Mme Antoinette Eya Toung, une femme de sciences et de foi au service de la jeunesse gabonaise

 

Chef de département des sciences de la vie et de la terre du lycée Paul Indjendjet Gondjout de Libreville, Mme Antoinette Eya Toung dirige également LE  CHANT DE GLOIRE, un groupe d’étude biblique à vocation œcuménique. 

Femme de sciences et de foi, elle ne ménage pas ses efforts pour assumer ses différentes responsabilités. Aux heures ouvrables, elle est à la tâche dans les salles de classe et laboratoires pour enseigner le savoir scientifique aux élèves. A ses heures libres, elle s’affaire au CHANT DE GLOIRE pour approfondir la connaissance biblique et la foi chrétienne de ses membres. Pour sa première sortie publique, LE CHANT DE GLOIRE a organisé le samedi 27 mai 2017 à l’hôtel Héliconia de Libreville, un atelier débat sur le thème : « Oui ! Je viens bientôt ». L’occasion de demander à Mme Antoinette Eya Toung, les objectifs de cet atelier débat, mais aussi et surtout comment elle concilie au quotidien la méthodologie des sciences expérimentales qu’elle professe et le respect des canons bibliques qu’exige la foi chrétienne.

 

Bonjour Mme Antoinette Eya Toung. Vous avez organisé à Libreville  le 27 mai passé, un atelier débat sur le thème : « Oui ! Je viens bientôt », quels étaient les objectifs de cet atelier et quel bilan en avez-vous fait ?

Bonjour! Je voudrais commencer par vous remercier d’avoir répondu à notre invitation. Au CHANT DE GLOIRE. Nous avons des objectifs purement évangéliques ce qui justifie le thème de l’atelier qui est tiré du livre de l’Apocalypse au chapitre 22 : 20. Nous visons à maintenir le chrétien en éveil par rapport aux écritures bibliques qui sont toujours d’actualité quel que soit le contexte global dans lequel nous vivons. Il est question de réveil, d’instruction et de restauration de la foi chrétienne. Pour cet atelier nous avons accueilli surtout des étudiants  chrétiens qui se sont dits très édifiés à la fin, donc nous pensons que l’objectif a été atteint.

 

 L’actualité scientifique mondiale en ce moment est la découverte sur le site marocain de Djebel Irhoud, des restes de 5 individus de l’espèce humaine Homo sapiens datant de 315 000 ans par une équipe internationale dirigée par Jean Jacques Hublin, ce qui repousse de 100 000 ans, l’âge de l’espèce humaine estimé jusqu’alors à 200 000 ans. Quelle appréciation faites-vous de cette découverte scientifique?

200 milles ans ou 300 milles ans pour ma part ça ne change pas grand chose car la paléontologie utilise des méthodes de datation qui sont toutes approximatives, mais la certitude est l’existence d’une espèce HOMO Sapiens dont nous sommes les dignes descendants.

 

Cette découverte conforte la théorie de l’évolution du monde vivant et donc la descendance de l’homme des primates hominidés Australopithèques alors que la bible dans la genèse nous apprend que l’homme a été créé par Dieu. Mme Antoinette Eya Toung, comment conciliez-vous la théorie de l’évolution prônée par la science que vous professez et le respect des dogmes bibliques qu’exige la foi chrétienne?

Pour ma part le débat qui oppose le créationnisme biblique et la théorie de l’évolution de Darwin est confus car on s’en sert pour désavouer les écritures bibliques ce qui n’était certainement pas l’objectif de Darwin. La théorie de nos jours a été transposée dans différents domaines et on s’en sert actuellement pour amener des connaissances « subtiles » qui apportent de grands bouleversements des mentalités et des habitudes sociales.
En tant qu’enseignante des sciences de la vie et de la terre, je sais que les innovations génétiques existent, il suffit pour cela d’observer la diversité humaine pour la comprendre. Mais je tiens quand même à souligner que le message de la bible n’est pas statique. Il parle aussi d’une certaine façon d’une évolution de l’espèce humaine et donc par conséquent des espèces au fil du temps. La preuve, selon le thème de notre atelier, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui sera remplacé par un autre ; il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre! La science est très utile et je ne pense pas qu’elle contredise les écritures saintes.

 

LE CHANT DE GLOIRE est un groupe d’étude biblique à vocation œcuménique, à votre avis, Mme Antoinette Eya Toung, le vodoun africain, fait-il partie du patrimoine religieux de l’Humanité ?  

Bonne question. Je sais que le culte vodoun est en pleine expansion dans le monde, à ce titre il constitue un patrimoine pour l’humanité. Mais je ne suis pas très instruite sur le sujet et je suis plutôt dans l’expectative. Je ne sais même pas ce que signifie « vodoun ».et je voudrais en savoir un peu plus car dans mon imaginaire, je le trouve un peu mystérieux, ce qui a plutôt un effet plus ou moins négatif. S’il était un peu plus dévoilé, il serait moins controversé et plus utile à mon sens.

 

Au plan sociétal, le déferlement des associations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) sonne petit à petit le glas de l’hétérocentrisme des sociétés humaines. Selon vous, est-ce le signe de l’approche de la fin des temps annoncée par les écritures ou une évolution postmoderne inéluctable des sociétés humaines à laquelle il faut s’adapter?

les déviations sexuelles sont un des grands signes de la fin de notre temps. Si nous les admettons, il n y aura plus, à un moment donné, de reproduction de l’espèce donc une fin programmée. L’hétérosexualité maintien la vie, il est impossible que la société devienne homocentrique. Les temps géologiques durent de millénaires et se succèdent, notre temps aussi passera et les signes sont à la fois moraux et environnementaux ; d’ailleurs les deux aspects sont liés, c’est l’environnement qui est à l’origine des innovations génétiques.

 

pour le mot de la fin, quel message auriez-vous envie de transmettre à la jeunesse gabonaise et africaine ?

A la jeunesse africaine je dis que la religion est utile ; les connaissances bibliques ne sont nullement désuètes, au contraire. Pour échapper à la dispersion des valeurs ce sont les enseignements religieux qui nous permettront de trouver des solutions aux maux de la société. Les mutations sont inhérentes à la vie sociale, mais nous devons nous préserver des méfaits qu’elles peuvent engendrer. Il faut donc combattre toutes les dérives et le fondamentalisme biblique serait d’un grand apport.

 

Merci Mme Antoinette Eya Toung pour cet entretien exclusif et surtout pour votre engagement que j’espère inspirera les jeunes africains à être chaque jour une personne meilleure

Le Fâ et le Lègba, les deux piliers du vodoun


Le panthéon vodoun offre une galaxie de près de trois cents esprits divinisés hiérarchisées dont les esprits majeurs sont en langue fon du Bénin et yorouba du Nigéria, respectivement: Xêvioso (chango), Sakpata  (chakpana),  Gou  (Ogoun),  Dan (Oshumare),  Fâ (Ifa) et Lègba (Elegbara ou Eshu), auxquels s’ajoutent des centaines de divinités secondaires. Toutefois, un lien très particulier semble lier le Fâ et le Lègba. Cette relation a suscité beaucoup d’interrogations de la part des chercheurs des siècles passés, notamment pendant la période coloniale. Quelle est la nature de la relation entre le Fâ et le Lègba et quelle peut être son importance dans l’espace religieux vodoun ?

 

 Le vodoun en question

Personne n’a jamais vu Dieu, Personne ne verra jamais Dieu.

Mais tout le monde, à un moment ou un autre de sa vie, est frappé par le sentiment du sacré et du plus haut que soi.

