A  l’occasion de la fête des religions endogènes célébrée chaque année au Bénin le 10 janvier, je suis heureux cette année d’apporter par ce billet, ma contribution  à l’évènement sur Mondoblog en fournissant quelques points de repère, quelques clefs d’entrée dans la galaxie vodou afin que  quiconque intéressé par le sujet puisse, par lui-même,  se faire une idée du vodou dans ses symboles et dans ses pratiques en général et en particulier du vodou Lègba.

 

Avec ses nombreuses divinités, que l’on présente volontiers d’une façon effrayante, ses rites cabalistiques, ses sociétés secrètes et sa magie en relation avec les forces de la Nature, le vodou  apparaît comme une nébuleuse confuse  de divinités hétéroclites  dans laquelle on ne peut pas s’hasarder sans être initié ou avoir  un prêtre ou une prêtresse vodou pour guide..

N’étant point initié à quelque divinité vodou, je n’aurais pas ici la prétention de dévoiler quelques mystères ou de vous éclairer sur les faces cachés de la spiritualité ou des rituels vodou. Mais bien que profane, je reste tout de même impacté  par la spiritualité vodou qui a largement imprégné toute la culture béninoise qui est la mienne et dans laquelle tout le monde jure, depuis la tendre enfance, au nom de Mahou, le dieu vodou. A ce titre, je me propose en toute modestie, de vous faire faire une visite du panthéon Vodou avec un arrêt sur image sur le vodou Lègba.

 

Dans l’aire culturelle Adja-Tado qui regroupe le Togo, le Bénin et une partie du Nigéria, le vodoun (terme traduit de manière approximative par : esprit surhumain, force, puissance ou divinité) est un ensemble établi de croyances, de rites, de mythes à la structure particulière, fondé principalement sur des entités ou fétiches appelées vodoun ou vodou qui sont organisées en familles, hiérarchisées en panthéon et dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance.  Plus qu’une religion, le vodou est un mode de vie.

Par le biais de l’esclavage, le vodou s’est exporté en Occident et a donné naissance  à des formes religieuses au Nouveau Monde, connues sous le nom de vaudou à Haïti et de candomblé au Brésil.

Selon la mythologie la plus répandue dans l’aire culturelle Adja-Tado, à l’origine du monde actuel, on trouve Mahou ou Mawu à laquelle est, sous entendu,  associée une autre divinité : Lissa. En ce sens, Mawu désigne une paire de divinités.  Mawu est féminin, Lissa, masculin. De ce couple primordial seraient nés plusieurs  enfants dotés de pouvoirs surnaturels. Les vodou ou tout du moins, une grande partie d’entre eux, seraient les enfants issus de l’union de Mawu et de Lissa, le dernier-né de cette nombreuse famille étant Lègba.

 

Les fétiches ou vodou seraient donc, des médiateurs entre « Dieu et les hommes ». Pour ces derniers, « ils obtiennent des faveurs », mais sont également les « exécuteurs des vengeances divines ». Il vaut mieux ne pas les croiser, car « leur rencontre est danger de mort». Les vodou emprunteraient une enveloppe Inhumaine pour descendre sur terre et ce, uniquement entre midi et une heure, et la nuit entre minuit et le chant du coq.

 

Le panthéon vodou offre une galaxie de près de trois cents divinités hiérarchisées, mais l’ordre de cette hiérarchie est fortement lié aux différents lignages. Les principales divinités de cette galaxie sont :

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Xêvioso ou chango: c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.

Sakpata ou chakpana: est le Dieu de la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.

Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.

Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protège mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Lègba ou Elegbara ou Eshu : c’est le Dieu de la croisée des chemins, le vodou du désordre de la méchanceté, de l’intelligence et de la ruse. Il remplit des fonctions et des rôles bien souvent contradictoires qui ne sont pas sans rappeler Hermès.

A ces divinités majeures s’ajoutent les divinités secondaires.

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies rituelles.

Cette année aussi, dans tout le pays, les couvents et les temples ont été remis à neuf pour la circonstance et les vodounon (maître vodou) et les vodoussi (adeptes du vaudou) se sont parés pour célébrer leurs divinités comme ici sur la photo.

 

Une danse de vodoussi

 

Toutfois, de  toutes les  divinités du panthéon vodou, manifestement, Lègba est la figure du Vodou la plus familière, mais aussi la plus singulière.

 

 Lègba ou Agbo Lègba : 

le Dieu de la croisée des chemins.

