Burundi : du ko électoral au chaos social


Pierre_Nkurunziza_2014. en.wikipedia                                                                                                                                              Crédit photo: en.wikipedia.org

 

Enfin, ce que la communauté internationale redoutait au Burundi, est arrivé

Depuis la volonté affichée du président Nkurunziza de s’accrocher au pouvoir,

Puis la reforme constitutionnel opportuniste manigancée,

Et enfin le ko électoral orchestré pour y parvenir,

La crainte était grande de voir le pays basculer dans la violence, le chaos.

Désormais, le doute n’est plus permis.

Les répercussions tant redoutées de cette imposture démocratique s’étalent au grand jour

Depuis 8 mois, les violences font rage au Burundi.

Depuis 8 mois le pays est mis à feu et à sang.

Depuis 8 mois, la crise a déjà fait plus  de 400 morts et 230 000 réfugiés.

Depuis 8 mois aucune chance  n’est laissée à la croissance économique.

Depuis 8 mois le pays ne sécrète qu’insécurité, mort et pauvreté.

Depuis 8 mois le pays sombre peu à peu dans le chaos.

Pourtant, contre ce projet de candidature, le pays tout entier s’est insurgé.

Contre ce projet, la Communauté internationale a exprimé ses inquiétudes.

Contre ce projet, l’Union africaine a pour une fois dans son histoire, pris parti.

Contre ce projet, les poids lourds du parti présidentiel sont entrés en dissidence.

Mais, hélas, rien n’y a fait, le prince est parvenu à ses fins.

Depuis lors, le pays va à vau l’eau.

Et que faire pour dénouer la crise et épargner les vies humaines ?

La Commission de l’Union Africaine propose sa solution.

Le déploiement d’une force d’interposition de 5000 hommes.

Mais sans consensus des chefs d’Etat de l’Union,

Et sans consentement de la partie burundaise,

Le projet a été avorté au 26e sommet de l’Union Africaine

Le Conseil de sécurité des Nation Unies et l’administration Obama,

Pour leur part, penchent  plutôt pour un règlement politique.

Plusieurs missions de ces deux institutions ont été dépêchées à Bujumbura

Pour désamorcer la violence et faciliter le dialogue entres gouvernement et opposition.

Mais le président Nkurunziza, est resté inflexible face à toutes ces initiatives.

Pour la partie burundaise, elle n’a de leçons à recevoir de personne.

A tous ceux qui sentent indignés,

Gentiment mais fermement, il est demandé de « circuler ».

ô Ciel, quel détachement ? Quelle compromission ?

Pourquoi cet acharnement à mettre son propre peuple à genou ?

Pour le châtier de son désir de liberté et d’instauration de l’Etat de droit?

Ou peut être, comme Néron, pour admirer le macabre spectacle ?

Ou pour faire la démonstration de sa propre grandeur ?

Le monde entier regarde le Burundi et est horrifié

Le premier magistrat du pays regarde le monde et se sent glorifié

Le malheur du peuple, fait la grandeur du prince.

Non, la grandeur d’un homme ne se mesure pas à sa hauteur,

Mais à ses actions et actes en ce monde.

Et justement, les actions et actes en question sont répréhensibles.

La grandeur véritable est dans la bienfaisance.

Pourtant, avec les événements du Burkina Faso en 2014,

On croyait la fatalité des reformes constitutionnelles vaincues sur le continent.

On se souvient, Blaise Compaoré voulait aussi modifier la constitution,

Pour s’octroyer une rallonge et s’accrocher au pouvoir.

Une insurrection populaire a balayé son régime du jour au lendemain.

Un exploit qui a fait croire un moment sur le continent,

Que les reformes constitutionnelles opportunistes sont du passé.

Mais, hélas non ! Avec le Burundi, le continent est rattrapé par ses vieux démons.

Déjà, le mal s’est métastasé au Congo Brazzaville et au Rwanda,

Les indices du même mal sont également décelés en RDC.

Quand le continent va-t-il apprendre de ses erreurs?

Et le plus triste et désespérant est que dans cette tare continentale,

Ce sont les timoniers qui conduisent le navire dans le gouffre.

Mais comme le dit un adage africain,

Trois cent soixante-quatre jours pour les dirigeants,

Un pour le peuple.

Au Gabon, la Tropicale Amissa Bongo 2016 ouvre la saison cycliste internationale

Tropicale Amissa Bongo 2016

 

 La plus célèbre des courses africaines, la Tropicale Amissa Bongo, réunit, pour sa onzième édition, des professionnels et des amateurs d’Europe et d’Afrique. Elle se déroule au Gabon, du 18 au 24 janvier 2016.

 Le coup d’envoi de la plus célèbre des courses africaines, la Tropicale Amissa Bongo, a été donné ce lundi 18 janvier 2016 au Gabon. Cette compétition, qui se dispute sur 774 km en 7 étapes, se déroule sur une semaine au Gabon et au Cameroun.  Classée dans la 1ère catégorie UCI, la Tropicale Amissa Bongo est la première course cycliste du calendrier cycliste international. Conformément au programme annoncé par les organisateurs de la course cycliste internationale le 05 janvier dernier à Libreville, la première étape (Kango-Lambaréné, 146 km) a sacré l’Italien Andrea Palini. Le coureur de l’équipe Sky Drive a terminé l’étape devant le Biélorusse Yauheni Hutarovich et le Français Adrien Petit de Direct Energie.

Le premier coureur africain, l’Erythréen Tesfom Okubamariam, se classe quatrième. Gienn Morvan Moulengui est le premier coureur gabonais à passer la ligne en 33e position, dans le même temps que le vainqueur.

La suite de la compétition s’établit comme suit :

2e étape (19 janvier) : FOUGAMOU-MOUILA -105 km-
3e étape (20 janvier) : LAMBARENE-NDJOLE -130 km-
4e étape (21 janvier): OYEM-AMBAM (Cameroun) -141 km-
5e étape (22 janvier) : MEYO KIE (3 FRONTIERES)-OYEM -118 km-
6e étape (23 janvier) : AKANDA- STADE DE L’AMITIE (clm) -4 km-
7e étape (24 janvier) : CAP ESTERIAS-LIBREVILLE -130 km-

Au nombre des innovations annoncées pour l’édition 2016, on compte une arrivée inédite à Ambam au Cameroun ainsi qu’un départ symbolique depuis Meyo Kié, au croisement des trois frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée-Equatoriale. L’autre grande attraction cette année concerne l’avant-dernière étape qui se déroulera sous la forme d’un contre-la-montre individuel, autour du Stade de l’Amitié de Libreville. Il restera ensuite la dernière étape qui, comme le veut la tradition, clôturera en apothéose cette 11e édition. Sur un parcours exigeant, au cœur même de Libreville, des bonifications seront en jeu pour le classement final.