Tout le monde est amené, à un certain moment, à voir au cœur des vicissitudes de la vie, des signes de la transcendance divine qui va au delà de tout.

Dieu est donc une réalité présente dans le cœur de chaque être, de chaque peuple.

Dans la cosmogonie des peuples de l’aire culturelle Adja-Tado qui constituent la base des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, et le sud du Nigéria…), la transcendance divine a pour nom Mahou, en langue fon du Bénin, qu’on peut traduire par : « l‘inaccessible » ou en langue yorouba, Olorun « Maître des cieux »

Il est source unique de vie et maître absolu du visible et de l’invisible. Il est incréé et créateur de l’univers et de tout ce qui le peuple. Etant inaccessible, il n’intervient pas dans la vie des hommes.  Toutefois, son souffle, ressenti à travers ces œuvres, est incarné  par des esprits qui sont baptisés «Vodoun» en langue «Fon» du Bénin ce qui est  un diminutif de «Yehwe-vodoun» ou encore Orisha en langue yorouba. Les vodoun sont donc des esprits divinisés considérés comme les intermédiaires entre les hommes et Mahou. Leur mission est d’intercéder en permanence pour les hommes auprès de l’unique Dieu Suprême quça

‘est Mahou.

Les vodoun seraient donc, des médiateurs entre Dieu et les hommes. Pour ces derniers, ils obtiennent des faveurs, mais sont également les exécuteurs des vengeances divines. Mahou étant d’essence spirituelle, n’a pas de forme. Il n’est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vodoun. Ceci explique qu’il n’y a nulle part dans l’aire du vodoun un culte pour Mahou ; on ne fait que le remercier, le glorifier. En revanche, ce sont les vodoun ou  orishas qui sont objets de cultes.

Plus généralement, le vodoun est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur, Mahou, en dessous duquel se trouvent des esprits divinisés appelées vodoun et qui servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout puissant. Ils peuvent entrer en communication et même collaborer avec les humains. Cependant, dans le concert des vodoun, certains ont tissé des relations très étroites l’un avec l’autre. Le plus manifeste, est la relation de Fâ, le vodoun de la destinée et de Lègba, le messager et vodoun de la croisée des chemins. La nature de cette relation a suscité beaucoup d’interrogations par le passé. 

Le père Paul Falcon dans « religion du vodun » Etude dahoméenne (Nouvelle Série) n 18-19, juillet-octobre 1970 écrivait : « le nom de Lègba est des plus souvent associés à celui de Fa. La relation étroite qui unit ces deux divinités est rappelée par un mythe qui insiste en même temps sur le caractère rusé et le fameux appétit de Lègba….  Voici bien longtemps, les dieux avaient faim. Comme Fâ se plaignait, Lègba lui conseilla, on pourrait dire en termes triviaux, de trouver un métier rentable. Il fit un marché avec lui, en échange d’un renseignement qui permettrait à Fâ de se faire nourrir éternellement par les hommes, il obtint les prémices de chaque sacrifice ou offrande que ceux-ci lui offriraient. Ayant compris que les hommes sont consubstantiellement des êtres pétris d’angoisses, et que ce fait pouvait être mis à profit, Lègba préconisa à Fâ de leur révéler leur destinée contre de la nourriture. Fâ suivit ces conseils, et s’en porta bien. Depuis, à chaque demande humaine concernant sa destinée, son avenir, par la divination, Lègba obtient les prémices du sacrifice destiné à Fâ». Voila selon lui pourquoi Lègba est toujours invoqué par les hommes, en premier lieu, lors de chaque sacrifice, avant tous les autres vodoun.

Je pense, pour ma part, que la liaison entre le Fâ et le Lègba dépasse largement le niveau du mythe et plongerait ses racines dans le dogme du vodoun. Notons tout d’abord que le Fâ ou Ifa en yorouba et le Lègba ou Elègbara en yorouba sont deux vodoun originaires d’Ilé Ifê au Nigéria. Ils constituent le point commun de la religion vodoun du Bénin et des orisha du Nigéria. Mais au delà de cette identité d’origine, il y a surtout la convergence que l’on peut noter au niveau de leur fonction respective et  la mystique intuitive qui se dégage de leur union.

 

La Fâ ou le vodoun de la destinée et de la sagesse

Dans la religion vodoun, le Fâ occupe une place exceptionnelle. Tout commence en effet par le Fâ et tout finit par le Fâ. Dans un article passé, j’avais déjà mentionné les deux dimensions du Fâ, il est à la fois divinité, mais aussi connaissance et science. Le message du Fâ ou oracle est d’essence divine, voire prophétique. C’est un art divinatoire  qui se réalise à l’aide d’un chapelet divinatoire à deux branches identiques et 16 combinaisons possibles par branche. Ces 16 combinaisons sont les figures de base ou figures-mères de l’oracle Fâ. L’assemblage des deux branches donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons ou signes (ou encore arcanes) du Fâ appelés en langue fon du bénin « Dou » du Fâ ou « odu » en yorouba et se décomposant comme suit : 16 signes- mères ou figures double qu’on appelle “Dou-mêdji” ou “Dougan”. Ils sont également les représentants des maisons géomanciques et 240 signes secondaires appelés “Vikando” ou “Douvi “. Ces 256 signes du Fâ  représentent les 256 possibilités de vies humaines selon le Fâ.

Ainsi le Fâ parle toujours en paraboles en tant que système de divination et son langage est symbolique et se traduit par des traits simples ou doubles (selon que les quatre demi-noix de chaque branche du chapelet retombent ouvertes ou fermées). L’ensemble des traits des deux branches du chapelet forment la représentation figurative de chaque « Dou » qui porte un nom construit à partir des deux figures-mères qui la composent.

Les 16 signes-mères du Fâ

 

Par ailleurs chaque Dou du Fâ contient 16 vers qui expriment de façon lyrique et poétique une histoire sacrée des peuples yoruba ou adja, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette sur lesquels le devin va se baser pour interpréter l’oracle du Fâ et transmettre la réponse du Fâ à la question qui a motivé la séance. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible.

Le Fâ est utilisé de façon ponctuelle dans les moments critiques de la vie  mais aussi de façon générale pour connaitre le signe sous lequel est placé une vie: c’est la prise de Fâ. 

En comparaison avec les grandes religions révélées, le gros déficit du vodoun par rapport à ces religions, est l’absence de livre saint à l’instar de la bible ou du coran. Mais ce déficit est en partie comblé par le Fâ qui est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie. Les 256 dou ou arcanes qui le composent et le corpus de plus de 4096 vers qu’il recèle englobent et incarnent la totalité des archétypes universels et offrent largement matière pour un livre sacré. Certes, ce livre reste, actuellement, informel, mais il n’en demeure pas moins un livre potentiel, un « livre-oral » qui gagnerait à être transcrit, édité et vulgarisé.

Les prêtes du Fâ, les Bokonon ou Babalawo chez les yoroubas  qui ont fait une longue formation et maîtrisent cette masse de données, sont  les « bibliothèques vivantes » par excellence dont parle Hamadou Hampaté Ba dans son œuvre. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de spiritualité, de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour.

