Centrafrique, la moitié de la solution est : exit Djotodia

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Depuis le coup d’Etat du 24 mars 2013 par les rebelles de la Seleka contre le président Bozizé,  le pays s’enfonce dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire. La menace de  génocide est évoquée par Washington et Paris et depuis ce lundi 9 décembre 2013 une intervention de la France en appui à la Misca sous mandat de l’ONU a démarré.  Mais dans l’écheveau politicocommunautaire qu’est aujourd’hui la Centrafrique, l’intervention militaire pour désarmer les milices ne serait, à mon avis, qu’une moitié de la solution à la crise. Djotodia incarne une autre partie du problème et son départ ouvrirait la voie à une véritable pacification du pays.

 

Depuis son indépendance le 13 août 1960, pas moins de cinq coups d’Etat sont venus interrompre un processus démocratique normal et chaque coup d’Etat a charrié son cortège de crises. Suite au dernier coup d’Etat , aux tensions territoriales et politiques viennent s’ajouter les rivalités ethniques et confessionnelles de plus en plus marquées.

Aujourd’hui victime de la violence des milices, la population n’a pas fini de payer le prix de l’irresponsabilité et de l’incurie de ses politiques. Une fois encore la communauté internationale va aider la Centrafrique à se réconcilier avec elle-même et dès quelle aura le dos tourné, rebelote. On reprend les mêmes et on recommence comme c’est le cas depuis un demi-siècle.

Le  jeudi 5 décembre 2013,  le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution autorisant la France à intervenir militairement au côté de la Misca, une force composée de soldats africains de plusieurs pays opérant en Centrafrique, dans le but de rétablir l’ordre et de stabiliser le pays. Le texte prévoit également un embargo sur les armes.

Ce même jeudi, à Bangui, la situation sécuritaire déjà très délétère depuis des mois s’est fortement dégradée aux premières heures de la journée. Des éléments des milices d’autodéfense anti-balakas hostile au régime de la transition appuyés par d’anciens militaires fidèles à l’ex-président François Bozizé ont mené plusieurs attaques. Cinquante-quatre cadavres ont été retrouvés alignés dans une mosquée. Une cinquantaine de corps ont été recensés à la morgue de l’un des hôpitaux de la ville, et de nombreux autres cadavres jonchent les rues de la capitale, selon l’envoyé spécial de France 2, Nicolas Bertrand.

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Au total, du jeudi au lundi plus de 400 personnes ont été tuées par balles et armes blanches dans les rues de Bangui selon la Croix-Rouge, une situation aussi chaotique qu’absurde.

Face à la dégradation subite de la situation, la France a décidé d’augmenter son contingent qui passe de 800 à 1 600 hommes. Ainsi, depuis le lundi 9 décembre, ce sont 1 600 militaires français qui sont déployés en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris), en appui à la Misca (2 500 soldats) pour désarmer toutes les milices. Les Etats-Unis vont mettre à disposition des appareils de transport C-17 pour convoyer des renforts de troupes africaines en Centrafrique à la suite d’une demande d’assistance de la France, a indiqué ce même lundi le Pentagone. Un désarmement qui ne va pas sans difficulté, car les factions désarmées devenant les victimes des factions non encore désarmées ou de la vindicte populaire. Une situation bien embarrassante pour les militaires français.

Mon analyse est que la recrudescence des pillages, des massacres interconfessionnels et l’anarchie constatées ces derniers jours sont l’oeuvre de hordes de hors- la-loi mécontents de voir leur chef installé au pouvoir et d’être, eux, laissés pour compte.

Quelle différence y a-t-il, en effet, entre Michel Djotodia ou le général Moussa Assimeh un chef de guerre de l’ex-Seleka, venu du Darfour et qui reçoit fièrement dans les locaux du commissariat central de Bangui et les hors-la-loi qui forment la Seleka et sèment la mort et dépeuple  le pays ? La réponse est bien simple : les premiers sont hors du besoin, nourris, blanchis et protégés aux frais de la reine, alors que les autres sont livrés à eux- mêmes et se payent sur la bête. C’est donc dire que si Djotodia et consorts aussi n’avaient plus cette protection, ils se livreraient,  eux aussi,  aux mêmes exactions que leurs éléments. Il n’a pas gagné ses galons à la Seleka pour ses oeuvres de charité à ce qu’on sache.