Par ailleurs, Lambaréné, la ville la plus visitée depuis la création de la Tropicale, fêtera cette année son 20e statut de ville-étape.

Enfin pour la première fois, une équipe cycliste brésilienne prendra part au départ de la Tropicale Amissa Bongo. En effet, Funvic Soul Cycles-Carrefour participera à cette 11e édition. Signalons surtout la présence au départ du Tour du Gabon de l’équipe nationale du Burkina Faso, l’autre grande nation de vélo en Afrique subsaharienne, malgré le choc provoqué par l’attaque djihadiste dont le pays a été victime trois jours plus tôt.

 Classée dans la 1ère catégorie UCI, la Tropicale Amissa Bongo a déjà vu de nombreuses stars professionnels et amateurs s’affronter sur les routes gabonaise. De Thomas Voeckler à Daniel Martin, en passant par Sylvain Chavanel et Luis Leon Sanchez, ils sont nombreux à avoir débuté leur saison sur la Tropicale. Cette année, le champion de France Steven Tronet sera l’une des principales attractions. Mêmes si le professionnels partent favoris, ils devront se méfier de la concurrence des meilleures équipes africaines. Ainsi, Rafaâ Chtioui (Skydive Dubai Pro Cycling Team)  de Tunisie aura à cœur de rééditer son exploit de 2015.

Au total, 15 formations nationales et internationales s’affronteront à travers les rues d’Afrique pour la beauté et la puissance de la petite reine.

bal masqué des candidats aux présidentielles Bénin 2016

 

 

présidentielles Bénin 2016

Dans la jungle, terrible jungle politique béninoise, le règne du roi lion va prendre fin ce 06 avril.

Et comme en pareille occasion, les ego s’affrontent et les têtes se cognent déjà.

Qui deviendra le prochain locataire du palais de la Marina ?

La fièvre électorale est montée d’un cran ce lundi et mardi 11 et 12 janvier 2016.

Les candidats potentiels étaient invités à officialiser leur candidature

Les uns après les autres, ils ont défilé à la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA)

Au total, pour les présidentielles Bénin 2016, la CENA a enregistré,

48 candidats  dont 4 femmes

48 idées de développement de la nation Béninoise.

Mais la grosse attraction de cette élection 2016, c’est l’entrée en lice des hommes d’affaire.

Au Bénin, la politique est une chose trop juteuse, pardon, trop sérieuse…

Pour être laissée aux seuls hommes politiques.

En réalité, sur cette pléthore de candidats, seule une poignée peut être jugée crédible.

Pourtant, tous y sont allés, chacun avec sa stratégie particulière de conquête du pouvoir.

Stratégie qui rappelle chez certain un animal de la fable.

Dans ce défilé de dépôt de candidature aux allures de bal masqué

On pouvait reconnaître  le coucou, l’écureuil, le coq, la fourmi, le caméléon et beaucoup de chats.

Le coucou, chacun sait est un oiseau opportuniste,

Il  pond ses œufs dans le nid des autres oiseaux,

Il  leur fait couver ses propres œufs puis nourrir  ses propres oisillons.

Comme le coucou, Lionel Zinsou a été nommé premier ministre du Bénin il y a six mois,

Il a abandonné la direction de PAI Parteners, premier fonds d’investissement européen.

Revenu  au Bénin, il est devenu l’allié des FCBE, la coalition présidentielle

Il s’est porté candidat à la candidature à la présidence pour le compte des FCBE.

Dauphin volontairement choisi par Boni Yayi

Il a été désigné candidat unique des FCBE au détriment de toutes les ambitions internes.

Cette désignation a fait beaucoup jasé dans les rangs des FCBE et a fini par l’éclater.

Pas moins de sept candidats en lice pour ces élections

 sont issus de cette majorité présidentielle

Il est devenu le porte flambeau d’une formation en lambeau.

Mais il a surtout le mérite de rallier à sa cause deux grands partis d’opposition.

Le Parti du renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbedji, président du Parlement béninois.

Et la Rennaissance du Bénin (RB) de l’ancien président Nicéphore Soglo

Qui l’eu cru ?

Toutefois, il doit encore convaincre les béninois sur la pertinence de ce regroupement.

Une simple concentration horizontale au service des intérêts personnels?

Et surtout, avec toutes les contradictions qu’il charrie,

Quelle marge aura t-il, à moyen terme, pour générer un taux de croissance à deux chiffres

Condition pour  créer des emplois du développement et surtout la cohésion nationale.

Autre candidat, autre méthode. patrice talon, l’homme devenu  célèbre malgré lui.

C’est l’écureuil personnifié,

Première fortune du pays, il est aussi le premier employeur non étatique.

Comme l’écureuil  il est gracieux, malicieux, économe mais surtout thésauriseur.

Ses provisions dépassent largement ses besoins,

Et de la prudence à la cupidité, il n’y a souvent qu’un pas.

L’homme promet de communiquer à tous les béninois le génie pour devenir aussi riche que lui.

Mais il devra encore convaincre que lui président,

Il  saura faire la part des choses entre l’intérêt du peuple et ses multiples intérêts privés.

Mais en attendant d’apprendre à chacun à pécher son poisson,

tout le monde veut avoir part au gros poisson  que lui-même a déjà pêché.

Au regard de l’engouement qu’il soulève, l’histoire dira si c’est un marché de dupe ou non.

Après la première fortune du pays,

Sur la ligne de départ, il a aussi la deuxième fortune du pays.

Sébastien Germain Ajavon,  Fofo Séba pour les intimes.

Si l’homme était une institution, sa mascotte serait le coq.

Il a fait fortune dans la volaille importée.

Comme le coq, l’homme sait se faire entendre et ses prises de position sont souvent viriles.

Avec lui, tous les béninois sont assurés d’avoir du poulet à leur table aux trois repas quotidiens.

Mais quid du reste ?

Entre la gestion d’une entreprise et celle d’une nation, il y a un monde.

Sans expérience de gestion publique, comment éviter le pilotage à vue ?

Pour mettre en œuvres une politique de développement et de cohésion sociale,

L’homme devra encore convaincre sur ses  capacités  organisationnelles et ses ressources.

Le candidat Abdoulaye Bio Tchané a remplacé Boni Yayi à la tête de la BOAD en 2006,

Il ambitionne de le remplacer, une fois encore, à la tête de la magistrature suprême du Bénin.

Comme la fourmi, li travaille activement à cette fin depuis 2006.

En 2011 il a refusé de prêter son soutien à boni Yayi pour rempiler et s’est lui même positionner

Candidat malheureux, il y croit toujours et ratisse le pays en promettant monts et merveilles

Mais l’électorat du septentrion, sa région natale, dont le vote groupé a toujours fait la décision

N’a pas joué, jusqu’à ce jour, en sa faveur, allez y savoir pourquoi.

