Claude Dany, premier porteur du coeur artificiel de Carmat

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Le 2 mars dernier, décédait le premier homme greffé d’un cœur artificiel, 74 jours après l’implantation. L’identité de l’homme et les raisons  de sa mort sont rendus public ce dimanche 16 mars dans le JDD.

 

Grande  première mondial, un cœur artificiel de la société française Carmat a été implanté mercredi 18 décembre sur un patient de plus de 70 ans souffrant d’insuffisance cardiaque terminale par l’équipe du professeur Christian Latremouille, de l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, sous le contrôle du professeur Alain Carpentier, père de cette innovation médicale.  « Cette première implantation s’est déroulée de façon satisfaisante, la prothèse assurant automatiquement une circulation normale à un débit physiologique » a écrit la société Carmat dans un communiqué, après l’opération. 

Malheureusement, depuis le 10 janvier, trois semaines après l’intervention, l’état du patient s’est dégradé et il fut admis au service de réanimation. Les dernières semainesc’est à travers  une ardoise qu’il communique avec sa famille. Deux jours avant sa mort, il avait  dans un cri de détresse, écrit : « Ça s’arrête ». À la question de son épouse,  veut-il que ça s’arrête, il avait acquiescé de la tête.

Le 2 mars, sa volonté fut accompli et ce cœur de tout les espoirs pour l’humanité, s’arrête brusquement.

« Mon père n’a pas donné son corps, dit aujourd’hui son fils Éric, il a donné sa vie. »

Le receveur, on l’a appris ce jour est Claude Dany, un ancien ouvrier normand âgé de plus de 70 ans qui n’était pas éligible à une greffe traditionnelle en raison de son âge avancé.  à la moustache et aux cheveux blancs, le visage souriant, fait la « une » du journal. On apprend qu’il a souffert énormément au cours des deux derniers mois de sa vie

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Claude Dany, dans son jardin en juin 2012. (DR) Image JDD.

 

Le professeur Alain Carpentier revient ce jour? dans le JDD? sur l’arrêt brutal du cœur artificiel implanté à Claude Dany, mort 74 jours après son opération.

« La mort n’est pas liée à une complication du malade, ni au principe fondamental de cette prothèse qu’est l’emploi de matériaux biocompatibles pour limiter la formation de caillots et le risque de thrombose », assure-t-il avant d’ajouter : « Pendant 74 jours, ce patient n’a montré aucune déficience cérébrale, et la vérification du cœur après le décès et l’autopsie l’ont confirmé : il n’y avait pas le moindre caillot, ni dans la prothèse, ni dans la circulation. En ce sens, l’essai est un succès. »

C’est un problème électronique qui serait à l’origine de l’arrêt du cœur et non des complications post-opératoires. C’est un court-circuit qui est à l’origine de l’arrêt du coeur artificiel greffé. Une panne technique qui a été fatal à Claude Dany mais qui n’entame pas le mérite de toute l’équipe qui a œuvré à sa réalisation. Ne l’oublions pas, malgré cette issue fatale, cet essai est un exploit scientifique et médical qui augure d’une alternative crédible aux greffes cardiaques.

Vivement que  la suspension des essais  que la société Carmat  aurait décidé,  le temps de comprendre les raisons de l’arrêt du premier coeur artificiel, soit de courte durée afin que les 3 patients en attente de greffe puisse aussi l’expérimenter.