D’ailleurs, devant  tout le désordre et le discrédit engendré par ses ex- alliés, au lieu de se démettre du pouvoir, il achète plutôt le silence des victimes centrafricaines à coup de millions de francs Cfa et la bienveillance de la communauté internationale en annonçant, par exemple, des négociations avec le chef de la LRA Joseph Kony qui serait disposé à renoncer au combat. Une information que personne n’a d’ailleurs prise au sérieux. Il est peut-être temps pour lui de tirer les conséquences de son aventure à la tête du pays puisqu’il n’est plus l’homme de la situation.

A Bangui, actuellement, tout le monde a peur car si vous exprimez une opinion différente de celle de Michel Djotodia personne ne donnera cher votre peau. Dans ces conditions, je pense que Djotodia fait partie du problème et non de la solution. Et si tel est le cas, il faut que les instances autorisées fassent le diagnostic afin que des solutions idoines puissent être prises. C’est ce déficit de cohérence qui est la base de tant de problèmes en Afrique.

Le problème avec nous les Africains est que quand les crises éclatent, on connaît les tenants et les aboutissants, mais la méthodologie de résolution souvent adoptée ne permet pas d’appeler un chat un chat. Non, on ne peut pas dire à un grand qu’il a tort parce que c’est avant tout le grand. De même, on ne doit pas dire à un petit qu’il a raison parce que c’est après tout le petit. Mais, on enchaîne les tables rondes, les forums, les réunions, les apartés pour tenter de concilier la chèvre et le chou. Des formules creuses sont trouvées pour dire sans le dire au grand qu’il a tort et au petit qu’il a raison. En fin de compte tout le monde reste frustré et ce qui devrait arriver arrive. La chèvre broute allègrement le chou, oubliant au passage qu’il était vénéneux. Conclusion, la crise s’installe et échappe à tout contrôle. Tout le monde alors s’étonne que la chèvre n’a pas tenu parole. On lui a pourtant parlé, on a été très clair avec lui, mais il n’en fait qu’a sa tête, patati patata.

Ainsi, il en va aujourd’hui du conflit centrafricain et souvenez-vous, ainsi avait été le cas du conflit malien et avant lui du conflit ivoirien et ainsi de suite. On s’efforce d’éteindre les incendies sans rien dire aux pyromanes.

Aujourd’hui, la communauté internationale se penche sur le cas centrafricain avec une focalisation africaine. Tout est mis en œuvre pour mettre hors d’état de nuire les membres de la Seleka et les anti-Balakas sans piper mot du parrain de la Seleka. Face à cette situation délétère et implosive, tout le monde condamne la nébuleuse Seleka; mais personne ne pointe du doigt la position ambiguë du président de la transition. Ni la Cemac, ni l’Union africaine ni les Nations unies ne font cas de lui.

Mais depuis que les Français sont à la manette et surtout depuis qu’ils sont seuls à mettre la main au portefeuille et à payer de leur vie la paix des autres, ils ne jugent plus opportun de s’embarrasser de l’hypocrisie des Africains.

Dans l’entretien qu’il a accordé samedi 7 décembre à RFI, France 24 et TV5 Monde, à l’issue du Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, le président François Hollande a déclaré : « On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire et qui a même laissé faire ». Une façon claire, de dire que Djotodia fait partie du problème. Mais non seulement cet avis n’a été relayé par aucun autre chef d’Etat africain, mais c’est Djotodia lui-même qui l’a commenté à son propre profit.

Michel Djotodia, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, dit avoir eu des explications des autorités françaises selon lesquelles la France ne venait pas remplacer qui que ce soit. Et qu’il s’agissait juste de demander une transition plus courte que l’échéance de février 2015 prévue initialement.