S’il est vrai que nul n’est prophète en son pays,

Il est aussi vrai que nul ne peut être roi qu’en son pays.

Sa chance ultime, qui serait aussi, synonyme de malchance, pour les autres candidats en lice

Qu’enfin les déterminants du vote du septentrion jouent en sa faveur aux élections prochaines.

Et que dire du candidat Pascal Iréné Koupaki, PIK pour les intimes.

Il fait penser à bien des égards au caméléon, n’en déplaise au gle Kérékou, le caméléon national.

Le caméléon chacun sait change de couleur et devient visible ou invisible

Comme le caméléon, l’homme  est toujours invisible sur la ligne de départ,

Et soudain, il devient très visible sur la ligne d’arrivée.

Ce fut le cas en 1996, quand il fut nommé directeur de cabinet de Me Adrien Houngbédji.

Leader du PRD et Premier Ministre de la République du Bénin sous la présidence de Mathieu Kérékou

Etant inconnu au PRD, cette nomination fut très décriée par les militants de base du PRD.

Ce fut encore le cas en 2006 , il fut nommé ministre des finances puis  premier  ministre de Boni Yayi.

Pourtant, il était totalement invisible dans l’équipe de campagne de Boni Yayi

Dauphin présomptueux de Boni Yayi, pendant sept ans, il est resté le favori pour ces élections.

Mais depuis que sa rupture avec Boni Yayi est consommée en aout 2013

l’homme n’a plus la faveur des caméras, celle des pronostics non plus.

Dans tous les cas il peut devenir visible dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Quid des nombreux autres candidats ? Je les identifie au chat.

Le chat est considéré comme un animal lunaire. La nuit, il disparaît pour ne réapparaître qu’au petit jour.

Il  rentre à la maison comme si de rien n’était, pour venir y dormir.

Comme le chat tous les autres candidats disparaîtrons au soir du scrutin.

Ils réapparaîtront à la veille des élections prochaines

En attendant la validation de ces candidatures par la Cour constitutionnelle le 25 janvier

Méditons cette pensée de kourouma dans le soleil des indépendances:

« La politique n’a ni yeux ni oreille ni cœur. En politique le juste et l’injuste marche de pair.

Le bien et le mal s’achète ou se vende au même prix. »présidentielles Bénin 2016

L’art divinatoire Ifa ou Fâ : quand la lumière des dieux éclaire les hommes

Orunmila le orisha de la sagesse et de la connaissance

A  l’occasion de la fête des religions endogènes, célébrée chaque année au Bénin le 10 janvier, je suis, une fois encore, heureux d’apporter par ce billet, ma  contribution  à l’événement en fournissant quelques points de repère sur la dimension fondamentale, la clé de voûte des orishas et des vodouns: l’Ifa, pour les Yoroubas, et le Fâ, pour les Fons. Toutefois, n’appartenant à aucune confrérie d’Ifa/Fâ, mon objectif est de clarifier, autant que faire se peut, pour le profane que je suis, la genèse, le principe et les caractéristiques de l’art divinatoire Ifa ou Fâ. Il a été diabolisé par le colon et reste encore un mystère pour la majorité des Béninois modernes.

L’homme et son destin

Comme Jacob, qui s’écria dans la Bible « Mon sort est caché devant l’éternel ! », l’homme est toujours poursuivi par l’énigme de son destin. Depuis la  nuit des temps, l’homme a toujours été inquiet pour son destin, car il ne le connait pas et ne peut pas y échapper. Ce dilemme lui fait peur, à cause des vicissitudes de la vie qu’il redoute. Aussi, chez tous les peuples de la terre, l’homme va s’évertuer, par tous les procédés possibles, de percer le mystère de son existence : la cause, 1′ origine de ses divers malheurs et les moyens d’y échapper. L’ensemble des procédés inventés par l’homme, en vue de sonder, de percer ce mystère, s’appelle «l’arts conjectural» et sa pratique est la divination. Dans toutes les civilisations qui utilisent l’écriture, la géomancie et la taromancie ont été, depuis l’antiquité, suffisamment expérimentées, documentées et comptent de nos jours parmi « les mancies expérimentales » ou « mancies mères ».

Chez les peuples noirs d’Afrique sans écriture, de tous les procédés expérimentés, l’IFa est l’un des moyens par excellence permettant de révéler les desseins de Dieu. C’est une technique, un art, un oracle qui permet aux devins de communiquer avec Dieu, à travers les Orishas, les ancêtres, les défunts, etc. Il est utilisé dans les moments critiques de la vie tels que les maladie graves, les décès, les naissances, les mariages, à tout moment. Ifa est le nom donné à Orunmila, la divinité de la sagesse et du, destin dans la culture yoruba du Nigéria et du Bénin. L’oracle Ifa est également connue sous le nom de Fá chez les Fons du Bénin ou d’Afá dans les cultures ewe du Bénin et du Togo. Ce nom trouve son origine dans la ville d’Ilé Ifé, au Nigéria, où selon la tradition, cet art divinatoire serait apparu en premier sur le content africain.  Du Nigéria,  l’Ifa s’est répandu en premier au bénin, au Togo puis au Ghana, en s’intégrant harmonieusement, dans ces trois pays, au vodoun.  D’ailleurs, il représente le trait d’union parfait entre les orishas des Yoroubas et les vodouns des Fons du Benin. Ceci illustre la grande parenté des panthéons des Yoroubas du Nigéria et des Fons du Bénin, même si ces deux communautés ne partagent pas la même mythologie.

Chez les Yoroubas, c’est par l’Ifa, le rituel de divination, que l’adepte prend contact avec les Orishas, et c’est Orunmila, l’orisha de la divination et du destin, qui transmet aux dieux les questions des hommes et leur apporte en retour les réponses des dieux. C’est également lui qui informe les esprits si les sacrifices destinés à les apaiser ont été réalisés comme ils se devaient. Chez les Fons du Bénin, cette fonction est tenue par le vodoun Lègba qui sert d’intermédiaire entre le monde des esprits, dont il parle toutes les langues, et le monde des humains, via la divination du Fâ, comme je l’ai déjà fait remarqué dans un article précédent. Ainsi pour ces deux communautés, seul l’Ifa, ou le Fâ, peut donner la solution à tous les maux, après en avoir révélé les causes. Il parle toujours en paraboles, en tant que système de divination. Son langage est donc symbolique et se traduit par des traits qui forment des signes, ou « Odu » en yorouba, ou « Dou » en fon. Seuls les prêtres d’Ifa, les Babalawo chez les Yorubas, ou les Bokonon chez les Fons, qui maitrisent le langage et les rites d’Ifa, peuvent décrypter chaque signe et prescrire ses recommandations ; un ministère qui nécessite un long apprentissage, en sorte une formation initiatique.

