Au Bénin : Boni Yayi, sapeur pompier chez les autres, pyromane chez soi

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4 mai 2019

Au Bénin : Boni Yayi, sapeur pompier chez les autres, pyromane chez soi

Boni Yayi

Au Bénin, les élections législatives pour la 8e mandature ont eu lieu le 28 avril 2019.

Pour ne s’être pas conformé dans les délai aux nouvelles exigences du code électoral, l’opposition politique, entre dilatoire et faux-fuyant, n’est pas admise à y participer. Malgré la main tendu du gouvernement, le consensus n’a pu être trouvé. Dura lex, sed lex. Loi dure, mais c’est la loi.

Mais, visiblement, l’opposition béninoise n’entend pas la chose de cette oreille. Au lendemain du scrutin, sous la houlette des ex-présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, elle lance un ultimatum au président actuel Patrice Talon. Lui donnant 24 heures pour annuler le scrutin.

« S’il ne s’exécute pas, nous appelons le peuple à prendre toutes ses responsabilités », a dit Nicéphore Soglo. Et Boni Yayi de renchérir : « C’est une question de vie ou de mort. »

On le sait bien, le Bénin est fier de sa démocratie. Le pays peut se vanter d’avoir deux anciens présidents en vie. Deux personnalités ressources, deux références morales pour aider le pays en cas de crise. Le président Boni Yayi en particulier est célèbre pour sa sensibilité à fleur de peau. Le monde entier l’a vu pleurer à Paris pour la victime de Charlie Hebdo. On l’a vu prononcer le vœu devant le Pape de devenir pasteur à la fin de son mandat. On l’a vu offrir une Bible à son successeur Patrice Talon, signe de sa foi en Dieu.

Boni Yayi, grand médiateur et grand apôtre de paix sur le continent. Boni Yayi totalement méconnaissable depuis le début de la crise électoral au Bénin. L’homme est devenu  grand agitateur et chantre de la violence chez soi. Non content de sonner la charge contre les forces de l’ordre en plein marché.

A la fin de leur ultimatum, il organise une fronde contre la police républicaine devant son domicile. L’insurrection orchestrée a engendré de violentes manifestations et un vandalisme.  Au total, deux morts, plusieurs blessés, de nombreux biens publics et privés saccagés.

Après l’émotion, vivement que viennent le temps des responsabilités. Entre les planificateurs de l’ultimatum et les exécutants des mots d’ordre, la vérité doit se savoir, afin que les familles puisse faire leur deuil.

Boni Yayi
Boni Yayi

 

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