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Ils sont morts, la plupart ne sachant trop pourquoi ?

Ils sont d’autant plus effarés, que l’assaillant était

l’ami, le voisin, le frère de toujours.

Combien étaient-ils ainsi fauchés ?

Des milliers, des centaines de milliers, environ un million,

d’hommes, de femmes et d’enfants,

traqués, matraqués, pourchassés, violentés, avilis, tués,

juste pour assouvir la haine,

une haine gratuite, une haine sanguinaire.

Quel crime avaient-ils donc si tant commis ?

Ils étaient condamnés pour délit de faciès !

Ils étaient coupables d’être Tutsis,

où Hutus modérés, c’est-à-dire assimilés Tutsis.

Ces Tutss qui, semble-t-il,  rappellent de grands arbres qui détonnent  Dans la savane et qu’il fallait abattre.

Ces Tutsis qui sont la sournoiserie personnifiée, des cafards qui ne Méritent que d’être écrasés ! écrasés ! écrasés!

Oh,  ciel ! Comment en est-on arrivé là ?

Entre des frères qui,  depuis la nuit des temps, vivaient en symbiose,

qui parlent la même langue : kinyarwanda,

adorent le même Dieu : Imana

et se marient les uns avec les autres.

Comment donc en est-on arrivé là ?

Certes, il y a eu la caricature allemande.

L’instrumentalisation belge.

Les frustrations de part et d’autre.

Les rivalités et ressentiments successifs.

La révolution sociale, la Toussaint rwandaise et j’en oublie.

Mais tout ça, c’est de l’histoire classique des rivalités

dans toutes les nations.

Sauf qu’ici,  l’histoire s’est soldée par un génocide.

Une folle saison, la saison de toutes les folies

Une destruction systématique de tous les Tutsis.

Une animosité qui dépasse toutes les limites de l’entendement

Un projet aussi vil qu’incompréhensible.

Se peut-il que tous les Tutsis soient mauvais et tous les Hutus, parfaits ?

Se peut-il que tous les Tutsis soient exécrables et tous les Hutus aimables ?

Se peut-il que tous les Tutsis soient abjects et tous les Hutus corrects ?

Eh oui ! On le comprend, une idéologie est passée par là.

Une idéologie qui a corrompu les esprits,

formaté les mentalités,

armé les mains.

Une idéologie abjecte à honnir.

Car dans mon esprit, aucune discrimination ne saurait se justifier.

L’exclusion des autres ne console jamais du mal-être de soi.

C’est plutôt ensemble, dans le dialogue et la concorde,

Que les uns et les autres œuvrent à  poser les jalons du bien-être collectif.

Mais à présent que le génocide est derrière nous,

n’ayez plus de crainte, amis rwandais,

nous sommes tous des Rwandais.

Et dans mon esprit, devant nous, un grand défi.

Faire que quelque chose de bien,

sorte du grand mal qui est arrivé.

Le défi de bâtir une nation libre, digne et forte.

La nation post génocide, sans menace tutsie, ni menace hutue.

Pour que les bourreaux d’hier fassent amende honorable et se repentent.

Pour que les victimes d’hier ne deviennent des bourreaux aujourd’hui.

Pour que paix et confiance règnent dans les cœurs et les esprits de tous.

Nous devons le faire pour la prospérité de tous,

mais plus encore pour honorer la mémoire des morts.

Pour que le sacrifice de leur vie, à quelque chose serve.

Pour que plus jamais ça,

Car dans mon esprit,

nous sommes, avant tout, Rwandais,

et, après tout, nous ne sommes forts qu’unis.

2 thoughts on “Rwanda in my mind

  1. On dit que ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement. Ici, les sentiments, tous les sentiments, ont été clairement énoncés. On ne peut rester indifférent à cet écrit, cette analyse, cette rétrospective, ces idées, ces conclusions, ses conseils prospectifs. Tu m’as rappelé ce fameux et célèbre livre (adapté au cinéma), d’un rescapé des camps d’Auschwitz dont le nom ne me revient pas, « au nom de tous les miens ». Les rwandais sont tous les nôtres. Paix, prospérité, et éternelle fraternité.

  2. Pingback: La mémoire qui flanche | Regards sur le monde

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