 

 Le Lègba ou le messager et vodoun de l’imprévisible

De toutes les  divinités du panthéon vodou, manifestement, Lègba est la figure du Vodoun la plus familière, mais aussi la plus singulière. Dans un article précédent consacré à Lègba, j’avais relevé qu’il est la synthèse de multiples caractéristiques et fonctions plus ou moins contradictoires qui font de lui un vodoun singulier du panthéon vodoun. Traditionnellement Lègba est représenté par une bute de terre aux formes plus ou moins humaines avec souvent un phallus démesuré. Les représentations de lègba trainent partout. On l’aperçoit aux seuils des habitations, des lieux publiques et à tous les coins de rues dans les vieilles citées et les villages.

Ainsi que ses caractéristiques, les fonctions de Lègba sont multiples. Lègba est le gardien des  propriétés,   Il est un rempart contre les ennemis réels et mystiques de la famille, de la cité ou de la communauté. Par extension Agbo-Lègba désigne  le Dieu des frontières, du chemin ou  de la croisée des chemins. Il protège des aléas de la route ; il est le vodoun de l’imprévisible.

Cependant, Lègba est en tout premier lieu, un messager entre les hommes et les vodoun.  Messager privilégié, car le seul à les comprendre tous. On ne peut commencer libation et sacrifice à un grand nombre de vodoun sans en offrir les prémices à Lègba afin d’obtenir son concours comme médiateur ou intercesseur.

 

Le Fâ et le Lègba: la destinée et l’imprévisible au service de l’homme

De tout ce qui précède, il apparaît que par le Fâ, l’homme peut  connaitre son destin par rapport à sa vie ou à une préoccupation particulière. La consultation se déroule chez les prêtres du Fâ qui sont les seuls habiletés à interpréter le signe ou Dou apparu à partir des vers que contient ce signe et des questions subsidiaires qu’il pose au consultant. Généralement, l’interprétation est globalement favorable ou globalement défavorable par rapport à la préoccupation du consultant que le prêtre du Fâ n’est pas censé savoir. Mais dans un cas comme dans l’autre, une prescription est donnée et intègre un volet comportemental et un volet offrande ou sacrifice de poulet ou cabri à faire prioritairement à Lègba, pour une réponse favorable à la préoccupation. A ce propos, une sagesse populaire en pays yorouba proclame :

Adoura mi o gbémi

(Ma prière me sauvera)

Bi kadara o gbémi

(Même si le destin me condamne)                          

Cette sagesse sous entend que même si l’oracle du Fâ est défavorable, cela est préoccupant certes, mais pas fatal. La prière, les offrandes, les libations et sacrifices aux vodoun peuvent permettre de l’atténuer, voire l’inverser.

Ainsi, dans le cadre de la religion vodoun, quelque soit la préoccupation qui est la votre, tout commence par la consultation du Fâ et les recommandations de l’oracle du Fâ, passent le plus souvent par l’invocation et les offrandes à Lègba, puis au vodoun qui s’exprime à travers le signe apparu. Lègba représente donc l’autel par défaut où sont déposées les offrandes et où l’on implore Dieu. Le  Fâ et le Lègba ont donc pour vocation d’aider les hommes dans leur conduite terrestre afin de les amener au terme de leur existence à devenir de purs esprits dans le royaume d’Orun (le ciel).

Vu sous cet angle, le caractère « capricieux supposé » de Lègba peut s’analyser comme un appel ou un encouragement de l’homme à redoubler d’efforts dans l’invocation et l’imploration afin de rendre possible l’oracle s’il est favorable ou l’atténuer s’il est défavorable. Ceci évoque l’effort personnel qu’il doit accomplir pour transformer sa vie. Les implorations de Lègba confèrent donc au sujet une posture de dévotion qui nous plonge au cœur de la spiritualité, de la religion. L’oracle et la prière forment ainsi un couple de performance aux mains de chaque être pour faire prospérer le plan de Dieu pour lui.

Il y a donc une convergence et une synergie étroite entre les fonctions assumées par le Fâ et le Lègba. Le vodoun de la destinée et le vodoun de l’imprévisible, unis pour optimiser la vie de l’être humain et le conduire dans la demeure céleste, ainsi peut se résumer la mystique intuitive qui se dégage de l’union entre le Fâ et le Lègba. A mon sens, le Fâ et le Lègba forment le couple cardinal, porteur du dogme et de la spiritualité de la religion vodoun. Ils constituent donc les deux piliers qui sous-tendent la religion vodoun.

Comparé à un système informatique, le fâ apparaît comme le système d’exploitation du vodoun. Tel un système d’exploitation, il  est  le premier programme exécuté lors de la mise en marche du système  et dirige le fonctionnement de tout les autres vodoun qui apparaissent comme des logiciels applicatifs. Le Lègba quant à lui est, dans l’ordre de préséance, le premier logiciel applicatif exécuté. Ils forment ensemble les deux vodoun auxiliaires du panthéon qui aident à l’expression de tous les autres vodoun.

 

De la nécessaire modernisation du vodoun

Bien sûr, cette théorie sur la portée dogmatique et mystique du couple Fâ et Lègba peut paraître très idéaliste au regard de tous ceux qui ont des appréhensions ou même des préventions contre le vodoun, moi-même y compris. Mais dès lors qu’on fait l’effort de séparer les dérives, les abus et autres exactions observés dans la pratique du vodoun et qui sont du fait de l’humain de la dynamique du rituel en soi, on peut voir la chose autrement.

Toutefois, ce qui reste prégnant est que le vodoun continue de faire peur, Il est souvent assimilé au mal à cause de ses rituels occultes, ses dérives non assumées et à son manque de modernisme. Ceci pose nécessairement la question de sa modernisation.

Cette modernisation s’impose d’autant plus que la forme plus ou moins policée que présentent actuellement les religions révélées n’a pas existé de tout temps. Elle s’est établie peu à peu avec la modernité. De plus, les sacrifices par le sang pratiqués jadis chez les chrétiens ont été symboliquement commués en sacrifices par le vin et le pain. Chaque jour, de nouvelles reformes sont initiées pour moderniser et améliorer les pratiques.

De même, le vodoun en tant que religion endogène, peut et doit se moderniser. Il appartient aux dignitaires vodoun de booster cette modernisation. Les principaux défis passeront par:

  1. l’édition d’un livre sacré harmonisé et accessible à tous,
  2. des rituels codifiés plus ou moins transparents, 
  3. le passage du sacrifice par le sang et la viande des animaux aux oblations avec des objets symboliques.

De telles reformes  inscriront le vodoun dans une perspective moderne, enlèveront un grand nombre de préjugés négatifs qui reposent sur lui et donneront un regain de vitalité à cet espace religieux endogène.

 

In fine, une convergence forte se dégage entre les fonctions assumées par le Fâ et le Lègba dans l’espace vodoun. Le Fâ y est incontournable et le Lègba, indispensable.  A mon sens, le Fâ et le Lègba forment le couple cardinal, porteur du dogme et de la spiritualité de la religion vodoun dont ils constituent les deux piliers.

Le jour où Papa Wemba m’a fait pleurer de rire

Papa Wemba sur scène au FEMUA

Le chanteur congolais Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, plus connu sous le nom de Papa Wemba, est décédé dimanche 24 avril à Abidjan, en plein concert, alors qu’il se produisait sur la scène du festival Femua. Depuis lors, sur le continent et hors du continent, Officiels, membres de famille, fans, et anonymes rendent, chacun à sa manière, hommage à l’icône de la rumba congolaise

Le chanteur congolais Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, est décédé dimanche 24 avril à Abidjan, en plein concert. Invité du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), fondé par le groupe ivoirien Magic System, Papa Wemba était à Abidjan pour deux prestations. La première qu’il n’achèvera jamais à Abidjan et la seconde à Korhogo (nord du pays), une étape annulée par les organisateurs.

