvier 2014, le Collectif des praticiens hospitaliers menace aussi de durcir le ton si le gouvernement ne fait rien pour accéder à ses revendications avant le 10 février 2014. En lieu et place de la grève de 96 heures qu’il observe déjà, le CPH entend déclencher la semaine « hôpitaux morts, sans médecins ». Autant dire une hécatombe en perspective dans le pays.

Il faut dire que cette radicalisation des mouvements syndicaux sonne un peu comme la réponse de la bergère au berger après le  discours du chef de l’Etat du 27 janvier, discours dans lequel il n’y est pas allé du dos de la cuiller contre ses pourfendeurs :  « Ils vont à Paris … je les suis…je suis au courant de tout…je les ai tous…ils sont dans mes mains… je les attends… je vais bondir et je bondirai sur… ils verront… il peut y avoir la guerre… vous les jeunes je vous le jure… le Père céleste créateur du ciel et de la terre…vous êtes mon bouclier, je serai avec vous au ciel ou sur la terre…les syndicalistes…le président ne peut plus toucher quelqu’un…ils vont utiliser de l’encre rouge pour simuler le sang…pour ternir mon image…l’image de la République « , etc.

Dans ce contexte délétère où tout le monde est fâché contre tout le monde, les travailleurs visiblement plus engagés que jamais et le gouvernement décidé à en découdre avec eux, la question se pose de savoir où va le pays ?

Hôpitaux morts, université en berne, tribunaux en berne, écoles et lycées et en berne, Administration publique paralysée, autant dire pays mort. Cette stratégie peut être comparée à une défense en ligne au football. L’adversaire est techniquement mis hors jeu, ce qui est aussi bien dangereux pour le pays que pour le chef de l’Etat.

Oui, il y a lieu de le dire, au Benin, il y a péril dans la demeure. D’ailleurs, dans son discours du 27 janvier, après avoir traité tous ses pourfendeurs de : « Chiens qui aboient…qui ouvrent la gueule.. », le président a lui-même avoué que : « … La situation est très dangereuse… très triste, nous sommes tous coupables… »

Pour ma part, je pense qu’il ne faut peut-être retenir du discours du chef de l’Etat que cette dernière phrase. Tous coupables, une façon de reconnaître que la solution est dans le dialogue et non dans la confrontation.

Vivement que la rencontre paritaire gouvernement-syndicat prévue ce lundi à Cotonou pour explorer les voies de sortie de cette terrible crise se tienne effectivement et permette aux protagonistes de fumer le calumet de la paix afin que les compromis nécessaires soient trouvés pour dénouer l’une des crises les plus profondes de l’histoire du Bénin.

Bénin: Y a-t-il encore un capitaine à bord du navire?

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Président  Boni Yayi

Si le premier mandat du président Boni Yayi a été globalement satisfaisant, malgré le cafouillage et le populisme du chantre du changement et de l’émergence économique du Bénin, le deuxième mandat est probablement celui de trop car le  roi du Palais de la Marina ne semble plus rien maîtriser dans le pays. Au rythme où vont les choses, c’est à se demander si à l’instar du capitaine du Costa Concordia, Francisco Schettino, le président boni ne va pas larguer le navire Bénin avant la fin de son mandat s’il ne parvenait pas à modifier la constitution pour rempiler.

 

Au Bénin plus rien ne va ou plus précisément tout va à vau l’eau. De grogne en boude, de protestation en contestation, de désaveux en déculottée, le président Yayi Boni n’en finit plus de subir les revers et les affronts.Comme si le sort s’acharnait sur l’homme du changement, les nouvelles se suivent et se ressemblent toutes, cruelles. Iironie du sort, c’est justement pour n’avoir pas voulu faire non les changements annoncés et attendus par tous mais plutôt celui de la constitution redouté par tous  que le divorce entre le président et son peuple semble définitivement consommé.