L’Ifa et le symbolisme du nombre seize

La religion des Yoruba est monothéiste. Oloddumare en est le dieu unique, absolu, créateur et source de toutes choses. Son nom signifie « Seigneur de notre éternel destin ». Oloddumare ne possède aucun autel, ni statues, ne fait l’objet d’aucun culte ni d’offrande et ne possède pas de collier. Autour de lui et sous sa puissante autorité, gravitent des divinités connues sous la dénomination de « Irunmole » ou orishas, l’équivalent des vodouns du Bénin. Les orishas sont, en réalité, objets de cultes. Parmi les orishas les plus importants, on compte : Orunmila (esprit de la divination, destin), Sango (esprit du tonnerre et des éclairs), Ochosi (esprit de la chasse, et protecteur de ceux qui ont des problèmes judiciaires), Ellegua, ou Exu ( celui qui ouvre la route), Ogun (dieu du fer), Obatala (esprit de la justice), Yemonja ou Yamaya (esprit de la fertilité et des eaux salées ; sirène), Ọya (gardien des morts et des cimetières),  Ibeji (esprit des jumeaux), Ọsanyin (esprit des médecines et de la guérison), Ọsun (esprit de l’amour, protecteur des enfants et des mères, maître des eaux douces), etc. Ils sont considérés comme les intermédiaires entre les hommes et Olodumare. Les orishas sont les divinités chargées par Oloddumare de veiller à maintenir l’ordre dans le monde matériel, c’est-à-dire d’assister les hommes dans leur destinée mais aussi parfois les contraindre à suivre cette destinée s’ils s’en écartent trop.

Selon la cosmogonie yoruba, au commencement, il n’y avait que l’eau et le chaos. Olodumare dépêcha  son fils Odudua depuis le ciel pour créer la terre à partir du chaos ce qui fut  fait. Obatala un fils du roi sculpta des formes humaines auquel Olodumaré insuffla le souffle.  Mais Olodumare autorisa uniquement Orunmila à être l’unique témoin de toutes les étapes de la création de l’univers et donc unique témoin du destin de toute la créature. Par conséquent, Olodumare  l’autorisa à descendre sur terre pour être prophète. Il est donc l’Orisha de la divination et l’oracle suprême. Il est chargé d’aider les hommes dans une évolution qui devra les amener au terme de leurs réincarnations à devenir de purs esprits dans le royaume du Orun (ciel). Pour cela Orunmila doit pouvoir adresser ses conseils et avis aux êtres humains tout au long de leur existence.  C’est par la divination de l’Ifa qu’Orunmila communique avec les prêtres spécialisés, les babalawos qui peuvent l’interpréter. Il est par conséquent le Orisha de la divination et du destin. C’est à lui que Olodumare a donné le pouvoir d’établir le lien entre les Orishas et l’être suprême, par l’intermédiaire de l’Orisha Ifa, une recette secrète permettant de pénétrer le mystère et qui  repose sur le symbolisme du nombre « seize ».

Selon la légende, Oluda, le premier roi (Oni) d’Ifa eut seize fils qui fondèrent les seize royaumes yorubas. Orunmila apprit l’art de la divination aux seize fils qui la transmirent à leurs successeurs les Babalawos (les devins ou prêtres d’Ifa). Le seize représente les seize possibilités de vie humaine. Ces seize principes appelés Odu ou Oladu, eurent à leur tour seize fils chacun représentant ainsi 256 possibilités de vie humaine. Chaque possibilité (odu) possède seize poèmes (ese) qui transmettent des indices pour les séances de divination, ce qui donne finalement 4096 scénarii possibles.

Du symbole à la pratique de l’Ifa ou du Fâ

En pratique, l’Ifa ou le Fa revêt deux aspects, il est fois divinité, mais aussi science. Certes le fa est une géomancie, un art divinatoire, mais ce n’est là que sa dimension symbolique. L’IfA est avant tout, une voie de connaissance, une doctrine initiatique, une lumière qui éclaire le sentier de la vie de tout un chacun. C’est une dimension du temps, il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse. En effet, La divination du Fa repose sur un système binaire, rappelant celui des hexagrammes du Yi Jing.

La pratique de l’Ifa repose soit sur l’utilisation de 16 noix sacrées et de la planche d’Ifa (grand jeu) ou du chapelet divinatoire, « l’Opèlè » et un plateau de divination nommé : « ọpọn ifá » en yoruba (le petit jeu). Le chapelet est  constitué de 8 semi amandes de pommes cannelles consacrées et enfilées sur une ficelle d’une certaine longueur et nommée « ọpẹlẹ » en yoruba ou « agumaga » en fon. chapelet ifaIl est tenu par le milieu de sorte à former deux branches, mâle et femelle, constituée chacune de 4 demi amandes. Quelque soit la méthode utilisée, la transcription de l’oracle est la même.

Avec le chapelet, pour obtenir une réponse conséquente, la consultation nécessite trois lancements, un lancement principal et deux complémentaires. Pour chaque opération, le prêtre d’Ifa, le Babalawo réalise un lancement du chapelet après un rituel donné. Selon que les demi noix retombent  sur la partie concave (ouverte) ou convexe (fermée), il transcrit  le signe apparu sur le plateau de divination  par une valeur simple : I (position ouverte) ou double : II (position fermée). Ainsi, chacune des deux branches du chapelet peut présenter l’une quelconque des 16 combinaisons possibles ci-dessous ou combinaisons de base ou figure mère de l’oracle Ifa.

figure mère fondamentale du Fa
Les 16 figures mères fondamentales d’Ifa, avec leur nom en yoruba et en fon.

L’ordre dans lequel elles sont données est celui-ci accepté par la majorité des devins d’Afrique de l’Ouest, même s’il peut exister de petites variations selon les régions

Le chapelet ayant deux branches,  l’assemblage des deux colonnes donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons (odu)  en yorouba ou (dou)  en fon  qui représentent les 256 possibilités de vies humaines. Le nom de chacune des 256 combinaisons est construit à partir des deux figures mères qui la composent, la colonne de droite en premier car elle est considérée comme plus puissante et plus déterminante, elle représente le signe même, tandis que la colonne de gauche représente la maison. Lorsque les deux colonnes sont identiques, on parle de figure meji (double). Il en existe 16 qui représentent les 16 maisons géomanciques.
A chaque combinaison correspond des vers (« ese » en yoruba) qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette… sur lesquels le devin va se baser pour réaliser son interprétation. La tradition affirme qu’il y aurait 16 vers par combinaison odu/dou du fa, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers. En d’autres termes lorsqu’une question est posée à un babalawo (devin), il existe 4096 réponses possibles, soit autant de poèmes qui devront être interprétés par le devin pour donner une réponse. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible. Il est cependant admis qu’il est possible de tirer l’Ifa et de réaliser des prédictions correctes en ne connaissant que quatre vers essentiels par odu/dou. Les consultants peuvent demander une divination du Fa pour des raisons diverses et variées : se faire prédire son avenir, connaître le sort de proches passés dans l’au-delà ; ou trouver une solution à un souci de santé, un manque d’argent, un conflit, des problèmes conjugaux. La divination d’Ifa était anciennement utilisée avant chaque prise de décision importante. Les figures caractéristiques d’Ifa,  leur signification et les prescriptions essentielles de ces signes feront l’objet d’un autre article.