« C’est des allégations pures et simples, le président français n’a jamais dit cela… J’ai reçu un message personnel, par l’ambassade de France ici, qui dit que le président français me soutient et soutient la transition. La seule chose, la petite modification qui a eu lieu, c’est que la transition a été écourtée. La France est claire à ce sujet, elle ne vient pas pour remplacer qui que ce soit, elle ne vient pas pour perturber la transition, mais elle vient pour soutenir ce processus qui est déjà en place, pour que d’ici peu de temps, qu’il y ait un ordre constitutionnel en Centrafrique ».

Est-ce de la naïveté ou du cynisme ? Difficile à dire.  Sinon à voir  l’émotion des dirigeants africains face à la photo de Mandela au sommet de l’Elysée à Paris, on est curieux de savoir quel héritage de Mandela compte à leurs yeux par rapport à leur pays ?

En Centrafrique, par exemple, sous Bozizé, le peuple n’avait pas à manger, mais il était libre d’aller et venir. Aujourd’hui sous Djotodia, il n’a toujours pas à manger, mais les communautés s’entretuent par la faute des assaillants dont il est le parrain légal. A quoi bon finalement aura servi le changement de régime si les conditions de vie du peuple deviennent pires que ce qu’elles étaient. Dans ces conditions, pourquoi s’accommoder de la présence au pouvoir d’un homme qui pose problème ?

Quel intérêt y a-t-il,  aujourd’hui, pour le peuple centrafricain à ce que Djotodia soit à la tête du pays ?

De quel mérite Djotodia lui-même peut-il aujourd’hui se prévaloir pour demander son maintien à la tête de l’Etat ?

Quelle considération peut conduire à soutenir le maintien à la tête de l’Etat de Djotodia ?

Quelle gêne peut-il y avoir encore à appeler un chat un chat et demander à Djotodia, au nom de l’intérêt supérieur du pays de se démettre du pouvoir ?

«L’ambition dont on n’a pas le talent est un crime», disait Chateaubriand dans son œuvre, « Mémoire d’outre-tombe ».  De ce point de vue, à voir tout le désordre ou  le chaos dans lequel son coup d’Etat a plongé aujourd’hui la Centrafrique, on est obligé d’admettre que Djotodia est criminel à plusieurs titres, car volontairement ou involontairement  comptable de toutes les exactions et dérives observées aujourd’hui en Centrafrique.

Le commentaire de Djotodia sur les propos de François Hollande n’est qu’un arrangement avec la réalité. C’est peut-être une façon de prêcher le faux avec l’espoir que le peuple va mordre à l’appât. Mais ce sera peine perdue car : “changement de régime“ le mot est lâché et quoi qu’on dise, le début de la fin a commencé pour lui. Mais hélas, une fois encore, ce ne sera pas un destin voulu par l’Afrique des officiels, mais un destin subi qui ne nous honore pas.

Centrafrique : chronique d’un génocide annoncé?

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Centrafrique : chronique d’un génocide annoncé ?

 Ces vingt dernières années, l’actualité sur le continent est rythmé, année après année,  par des conflits armés basés, à priori, sur des revendications politico-économiques, mais avec partout en filigrane, des relents de rivalités ethniques ou religieuses. Mais de tous ces conflits armés, celui qui a le plus choqué les consciences, c’est le conflit rwandais au cours duquel les masques sont tombées et la rivalité ethnique a pris la forme d’un génocide des tutsi par les hutus.  Et justement dans le conflit centrafricain en cours, le risque de génocide est une fois encore évoqué par tous les observateurs et la question se pose de savoir si les  mesures préconisées par les uns et les autres sont à la hauteur  de l’enjeu.

Ainsi va l’Afrique ! De crise en crise. Après la  crise du Liberia en 1990, la Somalie et la Siéra-Leone en 1991, le Rwanda en 1994, le Congo Brazzaville et la République Démocratique du Congo en 1997, la Cote d’Ivoire en 2002, le Darfour en 2003, la Lybie en 2011, le mali en 2012, c’est la Centrafrique qui se retrouve de nos jours dans l’œil du cyclone.