 

En effet, après le sulfureux K.O de Boni Yayi à la présidentielle de mars 2011 et  sa victoire écrasante aux législatives, le Chef de l’Etat s’en était sorti avec une majorité appréciable capable de soutenir son action. Le ralliement surprise de la Renaissance du Bénin (Rb), théoriquement membre de l’opposition lui avait permis de conforter sa majorité parlementaire. Mais depuis, les promesses non tenues, les objectifs inavoués et la dictature rampante du locataire du palais de la marina ont conduit à la situation quasi chaotique que traverse le pays en ces temps ci.

Au total, après le chaos magique au premier tour des présidentielles de 2011 pour son deuxième mandat, les béninois, aucunement dupes ont laissé faire, semble t-il, pour éviter le scénario  ivoirien, encore vivace, dans les esprits à cette époque là, soit. Mais dans le pays, tout le monde ironise sur le K.O. en redoutant qu’il ne se transforme en chaos, tant les tensions sont palpables à tous les niveaux. la vague de crises qui secouaient les différents secteurs professionnels du pays avant les élections présidentielles va se muer en une spirale de contestations sociale au point où un an après sa réélection, le chef de l’Etat, visiblement dépassé par les événements,  et pour, sans jeu de mot, changer son fusil d’épaule, procéda à un remaniement technique de son gouvernement et s’empara lui-même du portefeuille de la défense nationale avant de l’attribuer à une autre personne lors d’un remaniement ultérieur.

De fait, c’est une vrai paranoïa qui s’est installée au sommet de l’Etat et pendant que les rumeurs font état de brouille entre le chef de l’Etat et ses amis politiques au sujet de la révision constitutionnelle, lui accuse le chef de fil, supposé, des anti révisionnistes, le richissime homme d’affaire, Patrice Talon, de tentative d’empoisonnement puis de coup d’Etat contre sa personne. Ce dernier ayant pu fuir du pays avant son arrestation, une information judiciaire sera ouverte contre lui a Cotonou  et des mandats d’arrêt internationaux lancés contre lui et ses lieutenants.

 Dans le même temps, à l’Assemblée Nationale, le  projet de révision constitutionnelle initié par le gouvernement  divise le pays et relance le débat sur l’opportunité d’une révision de la constitution face aux urgences de l’heure que sont la pauvreté, l’emploi des jeunes, le bien être des travailleurs, la corruption et la cohésion nationale.

Au quotidien, après le cafouillage et la mascarade de la liste électorale permanente (LEPI) qui a permis le KO électoral et dont les meurtrissures sont encore palpables dans le pays, plusieurs scandales politico-économiques, vont  émailler la gouvernance de Boni II. Il s’agit notamment de l’Affaire du Programme de Vérification des Importations (PVI), des chantiers financés à coût de plusieurs milliards de francs par le budget national et laissé à l’abandon ( le palais de l’Assemblée Nationale, la centrale à gaz de Maria Gleta),  puis  des affaires d’empoisonnement du chef de l’Etat et de coup d’Etat.  Ajouter aux scandales du premier mandat, en particulier les affaires Cen-Sad et ICC service, la coupe semble pleine et le ras le bol ressenti à tous les niveaux sans que le gouvernement ne prennent vraiment la mesure de la situation, malgré les cartons jaunes qui lui sont brandit de toute part.

Oiseau de mauvais augure ou présage incompris, la révision de la constitution de 1990 est le projet phare du deuxième quinquennat de Boni Yayi et c’est un projet qui a le mérite de faire unanimité contre lui sans que le président ne prenne toujours la mesure de la question. En effet, le front des anti-révisionnistes regroupe naturellement  les membres de l’opposition politique, de la Société Civile, mais aussi les membres de la majorité présidentielle dont les plus téméraires n’hésitent pas à dire tout haut ce que les autres pensent tout bas en brandissant le carton jaune.

Ce qu’un carton jaune ne suffit pas à faire comprendre, seul un carton rouge peut le faire et comme l’a dit Candide Azanaï, un député béninois lors du vote du budget 2014, le président boni ne veut pas entendre raison et le seul moyen pour y parvenir est de le saisir par les oreilles  et lui crier fort à l’intérieur ce qu’on veut lui signifier.

