Au Nigeria, un mariage doré chez les Goodluck !

mariage-fille-presidente-nigeria-720x340

Elisabeth Sakwe, la fille adoptive du président du Nigeria, Goodluck Jonathan, s’est mariée le 12 avril dernier à Abuja. La fête fut belle et les commentaires aussi vont bon train.

 

On n’est pas fille de la première puissance africaine pour rien, on mérite un mariage doré et le mariage de Faith le fut. La cérémonie du mariage a été diffusée en direct sur la Nigerian television autority (NTA) une des chaînes les plus importantes du pays.

Le décor était magnifique et le casting très relevé. De nombreuses personnalités politiques étaient présentes, dont l’ancien président Olusegun Obasanjo,

Côté mise en scène, action et émotion étaient au rendez-vous. Plusieurs échantillons de cadeaux ont été offerts aux  invités, et un certain nombre d’entre eux  ont reçu un iPhone plaqué or conçu par le designer de luxe Michael Malivelihood.

La rumeur a très tôt couru que ces objets de grande valeur avaient été offerts par la présidence elle-même créant ainsi un malaise dans tout le pays. Mais elle fut très tôt démentie par un tweet de Michael Malivelihood lui-même.

Michael A @malivelihood    Suivre

The iphone was a Gift from us to the Couples, it has absolutely nothing to do with the Government !  8:45 PM – 13 avr 2014

« Les iPhone étaient un cadeau de notre part et n’avaient rien à voir avec le gouvernement », a-t-il assuré sur Twitter.

Ainsi l’argent du contribuable nigérian n’a pas servi à financer le mariage de la fille du président. Soit. Pour autant ce mariage fastueux ne va pas sans polémique

Certes, on ne peut pas tenir grief au président Goodluck d’offrir un beau mariage à sa fille chérie. Mais par son serment présidentiel, il s’était engagé de faire aboutir, entre autres, ce rêve chez toutes les filles nigérianes et pourtant tant et tant de filles nigérianes de l’âge de Sakwé n’auront jamais ce plaisir à cause de la terreur, de l’insécurité et de la précarité dans lesquelles elles vivent.

Oui, beaucoup de Nigérians, pris dans le guêpier de la secte islamiste de Boko Haram  auraient souhaité conduire leur fille devant l’autel comme le président, mais c’est au cimetière ou à l’exil qu’ils les conduisent.

Pour preuve, lundi 14 avril au soir, soit deux jours après le mariage de Sakwe, le groupe islamiste nigérian a enlevé plus de 100 jeunes filles du lycée public pour filles de Chibok, dans  l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, pour la simple raison que « L’éducation occidentale est un péché ». Jusqu’à ce jour on est toujours sans nouvelle des filles.

Le même jour, une gare routière sur le territoire de la capitale fédérale, Abuja, était frappée par un attentat qui a fait au moins 75 morts et 141 blessés. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier jamais commis dans les environs de la ville.

Ainsi, Boko Haram après ces multiplies actions violentes dans la moitié nord du pays, déferle sur la moitié sud et vers les Etats voisins, en premier lieu le Cameroun. Face à un tel déferlement,  il faut un pouvoir fort et avisé pour venir à bout de ces illuminés sans foi ni  loi. Mais, le président trop occupé par les manœuvres pour sa réélection en 2015 se révèle totalement incapable de trouver la bonne formule pour endiguer la menace Boko Haram qui telle une pieuvre soumet tout le pays à sa loi.

Aujourd’hui, le Nigeria est la première puissance africaine, mais l’on constate que de nombreux Nigérians vivent dans un dénuement total ou dans des conditions sordides. Aussi la question se pose de savoir s’il n’est pas indécent qu’au sommet de l’Etat, on puisse se complaire dans un luxe ostentatoire qui ne peut apparaître que comme une injure aux yeux des millions et millions de Nigérians : peuple laborieux, non sécurisé, angoissé et miséreux.

La  leçon qui se dégage de tout ceci est que la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, mais dans les démocraties africaines, il vaut mieux être serviteur du peuple que le peuple.