La situation en RCA est devenue chaotique depuis le renversement de l’ancien président Michel Bozizé le 24 mars dernier par l’actuel chef d’Etat centrafricain Michel Djotodia à la tête d’une coalition rebelle, la Séléka. Depuis lors Michel Djotodia est installé au pouvoir, la Séléka est officiellement dissoute par son chef, mais elle reste lourdement armée et les force de sécurité sécurité ex FACA (Forces Armées Centrafricaines) sans armes sont impuissantes à les contrôler.

Abandonnées à eux même, les populations livrées à la merci des rebelles souffrent le martyre. Estimés à plus de 20.000 hommes, majoritairement, de confession musulmane, la nébuleuse Seleka, tel des chiens enragés sème la mort et le dépeuple dans le pays.  Alliés avec les tribus de nomades peuls en province et  en ville aux commerçants et autres citadins musulmans, les rebelles de la Séléka s’attaquent aux chrétiens qu’ils pillent et massacrent. Les braquages à mains armées, les enlèvements, les exactions, les viols et les émeutes sont devenus le lot quotidien des centrafricains.

En riposte aux exactions de la Séléka, des groupes  d’autodéfense s’organisent pour repérer les groupes de musulmans isolés et les tuer. Les épisodes de véritable guerre de tranchée entre chrétiens et musulmans sont devenus monnaies courante en Centrafrique et les force de la Fomac débordées ne savent plus où donner de la tête.

Cette explosion des affrontements meurtriers entre milices d’autodéfense chrétienne et les groupes rebelles de l’ex séléka a plongé le pays dans une situation qui frise le génocide pour les chancelleries occidentales.

Pour les Etats-Unis, la Centrafrique est en situation de «pré-génocide» le directeur du bureau Afrique du département d’Etat, Robert Jackson devant la Chambre des représentants. Washington estime que le pays s’enfonce dans les violences intercommunautaires, notamment entre chrétiens et musulmans.

Pour la France, la République centrafricaine est «au bord du génocide», a déclaré Laurent Fabius, le 21 novembre 2013  sur France 2  «Aujourd’hui c’est le désordre absolu, vous avez sept chirurgiens pour 5 millions d’habitants, une mortalité infantile dans certains coins du pays de 25%, un million et demi de personnes qui n’ont rien, même pas à manger, et des bandes armées, des bandits, etc», a indiqué le ministre des Affaires étrangères.

Le constat dressé par le ministre français est très juste et il est évident que ce qui se passe en Centrafrique n’est pas banal, et mérite une prise en charge vigoureuse, mais même si la chose hante tous les esprits, le choix du terme de génocide pour le nommer apparaît plus comme un choix par défaut. Pour ma part, c’est un cas de grande criminalité perpétrée par une horde de hors les lois mécontentes de voir leur chef installé au pouvoir et eux laisser pour compte.

Face à cette situation délétère et implosive, le gouvernement de la transition condamne fermement ces agissements qui non seulement discréditent son premier responsable, mais perturbent le processus de la transition en cours. Quant au président de la transition lui même, devant  tout le désordre et le discrédit engendré par ses ex alliés, au lieu de se démettre, achète plutôt le silence des victimes centrafricaines à coup de millions de franc cfa et la bienveillance de la communauté internationale en  annonçant des négociations avec le chef de la LRA Joseph Kony qui serait disposé à renoncer au combat, une information que personne n’a d’ailleurs pris au sérieux. Il est peut être temps pour que Michel Djotodia tire les conséquences de son aventure à la tête du pays puisqu’il n’est plus l’homme de la situation.

Sur le terrain, les différentes instances chargées de gérer la crise s’activent à la tâche, mais visiblement sont débordées. Les Forces Armées Centrafricaines ( FACA), il y belle lurette qu’elles sont hors jeu. La Force militaire d’Afrique centrale (Fomac),  très volontaire, mais avec un effectif réduit n’est pas en capacité de résoudre le problème. Enfin la force africaine Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) d’environ 3 600 hommes sous mandat de l’Union Africaine est  jusqu’à nos jours non opérationnelle sur le terrain.