Le sens mystique des signes d’Ifa ou de Fâ

Afin de saisir toute la portée mystique et la signification profonde des signes, il est très important de faire une identification des quatre noix de chaque branche du chapelet d’Ifa avec les quatre éléments naturels impondérables que sont le feu, l’air, l’eau et la terre, sources de toutes énergie du monde terrestre. Les éléments du haut du chapelet (feu et air) représentant 1 ‘esprit et ceux du bas (eau et terre), la matière. Notre monde terrestre et la vie n’étant autre chose qu’une combinaison, une fusion de ces quatre éléments impondérables on retrouvera ces quatre éléments dans différentes proportions dans toute espèce créée ici-bas. Chaque entité humaine, chaque situation humaine représente une addition, une combinaison et une fusion de ces quatre éléments dans de différentes proportions et symbolisée par les divers signes. Autrement dit, chaque type humain est la manifestation du signe auquel il appartient. Le signe permet donc de révéler le type humain, son comportement, ses facultés, en un mot tout son caractère, ses spécificités ou caractéristiques essentielles.

Les dérives de la consultation de l’Ifa ou du Fâ

L’Ifa ou FA, prospecte tous les domaines de la vie sociale de l’individu : naissance, difficultés d’accouchement, travail, emploi, entreprise quelconque, mariage, vie du foyer, décès  etc…  Il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse, en suivant les conseils de l’oracle et en réalisant les sacrifices rituels, généralement modestes, prescrits. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

Toutefois, la consultation d’Ifa est bénéfique et sans risque pour quiconque s’en réfère, à condition, sous entendu, d’exécuter les sacrifices prescrits. A la réflexion, théoriquement,A le risque est de subir des dommages ou d’affronter des obstacles évitables et contre lesquels l’oracle vous aura prévenu. Mais en réalité le risque semble plus grand que cet aspect. Il est écrit que tu ne tenteras pas l’Eternel ton Dieu et consulter sans sacrifier apparaît comme une forme de défi de la divinité du destin. Ou s’arrête la colère de la divinité, ou commence les représailles possibles des prêtres d’Ifa ‘babalawo et bokonon)   qui ont officié la consultation et pour qui cela représente un manque à gagner? Seules la probité et  l’intégrité de ces distingués hommes peuvent en faire foi.  Aussi faut-il être bien conseillé pour ne pas tomber sur les faux dévots, nombreux dans la profession et qui font le business d’Ifa et les vrais maîtres pour qui l’aspect financier est secondaire.

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Au total Il y a seize (16) maisons géomanciques et seize (16) signes principaux. La passation des seize signes dans les seize maisons géomanciques donne un total de 256 (deux cent cinquante six) signes.  Ainsi, le Fâ est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie. Les prêtes de l’Ifa ou du Fâ, les Babalawo chez les Yoruba, ou Bokonon chez les Fons, sont à la fois des diagnosticiens, des prescripteurs, des psychologues et des psychiatres. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour. « Le 21ème siècle sera religieux, ou ne sera pas », la pensée est attribuée à tort à André Malraux, mais on est bien tenté  de croire qu’il le sera, au regard de l’omniprésence du religieux dans le débat public sur l’ensemble de 5 continents. Mais ce qui est, d’ores et déjà certain, le 21e siècle est  l’entrée dans la mondialisation. Et face au foisonnement d’initiatives religieuses, des églises du réveil et des sectes islamistes, certains seraient tentés d’envisager le déclin des systèmes religieux endogènes d’Afrique ; or il n’en est rien. L’existence de ces religions continue à nourrir de leur ferveur populaire les religions révélées  (christianisme, islam). En réalité, les religions révélées sur le continent sont comme toutes fécondées par les religions endogènes, ce qui génère un néo syncrétisme non avoué auquel je consacrerai un article bientôt.

AGBADJE Adébayo Babatoundé Charles

A Libreville, la journée récréative du SECEG, le syndicat des enseignants contractuels de l’Etat gabonais

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Comme de coutume chaque lundi de pentecôte, les enseignants expatriés contractuels de l’état gabonais se sont retrouvés ce lundi 25 mai 2015 sur la plage du Lycée Nationale LEON M’BA  de Libreville pour une journée récréative et de partage.

Après  deux trimestres de labeur, les enseignants expatriés contractuels de l’Etat gabonais ont choisi le lundi de pentecôte pour se recréer se divertir et se ressourcer. Fête statutaire organisée par le Syndicat des Enseignants Contractuels de l’Etat Gabonais (SECEG) à l’intention de ses membres et sympathisants, cette journée récréative du SECEG est devenue au fil des ans une fête de l’inter-culturalité rassemblant 18 nationalités africaines en république gabonaise.

Pour cette 3ème édition, les manifestations ont démarré  dès 10 heures du matin. Les participants venus des différents établissements secondaires de Libreville et environ ont répondu nombreux à l’appel. Ont également honoré de leur présence le secrétaire général de la Confédération des Syndicats du Gabon (COSYGA), Mr Martin Alini, les représentants les syndicats des Enseignants (SENA), les autorités de la tutelle et les sponsors de l’événement : ECOBANK Gabon, Moov Gabon, FINAM, LOXIA et Airtel.

Dans  sont mot inaugural, le SG du SECEG, Clément KINZO, après avoir souhaité la bienvenue à tous les participants, a rappelé le bien fondé de cette journée récréative du SECEG qui offre aux enseignants et à leur famille une occasion de se distraire, de s’égailler, de mieux se connaître et de découvrir l’art culinaire et les richesses culturelles du Gabon et des différents pays de ses membres.

Pour sa part le SG de la COSYGA, Mr Martin Alini a loué l’initiative et  vivement félicité les enseignants contractuels de l’Etat gabonais pour leur dévouement au service de la jeunesse.

Le point d’orgue de la manifestation a été  la remise de distinction et de cadeaux aux membres les plus méritants du SECEG.

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Après un copieux déjeuner partagé en famille, chaque  enseignant a pu s’adonner librement à sa passion parmi les différentes activités récréatives qui ont ponctué la manifestation.

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La journée récréative du SECEG, édition 2015 a pris fin sur les coups de 18 heures avec la photo de famille et rendez-vous a été pris pour l’édition  de 2016.