 

23fev 13 Bouche du Roi (33)

Le vodou Lègba ou Agbo-Lègba se retrouve chez les populations Ewé, Adja, Mina, Fon, du Bénin et du Togo et chez les populations yorouba du Bénin et du Nigéria sous le nom d’Elegbara, Eshu-Elegbara, Eshu-Bara ou encore Eshu. Dans le culte Vaudou haïtien, le dieu Legba est vénéré sous deux formes contradictoires : la forme d’un enfant rebelle, ou la forme d’un sage vieillard estropié marchant à l’aide d’une canne.

Le terme Agbo signifie barrière dans le sens d’entrée, seuil  ou portail des maisons, des quartiers des agglomérations ou des cités. A ce titre, Agbo-Lègba est un rempart contre les ennemis réels et mystiques de la famille, de la cité ou de la communauté. Par extension Agbo-Lègba désigne  le Dieu des frontières, du chemin ou  de la croisée des chemins.

 

La légende de Lègba

 

D’après la légende, Lègba ou Elegba est le dernier fils de Mawu et de Lissa.

Mawu, l’être suprême, convoqua les vodoun pour les envoyer sur terre. Lègba se présenta alors, le premier, sans prendre le temps ni la politesse d’apporter un présent, vêtu d’une simple plume sur la tête. Aussi Mawu fâchée le renvoya. Dépité, Lègba descendit sur terre, sans instructions, sans but véritable. Il erra dans des lieux inconnus, ne sachant que faire. Comme il connaissait les langues des deux mondes, celui des divinités et celui des humains, il mit à profit cette errance, en devenant leur messager.
D’autres mythes indiquent que Lègba pourrait être, non pas le dernier-né, le « favori» de Mawu, mais au
contraire, son premier-né, un enfant malformé qui aurait précédé longtemps auparavant, le cycle des enfants normaux.

Quoi qu’il soit, sa venue est toujours placée sous le signe de la ruse, de la rapidité d’esprit, de l’intelligence, du désordre. Il se présente toujours le premier, volant ou essayant de voler la place des autres.

 

La représentation de Lègba

 

Pour ce qui est de la partie visible de l’iceberg, Agbo-Lègba est représenté par une bute de terre aux formes plus ou moins humaines avec souvent un phallus démesuré. Les représentations de lègba traînent partout. On les voit aux seuils des habitations, des lieux publiques et à tous les coins de rues dans les vieilles citées.

On peut même dire que les représentations de lègba sont la face hideuse du vodou avec les offrandes de sang, d’huile de palme et de farine de maïs et autres avec lesquelles on le barbouille régulièrement comme ici le montre ce Lègba royal dans la citée d’Abomey.

3mars 13 (14) Abomey Temples Vaudou

 

Toutefois, Lègba vodou du golfe du Bénin est tout aussi divers dans ses matérialisations que dans ses attributions.

 

Les caractéristiques de Lègba.

 

Agbo Lègba a plusieurs caractéristiques.

 

Lègba, vodou du désordre et de la colère. Divinité de la puissance, de la force qui se déchaînent dans la querelle, la discorde, la colère, le meurtre, la guerre, le cauchemar, la folie passagère, (et même) les rêves érotiques»

Lègba, vodou de la méchanceté.  Il ne cherche qu’à nuire aux hommes, et il faut sans cesse l’apaiser par des sacrifices et des offrandes.

Lègba, vodou de l’intelligence et de la ruse.

Lègba est souvent présenté comme une sorte de lutin au comportement à l’équilibre fragile: il peut être très farceur, mais aussi prêt « aux pires méchancetés », en même temps, il se laisse facilement cajoler, si on sait s’y prendre, avec des sacrifices, des prières ou des libations, et surtout de la nourriture.

 

Les fonctions de Lègba

 

Ainsi que ses caractéristiques, les fonctions de Lègba sont multiples.

 

Lègba, messager des hommes et des vodou.

Agbo-Lègba est le messager privilégier des hommes et des vodous car le seul à les comprendre tous, voila pourquoi on ne peut commencer libation et sacrifice à un grand nombre de vodou sans en offrir les prémices à Lègba afin d’obtenir son concours comme médiateur ou intercesseur.

 

Lègba, gardien de la propriété.

Il est le gardien des propriétés ce qui explique, son installation devant les maisons et aux carrefours, endroits terriblement ouverts et dangereux, qu’il a mission de protéger. Il protège la route de tout danger

 

Vodou de la génération

Représenté avec un phallus démesuré, il est le vodou de la fécondité ou de la reproduction, un vodou de la génération qui serait « susceptible de donner ou de refuser des enfants» à qui il veut.