L’opérationnalisation de la Misca et sa mise sous mandat de L’onu ou à défaut son renforcement   apparaissent  comme la première approche de cette crise centrafricaine avant qu’elle n’échappe à tout contrôle.

Bien évidemment, le chaos et l’anarchie qui prévalent en Centrafrique  préoccupent la communauté internationale et au premier chef la France qui en a eu gros sur la conscience  après le génocide rwandais.

Washington a annoncé une batterie de mesures pour appuyer la MISCA et Paris envisage une intervention aux coté de la MISCA.,  La résolution de l’ONU visant à renforcer le Binuca (Bureau Intégré des Nations-Unies en Centrafrique) et le renforcement de la Misca (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) a été une décision saluée par tous les observateurs même si l’envoi des casques bleus n’est pas d’actualité pour les Américains et les Anglais. L’engagement des partenaires au règlement de la crise : l’Union européenne et des Etats-Unis sont autant de signes qui témoignent de la prise de conscience de la communauté internationale face à la situation centrafricaine.

La nomination par la présidente de L’UA Nkosazana Dlamini Zuma de l’équipe dirigeante de la future force africaine en concertation avec les pays de la CEEAC, la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale vient  confirmer le regain de volonté de toutes les parties pour résorber cette crise. Le général de division à la retraite Jean-Marie Michel Mokoko, du Congo-Brazzaville, a été désigné chef de la Misca et représentant spécial en République centrafricaine,  le général de brigade camerounais Martin Tumenta Chomu à la tête de la composante militaire de la Misca et celle du colonel de gendarmerie gabonais Patrice Otsangue Bengone à la tête de la composante police. Dans son communiqué, la présidente de la commission renouvelle l’appel de l’Union africaine aux Nations unies pour qu’un soutien effectif soit donné à la Misca auxquelles la force d’Afrique centrale en Centrafrique(Fomac), passera officiellement le témoin le 19 décembre prochain. Et l’ONU examinera ce lundi 25 novembre 2013, les cinq options proposées par le secrétaire général, Ban Ki Moon. Le défi  est que toutes ces aides et actions  promises, se concrétisent à temps face à l’urgence de la situation sur le terrain.

 Mais, pour ma part, je veux insister sur la responsabilité des politiques africains. La crise centrafricaine est d’autant plus préoccupante que la position géographique du pays avec ses ouvertures sur 6 pays africains donne une idée de l’impact que cette crise aura sur la sous région de l’Afrique Centrale.

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Frontalier de six pays africains et non des moindres: Cameroun, Tchad, Congo Brazzaville, République démocratique du Congo, le Soudan et le Sud Soudan, si la Centrafrique implose,  c’est le cœur de l’Afrique qui explose et bien malin qui pourra dire jusqu’où l’onde de choc va se propager. L’on se souvient que la crise malienne n’est que la conséquence de la crise libyenne et bien d’autre pays peuvent connaitre le même sort avec une implosion de la RCA. Aussi pour ma part, au delà de l’engagements de la communauté internationale, j’exhorte les pays africains, notamment des pays frontaliers de la RCA  à prendre véritablement la mesure de la situation afin que les actions à envisager soient à la hauteur de l’enjeu.

Ces crises comme on sait ne prennent pas  naissance spontanément. A leur base, il y a toujours des connexions et des activistes connus des services des renseignements et des chancelleries africaines. Théoriquement, elles savent donc comment réussir leur désamorçage.

Pour mémoire, on a entendu en son temps les récriminations de Bozizé contre Idriss Deby, on connait aussi les griefs d’Idriss Deby contre le président soudanais Omar El Béchir ou ceux de Kabila contre des voisins qu’il n’ose même pas nommé etc. Des ressources existent donc  localement ne fussent que  dans les zones frontalières pour couper les bases arrières  des rebelles et conduire à leur anéantissement.

Une chose est sûr, en 1994 au Rwanda, tout le monde était unanime pour dire on n’a rien fait parce que on ne savait pas, en 2013 en Centrafrique, si la situation échappait à tout contrôle, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas et il ne s’agira d’avoir fait ce qu’on peut, mais ce qu’on doit pour que cela ne se produise pas.