Quatre jours après sa mort, sa dépouille est arrivée ce jeudi 28 avril à Kinshasa, la capitale de son pays, la RD Congo. Un hommage populaire est prévu pour le lundi 02 mai 2016. L’inhumation aura lieu le lendemain mardi 03 mai près de Kinshasa.

Père de six enfants, Papa Wemba est reconnu comme l’une des plus grandes divas de la musique congolaise et africaine. Il a influencé des générations entières de musiciens africains, et surtout a semé la joie et l’amour dans les cœurs de tous les africains au-delà des frontières et des âges.

Pour ma part, dans mes souvenirs, Papa Wemba est resté lié à un événement professionnel qui a eu lieu il y a une dizaine d’années. Je venais d’être nouvellement affecté au Lycée Paul Indjendjet Gondjout de Libreville et en ce premier jour de classe, j’avais cours dans une classe de troisième. Premier jour de cours pour moi dans le lycée et premier contact avec les élèves, autant dire que j’étais aussi stressé que les  élèves qui étaient devant moi.

Après les formalités d’usage, le cours à démarré. La leçon du jour avait pour titre : caractère spécifique, caractère individuel, caractère héréditaire.

Pour illustrer la leçon j’avais opté pour des activités vivantes. Ainsi pour asseoir la notion de caractère spécifique, j’ai invité devant la classe un garçon et une fille, désigné au hasard parmi les élèves. A partir du questionnaire préparé par moi, les élèves ont pu, à ma satisfaction, conclure que les caractères spécifiques sont les particularités (morphologiques, physiologiques ou comportementales) communes à tous les membres d’une espèce. Exemple chez l’homme : Avoir une tête, avoir deux mains, deux yeux,  dix doigts ou un nez.

Après les  caractères spécifiques, nous en sommes venus au aux caractères individuels. Pour clarifier ce nouveau concept, j’ai demandé à un élève de la classe de citer un caractère spécifique et son choix se porta sur le caractère : avoir un nez. Sur la base de ce choix, j’ai repéré et désigné un élève métis qui avait un nez aquilin évident puis je recherchais des yeux un autre élève avec un nez plus ou moins épaté. Aussitôt les élèves ayant compris ma démarche se mirent à m’indiquer du doigt un de leur camarade au fond de la classe. Le camarade indiqué plaqua sa tête contre le mur en agitant la main en signe de non ! Non ! Plus par curiosité que par nécessité, je m’approchai de lui et l’encourageai à répondre à la sollicitation de ses camarades. Il obtempéra de bonne foi et retourna sa tête vers moi.

J’ai pu alors constaté qu’il avait, en effet, un nez assez généreux et très épaté. Toutefois en le dévisageant, je ne sais trop pourquoi, mais quelque chose en lui m’a fait pensé à Papa Wemba, la star africaine de la chanson que j’affectionne particulièrement. Aussitôt, les bribes de Maria valencia, mon tube fétiche, commençaient par chanter dans ma tête. Sans rien laisser transparaître de mes émotions et en restant très professionnel, je l’ai invité à passer devant la classe pour la suite de la leçon.

Pour faciliter la communication, je lui ai tout naturellement posé la question :

– Comment on vous appelle?

Mais, il n’a pas eu le temps de répondre à ma question puisque la classe a répondu en chœur à sa place :

– Papa Wemba.

Ses dénégations m’ont aussitôt fait comprendre que ce n’était pas son nom mais assurément le surnom a lui donné par ses camarades.  Du coup, la coïncidence des idées ajoutée à la moue caricaturale qu’affichait l’élève et le sourire amusé de ses camarades ont déclenché chez moi un fou rire que malgré toute ma bonne volonté, je n’ai pas pu maîtriser. Mon rire contamina l’élève lui-même, puis toute la classe…

Combien de temps cela a duré, je ne saurais trop le dire, mais quand j’ai pu enfin maîtriser mes émotions, je vis une jeune élève de la classe qui me tendait un mouchoir jetable en murmurant :

– Monsieur, vous avez coulé des larmes.

– C’est Papa Wemba qui m’a fait pleurer de rire, ai-je marmonné en la remerciant.

Le calme revenu, nous avons pu établir aisément que les caractères individuels sont les multiples variations d’un caractère spécifique donné. Exemple : la forme du nez, la couleur de la peau, la forme des cheveux, etc.

Ainsi contre toute attente, Papa Wemba s’est invité à mon cours et a réconcilié science et culture, prof et élève. Dans la joie et la gaieté le cours pris fin à la satisfaction de tous.

Chapeau bas l’artiste.

La star béninoise Angélique Kidjo fait son cinéma

 

Angelique-Kidjo-The-CEO

A 55 ans, après une carrière musicale bien remplie avec au moins 9 albums à succès et deux Grammy Awards, Angélique Kidjo fait ses premiers pas au cinéma. La star béninoise de la world music débute du coté de Nollywood, dans le film « The CEO » du grand réalisateur nigérian Kunle Afolayan.

«The CEO » (Le PDG), c’est le titre de la prochaine production nollywoodienne dont Angélique Kidjo, artiste béninoise sera l’une des têtes d’affiche.

Ce projet est l’aboutissement d’une rencontre fortuite entre la star béninoise et le réalisateur et acteur nigérian, dans un avion reliant Los Angeles à New-York. La discussion entre les deux artistes a d’abord porté sur leurs carrières respectives. Puis le réalisateur a fait part du projet de son prochain film à Angélique Kidjo, qui a beaucoup apprécié le scénario. C’est donc tout naturellement que lorsque, les jours suivants, le réalisateur a proposé à l’artiste béninoise un rôle dans ce film, elle l’a accepté avec plaisir. «C’est le début d’une extraordinaire aventure », a déclaré Kunle Afolayan.

Aux cotés de l’artiste béninoise, évolueront dans ce film les grands comédiens Jimmy Jean Louis, Wale Ojo, Hilda Dokubo, Lala Akindoju, Peter King, Nico Panagio et Aurélie Eliam. Un casting à la mesure des ambitions du grand réalisateur nigérian.

L’intrigue du film est d’un suspense haletant. Cinq cadres africains d’une multinationale de télécommunication, la Transwire, sont réunis dans une belle station balnéaire aux alentours de Lagos au Nigéria, à l’occasion d’un séminaire censé déboucher sur la nomination du nouveau PDG. Mais les choses prennent une tournure inattendue et des cadres disparaissent un à un, dans des circonstances de mort subite. A la fin, les deux survivants deviennent les principaux suspects. Dans ce thriller, Angélique Kidjo joue le rôle de la mystérieuse Dr Zimmerman.

Le tournage du film, prévu pour durer plusieurs semaines, a démarré le 28 août dernier à Lagos, au Nigéria, et s’est poursuivi dans plusieurs capitales africaines. Le film, dont la bande annonce est déjà disponible, sortira en salle le 11 juillet 2016 et sera produit par le célèbre acteur et réalisateur Kunle Afolayan.

Après les albums cultes d’Angélique Kidjo – Pretty en 1980, Parakou en 1988, Logozo en 1991, Aye en 1994, Fifa en 1996, Black Ivory Soul en  2002, Oyaya en 2004, Djin Djin en 2007, OYO en 2009, Spiriting rising en  2012 et EVE en 2014 – « The CEO » marque le début d’une nouvelle aventure pour la star béninoise. On lui souhaite que cette aventure soit aussi magique que la première et la conduise de Nollywood à Hollywood.