 

La cérémonie de Lègba

 

Dans le culte vodou, il est admis que toutes choses heureuses et malheureuses arrivent par la volonté de Lègba avec la permission des vodou supérieurs. Mais, la seule manière d’éviter cela est de lui accorder son temps, il faut lui parler, lui donner à manger et à boire abondamment.

Les adeptes du vodou n’entreprennent jamais un long déplacement sans demander la route à Agbo-Elègba, le vodou du chemin afin qu’aucun malheur ne survienne en route.

Généralement les cérémonies Vodou commencent  toujours par les offrandes à Lègba et son invocation passe par une louange dont voici le  refrain culte.

Iba l’Agbo é Agbo mojuba !

Iba  l’Orisha.

Iba l’Agbo é Agbo mojuba o!

B’omodé korin adjuba Agbo é

Agbo mojuba

F’èlègba eshu ona

 

Quoi qu’il en soit, Agbo-Lègba est censé apporter protection, paix et prospérité, mais  il peut également punir.  C’est un vodou dont les  caractéristiques multiples et contradictoires, aussi bien dans son nom, dans ses formes, dans ses attributs que dans ses fonctions font de lui un vodou singulier.

.Qu’on soit adepte ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans plusieurs pays du golf du Bénin, malgré la percée des églises du réveil. Le champ du vaudou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.

 

34 thoughts on “Le vodou Lègba, un Dieu singulier de la galaxie Vodou.

  1. il ne faut pas oublier le Ghana il une partie des EWE dans une partie du Ghana aussi. dans les recherches sur le vodou les gens ont tendance a se concentrer sur le bénin seul et négligent de faire des recherches sur le reste le Togo et Ghana.

      • bonjour moi c ray de l’ile maurice je lu beaucoup sur l’interenet je fais de recherche des voodoo car mes encetres vient de l’afrique

    • salut togbe moi je suis de l’ile maurice je fais la recherche sur le vodoo mais je pas tendances a me concentré sur le benin seulment si tu peut me renseigner un peut sur vodoo togo ou ghana se sera merveilleux pour moi et pour toi vu que tu cherches faire connaitre le vodoo de togo et ghana merci beaucoup d’avances j’attend une reponse de toi au plus vite

      • Salut! Merci pour l’intérêt que vous exprimez pour l’article. Moi je suis du Benin et j’ai fai cet article par rapport à ce que je connais de mon pays. Je comprend que vous voulez des precisions sur le vodun du Togo et du Ghana.Je connais le Togo ou j’ai sejourné a plusieurs reprises et il faut dire que les rituels vodoun au Togo sont tres similaires à ceux du Benin. En revanche je ne maitrise pas du tout le ghana et je ne puis rien en dire. Pour d’autre infos le mail serai peut plus indiqué. Cordialement.

  2. Bonjour chers amis, cet article m’a beaucoup éclairé sur le vodou legba.
    Il est tout à fait louable de chercher à connaître ses origines mais il faut aussi discerner ce qui est à prendre ou à laisser de notre héritage.
    « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu`elles soient dans l`abondance.  »
    ce voleur, c’est satan, le diable mais Jésus est venu afin que ceux qui croient en lui, aient la vie en abondance…
    Que Dieu vous bénisse

      • Bonjour à vous AGBADJE , je viens de lire votre article et je suis vraiment satisfait et soulagé de ce que cet article m’a apporté comme connaissance. Vous avez cependant indiqué qu’on pourrait vous contacter par mail et j’aimerais bien alors je vous prie de bien vouloir laisser votre adresse mail afin de vous écrire . Je voudrais m’informer sur d’autres divinités .
        J’espère pouvoir vous lire bientôt .

  3. j’ai lu votre article avec une grande admiration.mes sinceres remerciement
    malheureusement dans mon pays le BURKINA FASO nous avons tendance à rejetter nos propres cultures et nos propres traditions.je vois que le BENIN a su valorisé ce qu’il a de plus beau.que DIEU vous assiste

  4. Bonjour,
    très bel article effectivement.
    Je suis cependant toujours un peu surpris, du fait que les éléments de nos cultures endogènes, soient systématiquement relégués au rang de « diabolique ». Un peu comme si avant l’hégémonie des religions monothéistes importés, la notion de bienveillance n’existaient pas au sein des sociétés africaines, amérindiennes, asiatiques ou tout autre société humaine qui se sera vu imposé une autre culture.
    Je constate que les religions dites animistes, n’ont aucun mal à intégrer les éléments des religions monothéistes, que l’on se penche sur la cosmogonie Dogon, Vodoun ou même Celte, sur le taoïsme, le bouddhisme ou la spiritulité amérindienne, aucunes de ces pratiques ne qualifie de « démoniaque/diabolique », le mode de pensée des autres religions. Dans tout ce que je viens de citer plus haut, nul ne remet en cause la notion d’un être unique et initial.