Burundi : alerte au syndrome d’imposture démocratique africaine

Pierre-Nkurunziza

Enfin, ce que tout le monde redoutait sur le continent arriva

L’imposture démocratique est consommée

Le président Nkurunziza a officialisé devant la Commission nationale électorale

Sa candidature à la présidentielle de juin 1015

Une élection à laquelle, au regard du texte constitutionnel

Il ne peut plus être candidat, ayant déjà épuisé ses deux mandats constitutionnels

Contre ce projet de candidature, le pays tout entier s’est insurgé

Contre ce projet, la Communauté internationale s’est prononcée

Contre ce projet, l’Union africaine a pour une fois dans son histoire, pris parti

Contre ce projet, les poids lourds du parti présidentiel sont entrés en dissidence                                                                                                        

A cause de ce projet, le pays est mis à feu et à sang

A cause de ce projet, déjà plus de 14 vies humaines se sont sacrifiées

Mais seulement voilà, le président Nkurunziza est resté de marbre

Il estime que son premier mandat n’en était pas un

Ses courtisans et partisans qui ont intérêt à la chose sont du même avis

Un avis nullement partagé par les opposants, le peuple militant et la communauté internationale

Et la Cour constitutionnelle consultée a pris fait et cause pour le prince

Du coup, le mal qui couvait, depuis quelque temps, a explosé

Le pays est frappé par une épidémie aiguë un mal très classique sur le continent

Un mal dont les manifestations divergent selon les pays, mais dont les causes sont partout les mêmes

Le premier magistrat revendique un troisième mandat que lui interdit la loi

Le peuple militant et les opposants du prince crient au respect des lois

La Cour Constitutionnelle par une lecture fallacieuse fait mentir la loi

Dès lors, les moyens, le temps et le génie de tout le peuple sont orientés vers ce projet

Les uns pour le faire prospérer et les autres pour le dénoncer

Et le tout finit dans l’insurrection des uns et leur répression par les autres

Une guerre larvée avec son cortège de morts, de blessés, de déplacés et des dommages divers

Tel est le mal qui sévit présentement au Burundi

Le syndrome d’imposture démocratique africaine ou  sida

Une imposture démocratique qui hélas, couve encore dans plusieurs autres pays du continent

Quel régime peut engendrer un pouvoir gagné dans ces conditions ?

Pourtant, toutes les nations africaines aspirent fortement à la liberté et à la démocratie

Or, pendant que sur les autres continents les peuples respectent leurs lois et évoluent

En Afrique on triche avec les lois, on s’autodétruit et on végète dans le sous-développement

A la fin on se dédouane en faisant porter la responsabilité de nos malheurs par les autres

Pauvre Afrique constamment trahie par ses élites

 L’imposture des uns rime avec la forfaiture des autres

Aux professions de foi des cadets répondent les parjures successifs des aînés

Qui pour libérer le continent noir de ses propres démons ?

Qui pour conduire les nations africaines vers leur salut ?

Qui pour faire en sorte que ce qui est écrit devient la pensée de tous ?

Qui pour faire en sorte que ce qui est écrit correspond aux exigences de tous ?

Qui pour faire en sorte que la vérité des urnes correspond à celle de l’histoire ?

Quoi qu’il en soit les impostures et les forfaitures ne dureront qu’un temps

Car comme l’a su dire Abraham Lincoln :

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps 

Et tout le peuple une partie du temps, 

mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ».

 

 

Au Sénégal, le maître et l’esclave

Wade et Maky Sall

Au Sénégal, des citoyens justiciables sont accusés d’enrichissements illicites,

Depuis lors, le pays est partagé entre joie, désarroi et émoi

Les charges contre le principal accusé de l’affaire sont très lourdes,

 Un patrimoine illégalement acquis de 178 millions d’euros,

En sous-main, plusieurs hommes de paille et des sociétés-écrans.

Au regard du préjudice, le verdict de la CREI est fort exemplaire.

Six ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 138 milliards de nos francs

De tels procès en Afrique pour décourager prévarication et corruption,

Sont fortement demandés et à l’occasion, salués par les populations.

Trop c’est trop, entend-on de partout sur le continent,

Une minorité qui s’accapare du fruit de l’effort national,

Un vrai fléau qui plombe le développement  continental.

Ce procès a donc tout pour être salutaire.

Mais seulement voilà, il se trouve que,

Le principal accusé est Karim Wade, fils de maître Abdoulaye Wade,

Ancien président de la République du Sénégal.

Et celui par la faute de qui ce procès est intenté,

N’est nul autre que Macky Sall, l’actuel président du Sénégal.

Un « esclave » vrai, à en croire le maître Wade,

On se souvient, en effet, dans un passé récent,

Du temps ou l’ « esclave » officiait encore au service du maître,

 soupçonné alors de prendre les airs de dauphin présomptif du maître

Il avait été sèchement remis à sa place.

Son accession à la magistrature, il ne la doit qu’à sa rébellion.

Ce procès a donc, quoi qu’on dise,

Un relent de réponse du berger à la bergère.

Une outrecuidance inacceptable pour le maître.

Son digne et noble fils Karim, vilipendé par un vil esclave.

Le courroux du maître est terrible et les mots ont volé très bas :

« … Descendant d’esclaves… anthropophage … Baní de la société …

Jamais mon fils Karim n’acceptera que Macky soit au-dessus de lui.

Dans d’autres situations, je l’aurais vendu en tant qu’esclave (…) ».

Disons le net, ces propos moyenâgeux sont indignes du maître.

Ils sont unanimement condamnés par l’ensemble de la société sénégalaise.

Même les avocats de la défense de Karim l’ont désapprouvé.

Mais, le maître n’est plus maître de lui,

Il incite l’armée à un soulèvement militaire,

Dans le même temps, malgré les obstacles et oppositions divers,

Karim est déclaré candidats du parti du maître à la  présidentielle de 2017.

Eh oui, Karim Wade, héros de guerre en temps de paix…

C’est flatteur et peut-être réconfortant pour le maître éprouvé.

Pendant ce temps, l’«  esclave », de son côté, jubile.

L’affaire tourne au plébiscite pour sa personne.

Il est la preuve vivante d’une vérité fondamentale,

Le maître, selon Emile C. Alain, ne nous apprend jamais qu’une seule chose :

Il faut que chacun soit son propre maître,

Ce qui fait tous les hommes égaux.

Justement, au nom de l’égalité, pour salutaire que soit ce procès,

Il n’est pas sans reproche de quelques excès.

La CREI est un tribunal d’exception.

On aurait souhaité qu’il soit un tribunal ordinaire.

On voudrait bien croire  que le procès très médiatique de Karim,

Ne sera pas l’exception qui confirme la règle de l’impunité,

Mais un exemple qui fera boule de neige.