L’art divinatoire Ifa ou Fâ : quand la lumière des dieux éclaire les hommes

Orunmila le orisha de la sagesse et de la connaissance

A  l’occasion de la fête des religions endogènes, célébrée chaque année au Bénin le 10 janvier, je suis, une fois encore, heureux d’apporter par ce billet, ma  contribution  à l’événement en fournissant quelques points de repère sur la dimension fondamentale, la clé de voûte des orishas et des vodouns: l’Ifa, pour les Yoroubas, et le Fâ, pour les Fons. Toutefois, n’appartenant à aucune confrérie d’Ifa/Fâ, mon objectif est de clarifier, autant que faire se peut, pour le profane que je suis, la genèse, le principe et les caractéristiques de l’art divinatoire Ifa ou Fâ. Il a été diabolisé par le colon et reste encore un mystère pour la majorité des Béninois modernes.

L’homme et son destin

Comme Jacob, qui s’écria dans la Bible « Mon sort est caché devant l’éternel ! », l’homme est toujours poursuivi par l’énigme de son destin. Depuis la  nuit des temps, l’homme a toujours été inquiet pour son destin, car il ne le connait pas et ne peut pas y échapper. Ce dilemme lui fait peur, à cause des vicissitudes de la vie qu’il redoute. Aussi, chez tous les peuples de la terre, l’homme va s’évertuer, par tous les procédés possibles, de percer le mystère de son existence : la cause, 1′ origine de ses divers malheurs et les moyens d’y échapper. L’ensemble des procédés inventés par l’homme, en vue de sonder, de percer ce mystère, s’appelle «l’arts conjectural» et sa pratique est la divination. Dans toutes les civilisations qui utilisent l’écriture, la géomancie et la taromancie ont été, depuis l’antiquité, suffisamment expérimentées, documentées et comptent de nos jours parmi « les mancies expérimentales » ou « mancies mères ».

Chez les peuples noirs d’Afrique sans écriture, de tous les procédés expérimentés, l’IFa est l’un des moyens par excellence permettant de révéler les desseins de Dieu. C’est une technique, un art, un oracle qui permet aux devins de communiquer avec Dieu, à travers les Orishas, les ancêtres, les défunts, etc. Il est utilisé dans les moments critiques de la vie tels que les maladie graves, les décès, les naissances, les mariages, à tout moment. Ifa est le nom donné à Orunmila, la divinité de la sagesse et du, destin dans la culture yoruba du Nigéria et du Bénin. L’oracle Ifa est également connue sous le nom de Fá chez les Fons du Bénin ou d’Afá dans les cultures ewe du Bénin et du Togo. Ce nom trouve son origine dans la ville d’Ilé Ifé, au Nigéria, où selon la tradition, cet art divinatoire serait apparu en premier sur le content africain.  Du Nigéria,  l’Ifa s’est répandu en premier au bénin, au Togo puis au Ghana, en s’intégrant harmonieusement, dans ces trois pays, au vodoun.  D’ailleurs, il représente le trait d’union parfait entre les orishas des Yoroubas et les vodouns des Fons du Benin. Ceci illustre la grande parenté des panthéons des Yoroubas du Nigéria et des Fons du Bénin, même si ces deux communautés ne partagent pas la même mythologie.

Chez les Yoroubas, c’est par l’Ifa, le rituel de divination, que l’adepte prend contact avec les Orishas, et c’est Orunmila, l’orisha de la divination et du destin, qui transmet aux dieux les questions des hommes et leur apporte en retour les réponses des dieux. C’est également lui qui informe les esprits si les sacrifices destinés à les apaiser ont été réalisés comme ils se devaient. Chez les Fons du Bénin, cette fonction est tenue par le vodoun Lègba qui sert d’intermédiaire entre le monde des esprits, dont il parle toutes les langues, et le monde des humains, via la divination du Fâ, comme je l’ai déjà fait remarqué dans un article précédent. Ainsi pour ces deux communautés, seul l’Ifa, ou le Fâ, peut donner la solution à tous les maux, après en avoir révélé les causes. Il parle toujours en paraboles, en tant que système de divination. Son langage est donc symbolique et se traduit par des traits qui forment des signes, ou « Odu » en yorouba, ou « Dou » en fon. Seuls les prêtres d’Ifa, les Babalawo chez les Yorubas, ou les Bokonon chez les Fons, qui maitrisent le langage et les rites d’Ifa, peuvent décrypter chaque signe et prescrire ses recommandations ; un ministère qui nécessite un long apprentissage, en sorte une formation initiatique.

L’Ifa et le symbolisme du nombre seize

La religion des Yoruba est monothéiste. Oloddumare en est le dieu unique, absolu, créateur et source de toutes choses. Son nom signifie « Seigneur de notre éternel destin ». Oloddumare ne possède aucun autel, ni statues, ne fait l’objet d’aucun culte ni d’offrande et ne possède pas de collier. Autour de lui et sous sa puissante autorité, gravitent des divinités connues sous la dénomination de « Irunmole » ou orishas, l’équivalent des vodouns du Bénin. Les orishas sont, en réalité, objets de cultes. Parmi les orishas les plus importants, on compte : Orunmila (esprit de la divination, destin), Sango (esprit du tonnerre et des éclairs), Ochosi (esprit de la chasse, et protecteur de ceux qui ont des problèmes judiciaires), Ellegua, ou Exu ( celui qui ouvre la route), Ogun (dieu du fer), Obatala (esprit de la justice), Yemonja ou Yamaya (esprit de la fertilité et des eaux salées ; sirène), Ọya (gardien des morts et des cimetières),  Ibeji (esprit des jumeaux), Ọsanyin (esprit des médecines et de la guérison), Ọsun (esprit de l’amour, protecteur des enfants et des mères, maître des eaux douces), etc. Ils sont considérés comme les intermédiaires entre les hommes et Olodumare. Les orishas sont les divinités chargées par Oloddumare de veiller à maintenir l’ordre dans le monde matériel, c’est-à-dire d’assister les hommes dans leur destinée mais aussi parfois les contraindre à suivre cette destinée s’ils s’en écartent trop.

Selon la cosmogonie yoruba, au commencement, il n’y avait que l’eau et le chaos. Olodumare dépêcha  son fils Odudua depuis le ciel pour créer la terre à partir du chaos ce qui fut  fait. Obatala un fils du roi sculpta des formes humaines auquel Olodumaré insuffla le souffle.  Mais Olodumare autorisa uniquement Orunmila à être l’unique témoin de toutes les étapes de la création de l’univers et donc unique témoin du destin de toute la créature. Par conséquent, Olodumare  l’autorisa à descendre sur terre pour être prophète. Il est donc l’Orisha de la divination et l’oracle suprême. Il est chargé d’aider les hommes dans une évolution qui devra les amener au terme de leurs réincarnations à devenir de purs esprits dans le royaume du Orun (ciel). Pour cela Orunmila doit pouvoir adresser ses conseils et avis aux êtres humains tout au long de leur existence.  C’est par la divination de l’Ifa qu’Orunmila communique avec les prêtres spécialisés, les babalawos qui peuvent l’interpréter. Il est par conséquent le Orisha de la divination et du destin. C’est à lui que Olodumare a donné le pouvoir d’établir le lien entre les Orishas et l’être suprême, par l’intermédiaire de l’Orisha Ifa, une recette secrète permettant de pénétrer le mystère et qui  repose sur le symbolisme du nombre « seize ».