La première personne qui à oser saisir les oreilles présidentielles pour lui dire : “ trop c’est trop », c’est le juge d’instruction du sixième cabinet du tribunal de première instance de Cotonou, Angelot Houssou. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, ce juge qui avait en charge l’instruction  des dossiers de tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat contre le président Boni Yayi et qui se déplaçait au palais pour instruire le chef de l’Etat a clôturé son instruction le 17 mai 2013 par  des ordonnances de non-lieu général dans les affaires de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat, Boni Yayi, et de tentative de coup d’Etat, une décision qui symbolise un’échec cuisant pour le  Chef de l’Etat.

Cette courageuse ordonnance de non lieu  sera confortée le lundi 1er juillet 2013 par  la Cour d’appel de Cotonou qui a confirmé les ordonnances de non-lieu rendues par le juge Angelo Houssou dans les mêmes dossiers en première instance. Aujourd’hui, le juge Angelot Houssou est réfugié politique aux USA ou l’asile politique lui a été accordée.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, la cour d’appel de Paris auprès de qui le gouvernement béninois a adressé une demande d’extradition de Patrice Talon le principal accusé dans ces deux affaires a, dans son verdict du 4 décembre 2013, refusé d’extrader les prévenus à Cotonou où les conditions d’un jugement équitable ne sont pas de son point de vue garanties.  Deuxième échec cuisant donc pour le Chef de l’Etat

Et puisque jamais deux sans trois, la troisième estocade au chef de l’Etat est venu des USA avec le rejet de la candidature du Bénin pour le deuxième compact du Millenium Challenge Account. Déclaré éligible pour le second compact du Millénium Challenge Account avec une note de 11/20 à la fin de l’évaluation après le premier compact,  lors de sa session trimestrielle tenue le mardi 10 décembre 2013 à Washington, le Conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (Mcc) a rejeté la candidature du Bénin. La raison essentielle de ce refus est la faible moyenne obtenue par le Bénin au niveau de l’indicateur relatif à la corruption et la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat. Au total c’est 300 milliards de franc cfa d’appui budgétaire accordé par les USA que le Bénin perd à cause de la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat

Dure dure que ce mois de décembre 2013, pour le chef de l’Etat béninois qui n’était pas encore au bout de sa peine. L’Assemblée nationale du Bénin a rejeté jeudi 19 décembre 2013 par 44 voix contre et 39 voix pour, le budget de l’Etat exercice 2014 après un vote secret. Quand on sait que le chef de l’Etat bénéficie pourtant d’une majorité confortable au sein de ce parlement, on comprend qu’il ne maîtrise plus sa famille politique qui semble commencer par lui montrer la porte de sortie.

Et comme si tout ceci ne suffisait pas, sur le front social, les nouvelles ne sont pas meilleures. depuis le 1er octobre dernier, les  praticiens hospitaliers du Bénin  observent une grève perlée qui vise à demander le paiement des primes de risque et qualification coupées depuis 1982 et qui correspondent à 20% du salaire indiciaire brut des agents de santé béninois. Une grève qu’ils menacent de  radicaliser à 96 heures par semaine sans service minimum.

La même situation s’observent du côté des magistrats  qui observent depuis le mardi 3 décembre 2013 une grève perlée de 72 heures par semaine pour exiger du gouvernement la correction des violations des principes d’inamovibilité des juges du siège et celui de la préséance dans les nominations ou affectations de magistrats faites en 2011 et en 2013.

Quant aux syndicats de l’Education nationale, il sont en échauffement et comptent entrer dans la danse à partir de janvier si leurs revendications ne sont pas satisfaites jusque là.

 Au regard de tous ces déboires essuyés par le chef de l’exécutif béninois, on peut, à juste titre, se demander s’il y a encore un capitaine dans le navire tant il prend l’eau de toute part. Le président Boni Yayi a promis monts et merveilles au peuple et fait aujourd’hui les frais de ses errements politiques . Espérons qu’après lui le déluge n’emporte tout le peuple.

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