    Peut-être devrions nous chercher ce qui « relie » toutes ces façons diverses de voir le monde, plutôt que d’y voir systématiquement le mal…
    Les divers éléments qui sont ici bas ne sont ni bons ni mauvais selon moi… c’est souvent l’humain, qui par son niveau de discernement et de sagesse, les tirent vers l’un ou l’autre …
    Simple réflexion d’un humble quidam

    • Définitions : idolâtrie – Dictionnaire de français Larousse
      • Culte rendu à des idoles ou à des créatures adorées comme LA divinité même.
      – Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Genèse 1 :1

      – Or, les oeuvres de la chair sont manifestes, ce sont l`impudicité, l`impureté, la dissolution,
      l`idolâtrie… Je vous dis d`avance, comme je l`ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n`hériteront point le royaume de Dieu. Galates 5 :19-21

      Honorer ses racines, c’est quelque chose de noble mais adorer un autre dieu, c’est adorer un ange déchu qui lui, est soumis à Lucifer. Alors, celui adore le diable est esclave du diable
      Ne savez-vous pas qu`en vous livrant à quelqu`un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l`obéissance qui conduit à la justice? Romains 6 :16

      qui est venu pour dérober, égorger et détruire. Jean10 :10

      À vous de juger si ça vaut la peine chers amis…

      • Vous ne pouvez pas vouloir comparer une religion à une autre. même parce que la culture africaine tradiocionais existait déjà bien avant la création et le passage des Apôtres.
        mots qui sont exprimés dans la Bible doivent être suivies par Christian et évangélique, et non par les amateurs de cultures traditionnelles. de même, ceux qui se disent catholiques et évangéliques ne sont pas de vrais adeptes des mots qui sont dans la Bible. Pour la culture traditionelle africaine, il y a beaucoup de dieux, mais un seul Dieu. plus vous pouvez prendre des noms différents, étant créateur universel et étant dans de nombreux pays, son nom peut varier.

  5. Pingback: L'Ifa ou Fâ, une géomancie divinatoire, fondement du vodun

  6. Merci pour ces précision sur le vodoun légba. D’après ce que j’ai pu lire dans la recherche de quelques intellectuels africains le nom réel c’est le vodoun-noun en référence au noun dont parlait nos ancêtres en Égypte antique. Il y a ce genre de pratique vodoun au Nord du Togo mais j’ignore comment il le nomme la bas.

  7. Cergy le 31/07/2016

    Bonjour Monsieur

    Je suis haitienne pretresse du vaudou depuis ma conception dans l’uterus de ma mere donc j’ai ete elue. Merci pour cet article d’une grande sagesse!
    Je suis encore à ce jour entrain d’apprendre car je vis en France depuis 19 ans je suis donc loin de « ma cour » la française ne s’accommodant pas bien de ce genre de vie…
    Je serais ravie d’échanger avec vous, je crois que votre sagesse saura m’éclairer sur bien de points ou/ et me conforter dans mes croyances et convictions.

    Merci encore
    À bientôt par mail 🙂

  8. bonsoir à tous
    Je suis moi aussi fort intéressée par le savoir que vous semblez détenir et j’ai apprécié vos multiples informations Bien sur je souhaite obtenir d’autres renseignements sur d’autres divinités . Votre honnêteté intellectuelle permet à des gens comme moi (blanche et française non initié) de s’approcher de vos traditions et cultures en étant objective et receptive .
    voici mon mail .myra0296@gmail.com

  9. Je suis haïtien d’origine. vivant au Mexique depuis plus de quarante ans. Je fais des études sur le vodou haïtien. Je prépare en ces jours un article titulé « Entre Dieu et Legba ». Je vous remercie pour votre intéressant texte que j’ai d’ailleurs cité dans mon article. Je vous en enverrai le lien si tôt qu’il soit publié.
    Amitiés.

  10. Pingback: Le Fâ et le Lègba, les deux piliers du vodoun - L'Afrique au présent passé

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