Selon la légende, Oluda, le premier roi (Oni) d’Ifa eut seize fils qui fondèrent les seize royaumes yorubas. Orunmila apprit l’art de la divination aux seize fils qui la transmirent à leurs successeurs les Babalawos (les devins ou prêtres d’Ifa). Le seize représente les seize possibilités de vie humaine. Ces seize principes appelés Odu ou Oladu, eurent à leur tour seize fils chacun représentant ainsi 256 possibilités de vie humaine. Chaque possibilité (odu) possède seize poèmes (ese) qui transmettent des indices pour les séances de divination, ce qui donne finalement 4096 scénarii possibles.

Du symbole à la pratique de l’Ifa ou du Fâ

En pratique, l’Ifa ou le Fa revêt deux aspects, il est fois divinité, mais aussi science. Certes le fa est une géomancie, un art divinatoire, mais ce n’est là que sa dimension symbolique. L’IfA est avant tout, une voie de connaissance, une doctrine initiatique, une lumière qui éclaire le sentier de la vie de tout un chacun. C’est une dimension du temps, il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse. En effet, La divination du Fa repose sur un système binaire, rappelant celui des hexagrammes du Yi Jing.

La pratique de l’Ifa repose soit sur l’utilisation de 16 noix sacrées et de la planche d’Ifa (grand jeu) ou du chapelet divinatoire, « l’Opèlè » et un plateau de divination nommé : « ọpọn ifá » en yoruba (le petit jeu). Le chapelet est  constitué de 8 semi amandes de pommes cannelles consacrées et enfilées sur une ficelle d’une certaine longueur et nommée « ọpẹlẹ » en yoruba ou « agumaga » en fon. chapelet ifaIl est tenu par le milieu de sorte à former deux branches, mâle et femelle, constituée chacune de 4 demi amandes. Quelque soit la méthode utilisée, la transcription de l’oracle est la même.

Avec le chapelet, pour obtenir une réponse conséquente, la consultation nécessite trois lancements, un lancement principal et deux complémentaires. Pour chaque opération, le prêtre d’Ifa, le Babalawo réalise un lancement du chapelet après un rituel donné. Selon que les demi noix retombent  sur la partie concave (ouverte) ou convexe (fermée), il transcrit  le signe apparu sur le plateau de divination  par une valeur simple : I (position ouverte) ou double : II (position fermée). Ainsi, chacune des deux branches du chapelet peut présenter l’une quelconque des 16 combinaisons possibles ci-dessous ou combinaisons de base ou figure mère de l’oracle Ifa.

figure mère fondamentale du Fa
Les 16 figures mères fondamentales d’Ifa, avec leur nom en yoruba et en fon.

L’ordre dans lequel elles sont données est celui-ci accepté par la majorité des devins d’Afrique de l’Ouest, même s’il peut exister de petites variations selon les régions

Le chapelet ayant deux branches,  l’assemblage des deux colonnes donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons (odu)  en yorouba ou (dou)  en fon  qui représentent les 256 possibilités de vies humaines. Le nom de chacune des 256 combinaisons est construit à partir des deux figures mères qui la composent, la colonne de droite en premier car elle est considérée comme plus puissante et plus déterminante, elle représente le signe même, tandis que la colonne de gauche représente la maison. Lorsque les deux colonnes sont identiques, on parle de figure meji (double). Il en existe 16 qui représentent les 16 maisons géomanciques.
A chaque combinaison correspond des vers (« ese » en yoruba) qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette… sur lesquels le devin va se baser pour réaliser son interprétation. La tradition affirme qu’il y aurait 16 vers par combinaison odu/dou du fa, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers. En d’autres termes lorsqu’une question est posée à un babalawo (devin), il existe 4096 réponses possibles, soit autant de poèmes qui devront être interprétés par le devin pour donner une réponse. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible. Il est cependant admis qu’il est possible de tirer l’Ifa et de réaliser des prédictions correctes en ne connaissant que quatre vers essentiels par odu/dou. Les consultants peuvent demander une divination du Fa pour des raisons diverses et variées : se faire prédire son avenir, connaître le sort de proches passés dans l’au-delà ; ou trouver une solution à un souci de santé, un manque d’argent, un conflit, des problèmes conjugaux. La divination d’Ifa était anciennement utilisée avant chaque prise de décision importante. Les figures caractéristiques d’Ifa,  leur signification et les prescriptions essentielles de ces signes feront l’objet d’un autre article.

Le sens mystique des signes d’Ifa ou de Fâ

Afin de saisir toute la portée mystique et la signification profonde des signes, il est très important de faire une identification des quatre noix de chaque branche du chapelet d’Ifa avec les quatre éléments naturels impondérables que sont le feu, l’air, l’eau et la terre, sources de toutes énergie du monde terrestre. Les éléments du haut du chapelet (feu et air) représentant 1 ‘esprit et ceux du bas (eau et terre), la matière. Notre monde terrestre et la vie n’étant autre chose qu’une combinaison, une fusion de ces quatre éléments impondérables on retrouvera ces quatre éléments dans différentes proportions dans toute espèce créée ici-bas. Chaque entité humaine, chaque situation humaine représente une addition, une combinaison et une fusion de ces quatre éléments dans de différentes proportions et symbolisée par les divers signes. Autrement dit, chaque type humain est la manifestation du signe auquel il appartient. Le signe permet donc de révéler le type humain, son comportement, ses facultés, en un mot tout son caractère, ses spécificités ou caractéristiques essentielles.

Les dérives de la consultation de l’Ifa ou du Fâ

L’Ifa ou FA, prospecte tous les domaines de la vie sociale de l’individu : naissance, difficultés d’accouchement, travail, emploi, entreprise quelconque, mariage, vie du foyer, décès  etc…  Il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse, en suivant les conseils de l’oracle et en réalisant les sacrifices rituels, généralement modestes, prescrits. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

Toutefois, la consultation d’Ifa est bénéfique et sans risque pour quiconque s’en réfère, à condition, sous entendu, d’exécuter les sacrifices prescrits. A la réflexion, théoriquement,A le risque est de subir des dommages ou d’affronter des obstacles évitables et contre lesquels l’oracle vous aura prévenu. Mais en réalité le risque semble plus grand que cet aspect. Il est écrit que tu ne tenteras pas l’Eternel ton Dieu et consulter sans sacrifier apparaît comme une forme de défi de la divinité du destin. Ou s’arrête la colère de la divinité, ou commence les représailles possibles des prêtres d’Ifa ‘babalawo et bokonon)   qui ont officié la consultation et pour qui cela représente un manque à gagner? Seules la probité et  l’intégrité de ces distingués hommes peuvent en faire foi.  Aussi faut-il être bien conseillé pour ne pas tomber sur les faux dévots, nombreux dans la profession et qui font le business d’Ifa et les vrais maîtres pour qui l’aspect financier est secondaire.

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Au total Il y a seize (16) maisons géomanciques et seize (16) signes principaux. La passation des seize signes dans les seize maisons géomanciques donne un total de 256 (deux cent cinquante six) signes.  Ainsi, le Fâ est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie. Les prêtes de l’Ifa ou du Fâ, les Babalawo chez les Yoruba, ou Bokonon chez les Fons, sont à la fois des diagnosticiens, des prescripteurs, des psychologues et des psychiatres. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour. « Le 21ème siècle sera religieux, ou ne sera pas », la pensée est attribuée à tort à André Malraux, mais on est bien tenté  de croire qu’il le sera, au regard de l’omniprésence du religieux dans le débat public sur l’ensemble de 5 continents. Mais ce qui est, d’ores et déjà certain, le 21e siècle est  l’entrée dans la mondialisation. Et face au foisonnement d’initiatives religieuses, des églises du réveil et des sectes islamistes, certains seraient tentés d’envisager le déclin des systèmes religieux endogènes d’Afrique ; or il n’en est rien. L’existence de ces religions continue à nourrir de leur ferveur populaire les religions révélées  (christianisme, islam). En réalité, les religions révélées sur le continent sont comme toutes fécondées par les religions endogènes, ce qui génère un néo syncrétisme non avoué auquel je consacrerai un article bientôt.