Le défi est de normaliser la CREI et la rendre performante,

Afin que dorénavant, la même rigueur soit tenue

Pour quiconque soupçonné des mêmes faits,

Maître ou esclave, allié ou opposant,

L’esclave aura alors démontré, qu’il a fait mieux que son maître.

Le prix du marchandage en Afrique  

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 Bientôt les fêtes de Noel et du nouvel an, périodes par excellence de réjouissance, de consommation et  donc de shopping à travers le monde. Mais on le sait aussi, faire les courses en cette période est rarement une sinécure, au regard de la cohue ambiante et de l’embarras de choix. En Afrique, en particulier, elle l’est d’autant moins qu’elle se complique par la contrainte du marchandage. En effet, quand il s’agit de faire des achats, les africains ont une prédilection à discuter le prix, à débattre, bref à  marchander.  Mais, au regard de l’énorme perte de temps et d’énergie qu’il occasionne, la question se pose de savoir si le jeu en vaut la chandelle?

Le marchandage est une vieille stratégie commerciale qui sous-tend l’économie et les échanges en Afrique comme en Asie et en Amérique latine. Mais, contrairement aux autres continents, il  est profondément ancré dans les mœurs en Afrique où règnent les valeurs de l’oralité et de l’informel au point de faire partie de la culture du continent. Dans un grand nombre de domaine, le marchandage s’impose presque et bon nombre de vendeurs sont obligés de recourir à ce mode de négoce s’ils veulent écouler leurs produits.

Le fait est que, dans les rues et sur les places de marchés des villes et villages du continent, la majorité des articles mis en vente ne porte aucun prix fixé. Chaque vendeur propose au client un prix qu’il  invite souvent à négocier ou débattre pour obtenir un meilleur marché. En général, les prix proposés sont bien au dessus de la valeur marchande réelle du produit. Au client de débattre ce prix jusqu’à une valeur acceptable pour lui ou à la portée de sa bourse. En conséquence, les Africains, toutes couches sociales confondues, marchandent dans tous les domaines. Des fois, cela peut perturber, mais il  faut se faire une raison. Mieux vaut comprendre le principe pour ne pas être le dindon de la farce.

La logique économique du processus est simple. Le système d’échange étant informel, la marge bénéficiaire du marchand ou du prestataire de service est fluctuante et arbitraire. L’intérêt de ce dernier est qu’elle soit la plus grande que possible. Au contraire du vendeur, l’intérêt de l’acheteur est que cette marge soit la plus  faible que possible. C’est là, tout l’enjeu du marchandage. Le prix de cession d’une marchandise est donc le résultat d’une âpre négociation entre le vendeur et l’acheteur pour arriver à un prix consensuel satisfaisant pour les deux. Dans ce duel qui ne dit pas son nom, le marchand lui connait la qualité de son produit et son prix limite de cession. L’acheteur ou le bénéficiaire du service, quant à lui, connait sa capacité financière pour s’adjuger le produit et doit mettre en jeu sa maîtrise du marché, la qualité du produit présenté et sa verve pour l’acquérir.

Mais, au-delà de sa fonction commerciale, le marchandage a aussi une fonction sociale. C’est aussi un moment d’échange social et de partage entre vendeur et acheteur. C’est le moment pour le vendeur de faire la promotion de son commerce, mais aussi de deviser avec le client. Si les deux personnes se connaissaient déja, ils renouvellent leur lien d’amitié ou de fraternité et s’ils se rencontrent pour la première fois, c’est l’occasion de faire connaissance. Une bonne négociation commence toujours par les salamalecs d’usage, parfois même le thé avant la négociation proprement dite.

Modalité d’échange commercial ancestral, le marchandage a son code et ses règles. Quand vous n’êtes pas d’humeur à palabrer ou n’avez pas assez de temps, vous le faites savoir d’entrée et demandez le dernier prix ou le « last price ». Les marchands, pour la plupart, n’aiment pas cette situation dans laquelle ils comprennent bien  que le jeu revient à quitte ou double. Les uns jouent franc jeu, d’autres, plus ou moins irascibles, vous envoient paître.

Mais pour  le grand groupe qui a un peu de temps et pas beaucoup d’argent, c’est un rituel auquel on sacrifie volontiers pour s’acheter des denrées, des produits manufacturés, un boubou ou un collier. Autant le dire, le marchandage ou “whaxale’’ au Sénégal, “axhi didé’’ au Bénin  ou encore “owo yiyo’’ au Nigeria et au Bénin “Fani féré“ au Mali et en Cote d’Ivoire etc. est tout un art qui se cultive partout en Afrique et particulièrement dans les  pays du Golf de Guinée.

Courte séquence

–          C’est combien ce collier ?

–          C’est 5000f, combien toi tu donnes ?

–          5000 ce collier? Trop cher. Merci.

–          Mais, attends ma sœur, c’est le marché. Dis ton prix.

–          Ok. Je donne 2000f.

–          Hé, ma sœur regarde bien,  c’est un modèle original. C’est « ivoire » vrai,    vrai. Donne 4000 f

–          Je sais que c’est ivoire, mais j’ai 2000f.

–          Ah ma sœur, même moi je n’ai pas gagné ça à ce prix, prend 3800f

–          C’est cher pour moi. Tu ne veux pas me vendre,  je vais voir ailleurs.

–          Mais attends, Fais-moi la recette ma sœur ! J’ai refusé avant toi une offre à   3500f

–          Ah ! Tu vois bien que tu aurais dû me laisser partir!

–          Bon, ma sœur, combien tu as là ?

–          J’ai 2000f

–          Bon! bon!  comme c’est toi, donne 2500F ! c’est à cause de toi oh ! tu sais      que tu es ma parente.

–          J’emballe ?

–          Oui, tu peux emballer.

La poire étant coupé en deux, le consensus se dégage et l’affaire est pliée. Pendant que vous mettez la main à la poche en évitant de montrer la richesse de votre porte feuille, lui emballe le produit tout hélant déjà les potentiels clients qui passent. S’il n’y a pas d’autres clients en vue, la conversation passe au divers, le service après vente.

Conséquence logique de ce système, chaque produit est vendu à un prix souvent différent pour chaque client. En général les écarts sont minimes, mais ils sont parfois considérables. Dans ces conditions, comment un acheteur peut-il s’assurer de faire une bonne affaire ? Un consommateur béninois conseille de débattre le prix jusqu’au moment où le vendeur s’énerve et vous demande d’aller voir ailleurs. On est alors sûr d’avoir touché le montant en dessous duquel le marchand n’accepte plus de propositions. Ajouter à ce montant la marge que vous jugez acceptable et formuler votre dernière proposition. Une véritable guerre des nerfs et un gros gâchis de temps comme on peut le voir.