AGBADJE Adébayo Babatoundé Charles

Mémoire de végétal

arbre menacé

Autrefois, noyé dans une forêt revigorante,

Aujourd’hui, esseulé dans une campagne désespérante,

Un vieil arbre pense en son âme,

A tous les malheurs qui menacent sa race.

Nous sommes les petits poucets de la création,

Mais le gros pouce de la  grande famille des créatures.

Nous sommes, dans tous les écosystèmes, les producteurs,

Tandis que toutes les autres créatures y sont des consommateurs.

Nous sommes, non seulement, producteurs par notre culture,

Mais aussi purificateur et vaporisateur de toute la nature.

Dans le concert environnemental, ils sont tous des pollueurs,

Et nous, les absorbeurs de leurs rejets, en sommes les payeurs,

Pourtant nous sommes les mal aimé de la terre.

Tous  s’acharnent sur nous et ne nous font que des misères.

Sans notre existence, aucun d’eux n’aurait existé.

Nous sommes la clé de leur vie et de leur santé.

Nous les nourrissons quand ils ont faim,

Nous les réchauffons quand ils ont froid,

Nous les aérons quand ils ont chaud.

Nous parfumons, aromatisons et agrémentons leur vie.

Mais, en monnaie de singe, ils nous paient.

Mon peuple, entre leur main, n’est jamais en paix.

Ils, nous broutent, Ils nous rongent,

Ils nous fauchent, Ils nous coupent,

Ils nous brûlent, Ils nous saccagent,

Ils nous enfouissent. Ils nous sapent.

Les humains en particulier, ces enfants gâtés et insoumis,

Sur nous se croient  tous les droits permis.

Nos racines, tiges et feuilles, nos fruits et même nos semences,

Tout sur nous subit les affres de leur démence

Entre nos mains  pourtant, ils voient, pour la plupart, le jour,

Jusque dans la tombe, nous les portons à leur dernier séjour.

Mais au lieu de nous chérir

Ils nous font allègrement souffrir

Moi encore, à mon âge, je peux me dire veinard.

Mais nos jeunes pousses ont peu de chance de devenir gaillard.

Heureusement, ils ne sont pas tous fous.

Quelques uns ont compris,

Qu’on ne scie  pas la branche sur laquelle on est assis.

Loin de moi toute idée narcissique.

Mais qu’adviendrait-il quand ils nous auront tous détruis ?

Que mangeront-ils ?

Quel air respireront-ils ?

De quoi se vêtiront-ils ?

Sur quoi se coucheront-ils ?

Dans quoi s’inhumeront-ils ?

S’ils pouvaient le comprendre ?

Vivement qu’ils prennent de plus en plus conscience !

Vivement qu’ils s’accordent pour réduire leur nuisance !

Car c’est en nous donnant leurs soins

Que nous pourrons continuer à satisfaire leurs besoins.

C’est en nous entretenant,

Qu’ils s’assurent notre capacité à les entretenir.

C’est en nous protégeant, qu’ils protégeront leur mode de vie.

                                                  Adébayo Charles AGBADJE

Ode à la femme

La communauté internationale célèbre le 8 mars de chaque année la Journée internationale de la femme, ou Journée internationale pour les droits des femmes. Cette journée officialisée depuis 1977 par les Nations unies est une journée de manifestations et de revendications des droits de la femme.

Cette année 2015, le thème retenu par les Nations Unies pour commémorer l’événement est  « Autonomisation des femmes – Autonomisation de l’humanité : Imaginez ! »

Pour ma part, je dédie à toutes les femmes cette ode d’un auteur inconnu.

 ode à la femme 9

Mais, on le sait aussi, la vie de l’Homme et donc de la femme va de 0 à 77 ans. Je laisse alors le soin aux uns et aux autres d’Imaginer la femme à 70 ans, à 80 ans et pourquoi pas depuis 10 ans…

                                                            Adébayo Charles Agbadje

Coupe du monde 2014: le but final

Gotze-but de la victoire mondial 2014

La Coupe du monde 2014, la 20ème du nom, a vécu, 32 équipes, 8 poules de quatre, 64 matchs, 171 buts marqués soit une moyenne de 2,67 but par match et à l’arrivée  la nationalmannstchaft  sacrée championne. Que retenir de cette 20ème édition du championnat mondial,  les filets qui tremblent ou le chemin vers les filets.

C’est finalement la Mannschaft, 24 ans après son dernier titre obtenu, déjà, face à l’Argentine, qui va soulever le trophée. Au bout d’un suspens époustouflant, l’Allemagne a remporté, face à l’Argentine la 20ème édition de la coupe du monde. Le but décisif de la rencontre est marqué par le jeune Mario Götze (113e) qui libère les allemands et leurs supporteurs et crucifie Messi et ses fans.

Ainsi, la logique, si logique il y a en matière de foot, a été respectée, les pronostics se sont avérés et les paris remportés.  C’est donc sur un sacre de l’Allemagne face à l’Argentine (1-0 ) que s’est conclu ce Mondial au Brésil. C’est l’équipe qui avait tout pour gagner qui a gagné. C’est l’équipe la plus constante et la plus impressionnante tout au long de la compétition qui est récompensée.  Thomas Müller et ses coéquipiers ont inscrit à eux seuls 18 buts et n’en ont encaissé que trois. Une attaque irrésistible, une défense de fer et un gardien de but aux gants en or, les poulains de Joachim Low avait décidément tout pour gagner.

Au-delà de cette victoire qui permet à l’Allemagne de rejoindre l’Italie avec 4 titres, que retenir de ce mondial 2014?

Eh oui, il y a eu le meilleur et le pire. D’abord, cette édition 2014 de la Coupe du Monde a vu le record de buts inscrits égalé, celui de l’édition 1998. Ensuite, Par le jeu des préférences et support dont le football seul a le secret, chaque match a drainé sa dose de passion, en joie ou en déception. Mais c’est, probablement, la demi-finale Allemagne-Brésil, remportée 7-1 par l’Allemagne qui a fait sensation et fera le buzz longtemps dans les annales du foot au plan mondial.

Coté Afrique, Cinq nations étaient engagés dans le championnat mondial. Objectivement, le bilan est plutôt positif. Sur les cinq nations engagées, il y a eu pour la première fois dans l’histoire de la compétition, deux équipes africaines au second tour. Le Nigeria et l’Algérie se sont qualifiés pour les huitièmes de finale où ils sont éliminés. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont été éliminés dès le premier tour.  Progrès à pas de tortue, mais progrès quand même.

Bien sûr au foot comme dans toutes les compétitions sportives ce qui compte c’est la victoire et seuls les buts consacrent la victoire. Les buts constituent donc le but ultime du sport roi. Mais au foot comme dans la vie, on peut perdre honorablement et c’est le gros reproche qui est fait aux équipes africaines. Malgré le léger progrès mentionné, globalement l’aventure africaine au Brésil est sans panache, voir écœurante. Elle a surtout montré que le continent ne parvient pas encore à s’exprimer à la hauteur de son potentiel. Match après match, on a essuyé des défaites lamentables associées à des comportements minables. En  lieu et place d’équipes de football, on a plutôt vu des syndicats de footballeurs passés à l’action directe pour  revendiquer des primes plus ou moins dues.  Les défaites apparaissent donc comme le fruit d’une désorganisation que le déficit de niveau des équipes.

 Ce comportement nauséabond et récurrent des équipes africaines au fil des années doit interpeller toutes les autorités à différents niveau sur le continent. Les primes sont payées à tous les joueurs de toutes les équipes du monde, pourquoi ce n’est que chez les africains que cela tourne, années après années, aux bras de fer. Si de l’argent est convoyé au Brésil, en express, à la dernière minute,  comme on pu le constater, il aurait pu être convoyé dès le début et éviter au monde entier un spectacle désobligeant. Autant dire que cette situation n’honore ni les joueurs ni les officiels.

Au delà donc des filets qui tremblent, c’est tout le chemin qui conduit vers les filets qui est à repenser en Afrique. Ce chemin passe par les politiques nationales, les critères de sélection des staffs techniques, des joueurs et l’animation et la gestion des structures du football, un cahier des charges encore loin des espérances des africains.

Vivement que des solutions soient trouvées et que le foot africain apprennent de ses erreurs, afin que des progrès plus notables soient enregistrés lors de la 21 édition de la coupe du monde en Russie en 2018 .

                    Adios Brasil 2014………S priesdom v Moskvu 2018

Cinq petits nègres en Coupe du monde

equipes africaines en coupe du monde Bresil 2014

Cinq petits nègres, à la chasse en Amazonie, s’en allèrent,

L’un d’eux, prétentieux et impétueux, ringard sur les bords, rugissant et rudoyant, trépassa

N’en resta plus que quatre.

Quatre petits nègres, dans le cerrado, la savane brésilienne,  se déambulèrent,

                L’un d’eux, aux prises avec des héros athéniens, perdit ses défenses

N’en resta plus que trois.

Trois petits nègres tels des étoiles dans le firmament brillèrent.

L’un d’eux devint un nain géant et s’éteignit

N’en resta plus que deux.

Deux petits nègres, dans la basse-cour, se pavanèrent.

L’un d’eux, vert et fier, affronta un coq tricolore et se trouva déplumé

N’en resta plus qu’un.

Un petit nègre esseulé, dans le désert, se balada.

Très intrépide, mais sans veine, il fut englouti par les sables mouvants de la Mannschaft

N’en resta plus… du tout. »

Ce texte est inspiré de l’aventure infructueuse des cinq pays africains : Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria et Algérie à la Coupe du monde Brésil 2014.

Il a été écrit en collaboration avec mes enfants Adeshegun et Oloufèmi.

coupe du monde fifa

Formation des mondoblogueurs à Abidjan : “connectiquement vôtre“

mondoblog Abidjan

Du 02 mai au 12 mai à Abidjan (Grand-Bassam), s’est tenu le conseil annuel de la famille mondoblog. Pendant dix jours,  les blogueurs francophones  ont échangé pour faire le bilan de la saison passée et tracer les perspectives de la saison qui commence.

Mondoblogueurs de la troisième saison, c’est pour la première fois que j’assiste à l’événement et je ne le cache pas, j’avais quelques appréhensions  avant la rencontre. Mais, je dois l’avouer, toutes ces craintes se sont vite évanouies. Le site pittoresque de l’hôtel Tereso, la grande diversité de la famille et l’organisation  satisfaisante du séjour ont comblé mes attentes et gommé le stress du dépaysement.

Dix jours durant, les pieds dans la mer de l’hôtel Tereso et la tête dans la toile du web, grâce à la magie de MTN, la famille a eu tout le temps et le loisir de se ressourcer. Grâce aux travaux en atelier, les mondoblogueurs ont renforcé leurs capacités  en écriture journalistiques, sur les règles et la déontologie des journalistes et blogueurs, la sécurité sur le web et ils ont appris les rudiments du codage informatique. A tous les formateurs, j’adresse mon satisfecit.

 Au nombre des institutions et organisations visitées par l’équipe Mondoblog pendant le séjour, il y a le Connectic Abidjan, un AfterWork qui réunit chaque derniers jeudi du mois, les Acteurs de la scène technologique de Côte d’Ivoire.

Je pense aussi que cette semaine de formation Mondoblog à Abidjan peut être placé sous le sceau du « Connectic » au regard des connexions multilatérales qui se sont établies pendant le séjour.

D’abord, il y a la connexion logique des mondoblogueurs, en particulier ceux de la 3ème saison, avec le staff dirigeant de la plateforme. Ziad, Simon, Raphaelle, Manon, le concepteur du projet Philipe Couve et Dilette (mes excuses si le nom est mal écrit) ne sont plus de simples interlocuteurs virtuels, mais des personnes admirables à qui je renouvelle ici ma sympathie et mon soutien.

Ensuite, il y a la connexion évidente entre mondoblogueurs. Un visage, une voix et souvent une impression, voire une émotion accompagnent, dorénavant chez tous, chacun des noms enchanteurs de la plateforme. A tous et à toutes une fois encore mes amitiés.

Au-delà de ces connexions plus ou moins partagées, il y a les connexions particulières. Les miennes sont, pour certaines, plus ou moins attendues et pour d’autres, totalement improbables.

Béninois de la diaspora, ce fut pour moi, un plaisir de faire connaissance de Maurice, Herman, De Rocher et Sinath, les mondoblogueurs de nationalité béninoise. Ma connexion avec eux a  été naturelle  et très intéressante. Chers frères et sœur, je vous encourage et vous souhaite bonne continuation.

Par les récits, je savais que la relation entre Béninois et Haïtiens est souvent passionnelle. Mais  j’étais loin d’imaginer que ma relation avec les mondoblogueurs Haïtiens serait plus que passionnelle, mais fusionnelle. Ma connexion avec Jérôme, Billy, Zacharie, Nelson et Thélyson  a été tout simplement magique. J’entends encore la voix de Jérôme me disant: « Nous les Haïtiens, nous ne sommes pas des descendants des Africains, mais nous sommes des Africains ». Comment décrire mon état d’âme toutes les fois que Zacharie Victor me serrait dans ses bras en martelant : « Tu es mon Papa ! Voici mon Papa ! ». J’en suis encore tout ému. A vous tous et à Valery Moïse, qui n’a pas pu faire le déplacement, j’adresse mes salutations fraternelles. A toi Zacharie je suis fier de te dire : “tu es ptit mwen“.

Enfin, il y a toutes ces connexions improbables nouées au détour d’une conversation.  Je pense à Arthur, le Français Australien, avec qui nous avons parlé du Bénin où est née sa fille. Je salue Yannick, Daye, Stéphane, Baba, David, Gaëlle et Mamadou avec qui j’ai eu des conversations très agréables. Je salue aussi Chantal de Goma dont la personnalité est aussi enchanteresse que le nom. Je pense aussi à mes chers amis Joe Maronne, Naoumane, Richard, Eli, Bassidou, Julien, Aristide, Aphtal, la sœur Awa, la sympathique Josiane, Marech, René  et j’en oublie. Je fais au passage un clin d’œil à mon cher Debelehi dont le départ précipité m’a beaucoup attristé. Ce fut un plaisir de vous connaitre tous.

Toutes les bonnes choses ont une fin et la formation aussi, mais toutes ces connexions, je l’espère, resteront.

 Good-bye Abidjan et vive Mondoblog.