Quand on considère que la valeur marchande d’un produit peut être converti en temps de travail pour gagner cette somme, en mettant bout à bout le temps perdu par les uns et les autres pour marchander, on réalise aisément que ce que coûtent le marchandage, ce n’est pas simplement du temps, mais de l’argent. Pourquoi ne pas faire simple et initier des reformes pour instaurer dans les marchés, les prix fixés pour chaque produit suivant la mercuriale en vigueur. On éviterait pour tous, une perte de temps, une perte d’énergie et parfois le sentiment d’avoir été lésé, observé chez l’un ou l’autre des acteurs de la transaction.

Certes, ça et là sur le continent, plusieurs Etats essayent de réglementer la chose et imposer l’affichage de prix fixé pour tous les articles manufacturés, mais sans grand succès.  et vraisemblablement ils n’y parviendront pas dans un avenir proche tant le phénomène est enraciné. Eh oui, le poids des siècles de tradition orale n’est pas facile à éliminer, encore que les vendeurs sur les places des marchés sont majoritairement analphabètes.

Naturellement, le phénomène n’impacte pas que les africains, les non africains vivant sur le continent et les touristes étrangers de passage sur le continent aussi sont aussi confrontés à l’épreuve du marchandage avec des fortunes diverses.

Bien sûr, pour les non africains résidant sur le continent, selon qu’on est plus ou moins aisé, il y a moyen de s’approvisionner  préférentiellement dans les grandes surfaces et éviter autant que faire se peut, les circuits de marchandage. Par contre, pour les touristes nullement intéressé par les grandes surfaces,  c’est un comportement nouveau perçu par les uns comme une source de désagrément et par les autres comme une curiosité exotique qui participe au charme du voyage. Quoi qu’il en soit, l’obligation de devoir marchander avant chaque achat fini par être perçu comme incongru, car il faut bien le dire, le moteur du marchandage est la ruse. Les touristes étrangers non avertis constituent des proies faciles aux mains de certains vendeurs sans scrupule.

Aux touristes et africains de la diaspora  il faut le rappeler le marchandage est un comportement ancestral  qui est devenu un mode vie en Afrique. Toutefois, un antidote assez efficace contre lui c’est de demander d’entrée le dernier prix en prévenant qu’on a déjà marchandé chez un autre pour faire comprendre que si l’offre est intéressant on prend, sinon on retourne à coté. La menace d’aller voir à coté amène, deux fois sur trois, les marchands à faire des propositions raisonnables.

Du reste, la question peut se peut se poser de savoir pourquoi nonobstant les gros efforts  de modernisation sur le continent, les avancées dans ce domaine sont si timides. On dirait même que le phénomène prospère puisqu’il fonctionne  dans les endroits où il était jadis supposé absent, dans les maisons de commerce, les boutiques des libanais, voire même certains hôtels et pharmacies.

En définitive, pourquoi ne pas faire utile et restreindre le marchandage à certaine place exclusivement  tout le monde y gagnerait.

Le marchandage constitue donc une autre illustration du poids de la tradition orale sur nos vies. les marchandises sont bien souvent vendues selon les comportements acquis de la tradition orale puisque  que la majorité des articles mis en vente ne porte aucun prix fixé.

Tripatouillage constitutionnelle en Afrique : jamais deux sans trois

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–          Je peux mettre une BD Papa

–          Sois gentil, laisse-moi suivre les évènements au Burkina Faso.

–          Le président a déjà changé la Constitution en question ?

–          Non ! C’est le peuple qui veut maintenant changer le président.

–          C’est impossible ça !

–          Si ! si ! Cela s’appelle une insurrection populaire.

–          Comment ça. Et l’armée papa?

–          L’Armée est avec le peuple.

–          Donc papa, si on était là-bas, vous serez aussi dans la rue comme on le voit là à la télé?

–          Quand l’intérêt de la nation est en jeu, on est citoyen ou on ne l’est pas.

–          Même notre prof a dit ce matin : « Ce que peuple veut, Dieu le veut» … Il a aussi ajouté : « Jamais deux sans trois » Pourquoi il a dit ça Papa.

–          Parce que la sagesse populaire dit que ce qui arrive une fois, peut ne plus jamais arriver. Mais ce qui arrive deux fois, arrivera une troisième fois.

–          C’est déjà arrivé un fois en Afrique ?

–          Ouais, ouais! grommelai-je en hochant la tête, c’était plus ou moins le cas au Niger en 2009 et au Sénégal en 2012. Mais là, au Burkina, l’insurrection populaire est  véritablement franche.

–          Après B c’est C non Papa?

–          Oui, répondis-je machinalement, sans vraiment comprendre le sens de la question.

–          Après Burkina Faso, c’est quel pays Papa ?

–          Je n’en sais rien. L’histoire nous le dira.

–          L’histoire ou l’avenir ?

–          Ouais, ouais, comme tu veux…

–          Je peux déjà mettre ma BD Papa ?

–          Ouais, ouais… La messe est presque dite.

Révisions constitutionnelles opportunistes en Afrique : le début de la fin ?

Blaise Compaore

 

L’Avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je veux  pour le témoigner, non pas l’exemple de la Fable,
Mais, celui de Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso au pouvoir au pouvoir depuis 1987.

Ayant pris le pouvoir après un putsch et régné sans partage pendant 27 ans, il projette amender une nouvelle fois  la constitution en 2014 pourbriguer un cinquième mandat en novembre 2015, alors même que la Constitution lui interdit de briguer plus de deux mandats.  Refusant de cautionner ce projet controversé, plusieurs barons de son parti l’ont quitté. L’opposition politique et la Société Civile ont énergiquement dénoncé le projet. Le gouvernement français l’a désapprouvé et même un communiqué du département d’Etat a exprimé sa «préoccupation pour ce qui concerne l’esprit et l’intention du projet de loi, qui vise à amender la Constitution, afin de permettre au chef d’Etat actuel de briguer un nouveau mandat de cinq an.

Mais rien n’y a fait. Tous ces signaux et avertissements sont tombés dans des oreilles de sourd.

Ce jeudi 30 octobre au matin, les députés burkinabè devaient examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015. Sous la pression de la rue, le vote a été annulé, mais trop tard.

Les manifestants ont pris d’assaut le Parlement et l’ont incendié. Le siège du CDP, celui de la Fedap-BC, la mairie de Bobo Dioulasso et l’hôtel Azalaï ont été incendié ou saccagés par des manifestants. Des pertes en vies humaines sont ignalées. La foule ne demande plus l’annulation du projet de révision, mais rien d’autre que la démission du Président Blaise Compaoré.

Plusieurs sources indiquent ce soir que le chef d’Etat Burkinabè aurait fui sa terre natale,

Certaines le signalent au Togo, d’autres au en Cote d’Ivoire ou au Sénégal.

S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les présidents faux démocrates de chez nous
Pendant ces derniers temps, combien en verrons-nous
Qui du soir au matin, rendre des comptes vont devoir,
Pour vouloir trop rester au pouvoir